Spagirie 25-36

Jean DUBUIS

L’Adepte doit suivre le chemin de la Nature mais avec les lumières de la Connaissance

COURS D’ÉSOTÉRISME GÉNÉRAL SPAGIRIE

NOTICE 25

Nous ne pensons pas que vous puissiez déjà disposer de la Pierre Végétale compte tenu du temps de sa fabrication. Nous devons toutefois vous mettre en garde contre l’usage inconsidéré d’un tel élément. Les élixirs qui sont préparés à partir d’une Pierre Végétale peuvent être, selon Paracelse, soit des quintessences soit des premiers êtres. En conséquence, ils ne pourraient être utilisés que d’une façon homéopathique, au moins dans les premiers temps de leur utilisation.

PHILOSOPHIE ALCHIMIQUE

Revenons sur la théorie et la pratique des élixirs. Si dans l’homme nous avons les sept courant planétaires, les plantes et les métaux n’en ont qu’un, sauf la drosera et l’antimoine qui sont les seuls éléments de ces règnes à posséder à la fois les sept influences. Chacun d’eux nous pose deux problèmes : la purification et l’équilibre. L’usage de l’élixir provoque la purification de chacun des courants planétaires, mais aussi leur renforcement. Nous devons donc pratiquer une auto-surveillance sérieuse, afin de détecter tout déséquilibre et de renforcer ou d’affaiblir tout élixir à la suite de cet examen.

Il est aussi possible d’alterner deux élixirs de la même planète. Par exemple, le dimanche, alterner la camomille romaine et l’euphraise. Cette dernière, aussi nommée casse-lunettes, facilite sûrement la perception spirituelle de nos problèmes.

Dans de nombreux livres alchimiques, il est dit que seul Dieu peut donner la clef des problèmes. En fait, sur le chemin alchimique, notre seul Maître doit être le Dieu intérieur, le Divin en nous. L’usage des élixirs doit nous aider à rétablir peu à peu le contact intérieur. Mais ceci demande un certain nombre de précautions. L’usage des élixirs planétaires doit donner des résultats sensiblement identiques à ceux que donnent les invocations des énergies séphirotiques de MEZLA. Essayons d’aborder pratiquement ce sujet.

Après avoir absorbé pendant un certain temps des élixirs planétaires, il se peut qu’une série d’expériences spirituelles se produise la nuit. Au début, il s’agira de perceptions sous forme de rêves orientés ou éveillés.

Il sera alors important de noter sur un cahier la nature de ce rêve, ses couleurs, la date, le lieu et la phase lunaire. Peu à peu, nous devons trouver une loi cyclique à chacun de ces rêves ou perceptions. Chaque nuit devrait apporter les expériences concernant la planète et la séphirah du jour : le lundi des expériences d’eau, d’argent ; le mardi, de force ; le mercredi, des aspects magiques de l’astral et de l’opposition, domination, humilité, etc. Il nous faut alors opérer de la manière suivante : dans la soirée qui précède la nuit prévue par le cycle, il faut relire tout ce qui concerne les expériences précédentes et s’efforcer de s’endormir en pensant à l’objet essentiel qui se dégage de ceci.

Il ne faut pas croire qu’un cours particulier est ainsi fait à notre intention par quelques maîtres de l’Empire invisible : la réalité est tout autre. En opérant ainsi, nous assisterons peu à peu à des leçons du « Collège de la Nuit », des clefs ou des conseils alchimiques nous seront ainsi communiqués. Notre Moi intérieur peut ainsi utiliser d’une nouvelle manière son « téléphone » qui le relie à notre conscience objective, et qui nous donne à un niveau accessible une partie de la Connaissance universelle de AKHASHA.

Il est bien entendu que cet enseignement est secret et que nous ne devons révéler à personne ces leçons. Si nous contrevenons à cette règle, la suite des expériences s’interrompt et peut ne pas reprendre.

Toutefois, lorsqu’une série est terminée et expérimentée matériellement, nous sommes libres d’en discuter avec d’autres personnes sur le sentier, mais il faut être prudent dans ce domaine et veiller à ce que les résultats ne soient pas une cause de manque d’humilité. Nous pouvons en nous concentrant sur un problème qui concerne notre évolution spirituelle obtenir une réponse. Dans les notices de notre cours, certains éléments qui n’existaient pas dans les livres anciens ou modernes ont été obtenus ainsi.

Nous devons encore dire que tant que nous ne possédons pas une bonne maîtrise de cette méthode, nous ne devons pas chercher à l’utiliser pour apporter une solution aux problèmes des autres, elle ne doit être utilisée que pour le progrès spirituel personnel.

Pour aider autrui, il vaut mieux essayer de faire descendre les énergies divines sur cette personne sans formuler de souhait, de solution précise, car l’intention de l’Être Divin pour cette personne ne nous est pas connue.

Nous vous mettons également en garde quant à l’utilisation des élixirs pour autrui et à des fins médicales car ceci est interdit par la loi française. De plus, si les doses sont importantes, on risque d’éveiller un centre séphirotique et des problèmes complexes d’adaptation peuvent être provoqués par cette révélation psychique.

Au début le chemin alchimique est solitaire, exception faite de ceux qui travaillent en couple. Seule Pernelle peut profiter du travail de Nicolas.

THÉORIE ALCHIMIQUE

Nous allons aborder un sujet qui, bien qu’il se situe un peu en dehors de notre cours d’alchimie végétale, touche à la fois l’Alchimie, la Qabal et l’Astrologie. C’est le problème des 12 sels. Nous avons donné le dessin du Ciel Chimique (N. 9, pl. n°2) et la formation des éléments (N. 11, pl. n°1 : Condensation de l’énergie). Nous reprenons ici ces dessins d’une manière encore plus complète.

Nous avons dit que l’essence de tous les corps involuait de 1 à 12 en 12 phases dont nous avons ici indiqué les correspondances avec les signes du zodiaque. Si nous comparons notre nouveau dessin avec la planche nº 2 de la Notice 9, nous voyons par exemple que le Sel du Feu, signe Gémeaux, est favorable à la partie positive des plantes de Mercure et que, par contre, le Sel de l’Air l’est pour les éléments négatifs de ces mêmes plantes.

Autre exemple : le Soufre du Feu sera favorable à la teinture de la garance tinctoriale, tandis que le Mercure de l’Eau le sera pour l’extraction des sels de cette plante.

Dans une prochaine notice, nous exposerons une technique d’extraction des teintures avec l’eau, ce qui permettra, avec la notice sur le GUR, de mettre cette notice en application pratique.

Venons-en maintenant aux sels proprement dits. Nous avons la suite :

– PP phosphate de potassium
– SS sulfate de soude
– CP chlorure de potassium
– FC fluorure de calcium
– PM phosphate de magnésium
– SP sulfate de potassium
– PS phosphate de soude
– SC sulfate de calcium
– S silice
– PC phosphate de calcium
– CS chlorure de sodium
– PF phosphate de fer

Chaque signe du zodiaque est divisé en trois décans de chacun d’environ 10 jours. Durant chaque décan, un sel a un rôle approprié et son assimilation est alors favorisée. Ceci est résumé par le tableau suivant :

– Bélier PP SS CP
– Taureau SS CP FC
– Gémeaux CP FC PM
– Cancer FC PM SP
– Lion PM SP PS
– Vierge SP PS SC
– Balance PS SC S
– Scorpion SC S PC
– Sagittaire S PC CS
– Capricorne PC CS PP
– Verseau CS PF PF
– Poissons PF PP SS

Ainsi, un enfant conçu durant le premier décan du Bélier naîtra à la fin du Sagittaire. Durant sa conception, les sels du Capricorne, du Verseau et des Poissons n’auront pas de périodes favorables à leur assimilation.

Les périodes suivantes manqueront :

– Une de phosphate de calcium
– Deux de chlorure de sodium
– Trois de phosphate de fer
– Deux de phosphate de potassium
– Une de sulfate de soude.

Ces substances seront à la base des déficiences organiques au cours de sa vie. À moins qu’elles ne soient compensées par l’alimentation ou par l’absorption de ces sels au cours de leur période d’assimilation. Si la distillation décrite dans la notice du GUR est faite, ces sels seront dissous dans l’eau qui leur convient.

Par exemple, on prendra 50 cm3 du 11, soit Mercure de Terre, on la distillera en trois fois 50 cm3 :

– Le premier tiers conviendra au chlorure de sodium
– Le second au phosphate de fer
– Le troisième au phosphate de potassium.

La silice « S » n’est pratiquement pas soluble dans l’eau. On peut compenser son absence grâce à un élixir tiré de la prêle des champs (equisetum). Un élixir de ces douze sels peut aussi être obtenu, mais sa fabrication est longue : il faut distiller trois par trois les douze éléments de l’eau du GUR, puis cohober les tiers par sympathies analogiques. Exemple : le troisième tiers du Lion, Mercure de l’Air, avec le deuxième tiers de la Vierge, Sel de l’Air avec le premier tiers de la Balance, Soufre de l’Eau, ceci pour le phosphate de soude. De plus, comme les sels réagissent chimiquement l’un sur l’autre, il faut les employer à doses homéopathiques. Par exemple, 5 milligrammes de sel dans 0,5 cm3 d’eau et ces 0,5 cm3 d’eau dans les 49,5 cm3 restant, puis ensuite cohober et circuler ensemble les douze liquides.

On obtient alors un tonique du sang connu chez les Anciens sous le nom d’élixir du Printemps.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Nous savons que certains utilisent l’éther au cours de leurs extractions. L’éther, ou dans son nom moderne di-éthyle oxyde, a un pouvoir d’extraction important qui atteint même dans certains cas le minéral ou métallique. C’est un solvant d’usage très dangereux et nous préférons donner les précautions minima pour son usage. L’éther ne doit pas être acheté chez le pharmacien, mais chez un fournisseur de produits chimiques.

Le di-oxyde éthyle est vendu avec un pourcentage de 7/1000 000 de produit stabilisant, qui empêche la formation de peroxyde et en conséquence évite son explosion spontanée. Il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas de flamme, pas d’interrupteur électrique, pas de vêtements électrostatiques dans le local où il est utilisé et que celui-ci possède une ventilation importante.

La distillation peut se faire au moyen de la cornue et d’un ballon. La cornue est entourée d’eau chaude, le ballon est plongé dans un mélange eau/glace. Ne jamais distiller au sec s’il y a des produits solides avec l’éther. Toujours poser un écran de protection entre le train de distillation et l’opérateur.

Conserver l’éther dans des flacons étanches, en aluminium, au frais et en local ventilé. Planche : Correspondances astrologiques des 12 phases d’évolution de la matière.

NOTICE 26

Essayons d’abord de définir la différence et de fixer la limite entre la spagirie et l’Alchimie.

PHILOSOPHIE ALCHIMIQUE

Certains disent que la Spagirie ressort du domaine végétal et l’Alchimie des domaines métallique et minéral. Ceci est en partie vrai, mais la réalité est plus subtile. Il ne faut pas considérer ici une limitation de l’action dans les domaines concernés, mais plutôt une différence dans les procédés et surtout dans la qualité des résultats atteints.

Le mot Spagirie vient du grec et signifie séparer et réunir. Dans le processus spagirique, on sépare les principes alchimiques, Sel, Soufre, Mercure et on peut ainsi les purifier séparément.

Quelquefois, mais aussi bien dans le règne minéral que dans le règne végétal, on n’effectue qu’une séparation Sel d’un côté, teinture de l’autre, c’est-à-dire Mercure et Soufre mélangés. Ensuite on réunit les deux ou trois produits et on obtient un élixir liquide ou solide, fixe ou volatil, suivant les processus effectués.

Nous allons maintenant voir que si les produits sont circulés, ou si la calcination du Sel est répétée, on entre alors dans le domaine alchimique et ceci quel que soit le règne du produit traité.

La véritable différence entre Spagirie et Alchimie se tient dans le fait que si la Spagirie et l’Alchimie purifient le produit, cette dernière provoque de surcroît son évolution. Tôt ou tard, l’Alchimiste est amené à constater l’évolution de la matière, cette évolution suivant un cycle analogue à celui qui peut se comprendre dans la réincarnation. C’est pourquoi tous les véritables processus alchimiques sont basés sur l’opposition vie/mort et sur le contact matériel/spirituel. Chaque cycle vie/mort rapproche de la perfection du règne concerné.

Le premier mécanisme est celui de la fermentation, souvent décrit par les Anciens comme putréfaction. Pour comprendre ce phénomène, on peut faire l’expérience qui suit. On extrait la totalité des huiles essentielles d’une plante, lui retirant ainsi son âme. On abandonne alors cette plante dans son eau d’extraction (eau stérile puisque bouillie) et on constate que la plante part en fermentation sans addition de levure. C’est que l’élément Mercure ne pouvant plus faire la jonction âme-corps, Soufre-Sel, provoque la fermentation pour se libérer à travers l’alcool volatil.

Une autre manière de provoquer l’évolution de la matière est la distillation. Ainsi l’évaporation est la mort, l’état de vapeur correspond à un séjour dans un monde spirituel et la condensation est la renaissance en ce monde.

C’est pour obtenir cette évolution que divers traités alchimiques conseillent de distiller 10 à 12 fois le même produit. Une expérience que nous étudierons plus tard illustre bien ce fait : si nous distillons une huile métallique, celle du plomb, une première distillation sépare divers éléments et ensuite elle se répète sans résidu, sans dépôt puis, vers la 5ème ou la 7ème, le liquide jaune se sépare brusquement en deux liquides, l’un très pâle, presque blanc et l’autre rouge sang. Cette séparation ne s’explique que par l’évolution de l’huile sous l’effet des distillations. La circulation qui, en fait, est une lente distillation continue, est un élément de l’évolution du produit circulé.

La séparation ou cohobation avec ou sans calcination intermédiaire du Sel est aussi un processus d’évolution et d’épuration si l’on pratique en plus une calcination. Enfin, le dernier processus et peut-être le plus efficace est le « Mariage Alchimique », c’est-àdire la fécondation des éléments mâle et femelle par le sperme alchimique et ceci quel que soit le règne considéré. Ce dernier processus est d’ailleurs plus qu’évolutif, car il est identique au processus de la création originelle, il est inaccessible à la Nature, seul l’homme peut le provoquer.

Voyons maintenant où se tient le secret alchimique et cherchons sa raison d’être.

Il est évident que Dieu, ou la réalité spirituelle, se cache soigneusement aux yeux des profanes, seuls les Mystiques, les Occultistes ou les Alchimistes peuvent percevoir cette réalité, ou tout au moins percevoir les arcanes qui sont les éléments les plus aisément discernables de la Réalité Spirituelle.

Dieu ne donne jamais une certitude de son existence à ceux qui n’ont pas cherché intensément Son contact ou qui n’ont pas essayé de se mettre à Son service. Au cours du processus alchimique, nous restons, avec les élixirs, dans le domaine physicochimique classique, celui du profane, même si ces élixirs ont un effet puissant remarquable. Par contre, si nous considérons soit le Premier Être, soit une quintessence, soit un véritable circulé (pierre liquide), ou encore une Pierre, quel que soit son règne, alors ces éléments ont des effets qui sortent du monde physico-chimique classique, effets qui révèlent plus ou moins l’existence d’un monde spirituel ou de ses actions. Aussi, aucune démonstration ne peut en être faite à un profane. Une démonstration publique des effets d’un Premier Être ou d’une transmutation entraîne un risque karmique considérable.

C’est sur cette base que repose notre politique de non-secret. Souvent ceux qui refusent de parler le font parce qu’ils n’ont rien à dire ; le secret cache leur ignorance. Nous pensons que sur cette terre chacun a droit à sa Vérité, à sa propre Révélation. Mais nous pensons qu’il est de notre devoir de donner à tous ceux qui veulent travailler par eux-mêmes tous les éléments nécessaires.

Nous espérons que les étudiants se souviendront de ces principes importants car s’ils ne les respectaient pas, même en esprit, leur travail s’arrêterait. La seule exception à cette règle est le partage de la Révélation avec sa compagne ou avec son compagnon alchimique et ceci quand l’heure en est venue.

THÉORIE ALCHIMIQUE

La Distillation par Quatre

Cette forme de distillation est une méthode presque exclusivement spagirique utilisée par les Anciens. Elle nécessite peu de matériel, pas de menstruum ni d’alcool. Par contre, les manipulations sont longues. Toutefois, c’est une simplification de la méthode de Paracelse que nous avons décrite dans la Notice 19.

Le principe en est le suivant :

– On recueille le végétal que l’on met en fermentation dans l’eau de pluie filtrée. On attend que celle-là cesse ; on constate cet arrêt de la fermentation par l’absence de formation de bulles dans le liquide. On introduit le tout, solide et liquide, dans un récipient métallique étamé à l’étain fin ou dans un ballon en verre, mais celui-ci risque d’être perdu au cours de l’opération.

– La distillation commence lentement, la température du liquide et des vapeurs étant inférieure à 100º. Les esprits passent en premier sous forme d’alcool ; on les récupère et on les conserve à part. Par la suite, ils seront redistillés jusqu’à leur rectification complète, soit 95º à 96º si l’on est bien outillé. Ceci est le premier temps de l’opération.

– La deuxième partie débute dès que la température atteint 100º. Ce sont les phlegmes qui passent, ils sont également recueillis et mis à part. Après décantation, des huiles peuvent surnager, elles sont recueillies et on les mélangera avec celles que l’on obtiendra au cours de la troisième phase. Les phlegmes sont conservés pour le lessivage des sels.

– Troisième phase : si le chauffage a été bien conduit et suffisamment modéré, la température relevée au thermomètre doit baisser quand les phlegmes sont passés car il n’y a plus de vapeurs.

On pousse alors le chauffage, et quelques huiles essentielles reconnaissables à leur odeur particulière peuvent passer à ce moment. Ensuite les huiles empyreumatiques dites « huiles puantes » commencent à passer.

– La quatrième partie commence dès que les huiles puantes ont cessé de passer. On calcine alors à l’air libre, dans un plat résistant, les résidus solides et le miel résiduel. La calcination dans le ballon condamne celui-ci.

Les huiles empyreumatiques du troisième temps seront distillées suivant la méthode décrite dans la Notice 19 (page 4) puis on les mélangera aux huiles essentielles, si on en a recueillies. Le solide calciné au cours de la quatrième phase sera lessivé avec les phlegmes de la deuxième phase. Il faut opérer soit au Soxhlet, soit comme il est indiqué pour l’opération « Solve Coagula » jusqu’à la blancheur parfaite.

Ainsi sont séparés les trois éléments Mercure, Soufre et Sel.

Cette méthode présente donc deux avantages importants :

– Il faut peu de matériel : un ballon, un train simple de distillation et un plat à calciner.

– Le Mercure végétal est approprié à la plante. Le Solve Coagula des sels par les propres phlegmes de la plante est en général très bénéfique.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Obtention du Sel du Soufre végétal

Méthodes de séparation

1) Une plante est mise en fermentation dans de l’eau de pluie.

2) Après arrêt de la fermentation, on sépare le solide du liquide, on récupère le liquide par pression sur le solide et ce dernier est récupéré par filtrage du liquide.

3) Le liquide est distillé. La première partie est assez riche en alcool : 20º à 30º selon la plante et le matériel de distillation. La distillation continue et on recueille séparément un distillat, qui contient 5% d’alcool. Ensuite on a une eau presque pure. Puis, quand le résidu devient épais, on arrête la distillation.

4) L’épais est versé dans un creuset et est calciné au gris blanc. Aucune autre calcination ne peut le conduire au blanc.

L’épais peut être obtenu par une autre méthode :

À partir d’une plante sèche, on effectue une extraction alcoolique au Soxhlet (*). La teinture obtenue est distillée au bain-marie. Quand la teinture résiduelle a atteint le stade de l’épais on calcine comme ci-dessus.

Important : dès qu’un alcool contient un produit en solution, le chauffage au bain-marie est obligatoire, que ce soit pour une extraction ou pour une distillation, on évite ainsi tout point chaud dans le ballon et les produits sont beaucoup moins abîmés.

5) Ce Sel du Soufre doit alors être blanchi. Pour cela, on réduit le résidu calciné en poudre impalpable. Le distillat à 5 % de la première méthode est alors utilisé pour recouvrir le Sel dans un récipient en porcelaine ou en quartz. Après une nuit de macération, on évapore l’eau très lentement à la flamme d’une bougie ou à son équivalent ; on dispose un couvercle en cloche au-dessus du récipient pour recueillir les projections de sel.

Le sel est à nouveau réduit en poudre et le processus est répété jusqu’à ce qu’il soit plus blanc que neige.

Si on a utilisé auparavant l’extracteur (*), on utilise pour cette dernière phase une solution d’alcool à 5 % faite avec l’alcool récupéré au cours de la distillation de la teinture.

6) Le sel minéral de la plante est sec et n’adhère pas à une cuillère. Le Sel du Soufre adhère à la cuillère et ne s’en détache pas par son propre poids. L’alcool obtenu soit à la première distillation de la plante fraîche, soit par distillation de la teinture doit être rectifié plusieurs fois jusqu’à ce qu’il atteigne au moins 93º. Il est alors distillé sur le sel de tartre (carbonate de potassium calciné à 350 ºC) et doit alors titrer entre 99,5º et 99,6º.

7) La cohobation se fait entre le Sel minéral, le Sel du Soufre et le Mercure rectifié à égalité de volume. Le tout est mis en disposition dans un flacon rodé, fermé, que l’on place dans une enceinte maintenue à une température située entre 40º et 42 ºC.

8) Si le tout se dessèche, on ajoute du Mercure. Tous les mois, on pratique une distillation du Mercure résiduel et on le remplace par du neuf. La Pierre végétale peut être obtenue en trois mois par ce processus. En ce cas, elle est âcre et de couleur blanc opaque.

RÉFLEXIONS SUR NOTRE PREMIÈRE EXPÉRIENCE (Notice 3)

La quantité de plante indiquée est nécessaire pour obtenir une quantité de Sel suffisante pour la suite de l’expérience, mais elle est trop importante pour la quantité d’alcool conseillée. Certains d’entre nous ont noté que la liqueur, au lieu de se décolorer sur le Sel, avait pris une teinture noire. Ceci peut être dû à plusieurs raisons dont les principales sont :

– Le Sel a été insuffisamment calciné.

– La teinture contient un sel organique dit « Sel du Soufre ». Si le sel inorganique de la plante n’est pas assez abondant pour dominer le Sel du Soufre, il y a noircissement. Ceci peut se produire si la mélisse a été cultivée avec des engrais artificiels, lesquels donnent des sels irrégulièrement fixes.

À cela on peut utiliser deux remèdes :

  1. a) Si on a les racines de la mélisse, on les calcine et on les ajoute au Sel. La racine est la partie de la plante plus riche en Sel inorganique.
  2. b) Une solution à ce problème, longue mais efficace, consiste à ne pas lessiver le sel, mais

à répéter le cycle d’opérations suivantes :

1– Circuler la teinture sur le sel

2– Séparer le sel de la teinture par filtrage

3– Calciner le sel.

On recommence en –1

10 à 15 circulations de ce type conduisent à la purification de la teinture qui doit alors être transparente ou transparent-rouge.

NOTICE 27

Revenons d’abord sur le processus d’initiation personnelle alchimique.

PHILOSOPHIE ET THÉORIE ALCHIMIQUE

Il est presque impossible d’expliquer ce processus d’initiation personnelle sans revenir sur trois éléments :

– un minimum de connaissance de la Qabal

– une compréhension de l’harmonie

– une théorie des principes et des règles alchimiques.

Connaissance

L’initiation personnelle alchimique est un voyage de plusieurs étapes, chacune d’elles comportant plusieurs paliers. Ce n’est pas une initiation symbolique comme la plupart de celles données par des organisations diverses. L’initiation alchimique modifie le niveau de conscience et ouvre le domaine de la connaissance de la Nature. Ce domaine n’est pas celui de la connaissance volatile et provisoire de la science, mais celui de la connaissance fixe des divers mondes. Aussi, pour ce voyage est-il nécessaire d’avoir une carte. Il en existe plusieurs mais, en Occident, la meilleure à notre disposition est certainement la Qabal. Cette carte de la tradition occidentale a de plus été utilisée par les Philosophes Alchimistes du passé qui connaissaient la philosophie de la Nature.

Que faut-il comprendre par l’harmonie ? Il ne faut pas entendre ce mot ni dans son sens musical ni même par rapport à la musique des Sphères, mais comme une loi générale de l’univers. Nous disons souvent dans les notices : pure ou impure ; il faut comprendre en réalité : harmonie ou inharmonie. Le corps et l’esprit ne se purifient qu’à travers leur harmonisation.

Enfin, pour nous aider à comprendre la nature de notre voyage, nous pouvons nous apercevoir que les mécanismes utilisés dans l’Alchimie végétale sont les mêmes que ceux employés dans le minéral, l’animal et dans l’Initiation. Bien entendu, nous ne donnerons pas un cours complet de la Qabal, mais les éléments indispensables à notre chemin.

Nous pouvons commencer par rechercher la planche n° 1 de la Notice 9 et la comparer à la planche de la présente notice. En fait, celle-ci reprend la précédente sous une autre forme, en y ajoutant la notion des quatre mondes.

L’Arbre de la Qabal

Commençons par son étude. ASSIAH est le monde physique dans lequel la conscience de 1’homme prend connaissance des choses à travers ses sens physiques. C’est le seul qui soit accessible à toute personne non initiée. C’est le monde le plus dense, celui où aboutit l’involution, mais d’où part l’évolution. C’est le monde du septième jour de la Bible, celui du repos. Ceci demande quelques explications. Dans la planche n° 1 de la Notice 11, nous expliquons que la création de la matière se fait par étapes. Le CHAOS originel se dualise en Sel et Nitre. Ce mécanisme est aussi valable pour le temps et l’espace. On peut dire que l’Infini Ultime se dualise en un élément actif, le temps, et un élément passif, l’espace. Mais, ce premier temps et ce premier espace sont encore très liés et très subtils. Dans la Bible, on parle des jours de la création. Comme au premier jour, il n’y a ni soleil, ni lune, ni étoile, il faut bien penser qu’il ne s’agit pas de nos jours terrestres ni même solaires. L’idée abstraite de temps n’étant pas exprimée au moment de la rédaction de ces textes, il faut comprendre que chacun de ces jours correspond à une dualisation nouvelle qui densifie temps et espace. Ceci est d’ailleurs illustré dans notre monde par le fait que temps et espace demeurent toujours liés. Il faut toujours du temps pour franchir un espace aussi petit soit-il. On ne peut pas exprimer de temps sans mouvement, donc espace. Après ces précisions, revenons à notre monde physique. Ce monde du septième jour n’a qu’un temps et un espace accessibles à la conscience de l’homme, et c’est le jour du repos. Il vaudrait mieux dire du sommeil. Comme l’homme perd conscience du monde physique dans le sommeil, en ce monde l’homme s’endort et perd conscience des mondes spirituels. La véritable initiation (réelle et non symbolique) doit peu à peu supprimer ce sommeil. Le monde physique est assimilé à l’élément Terre. Le monde situé immédiatement au-dessus du monde physique est celui de YETZIRAH qui signifie création. C’est à ce niveau que les énergies diverses se coagulent pour former le monde matériel. Il est aussi connu sous le nom de Monde astral. L’homme peut prendre conscience de ce monde si son corps astral est libéré de son corps physique, provisoirement au cours de cette expérience, définitivement dans la mort. Toutefois, l’initiation personnelle ouvre peu à peu les portes de ce monde. Nous avons ici trois sephiroth, NETZACH ou Vénus, HOD ou Mercure, YESOD ou Lune. Ce monde est donc constitué par les quatrième, cinquième et sixième jour de la création. Dans ce monde, la conscience peut travailler sur trois temps différents et de même dans trois densités d’espace distinctes. De là viennent les difficultés d’interprétations physiques

des expériences réalisées dans ce monde. Bien qu’il ne soit pas obligatoire, il est évident que le chemin d’accès préférable est Yesod, car son temps est le plus proche de celui de la terre et l’adaptation de la conscience y est plus aisée. C’est peut-être la raison pour laquelle certaines traditions occultes occidentales et orientales disent que le voyage des défunts commence par la Lune. Nous devons encore dire que ce monde est ouvert par la Pierre Végétale, blanche, couleur argent, qui est la couleur du métal de la Lune. L’élément Eau est affecté à ce monde. Seule l’Alchimie métallique permet l’initiation personnelle à un degré plus élevé, soit l’accès au monde de BRIAH. Le monde nommé BRIAH est celui des idées créatrices. Certains l’assimilent au monde christique car tous les êtres ayant réintégré ce monde sont à cet état. L’élément Air lui est affecté. Sur la planche, le pointillé qui le sépare du monde supérieur montre qu’il est le reflet passif du monde supérieur actif. Il y a trois séphiroth, TIPHERETH ou Soleil, GEBURAH ou Mars et CHESED ou Jupiter, qui sont respectivement les troisième, second et premier jour. Nous avons encore ici pour la conscience trois niveaux de temps et trois niveaux de densité d’espace. L’entrée se fait par le Soleil, troisième jour, et l’initiation alchimique par la Pierre au rouge possédant les sept influx planétaires. Les défunts suffisamment spiritualisés entrent dans ce monde par le processus de la seconde mort. Au-dessus de ce monde, il n’y a plus pour la conscience ni temps ni espace mais l’union des deux dans 1’éternité. Le monde supérieur est ATZILUTH composé des trois séphiroth KETHER, CHOKMAH, BINAH. C’est un monde d’énergie pure : la forme, les couleurs, tout disparaît. Dans sa phase la moins subtile, Binah apparaît comme étant la potentialité de la forme et du temps. L’élément de ce monde est le feu purificateur, à la fois feu et amour. L’accès conscient à ces mondes donne la connaissance des processus occultes de la Nature dans son travail d’évolution permanente. Il est bien entendu que chacun peut continuer son travail alchimique sans adhérer à ce qui précède. Nul n’est tenu d’acheter une carte avant un voyage ni de dire qu’elle est bonne tant que le voyage ne l’a pas confirmé.

L’Harmonie

C’est le second point à approfondir.

C’est par une suite de réharmonisations successives que l’homme rétablit son éveil spirituel. Elle ne peut être que progressive si l’on veut éviter tout inconvénient tant physique que mental. C’est pourquoi nous avons d’abord parlé des 7 élixirs, puis avons précisé le problème (Notices 9 et 19) et nous reviendrons sur ce sujet avec un nouveau type d’élixir.

En fait, le mécanisme est le suivant : chaque élixir agit sur un des aspects planétaires de l’homme soit, selon la Qabal, un des centres d’énergie séphirotique. Ces centres réagissent sur les énergies des cellules corporelles et c’est le début du processus. Car la voie est SEL, corps ; MERCURE, sang ; SOUFRE, énergie. Quand le Sel est réharmonisé, le sang modifie sa composition et agit sur les centres séphirotiques du cerveau qui relient les plans plus élevés et deviennent ainsi perceptibles. La lumière donnée à un aveugle peut l’éblouir et provoquer une nouvelle cécité ; la sortie de la nuit doit être progressive.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Nous n’avons pas encore abordé le travail à la cornue. Il y a trois raisons pour cela.

– Ce travail n’est pas nécessaire pour les applications qui ont été proposées jusqu’ici

– Actuellement, les cornues sont chères et difficiles à trouver

– Ce travail est délicat et requiert une certaine expérience pour éviter tout incident.

Voici, toutefois, quelques conseils.

Le premier problème est celui de la jonction ballon-cornue. Une solution est d’acheter une cornue dont le col est terminé par un rodage standard, ou bien de faire souder ce rodage par un verrier ; en ce cas la jonction cornue-ballon est aisée. Les Anciens avaient une autre méthode : ils appliquaient à la jonction ballon-cornue un lut, c’est-à-dire une matière fabriquée à partir d’argile. De nos jours, on choisira de l’argile en poudre de préférence à de l’argile à usage médical. On en fait une pâte en la malaxant avec un blanc d’oeuf cru. S’il y a échauffement, ce lut se durcit mais, en général, il est assez aisé de l’ôter du ballon et de la cornue.

Ensuite, comment faire pour réfrigérer cet ensemble ?

Si le ballon récepteur est d’un grand volume et si la distillation est très lente, la réfrigération peut se faire naturellement. Pour éviter tout risque de surpression ou d’explosion, le mieux est de plonger le ballon récepteur dans une cuvette contenant un mélange eau/glace.

Le nettoyage des cornues est malaisé. Certaines ont un bouchon rodé sur le sommet, ce qui facilite le nettoyage mais limite en partie l’étanchéité de la cornue, car il y a toujours risque de fuite.

L’avantage de la cornue est donc de donner aisément un montage étanche dans lequel la vapeur ne touche que du verre. Les inconvénients en sont le nettoyage malcommode et l’impossibilité de monter un thermomètre, sauf si l’on dote la cornue d’un bouchon rodé à son sommet.

Mais la cornue devient indispensable lorsqu’on distille des produits rares ; lorsqu’on n’obtient que quelques gouttes d’un produit, elles ne doivent pas être perdues et la cornue est l’instrument de distillation qui donne le moins de pertes.

Certains Alchimistes aident d’ailleurs ces dernières gouttes à passer en chauffant le « ciel » de la cornue, c’est-à-dire son dôme supérieur.

Pour ceux qui veulent s’essayer au maniement de cet instrument, nous donnerons ultérieurement une expérience pratique.

Planche : L’Arbre et les quatre Mondes.

NOTICE 28

Continuons notre étude sur l’initiation personnelle.

PHILOSOPHIE ET THÉORIE ALCHIMIQUE

Nous avons dit que le problème de l’initiation personnelle était un problème d’harmonie. Le rôle du Sel est de rétablir l’harmonie et d’attirer les énergies. Il faut que le Sel du corps de l’homme devienne un SEL HARMONIAC ; non pas le sel ammoniaque, mais le sel qui harmonise. Ce Sel doit être ouvert pour être attractif. Comme dans l’expérience métallique, le Sel doit devenir l’aimant qui attire les énergies astrales et spirituelles. Comme nous l’avons exposé dans la Notice 25, la matrice de l’homme comprend 12 Sels, chacun d’eux devant être fixé astralement dans le corps par une alternance de trois décans de dix jours.

Étant donné que la conception de l’homme ne dure que neuf mois, et en supposant qu’elle commence juste au début d’un signe, notre matrice présentera les déficiences d’influence astrale suivantes :

– un sel est complètement absent
– deux sels sont déficients aux 2/3
– deux sels sont déficients au tiers.

Après un premier éveil, un premier appel d’énergie par les sept élixirs de base, il nous faut réharmoniser notre matrice astrale pour qu’elle corresponde à un diapason universel dépersonnalisé.

En Alchimie, nous devons appliquer l’adage chinois : « L’étoile conduit le fou, le sage conduit son étoile ». Pour cela, nous devons corriger toutes les conditions astrales qui sont à notre portée.

L’examen du tableau des sels et la connaissance de notre date de naissance nous permettent de déterminer les sels déficients. Puisque chaque sel a trois décans d’influence, un demi-décan absent doit compter comme une déficience d’un sixième. Les Alchimistes qui se sont penchés sur l’homéopathie, fille un peu dérivée de l’Alchimie, disent que plus la dilution homéopathique est élevée, plus l’influence est d’ordre astral.

En homéopathie, une dilution est le fait de mélanger, par exemple, une goutte de teinture mère avec 100 gouttes de diluant. On a ainsi une dilution 1 CH. Si nous prenons une goutte de ce mélange avec 100 gouttes de diluant, nous obtenons 2 CH, et ainsi de suite. Selon les corps envisagés, à la 9ème ou à la 10ème dilution, l’opération n’a plus de sens physique et elle entre dans le domaine astral. Cependant, pour débuter, des dilutions 5 CH sont suffisantes. Généralement, les 12 sels de la matrice de l’homme se trouvent en homéopathie et on peut, par exemple, adopter le régime suivant.

Aussitôt après l’anniversaire, on prend chaque jour du décan 2 granules du sel homéopathique correspondant, ceci pendant trois mois. On peut appliquer ceci à n’importe quelle époque, mais c’est après l’anniversaire que cette méthode est la plus efficace. Reprenons ce sujet en détail afin d’éviter toute erreur d’interprétation. Durant la conception, la création du corps est sous l’influence des cycles astro-cycliques, dont les douze signes du Zodiaque sont les symboles. Mais ces influences ne peuvent agir que sur le « Sel », seul élément alors présent de l’Être. Le Mercure et le Soufre ne seront incarnés qu’avec le premier souffle, à la naissance, et après la rupture du cordon ombilical qui fera cesser l’alimentation en Mercure fourni par le sang maternel. C’est donc le Mercure et le Soufre tels qu’ils sont présents au moment de la naissance qui vont imprégner le Sel et le marquer de l’Image astrale des sept planètes telles qu’elles seront à cet instant.

Nous voyons donc que les astres influent sur notre composition de deux manières :

– Par le Sel durant la conception,

– Par le Mercure et le Soufre à la naissance.

Il faut donc corriger le Sel par les sels et les centres séphirotiques par les élixirs. Le Soufre et le Mercure sont purifiés par le Sel.

Nous avons vu dans les notices précédentes qu’un Mercure indéterminé permettait l’extraction de la teinture d’une plante quelle que soit sa planète. Un menstruum indéterminé ne change pas l’attribution planétaire de la teinture qu’il extrait.

Si l’homme était conçu au début du signe du Bélier et si la gestation durait 12 mois, son Sel serait indéterminé ; et s’il était alors ouvert il attirerait un esprit astral qui serait indéterminé. Si ce n’est pas le cas, l’esprit astral est déterminé, et il ne peut donc opérer que dans des domaines limités ; l’Alchimiste est incomplet. Dès que les élixirs permettent à l’énergie spirituelle de parcourir nos centres séphirotiques, il faut entreprendre le travail de l’harmonisation de notre Sel.

De même que les énergies astrales et spirituelles peuvent être focalisées et concentrées dans l’alcool ou dans le Mercure Philosophique, de même les énergies astro-cycliques du Zodiaque peuvent être concentrées dans l’Archéus. Ainsi les eaux obtenues au cours de la préparation de l’Archéus permettent une réharmonisation à n’importe quel moment de l’année.

Nous étudierons donc la préparation des sels combinés avec l’Archéus. Il est utile de revenir sur le processus d’initiation personnelle alchimique et sur ce qu’il représente. Si ces mécanismes ne sont pas bien connus, ni bien compris, le travail alchimique ne peut pas conduire vers son véritable but. Il est donc nécessaire de préciser ce que signifie le mot initier dans son sens ésotérique. Si initier veut dire commencer, avoir la connaissance pour débuter, son sens ésotérique véritable est différent. L’Initiation vraie est la réparation, la compensation de ce que diverses religions désignent comme la chute originelle.

Contrairement à ce qui est dit, la chute n’est pas la conséquence d’une faute, mais celle d’une nécessité. Toutefois, nous devons être prudent dans nos paroles, car ces problèmes demeureront toujours au-delà de l’intellect physique de l’homme.

L’émanation divine qui est le principe même de l’homme ne peut pas évoluer dans son état, dans son monde originel. L’évolution est incessible dans la perfection. Il faut donc commettre une erreur qui fasse quitter cet état, afin que l’évolution soit possible. Il faut quitter l’Éternité afin que le temps et l’espace permettent à chaque être de créer son propre miroir qui lui donne sa Soi-conscience. Quand, après la descente dans la matière dense, ce miroir est suffisamment « fixé » pour résister à la Perfection, alors le retour vers l’Éternité est possible.

Nous devons bien comprendre que la connaissance qui nous est transmise des mondes supérieurs, au cours de notre remontée, est intransmissible. C’est pourquoi les « Philosophes » disent que seul Dieu donne le secret. S’il est possible de donner les méthodes qui permettront à chacun d’accéder à cette connaissance, il faut se rappeler que celle-ci est supra-intellectuelle et que la transmission par le canal du cerveau ne peut être que limitée et déformée. Il en est de même pour la parole de l’homme, laquelle n’est qu’un voile qui cache le véritable Verbe qu’aucun mot ne saurait exprimer. Une des difficultés que nous rencontrerons dans notre sentier initiatique est que les véritables expériences intérieures sont des prises de conscience d’un monde dans lequel le temps et l’espace n’ont pas la même valeur que dans notre monde physique. Ici-bas, seule une interprétation physique de ces expériences est possible. De plus, la libération de conscience qui en résulte conduit à un niveau de connaissance qui dépasse les capacités de notre entendement physique, qui en réduit la nature et la valeur au niveau de sa propre interprétation.

Nous espérons que cet exposé vous aidera dans l’interprétation des expériences intérieures provoquées par les processus alchimiques.

Reprenons l’étude de nos sels. Une personne née le 30 avril n’aura pas les sels dont les décans sont compris entre cette date et le 30 juillet. Il manquera :

– 2 parts de chlorure de potassium
– 3 parts de fluorure de calcium
– 3 parts de phosphate de magnésium
– 1 part de sulfate de potassium.

Nous avons vu précédemment comment une première solution permettait de compenser ces manques. Si nous ne voulons pas attendre les trois mois suivant notre anniversaire, les éléments astro-cycliques astrologiques peuvent être dominés de la manière suivante.

Si nous avons distillé l’eau pour le GUR comme il est expliqué dans la Notice 21, nous disposons alors de 12 flacons. Le premier obtenu, le Soufre du Feu sera du signe du Bélier, le Mercure du Feu du signe du Taureau et ainsi de suite jusqu’au Sel de la Terre qui correspond au signe des Poissons. Nous remarquons que si pour obtenir le GUR, il faut laisser macérer l’eau longuement, deux ou trois mois à la rigueur, un cycle lunaire est un temps très convenable pour notre présent besoin.

Reprenons notre exemple de la personne née le 30 avril. Elle prendra l’eau du Mercure du Feu, un cm3 suffit ; elle y dissout à refus du chlorure de potassium puis dans un autre cm3 du fluorure de calcium. Elle opère de la même façon avec l’eau du Sel du Feu et dissout le chlorure de potassium, le fluorure de calcium, le phosphate de magnésium. Chacune de ces solutions est filtrée ; on prend une goutte que l’on mélange avec 100 gouttes de la même eau et on répète cette dilution 4 fois.

L’eau étant chargée des influences nécessaires, il n’est pas nécessaire d’attendre l’anniversaire. Il faut prendre, pendant 10 jours, 2 ou 3 gouttes de chacune de ces dilutions. Mais les sels doivent se succéder dans le même ordre que celui des astro-cycles zodiacaux.

Il faut remarquer que le fluorure de calcium est très peu soluble ; il faut donc pour lui une dilution de moins. Il existe plusieurs phosphates de magnésium ; seul convient celui dont la formule est MgHPO4 7H2O. De même, seul le phosphate de calcium dont la formule est Ca (H2PO4) 2 H2O convient. Il en va de même pour le phosphate de fer dont la formule est FePO4 2H2O. Les phosphates caractérisés par d’autres formules sont insolubles.

La silice est totalement insoluble ; on peut la remplacer par 10 à 15 gouttes de teinture de prêle dans 1 cm3 d’eau.

Pour ces produits insolubles, on peut toujours remplacer les deux ou trois premières dilutions par des triturations homéopathiques. Voici les noms latins de ces Sels utilisés en homéopathie :

– KALIUM PHOSPHORICUM
– KALIUM MURIATICUM
– KALIUM SULFURICUM
– KALIUM ou KALI = POTASSIUM
– MURIATIOUE = CHLORURE
– CALCIUM FLUORATUM
– CALCUM SULFURICUM
– CALCIUM PHOSPHORICUM
– NATRUM SULFURICUM
– NATRUM MURIATICUM
– NATRUM PHOSPHORICUM
– NATRUM = SODIUM
– MAGNESIUM PHOSPHORICUM
– FERRUM PHOSPORICUM
– SILICA

Les solutions présentées ici pour ce problème des sels, sont provisoires et ne constituent qu’une première approche de cette question. Plus tard, quand nous aurons étudié les Menstra minéraux et métalliques, ces sels devront être séparés en leurs trois principes Soufre, Mercure, Sel. Ces trois principes seront purifiés séparément et chaque sel donnera un élixir minéral, plus puissant que le sel dont il est dérivé.

NOTICE 29

Depuis quelques notices, nous se séparons plus nécessairement philosophie, théorie et pratique car nous espérons que la plupart d’entre vous ont commencé la pratique. Durant ces opérations pratiques nous devons constamment penser à la théorie, comprendre ce que nous faisons. Tout en surveillant une distillation on peut parfaitement réfléchir à la philosophie alchimique, à ses aspects mystiques et spirituels. C’est pour tenter de donner un reflet de ce concept que nous ne séparons plus systématiquement la théorie, la philosophie et la pratique. De plus, ce concept doit nous approcher de l’état d’esprit qui nous démontre peu à peu l’unité de la Connaissance.

Dans la précédente notice nous avons donné les éléments qui manquaient encore dans le processus d’initiation alchimique. Nous pensons d’ailleurs qu’il y a dans ce qui a été dit matière pour un long travail qui peut durer de un à trois ans. Toutefois, nous devons bien comprendre que dans les deux processus initiatiques précédemment expliqués (harmonisation et ouverture du Sel, et rétablissement des énergies spirituelles dans les centres séphirotiques), le travail est progressif et que l’élévation du niveau des vibrations doit être graduelle.

C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas encore donné tous les détails permettant d’atteindre le plus haut niveau vibratoire possible des élixirs. Nous allons donc étudier ce processus en détail dans nos prochaines notices. Ensuite nous aborderons le problème du vinaigre, puis nous expliquerons la préparation d’un menstruum universel. Ceci nous approchera peu à peu de l’Alkaest d’origine minérale mais non métallique. Si nous examinons les processus précédemment décrits d’un point de vue théorique, nous pouvons constater que la séparation des trois principes n’est jamais parfaite et donc que la première purification est imparfaite.

Le mécanisme de purification, soit absorption des impuretés par le Sel, purification de celui-ci par le feu et l’eau, fait que le niveau vibratoire s’élève peu à peu. Nous allons donc examiner la théorie et la pratique d’une méthode beaucoup plus rapide et efficace, par une séparation presque parfaite. Cette méthode déclenche une purification très poussée dès le début des opérations.

La première chose à obtenir est un Mercure parfait. S’il n’est pas absolu, il contient de l’eau ; ainsi de l’alcool à 99º contient encore 10 cm3 d’eau par litre. Cette eau va dissoudre un peu de sel minéral et la séparation Mercure-Sel ne sera pas parfaite. Nous supposons que grâce aux précédentes notices vous avez obtenu aisément un Mercure d’au moins 90º. Pour comprendre les moyens choisis dans le processus que nous allons décrire, il nous faut connaître ce que, du point de vue alchimique, on peut appeler la fatigue des choses.

Par exemple, jetons un peu de sel de cuisine dans de l’eau : au commencement l’eau est reposée, le sel se dissout donc rapidement. Ajoutons encore du sel : la dissolution est plus lente. Ajoutons du sel une nouvelle fois et il y a refus : l’eau est saturée et ne veut plus dissoudre le sel. Chauffons l’eau pour lui redonner des forces : la dissolution du sel va reprendre, pour s’arrêter à nouveau lors d’une nouvelle saturation.

Le carbonate de potassium absorbe de l’alcool, mais plus il absorbe cette eau moins il est énergique. C’est ce même phénomène qui rend ardue la préparation de l’alcool absolu. Moins il contient d’eau, plus il en est avide ; plus le carbonate a absorbé d’eau, moins il en est avide.

De plus le carbonate de potassium abîme beaucoup la verrerie : il faut donc que le matériel utilisé dans la manipulation que nous décrivons plus avant ne serve qu’à cet usage car le verre dépoli ne peut jamais être correctement nettoyé.

L’expérience montre que, dans ce travail, le carbonate de potassium s’agglomère en bloc et que les tentatives de le sortir du ballon se terminent souvent par de la casse ! Comme nous allons le voir, il y a intérêt, en raison même des principes alchimiques à réutiliser le carbonate de potassium car celui-ci s’affine et s’ouvre en fonction même du nombre de fois où il est utilisé.

Dans tout ce qui suit, nous utilisons des bocaux de conserve en verre, lesquels, en plus de leur prix modique, présentent plusieurs avantages. Ils supportent le bain-marie, résistent au vide et possèdent une fermeture étanche. Leur seul défaut est leur couvercle : pour distiller, il faut soit acheter un couvercle de réacteur qui convienne au type de bocaux choisi, soit percer un trou de 8 mm dans le couvercle en verre et y adapter un tube standard de 8 mm. Ce perçage est aisé et il ne demande que quelques minutes. Il faut bien sûr disposer d’un foret au carbure bien affûté. Pendant l’opération, il faut lubrifier à l’essence de térébenthine ; dès que le foret débouche, il faut inverser la pièce.

Notre matériel étant prêt, les opérations se succèdent dans l’ordre suivant : on calcine du carbonate de potassium à 350º pendant au moins une heure. On remplit le bocal à moitié avec ce carbonate, puis on verse de l’alcool à 90º jusqu’à deux centimètres du bord supérieur. On ferme avec un couvercle étanche et on laisse ce mélange agir pendant vingtquatre heures ; pendant cette période on l’agite deux ou trois fois. Le bocal est installé dans un bain-marie réglé par un thermostat ou placé sur une plaque électrique munie d’un thermostat. La température de l’eau du bain-marie sera maintenue à 85 ºC. Bien entendu, à ce moment le bocal est surmonté du couvercle équipé d’un tube de 8 mm. L’équipement de distillation comprend une sphère à reflux, un réfrigérant et un ballon, le tout constituant un ensemble étanche, ce qui évite que l’alcool n’absorbe l’humidité atmosphérique. Si nous n’avons pas encore une bonne maîtrise de la distillation et si nous ne sommes pas sûrs de la capacité d’absorption calorique de notre réfrigérant, l’étanchéité du système peut être une cause d’explosion.

Aussi pourrons-nous prévenir ce désagrément tout en empêchant les rentrées d’humidité de l’atmosphère en tendant un piège chimique : un tube de sortie d’air est monté sur le ballon récepteur et ce tube débouche dans l’atmosphère par le moyen d’un tube de 8 mm de diamètre et de 20 à 25 cm de long. Ce tube est rempli de carbonate de potassium calciné, maintenu en place aux deux extrémités par des bouchons d’ouate. La liquéfaction du carbonate sur quelques centimètres indique que le tube doit être changé et que le carbonate de potassium doit être à nouveau calciné. La distillation avec cet équipement donne un alcool compris entre 96° et 98º. Avec cet alcool on recommence le même processus mais avec seulement 1/6 en volume de carbonate dans le flacon. La distillation donnera alors un alcool titrant plus de 99º.

Une nouvelle distillation avec 25 g de carbonate au litre nous donnera un alcool titrant au minimum 99,8º. Cet alcool doit être utilisé immédiatement car sa conservation à ce titre est très délicate : flacon rôdé parfaitement étanche et plein sont des éléments indispensables pour assurer la conservation de cet alcool pendant quelque temps. Après usage, le carbonate est dissous dans de l’eau distillée et la liqueur est filtrée. Cette liqueur se sépare spontanément en deux parties : l’une est légère et l’autre est lourde. Ceci est dû au fait que le carbonate fixe aussi une certaine quantité d’alcool. La distillation de cette liqueur permet la récupération de l’alcool. On peut également profiter de cette distillation pour concentrer la liqueur. Celle-ci est ensuite versée dans un plat en pyrex et est lentement évaporée. Le carbonate récupéré est à nouveau calciné et gardé en flacon étanche.

Si après sa coagulation le carbonate n’est plus parfaitement blanc, il n’est pas utile de le calciner. Il faut à nouveau le dissoudre, le filtrer et le coaguler. Cette procédure nous montre en plus toutes les impuretés qui peuvent être extraites de l’alcool.

Avec ce Mercure très pur, nous allons entreprendre la fabrication des élixirs au blanc, ainsi nommés parce que les trois principes qui les composent sont blancs ou transparents lorsqu’ils sont prêts pour la coagulation finale.

Avec ce Mercure parfait, il faut une plante aussi parfaite que possible. La plante sèche sera débarrassée de sa poussière, de ses parties abîmées, etc. Si elle contient un résidu d’eau, celui-ci affaiblira notre Mercure ; aussi la plante devra-t-elle être soigneusement desséchée. Ceci peut se faire, par exemple, dans des bocaux à distiller. Après avoir placé la plante dans le bocal, on munit celui-ci de tubes à vide, d’un côté vers la trompe à eau, de l’autre vers un ballon contenant du carbonate de potassium calciné. Le vide étant fait, il faut fermer le circuit du côté de la trompe à eau afin d’éviter les rentrées d’humidité. Le bocal, lui, est maintenu deux ou trois heures dans le bain-marie réglé à 60º. Sous vide à cette température, la plante libère son eau résiduelle sous forme de vapeur absorbée par le carbonate.

La plante sera placée dans la cartouche d’un Soxhlet que sera chargé à l’alcool absolu. Le haut du réfrigérant de l’extracteur sera fermé par un bouchon en silicone, ceci afin d’éviter toute entrée d’humidité. Le ballon de l’extracteur sera chauffé à 85º, au bain-marie afin d’éviter la surchauffe du Soufre. Il faut plusieurs jours d’extraction pour être sûr que tout le Soufre est extrait. L’extraction totale du Soufre est primordiale.

Le résidu dans la cartouche sera calciné et lessivé jusqu’à ce que ce Sel soit plus blanc que neige. L’extraction totale du Soufre se constate par le fait que le Sel n’est pas adhésif. Souvent ce Sel scintille car il forme des petits cristaux. La teinture est distillée. Si l’alcool ainsi récupéré n’est plus absolu, on peut le traiter au carbonate calciné.

Lorsque la teinture a l’épaisseur du miel, on la verse dans un creuset et on la calcine. On obtient un résidu noir que l’on pile aussi fin que possible. On le place ensuite dans une coupelle en quartz ou en porcelaine, mais pas en verre. On verse sur ce résidu une solution d’eau distillée alcoolisée à 5 % avec l’alcool récupéré précédemment.

Cette solution doit être versée jusqu’à recouvrir le résidu d’une épaisseur comprise entre ½ et 1 cm. Après une nuit de repos, la solution est évaporée lentement. Le résidu est calciné, réduit en poudre et le cycle recommence. En peu de jours le résidu devient blanc étincelant, plus blanc que neige : c’est le Sel du Soufre. Les cristaux qui apparaissent dans ce Sel indiquent par leur structure l’attribution planétaire de la plante. Ce Sel du Soufre est mélangé à parts égales avec le Sel obtenu lors de la calcination de la plante. S’il y a juste imbibition avec le Mercure récupéré, puis mise en couveuse, nous nous orientons vers la Pierre Végétale.

Si la quantité de Mercure versé est importante, le volatil l’emporte, mais l’alcool ne se chargera en Sel et en Soufre que par des distillations répétées. Le volatil doit peu à peu rendre le fixe volatil.

L’ALCOOL PHILOSOPHIQUE

Beaucoup d’auteurs n’ont abordé ce sujet que dans leur étude de l’oeuvre métallique. Mais l’intérêt de ce menstruum est aussi grand dans le domaine minéral que dans le domaine végétal. Toutes les extractions précédemment conseillées peuvent être faites avec avantage au moyen de ce menstruum connu sous le nom de « Menstruum de Kerkring ».

Le premier produit nécessaire à sa fabrication est le sel ammoniac connu de nos jours sous le nom de chlorure d’ammonium.

Les Anciens se le procuraient de diverses façons : distillation de cornes de cerf, résidu de séchage de l’urine des chameaux qu’ils allaient chercher en Afrique, distillation de l’urine. De nos jours, l’approvisionnement est nettement plus aisé : il suffit de s’adresser à un marchand de produits chimiques.

Le sel doit être sublimé trois fois au minimum. En fait, quand le sel ammoniac est chauffé il ne s’évapore pas, mais il se décompose en deux gaz qui se combinent entre eux dès que la température le permet.

Il faut se procurer un plat du style « Pyroflam » avec son couvercle en Pyrex, une pince en bois ou une tige d’acier qui permettra d’ôter ce couvercle une fois chaud. Le sel est placé en une couche régulière d’un ou deux centimètres au fond du plat que l’on chauffe avec une plaque électrique ou avec un appareil au gaz. Le couvercle de pyrex a été auparavant mis en place.

Rapidement, des vapeurs blanches se forment et le sel se dépose sur le couvercle. De temps en temps, on soulève le couvercle avec les pinces et on examine l’épaisseur de dépôt. Pendant cette opération, il ne faut pas respirer les vapeurs car elles sont nocives. On replace le couvercle. Si le sel déposé a une épaisseur de 2 à 3 mm, on place un nouveau couvercle sur le plat et on laisse refroidir le premier. Dès qu’il est froid, on détache la couche de sel avec la pointe d’un couteau ; en général, cette couche se décolle aisément en une seule fois. On la casse en morceaux que l’on enferme dans un flacon de verre. Au bout d’un moment, il ne reste dans le plat qu’un sel gris noirâtre et des impuretés ; on arrête alors l’opération. Le plat froid doit être soigneusement nettoyé.

On marque le flacon 1S, puis on prend le sel sublimé, on recommence l’opération et on le place dans un flacon marqué 2S. En général, lorsqu’il est sublimé trois fois, le sel ne laisse plus de dépôt noir et il se sublime entièrement. Si ce n’était pas le cas, il faudrait procéder à une quatrième sublimation.

Les colorations jaunes du sel sublimé ne présentent pas d’inconvénients, bien au contraire.

Le sel étant ainsi préparé, examinons le processus de préparation de l’alcool.

Celui-ci doit être d’un très haut titre : il faut le porter au-delà de 93º et le laisser macérer pendant 24 heures soit sur du carbonate de potassium (sel de tartre) calciné au moins une heure à 350 °C soit sur de la chaux vive calcinée à 850-900 ºC pendant au moins une heure.

L’alcool est distillé en circuit fermé pour lui éviter l’absorption de l’humidité atmosphérique, dans un appareillage rigoureusement propre. Le titre obtenu doit être au minimum de 99,5º; en fait on obtient entre 99,5º et 99,8º.

L’esprit de vin et le sel étant prêts, nous avons la possibilité d’utiliser deux méthodes.

Méthode lente

À la nouvelle lune, mélanger quatre parts de sel et dix parts d’alcool (parts en poids) ; enfermer ceci dans un flacon rodé étanche. Mettre en macération à une température de 40- 42 ºC. Agiter au moins une fois le mélange quotidiennement.

Surveiller sa couleur. Les reflets et la couleur de l’alcool varient avec les phases de la lune. Si tel est le cas, on laisse la macération se poursuivre pendant une deuxième lunaison. Ensuite, en circuit fermé, distiller très lentement 3 fois le menstruum. Le menstruum de Kerkring est alors prêt.

Le résidu solide de la première distillation peut être mélangé au sel ammoniac. Le sel peut servir plusieurs fois si on le conserve dans un flacon de verre étanche. Penser à noter sur le flacon le nombre de macérations.

Le menstruum peut aussi servir plusieurs fois, mais on ne doit jamais le faire agir dans d’autres règnes que celui pour lequel on l’a utilisé en premier lieu. Un menstruum vierge extrait l’huile rouge de l’antimoine correctement préparée.

Méthode rapide

Remplir de sel le cartouche vierge de l’extracteur du Soxhlet. Charger le Soxhlet avec l’alcool rectifié ; couvrir le réfrigérant pour être en circuit fermé et éviter les entrées de vapeurs atmosphériques. Laisser le Soxhlet circuler au moins douze fois. Distiller l’alcool trois fois, le menstruum est prêt.

À l’usage, on note peu de différences entre les deux menstra. Toutefois, le menstruum obtenu par la première méthode semble plus énergique dans les extractions métalliques ou minérales.

Nous étudierons prochainement une troisième méthode.

NOTICE 30

NOS SOURCES DE TRAVAIL

Dans notre méthode de travail, nous nous efforçons de présenter pour chaque sujet les solutions qui peuvent se trouver dans diverses sources écrites ou orales. Les solutions que nous présentons peuvent être soit traditionnelles soit modernes. Nous devons dire que dans ce début de cours, nous avons tendance dans la partie végétale, qui n’est qu’une préparation, à privilégier les méthodes modernes pour une raison fort simple : ces méthodes prennent infiniment moins de temps que les méthodes anciennes, et un salarié des temps modernes ne dispose pas du même temps que celui dont disposaient les alchimistes anciens. Il est d’ailleurs probable que pour les minéraux, et plus encore pour le métallique, nous nous rapprocherons des méthodes traditionnelles.

Quelles sont nos diverses sources ?

Certaines solutions présentées sont issues de notre recherche documentaire, et nous les présentons après les avoir nous-mêmes expérimentées.

Souvent notre travail expérimental nous a conduit à modifier un texte original, à le compléter ou à donner des détails pratiques qui n’existaient pas dans l’original. D’autres solutions sont issues de la documentation qui nous est fournie par des groupes ou des écoles dont les buts sont identiques aux nôtres, et parfois par des alchimistes autonomes et solitaires. Dans ce cas, nous limitons nos expériences et quelques-unes des méthodes proposées, si leur source nous paraît valable ; nous n’avons pas le temps matériel de tout éprouver.

Quand une source nous paraît en être digne, nous lui accordons alors un certain degré de confiance.

LE SEL

Revenons sur le problème du Sel et essayons maintenant de le résumer.

Une école alchimique moderne propose de préparer d’abord les douze sels à des doses homéopathiques. Mélanger les douze solutions pour obtenir l’élixir dit « du printemps » qui, selon le concept alchimique, peut résoudre toutes les carences de sel dues aux considérations astrales entraînées par la date de conception.

Nous avons dit que certains des douze sels étaient insolubles et que, dans ce cas, il fallait les préparer par trituration. Cette opération consiste à réduire le sel en une poudre impalpable et à mélanger cette poudre à un élément fixant, par exemple du glucose. Si la poudre est vraiment impalpable, les grains les plus petits vont adhérer aux molécules de glucose qui, ensuite, les entraîneront dans les dilutions successives. Il y a une parenté certaine entre le concept alchimique et le concept homéopathique : ils défient l’un comme l’autre les concepts de la logique cartésienne.

Pour nous aider dans notre travail, rappelons-nous deux principes essentiels :

– 1) Une dilution doit être suivie d’une dynamisation, c’est-à-dire que le produit doit être énergiquement secoué à la main.

– 2) Puisqu’une dilution décimale est une dilution par 10, on pense, en toute logique, que deux dilutions décimales 1/10 x 1/10 = 1/100 sont égales à une dilution 1 CH, soit 1/100.

Or, ceci est faux. Une suite de dilutions homéopathiques provoque l’inversion du remède.

Mais cette inversion a lieu sensiblement pour le même nombre de dilutions, que celles-ci soient décimales ou centésimales.

Si nous prenons un produit toxique tel que l’arsenic, il évolue de la façon suivante, que ce soit au cours de dilutions décimales ou de dilutions centésimales :

– Pendant les deux ou trois premières dilutions, le produit demeure toxique,

– De la troisième dilution à la dixième ou la onzième, il est curatif,

– À la dixième ou à la onzième dilution, il est neutre,

– De la onzième ou de la douzième dilution à la quatorzième, il est à nouveau nocif.

Pour ceux qui utiliseront des sels tout prêts et qui tiendront compte des influences astrales, ce qui précède a bien entendu moins d’intérêt.

Mais, par contre, ces renseignements concernent au plus haut degré ceux qui utiliseront l’eau du GUR pour ces préparations qui dispensent, alors, en grande partie de tenir compte des influences astrales.

Toutefois, il y a toujours avantage à mettre tous les atouts dans son jeu, et à respecter le plus possible toutes les conditions favorables.

Commentaire : dans les remèdes homéopathiques, c’est la dynamisation qui apporte la force au produit. Celui-ci n’est pas un produit pur ni un produit régénéré par sa décomposition en et reconstitué ensuite par la cohobation.

Cette décomposition et cette reconstitution alchimiques éliminent les impuretés toxiques du produit, et cette opération apporte en une fois une force qu’une longue suite de dynamisations ne saurait apporter.

C’est pourquoi les éléments alchimiques ne doivent être dilués qu’une seule fois, mais de manière importante : de une à vingt gouttes dans un verre de liquide convenable. Il est bon de se souvenir de ceci, car nous allons prochainement aborder l’usage ésotérique des élixirs.

Il est également très important dans ce travail de ne pas inverser les effets des élixirs par une suite de dynamisations homéopathiques.

Pour ceux que les questions homéopathiques intéressent, ils peuvent se référer à l’ouvrage « La Médecine Anthroposophique » du Docteur V. Bott.

FIXE ET VOLATIL

Abordons maintenant ce sujet, totalement différent du précédent. On retrouve encore dans ce domaine la difficulté d’interprétation des livres alchimiques : il faut souvent savoir user de ruses, et plus souvent encore être inspiré pour savoir ce qui se cache derrière les mots. Lorsque nous avons parlé de la création des éléments, nous avons dit que le Sel de la Terre est le plus fixe et le que le Soufre du Feu est le plus volatil.

Rien n’est fixe, rien n’est volatil, si ce n’est comparativement à une autre chose. Dans le sens alchimique, le vinaigre est fixe par rapport à l’alcool. L’alcool est volatil par rapport au vinaigre, mais il est fixe par rapport à l’éther.

On peut alors se demander en lisant un texte alchimique qui ne comporte aucune référence de comparaison quelle est la valeur du fixe et du volatil.

Dans la plupart des cas, on peut dire que la référence est l’eau. C’est-à-dire que tout ce qui bout avant le point d’ébullition de l’eau est considéré comme volatil, et tout ce qui bout après ce point est considéré comme fixe.

En fait, derrière les termes fixe et volatil se cache également le plus grand secret alchimique souvent décrit et employé, mais jamais expliqué totalement en clair. Nous avons dit dans les premières notices que la répétition d’une même opération provoque l’évolution de la matière. Ce que nous n’avons pas dit alors est que cette évolution peut être dirigée soit vers le fixe, soit vers le volatil. C’est l’élément le plus fort qui dirige l’opération. Si nos deux éléments sont parfaitement purs, seule la quantité en présence déterminera le sens de l’évolution.

Une Pierre est, par principe, un fixe qui doit, dans le fixe, être l’égal du Sel de la Terre. Prenons le Sel. Il doit être imbibé avec le mélange Soufre-Mercure entièrement, mais juste imbibé. Si le liquide apparaît en surface il faut le retirer par distillation avant la mise en couveuse. Ceci demande une patience extrême, car l’imbibition n’est valable que si le Sel est sous forme d’une poudre impalpable. Plus la poudre est fine, plus vite le résultat est atteint. Comme il y a peu de Mercure, le flacon doit être parfaitement étanche (rodage graissé ou bouchon en silicone).

Quand la poudre est sèche et que le Mercure-Soufre est absorbé, il faut faire une nouvelle imbibition, toujours sans que le mélange Soufre-Mercure ne coule : surface humide, mais pas de liquide coulant. Après trois ou quatre imbibitions, la poudre est sortie et calcinée, si on obtient au refroidissement une pierre blanche qui ne fume pas en fondant, qui ne se dissout pas à l’eau. Dans ce cas, la Pierre est terminée. Si les conditions ne sont pas réunies, on recommence les opérations après avoir réduit la pierre en une poudre impalpable. C’est la répétition patiente et soigneuse de ce cycle qui fixe le Mercure et le Soufre par le Sel, et qui conduit à une Pierre.

Pour le volatil, l’opération utilisée pour l’élixir est inverse : ce n’est plus l’imbibition qui va faire évoluer la matière, mais c’est la distillation qui sera l’opération évolutive. Pour que le volatil soit le plus fort, le flacon sera rempli au 1/30 environ de Sel qui sera noyé dans dix à douze fois son volume de Soufre et de Mercure mélangés. Généralement une incubation en couveuse pendant une semaine suffit. On distille jusqu’au sec et on reverse le distillat sur le Sel ; puis on remet une semaine en incubation. La répétition de cette opération rend peu à peu le Sel volatil qui passe alors à la distillation.

Le flacon doit être très étanche et très résistant car il est pratique de l’utiliser comme ballon de distillation. La distillation doit se faire sans reflux et sans perte ; aussi une cornue en verre dur est-elle pratique pour cette expérience.

LE SOUFRE

Après notre étude du Sel, et en particulier des douze sels, nous parvenons maintenant à l’étude du Soufre.

Si la connaissance du processus des sept élixirs de base est impérieuse et nécessaire, celle des douze sels l’est moins et peut même, dans de nombreux cas, être moins indispensable à la poursuite de notre chemin.

En effet, la Nature a tendance à auto-corriger toute chose. Il est vrai qu’Elle le fait en général avec lenteur, mais Elle ne peut pas tout. Tout ce qui est du domaine de l’Art lui est inaccessible. La Nature suit ses lois d’une manière déductive, uniquement en suivant les lois de cause à effet. Seul l’homme a accès à l’induction, ce qui, dans une certaine mesure, lui permet de sortir de ce processus rigide. Mais cette liberté est compensée par une action de la loi de justice ou plutôt d’équilibre que certains nomment karma.

Le domaine atteint par les élixirs n’est plus celui de la Nature, mais celui de l’Art et, par son travail, l’Adepte doit rétablir dans ce domaine les dommages provoqués par l’induction, par son libre-arbitre, et ainsi satisfaire à la loi d’équilibre et d’harmonie. Il n’en est pas de même pour le Sel qui, lui, est entièrement du domaine de la Nature. Si celle-ci trouve dans la nourriture les éléments nécessaires au rétablissement de l’équilibre naturel, celui-ci se fera lentement. Mais il n’est pas interdit à l’homme d’aider la Nature et d’accélérer le processus afin que l’harmonie soit plus vite rétablie. Nous devons signaler que si certains sels manquent dans l’alimentation, la Nature peut les produire dans l’homme grâce aux pouvoirs intérieurs de transmutation de tout être vivant. La transmutation métallique n’est peut-être que la maîtrise et l’extériorisation de ces pouvoirs internes naturels présents, mais occultés à la conscience extérieure de l’homme. Pour ce problème des sels, chacun peut choisir une des solutions précédemment proposées, ou même ne rien faire s’il pense que la Nature a fait ou a entrepris en lui le processus de rééquilibrage.

Commençons maintenant sous divers aspects l’examen de ce que l’on nomme Soufre, car ce principe est subtil, et il nous conduira à revoir la différence entre la chimie et l’Alchimie. Une bonne connaissance de ce principe est indispensable dans la théorie et dans la pratique.

Le Soufre est l’âme des choses, et l’extraction alchimique correspondante n’en est que le support. Dans sa nature profonde, le Soufre est une Force Spirituelle que rien de matériel ne peut détruire, ni feu, ni acide. L’âme de l’homme, son véritable Soufre, n’est libre et puissante que si elle est débarrassée des scories qui l’empoisonnent et la paralysent. Il en est de même de l’âme des choses dans la Nature. Les seules opérations possibles sur le Soufre consistent à nettoyer son support de toutes les impuretés qui l’empêchent d’agir, et ainsi de rendre ce support plus transparent pour permettre le transfert de l’Énergie Spirituelle.

Toutefois le problème est différent pour l’homme et pour les choses. Le Soufre étant l’Énergie Spirituelle de l’homme, sa conscience, ses pensées, une mise en ordre de ce domaine est indispensable. Un Alchimiste doit avoir un bon Soufre, sinon il risque de gros ennuis. Il doit donc être à la fois généreux, au moins et surtout dans son mode de pensée ; raisonnable, pondéré, ne cédant ni aux accès de colère ni aux impulsions brutales qui dérèglent les courants d’énergie. Il doit aussi aiguiser son intelligence par le travail, en parvenant à la compréhension de la Nature tant par une sorte de communion directe que par l’étude intellectuelle de ses mécanismes.

Nous continuerons cette étude au cours de la prochaine notice.

NOTICE 31

Nous continuons notre étude du Soufre et nous l’examinons maintenant dans les choses. Cette étude va nous conduire à des remarques qui seront extrêmement utiles dans nos travaux aussi bien théoriques que pratiques.

Premier principe, le Soufre, son âme, son Énergie Spirituelle, peut être au moins partiellement captée par d’autres choses qui sont, en théorie, les trois Mercures des trois règnes. Si un Mercure vibre bien, il peut au moins partiellement capter le Soufre d’un autre règne. Pour illustrer ceci, développons maintenant quelques exemples qui vont de plus nous montrer la complémentarité chimie-alchimie.

Supposons que nous versons de l’alcool à 97-98° sur du carbonate de potassium calciné.

Nous le laissons en macération 24 heures, puis nous le distillons. Le chimiste dira que nous allons obtenir un alcool très pur. L’alchimiste dira que nous allons obtenir un alcool minéralisé. Selon le chimiste, le carbonate de potassium ne passe pas à la distillation. Tous les deux ont raison, cependant, du point de vue alchimique, le chimiste a tort. L’alcool à 97- 98° a un pouvoir d’extraction minérale faible, mais ce Mercure végétal qui déjà « vibre » bien va extraire le Soufre minéral, l’Énergie Spirituelle du carbonate de potassium, qui passera avec lui à la distillation. L’alcool devient apte aux extractions minérales, c’est pourquoi l’alchimiste dit qu’il est minéralisé.

Si nous avions déshydraté l’alcool avec de la chaux vive, il aurait été aussi minéralisé, mais le Soufre du calcium est différent de celui du potassium et nos deux alcools ne seraient pas identiques, alchimiquement parlant. C’est pourquoi la déshydratation ultime de l’alcool doit être différente pour un Mercure Philosophique végétal ou un Mercure Philosophique minéral.

Ceci nous montre que l’alchimiste doit savoir être chimiste dans le domaine matériel et alchimiste dans le spirituel, pour ce qui est la force de la vie. Ces deux aspects de la connaissance ne doivent pas s’opposer mais se compléter.

Un autre exemple nous montre l’intérêt théorique et pratique de la connaissance du Soufre, de l’Énergie Spirituelle. De même que l’homme impur qui quitte la terre va nettoyer son véhicule spirituel pour un nouveau départ, de même l’eau de la terre suit un cycle purificateur. L’eau est aussi un menstruum universel. Dès l’instant où elle ruisselle sur la terre, elle se charge du Soufre des choses qu’elle rencontre. Tôt ou tard, elle arrive à la mer où elle rencontre le Sel de la Terre, le Sel purificateur. Après quoi l’énergie solaire l’évapore, la distille, et l’air lui rend son énergie première, elle est alors pure de tout Soufre issu des éléments de la terre. Seule, l’eau de pluie qui n’a pas ruisselé sur le sol contient l’Énergie Spirituelle à son plus haut niveau, et n’est alors gênée par aucune impureté terrestre. Elle peut être indifféremment orientée vers l’un des trois règnes. C’est ce mécanisme qui explique l’intérêt des alchimistes pour l’eau de pluie ou la neige fondue. Lorsque l’eau a perdu son potentiel positif au contact de la terre, et qu’elle s’est chargée de divers Soufres et d’impuretés terrestres, il sera impossible de lui rendre son état premier par la distillation. Celle-ci l’améliorera mais ne lui rendra pas sa pureté première.

Nous espérons que ceci vous aura éclairé sur les mécanismes alchimiques des menstra. Nous avons dit au début du cours que les liquides d’extraction, lorsqu’ils approchent de la perfection, doivent être protégés des effets psychiques ou spirituels négatifs. Quand ces liquides sont prêts et qu’ils sont en attente d’usage, nous les conservons dans notre oratoire, ce qui permet de rendre moins stricte l’entrée du laboratoire. Si un menstruum est entouré de pensées ou de bruits inharmonieux, il se charge négativement et ainsi il ne sera plus convenable ou ne sera plus apte à prendre la Force Spirituelle des choses. Il tirera moins bien le support physique de l’énergie, la teinture, et encore moins bien l’énergie qu’elle contient. La hiérarchie des Mercures les rend de plus en plus sensibles à ce mécanisme. Un Mercure végétal imparfait est peu sensible, un Mercure végétal absolu devient déjà très sensible.

Le Mercure Philosophique extrait du plomb sera déjà très sensible ; sa manipulation deviendra de plus en plus délicate au fur et à mesure que sa purification le rendra apte à agir dans la hiérarchie des métaux, étain, fer, or, cuivre, mercure, argent.

Si nous regardons le ciel chimique de la Notice 9, nous remarquons que s’il est bien tentant de partir du Mercure le plus proche de l’or et de l’argent, il est aussi bien prétentieux et bien imprudent de partir d’aussi haut dans l’échelle métallique. Avoir la maîtrise du Dieu magique, Mercure, n’est pas un travail de débutant.

Nous examinerons prochainement les raisons théoriques qui indiquent la zone de départ dans le ciel chimique.

L’ALCOOL PHILOSOPHIQUE

Nous pouvons revenir à la fabrication de l’alcool philosophique. Pour porter à l’extrême le Mercure végétal, il est évident qu’il ne doit pas être minéralisé ni par le potassium ni par le calcium. L’agent de passage idéal entre règne végétal et minéral est l’ammoniaque. Il a de plus l’avantage de faciliter les phénomènes de « fermentation » ou, comme il est dit dans les livres anciens, de « putréfaction » dans le règne minéral ou métallique.

L’alcool philosophique sera donc un alcool alchimiquement pur et ensuite chargé avec la teinture, la Force Spirituelle du Sel ammoniac.

Dans cette même Notice 9, nous avons la description d’une installation de distillation sous vide, et un tableau montre qu’il est possible d’obtenir un alcool à 99,5°. Certains penseront peut-être que les Anciens n’avaient pas ces dispositifs, mais ils savaient distiller sous vide par le procédé de lavage de l’air par la vapeur d’alcool, procédé que nous verrons ensuite dans le cours. Lorsque l’alcool approche de sa perfection, il devient extrêmement volatil et avide d’eau et notre installation moderne a sur ce point un handicap par rapport à l’ancienne méthode. L’installation de la planche n° 3 de la Notice 9 devra être modifiée de la façon suivante.

– 1) Le robinet à vide sera placé entre la soupape anti-retour et le manomètre,

– 2) Avant toute opération, le réservoir à vide sera soigneusement séché et sera ensuite rempli sur deux à trois cm de hauteur de carbonate de calcium ou de chaux vive,

– 3) Le ballon de récupération du liquide distillé sera entouré d’un bain d’eau et de glace,

– 4) La colonne à rectifier peut être supprimée avec avantage et remplacée par une sphère anti-reflux de KJELDAHL.

La distillation sera conduite avec une extrême lenteur. S’il n’y a pas de colonne à rectifier ou si la pièce n’est pas froide, en été par exemple, le vide et la glace suffisent pour obtenir une distillation lente.

Cet alcool sera ensuite chargé par la teinture du Soufre du sel ammoniac, qui doit être lui aussi à son maximum de vibrations. Le sel ammoniac le plus adéquat pour la fabrication de l’alcool philosophique vient du règne animal.

Nous aborderons ce sujet dans quelques temps.

MENSTRUUM ET LIQUIDE D’EXTRACTION

Maintenant que nous sommes plus avancés dans nos travaux, nous devons bien différencier les menstra et les liquides d’extraction. Nous n’avions pas évoqué cette distinction jusqu’ici afin de ne pas compliquer le travail. Toutefois, certaines précautions doivent être prises pour interpréter ce que nous allons dire. Car si les lois alchimiques sont immuables, la connaissance forcément limitée de l’esprit spirituel des choses nous oblige à être prudents et à ne pas affirmer péremptoirement la validité certaine des affirmations contenues dans cette notice.

Le Mercure de chaque règne et l’eau sont des menstra. C’est-à-dire qu’ils sont capables d’extraire la Force Spirituelle de son support. Dans chaque règne, le Mercure du règne est le plus approprié comme extracteur, mais en général dans son règne il passe à la distillation avec la Force Spirituelle. Cette dernière ne passe en principe pas en dehors du règne de Mercure, sauf en cas de supériorité hiérarchique, c’est-à-dire que, lors de la distillation, la Force Spirituelle métallique ne passe pas avec l’alcool philosophique.

Par contre, la Force Spirituelle passe à la distillation dans une extraction végétale, qu’elle soit faite avec le Mercure végétal, l’alcool philosophique ou le Mercure philosophique métallique. Ceci explique la possibilité des élixirs exposés dans une précédente notice. La distillation de la teinture végétale conserve sa Force Spirituelle alchimique.

Il peut paraître étonnant que nous donnions l’eau dans les menstra universels. S’il est évident que par macération, nous pouvons obtenir une teinture végétale, ceci paraît beaucoup plus aléatoire pour le minéral ou pour le métallique. Pourtant, l’expérience suivante est intéressante à ce point.

Pour en chasser le soufre excédentaire et l’arsenic, nous calcinons de la stibine à 300-350° maximum pour qu’elle ne fonde pas, en l’ayant disposée en couches minces, et ceci pendant de longues heures ; on obtient après pilonnage une poudre gris noir. On charge alors avec cette poudre un extracteur de Soxhlet et son ballon avec de l’eau de pluie distillée. Après un délai d’extraction variable compris entre deux semaines et trois mois, l’eau prend un caractère acide (pH 1-2) bien qu’elle ne soit pas corrosive. La distillation donne le Vinaigre d’Antimoine. Ceci prouve que l’eau a un pouvoir d’extraction métallique lent mais réel.

Si la calcination de la stibine a été insuffisante et que du soufre restait, pas le Soufre, mais du soufre jaune commun, l’opération serait compromise car ce soufre, au cours de la circulation, va peu à peu donner avec l’eau de l’acide sulfurique, qui est très difficile sinon impossible à séparer, du Vinaigre d’Antimoine, ne serait-ce qu’à cause du caractère fixant de celui-ci. En ce cas, l’eau extraite est vraiment corrosive.

Examinons maintenant deux autres liquides d’extraction, le di-éthyle oxyde dit éther sulfurique et l’acétone (ne pas confondre avec l’Acétone des Sages).

Nous avons indiqué dans une notice d’information les dangers encourus par la manipulation de ces deux liquides. Les précautions prises doivent être très grandes et davantage encore avec l’éther qu’avec l’acétone. Les précautions minima sont les suivantes :

– Pas de chauffage à la flamme, uniquement au bain-marie,

– Pas d’appareil électrique susceptible de produire des étincelles,

– Réfrigération par de la glace,

– Glace de protection entre l’appareil à distiller et l’opérateur,

– Pas de vêtements en tissus synthétiques susceptibles de provoquer des étincelles,

– Aération importante du local.

Les extractions faites avec ces deux liquides sont extrêmement rapides, beaucoup plus qu’avec l’alcool philosophique. Ils sont capables d’extraire lentement le Soufre de la plupart des oxydes métalliques ou minéraux, par simple macération. Ces liquides ne font pas passer la Force Spirituelle à la distillation. Les teintures extraites sont récupérées avec toute leur force et le liquide d’extraction est séparé par simple distillation.

Par exemple, pour l’alcool philosophique, on sublime trois fois le sel ammoniac, on charge avec ce sel pulvérisé un Soxhlet, et son ballon avec de l’éther. Étant donné la volatilité de l’éther, la réfrigération doit être très importante. On utilise deux réfrigérants mis bout à bout, soit dix à quinze boules, le sommet étant bouché avec du coton hydrophile. Même avec un faible chauffage au bain-marie, la circulation est très rapide. L’éther se colore légèrement en jaune. La distillation de l’éther donne une huile jaune, le Soufre de l’ammoniaque.

La dissolution de cette huile dans l’alcool absolu transforme celui-ci en Alcool Philosophique. Le procédé est rapide mais délicat. Il vaudra mieux ne l’utiliser que lorsque nous aurons étudié la fabrication du sel ammoniac d’origine animale.

L’acétone peut être utilisé dans le végétal pour extraire davantage d’huile quand les huiles, essentielles sont fixes ou sous forme de graisses qui résistent à l’alcool. Mais son usage, proche d’ailleurs de celui de l’Acétone des Sages, est l’extraction du Soufre du verre d’antimoine. Cette extraction n’étant ni fixe ni volatile, la procédure est identique à celle de l’éther étudiée précédemment.

L’acide acétique est lui aussi un liquide d’extraction remarquable et qui peut agir dans les trois règnes bien que son origine soit végétale.

La caractéristique principale des produits extraits par l’acide acétique est leur fixité. Par exemple, reprenons le verre d’antimoine. Les résultats des diverses extractions seront les suivants :

– Extraction à l’alcool, teinture volatile,

– Extraction à l’acétone, teinture neutre, ni fixe ni volatile,

– Extraction à l’acide acétique, teinture fixe (dans ce cas, la séparation acide acétiquevinaigre d’antimoine sera extrêmement délicate).

L’acide acétique est l’une des clés de l’entrée dans le règne métallique car, comme nous le verrons ensuite, il permet l’extraction des teintures du plomb, du fer, du cuivre. Les autres préparations sont plus délicates que ces trois premières.

Nous devons faire une différence entre le vinaigre distillé et l’acide acétique de synthèse.

Leurs pouvoirs d’extraction sont sensiblement identiques à des degrés égaux de concentration, mais le résultat est tout à fait différent du point de vue alchimique.

Si nous opérons sur un métal vivant (nous avons expliqué ce qu’il faut entendre par ce terme, mais nous y reviendrons d’une manière plus complète), on peut indifféremment utiliser l’acide acétique ou le vinaigre distillé, bien que ce dernier soit toujours préférable.

Ceci est aisé à comprendre, si les corrosifs comme les acides hydro-chlorhydriques, nitriques ou sulfuriques qui sont d’origine minérale tuent le métal, en général, l’acide acétique d’origine végétale ne peut pas absorber la vie métallique et en conséquence ne peut pas tuer le métal. Le vinaigre distillé peut lentement revivifier le métal mort. C’est ce qui se pratique dans le travail du plomb et que l’on peut cataloguer sous le nom de « Travaux d’Hercule ».

Si la revivification est correctement effectuée, l’acide acétique sort une teinture qui contient à la fois le Soufre et le Mercure Alchimique.

NOTICE 32

Nous avons donné les éléments indispensables à la fabrication des élixirs alchimiques végétaux. Nous allons maintenant étudier leur usage ésotérique et la première phase de l’initiation personnelle alchimique.

Nous débuterons par la description des préparatifs nécessaires à ce travail, puis nous exposerons le pourquoi, le comment et les raisons qui expliquent et justifient ce processus.

Cette partie du travail ne peut pas être effectuée sans oratoire. Cette pratique est illustrée d’une manière très intéressante dans la planche de l’oratoire de l’amphithéâtre de l’Éternelle Sapience de KHUNRATH.

Si on ne dispose pas de pièce consacrée à cet usage, il est possible d’avoir un équipement minimum qui peut être installé dans un placard ou même dans une boîte. L’important est que l’ensemble soit protégé des contacts psychiques négatifs et qu’il puisse être aisément installé.

La boîte contiendra les sept élixirs dans des flacons marqués du signe de la planète correspondante. Les flacons seront placés dans l’ordre suivant : Saturne, Jupiter, Mars, Vénus, Mercure, Lune, Soleil, le Soleil étant à droite de l’opérateur. La boîte doit aussi contenir un petit flacon d’alcool absolu ou presque, un compte-gouttes, un verre, un dispositif pour obtenir un éclairage non violent. S’il n’y a pas de risque d’incendie, l’idéal est d’avoir deux bougies. La boîte contient aussi, collés sur des cartons rigides, les trois dessins : le diagramme des centres séphirotiques dans l’homme (planche n°1), l’hexagramme (planche n°2) et le cercle des éléments (planche n°3). Dans un oratoire, les dessins doivent être placés dans une chemise lorsqu’ils ne sont pas utilisés. Un miroir dans l’oratoire peut être utile par la suite.

Pour comprendre ce qui se passe dans l’initiation, une image nous semble assez bonne : l’homme déchu est comme un prince exilé par son père, le roi. Quand ce prince est à nouveau admis au palais, il retrouve certaines de ses prérogatives et, ayant accès à la bibliothèque du palais, il retrouve la connaissance de la cour.

Abordons maintenant une question irritante pour beaucoup parce qu’elle est très mal comprise dans son principe, dans sa nature. Nous voudrions essayer d’expliquer ce qu’est la réalité de la magie naturelle, ce que sont les pouvoirs occultes de l’homme, et quel doit être notre comportement face à ces phénomènes. Il ne faut pas oublier que nul n’est Alchimiste s’il ne connaît la théorie de l’Alchimie, celle de la magie naturelle, et quelques règles de l’astrologie sacrée. D’une part, nous parlons de magie, et, de l’autre, nous déclarons ne pas croire au miracle parce que ce miracle serait une entorse aux lois de la Nature. L’homme ne peut se réintégrer que par l’acquisition de pouvoirs : le prince à la cour retrouve ses prérogatives. Mais encore faut-il savoir quoi choisir et quoi faire.

La Qabal, qui est une théorie de la magie naturelle, explique qu’il y a quatre mondes. Il est rarement dit que la hiérarchie de ces mondes fait que l’accès conscient à l’un d’eux permet de transcender les mondes qui lui sont inférieurs. Le monde de Briah transcende Yetzirah et le monde de Yetzirah ne transcende que le monde physique. Les causes profondes des lois naturelles qui régissent un monde se tiennent dans le monde qui lui est immédiatement supérieur. Si notre conscience a accès à Yetzirah, nous aurons accès aux lois qui transcendent le monde physique, et nous aurons ses pouvoirs. L’état de Mage ou d’Alchimiste n’est que la conséquence du niveau de conscience atteint. L’erreur, dans ce domaine, consiste à chercher à acquérir des pouvoirs « pour épater la galerie », du style lévitation ou marche sur le feu, plutôt que de rechercher ceux qui sont capables de nous aider dans notre évolution. Pour nous, le pouvoir de transmutation doit être l’un des premiers à se manifester.

Nous avons encore à dire que si un mage sur terre proposait de décupler votre intelligence, vous ne refuseriez certainement pas. Il en est de même des pouvoirs occultes de l’homme car, judicieusement utilisés, ils augmentent considérablement notre possibilité d’action. Nous ajoutons que l’homme a toujours accès aux pouvoirs occultes mais d’une manière inconsciente et non intellectuelle. Tous les mécanismes qui assurent la continuité de la vie ont accès à ces pouvoirs mais ils sont alors utilisés à notre insu. Nous n’avons aucune prise sur eux. Par la suite, ils entrent dans notre champ de conscience et nous devenons peu à peu un Être libre car la loi Karmique de cause à effet peut être levée dans le monde physique chaque fois que cela est nécessaire, à notre gré, et cela grâce aux lois de Yetzirah qui transcendent le Royaume de Malkuth.

Notre étude alchimique doit nous aider à réaliser progressivement que les mondes de conscience supérieure ne sont ni illogiques ni contraires à la raison. Ils sont différents. En fait, ils sont hyper rationnels et hyper logiques. Mais la perception progressive de l’Unité cosmique donne une cohérence au tout et c’est cet élément qui doit nous indiquer le bon chemin.

Dans votre oratoire, nous avons dit que l’on devait trouver trois dessins, deux symboles et un aide mémoire. En ésotérisme, le symbole est important car pendant une longue partie de notre évolution la communication « intellectuelle » entre nos différents niveaux de conscience ne peut se faire que par lui. Il est important d’essayer d’augmenter l’harmonie, la compréhension entre ces niveaux car, de cette façon, notre Conscience Supérieure utilise ses propres pouvoirs pour nous aider dans notre chemin. Nous avons donc deux symboles à utiliser. L’un indique le but que nous nous proposons d’atteindre et l’autre montre les moyens utilisés pour y parvenir.

Il est bon que chacun redessine lui-même ces symboles. De même que l’écriture permet de fixer une idée, redessiner un symbole le fixe dans notre conscience.

L’hexagramme est constitué de deux triangles entrelacés. L’entrelacement est le signe de l’union des deux mondes. C’est aussi l’un des symboles de la Pierre Philosophale, la Conscience de l’Être en l’homme. Seul cet état assure un pouvoir de transmutation qui permet le Grand OEuvre. C’est pourquoi il est dit que Seul Dieu donne le secret.

La méditation sur ce symbole harmonise le travail de nos deux consciences dans la direction de cette réalisation.

Le cercle des quatre Éléments symbolise les méthodes que nous utilisons, c’est-à-dire la production de la quintessence par l’équilibre des quatre Éléments.

La quintessence, au centre, est symbolisée par le signe du Mercure.

Le demi-cercle supérieur n’est pas le symbole de la lune, mais celui de l’âme : un demicercle parce que demi-manifesté.

Le cercle est le symbole de l’esprit, en un sens le symbole de l’âme, ici totalement manifestée et qui joint les deux mondes.

La partie inférieure, la croix, symbolise à la fois la loi de dualité nécessaire à l’évolution et le corps de l’homme qui autorise l’usage de celle-ci.

Dans notre diagramme des centres séphirotiques, le symbole de Mercure se trouve au niveau de la gorge. C’est aussi le symbole du Verbe, des mots de Pouvoir.

Le Mercure Philosophique est la véritable entrée du domaine alchimique. C’est lui, Thoth ou Hermès, le Mage qui ouvre le premier monde magique de Hod en Yetzirah. Sans le Mercure Philosophique, la dissolution alchimique des métaux n’est pas possible.

Nous consacrerons quelques notices à ces divers points que nous étudierons alors en détail. Ensuite nous aborderons le développement et le contrôle du pouvoir de transmutation et son application aux élixirs. Ceci nous fera réellement commencer la spire évolutive car notre force va croître et nos élixirs également, l’un réagissant sur l’autre et accélérant ainsi la remontée.

Enfin, nous examinerons certains aspects de l’astrologie et de l’alchimie sacrées, et certaines utilisations des élixirs visant à obtenir des résultats particuliers et du plus haut intérêt.

Planches

Planche n°1 : Les centres séphirothiques ou chakras

Planche n°2 : L’Hexagramme

Planche n°3 : Le cercle des quatre Éléments

NOTICE 33

Nous avons déjà abordé le problème de la vie. Mais il est bon de l’approfondir.

L’Alchimie est une chimie de la vie, Soufre, Mercure, Sel, Âme, Esprit, Corps. Il faut comprendre que la vie est un élément d’ordre divin. Comme l’essence même de la Divinité, elle est omniprésente ; c’est une pression existant partout dans l’univers et qui se manifeste dès que les conditions sont réunies.

Les expériences sur le GUR, pour ceux qui les ont faites ou ceux qui les feront,

démontrent ce qui précède.

Si l’homme parvenait à construire une cellule identique à la cellule vivante dans sa structure physique et s’il lui incorporait le Mercure et le Soufre de son règne, la vie y apparaîtrait. Après avoir bien étudié ce qui précède, chacun comprendra que, sur le plan de l’éthique, il faut à la fois être conscient, pondéré, et bien connaître la manipulation des teintures et des menstra qui sont les liquides qui contiennent Soufre et Mercure.

DISTILLATION DU VINAIGRE

Ce que nous avons dit précédemment va probablement inciter nombre d’étudiants à entreprendre la distillation du vinaigre. Ils s’apercevront que cette opération n’est pas aussi aisée qu’il y paraît. L’eau bout à 100°, l’acide acétique pur à 117°. La différence entre les deux liquides est grande, presque autant que pour l’alcool qui bout à 78°, soit 22° d’écart. Pour comprendre ce qui se passe, nous donnons ci-dessous quelques notions théoriques de distillation. La difficulté ne dépend pas de la différence du point d’ébullition des produits purs, mais du comportement du mélange des produits ou de leurs vapeurs. Dans un mélange de deux liquides, la température d’ébullition, celle où apparaît la première bulle, est inférieure à la température de condensation de la vapeur du mélange. Dans un liquide pur, ces deux températures sont égales. C’est la différence entre ce point d’ébullition et ce point de condensation qui rend la distillation plus ou moins aisée.

Prenons un exemple. Quand la différence entre la température d’ébullition et celle de condensation devient nulle, ce qui peut se produire dans un mélange quand ses proportions varient, la séparation par distillation devient impossible. C’est ce qui se produit quand l’alcool atteint 96°5 de pourcentage dans le mélange. C’est pourquoi il faut absorber l’eau au moyen d’un produit chimique, ou réduire la pression des vapeurs par le vide, ce qui fait apparaître une différence de température entre ébullition et condensation ; la séparation redevient possible.

Dans le cas du vinaigre, c’est-à-dire eau et acide acétique, il y a toujours une différence mais elle est toujours très faible, aussi la distillation est-elle très délicate.

Quelle que soit la méthode utilisée, une première distillation est nécessaire. Elle se propose seulement de séparer le mélange eau-acide acétique des autres éléments. Elle doit se faire avec le minimum de reflux, soit à la cornue, soit avec un ballon et un simple réfrigérant. Quand les trois quarts du liquide sont passés, il faut souvent changer le ballon récepteur afin de surveiller l’apparition de la moindre couleur. On arrête l’opération dès que le résidu est un miel épais et dès que le liquide recueilli est légèrement coloré.

Première méthode

On installe un appareillage de distillation ayant un très grand reflux, soit une sphère de Kjeldahl puis une ou deux grosses sphères à reflux. La distillation doit être très lente, et la phase de condensation des vapeurs légèrement visible doit être juste après les sphères. On recueille le liquide dans de petits flacons. Par exemple, si on distille un litre de vinaigre, on prend 5 ou 6 flacons de 200 cm3 environ. On note au densimètre le degré d’acidité de chaque flacon. On s’aperçoit que les deux premiers ne contiennent pratiquement pas d’acide mais que le degré monte avec l’avancement de l’opération. Nous avons des flacons à 10 et 12 % d’acide, d’autres à 8 %, d’autres à 5 %. Le contenu de ceux à 2 ou 3% peut être jeté. Ensuite, on mélange les plus de 10 %, puis ceux entre 10 et 7 % ; ceux compris entre 7 et 4 % sont mélangés avec le vinaigre des premières distillations.

On recommence l’opération en chargeant notre appareil avec le vinaigre à 10-12 %. On sélectionne à nouveau les différents pourcentages d’acide mais, cette fois, ils sont plus élevés. En général, lors de la troisième distillation à reflux, on obtient des pourcentages compris entre 20 et 30 %, ce qui est, en général, suffisant notamment pour la purification et la revivification d’un métal. Nous verrons plus tard que la présence de l’eau est nécessaire dans ces opérations et qu’il n’est pas utile de l’éliminer.

Seconde méthode

Elle consiste à trouver un corps capable d’absorber l’eau sans réagir sur l’acide. Il n’existe malheureusement pas dans les corps courants solides, mais une vapeur résout ce problème en une distillation.

Ce liquide a toutefois deux inconvénients graves, et nous ne conseillons cette méthode qu’à ceux qui sont très bien outillés, et très versés dans la chimie : les vapeurs en question sont toxiques et facilement explosives.

Il faut dans cette méthode deux ballons, l’un contenant le vinaigre issu de la première distillation, l’autre contenant de l’acétate d’éthyle.

Les vapeurs du vinaigre sont envoyées dans la chemise d’un réfrigérant soigneusement isolé thermiquement, de façon à ce qu’il soit à une température de 100°. Puis cette vapeur est injectée dans le haut du réfrigérant, cette fois à l’intérieur, avec la vapeur d’éthyle. En bas du réfrigérant, on place un ballon et un tube de sortie latérale. Le ballon doit être maintenu à 100-105° par un bain d’huile, par exemple, ou de l’eau bouillante en légère surpression. Les vapeurs sont alors envoyées dans un second réfrigérant qui est normalement refroidi.

Dans le ballon chauffé, l’acide se condense sous forme d’acide totalement pur dit glacial. Dans le second réfrigérant, le mélange eau-acétate se condense. L’eau et l’acétate n’étant pas miscibles, l’acétate est récupéré par simple décantation et peut servir indéfiniment. Il faut toutefois compter une perte de quelques pour cent à chaque cycle.

Vinaigre radical des Anciens

Dans un four, on oxyde des rognures de cuivre (oxyde noir) dont on remplit un flacon. On verse dessus du vinaigre rouge ordinaire non distillé. On laisse en macération une semaine ou deux, on filtre le vinaigre. On l’évapore et on recueille des cristaux vert-bleu d’acétate de cuivre.

Quand la quantité de cristaux est suffisante, on les sèche soigneusement en les chauffant à 105-110° pendant un temps assez long. Les cristaux sont alors distillés à sec dans une cornue par exemple. On recueille un liquide légèrement bleuté qui devient parfaitement blanc à la deuxième distillation. C’est le Vinaigre radical des Anciens.

La poudre de cuivre est récupérée, oxydée à nouveau et le cycle peut recommencer.

Quelques petites modifications dans cette procédure donnent en plus le Soufre alchimique du cuivre.

L’acide acétique comme d’ailleurs l’ammoniaque sont des corps dont les comportements sont anormaux, pour la chimie classique.

Examinons le dernier procédé utilisé par les Anciens pour renforcer le vinaigre. Ils le faisaient par la congélation du vinaigre en hiver. Le procédé est toutefois délicat, même avec nos appareils modernes. Dans un réfrigérateur, la température n’est pas assez basse, et dans un congélateur, le refroidissement est trop énergique. Le principe consiste à faire congeler du vinaigre qui a subi une première distillation. Il faut le refroidir lentement et, avec une cuillère en bois, on ramasse les cristaux qui apparaissent à la surface au fur et à mesure. Si le vinaigre est refroidi dans un plat posé sur un plateau réfrigérant, il est très important de le remuer sans cesse. On remplit de petits pots de verre avec les cristaux, par exemple dix pots pour un litre de vinaigre congelé. On mesure les densités et on recommence avec les plus denses. Au début, les premiers pots sont les plus faibles en acide, par la suite, les premiers cristaux sont les plus forts en acide ; ceci est illustré par les courbes donnant les diverses caractéristiques du mélange eau-acide acétique (cf planche).

Renforcement du vinaigre par le froid

Des textes d’alchimistes allemands disent que le vinaigre se prépare en hiver. Après l’essai de plusieurs méthodes qui se sont révélées infructueuses, nous avons mis au point la méthode suivante :

– Acheter du vinaigre en bouteille plastique ou le verser dans des bouteilles en plastique si on le fait soi-même.

– Le niveau du liquide doit arriver au maximum à 2 ou 3 cm au-dessous de la partie conique de la bouteille.

– Placer la bouteille dans un congélateur. La température sera au moins de moins 18 degrés, moins 25 étant l’idéal (voir courbe B).

– Laisser la bouteille 12 heures au moins dans le congélateur.

– Placer la bouteille le goulot en bas sur un flacon (un Erlenmeyer gradué en capacité est très pratique). Assez vite, un liquide rouge foncé commence à couler.

– Soutirer le liquide, de préférence, tous les 100 ou 150 cm3.

– Puis mélanger les divers soutirages de chaque bouteille ; les premiers ensemble, les seconds ensemble, etc.

– Dès que la masse de glace à l’intérieur de la bouteille est devenue blanche, cesser les soutirages. Le liquide de fusion de la glace transparente a peu d’utilité, peu d’intérêt et peut être jeté.

– Lorsque plusieurs bouteilles ont été ainsi traitées, mélanger ensemble les premiers soutirages et les verser dans une bouteille plastique.

– Opérer de même avec les seconds soutirages dans une seconde bouteille et ainsi de suite avec les suivants. Il n’est pas nécessaire d’avoir plus de quatre soutirages différents.

– Mettre les bouteilles en congélation et recommencer.

– Mesurer la densité du liquide rouge et garder à part tout le liquide dont la densité est supérieure à 1,05.

Attention : À partir de la deuxième congélation, la concentration en acide d’une partie du liquide est telle que celui-ci peut brûler la peau.

La distillation simple donne un vinaigre qui est suffisamment fort pour presque toutes nos applications. Sinon, il faut continuer la concentration de l’acide par la méthode de l’acétate de cuivre.

Vinaigre nitreux

La distillation étant poussée au sec ou, plus prudemment pour le matériel, au miel, celui-ci est calciné à haute température et le sel ainsi obtenu est cohobé plusieurs fois avec le vinaigre distillé pour que celui-ci soit considéré comme nitreux. Le sel ne passe qu’à la 15ème cohobation environ mais, en général, il n’est pas nécessaire d’aller jusque-là ; 5 ou 6 cohobations suffisent au moins pour le végétal.

Nota : Le vinaigre de vin du commerce est probablement traité chimiquement car il donne très peu de sel. Si on souhaite avoir beaucoup de sel, il vaut mieux faire soi-même le vinaigre et incorporer la « mère » dans le miel avant calcination.

Nous avons maintenant donné la quasi totalité des éléments pratiques permettant la maîtrise du règne végétal. Cependant, la plante, la drosera, fera l’objet d’une étude ultérieure. Nous nous permettons aussi de vous recommander dans votre travail l’alchémille, la plante des alchimistes.

Nous pensons qu’il est très important pour la suite de notre cours, de posséder une connaissance approfondie de la théorie alchimique.

De nombreux auteurs parlent de voies diverses, et les décrivent mais à la manière de recettes de cuisine obscures. La connaissance approfondie de la théorie et une certaine expérience pratique acquise dans le végétal permettent à chacun de choisir la voie qui lui convient. Le respect des principes naturels alchimiques n’est nullement incompatible avec une multiplicité de voies.

Une connaissance théorique approfondie autorise même chacun à imaginer sa propre voie, celle qui lui convient, soit par goût, soit à cause des conditions extérieures, soit à cause de ses propres dispositions.

Planche : Diagramme de la distillation du vinaigre (et légende)

LÉGENDE POUR LE DIAGRAMME DE LA DISTILLATION DU VINAIGRE

La courbe de distillation montre que la séparation est très difficile surtout aux très faibles pourcentages d’acide.

La courbe de congélation montre l’anomalie de l’acide acétique et le fait qu’à – 25° et pour 60 % d’acide, le phénomène s’inverse. L’acide pur gèle à + 17 + 18°.

La courbe de densité de l’acide s’inverse vers 80 % d’acide. Dans la zone des densités comprises entre 1,05 et 1,07 %, une erreur est possible, il a pour une même densité deux pourcentages différents.

Remarque : Ces courbes supposent que le vinaigre a subi une prédistillation et qu’il n’est plus qu’un mélange eau-acide acétique.

NOTICE 34

Si nous avons régulièrement utilisé les sept élixirs planétaires, les énergies vitales doivent circuler plus librement en nous. Nous devons alors :

– Augmenter les courants d’énergie en nous,

– Orienter ces diverses énergies selon l’usage que nous voulons en faire,

– Vérifier l’augmentation de ces énergies,

– Utiliser ces énergies pour améliorer nos élixirs.

Nous avons dit que le symbole est avec les rites le seul moyen de transmettre la connaissance « intellectuelle » entre nos divers plans de conscience. Les rites ne sont d’ailleurs que des symboles appliqués et c’est grâce à ces deux éléments que nous allons essayer d’accroître nos énergies supérieures.

Il faut savoir que l’usage du symbole ou du rite n’a qu’un intérêt momentané. Quand la fonction recherchée est établie, les symboles et les rites deviennent inutiles. Il est aussi inutile d’essayer d’augmenter les énergies psychiques tant que, par un moyen physique, les obstacles physiques qui les bloquent n’ont pas été éliminés.

Nous exposons la situation idéale mais chacun doit s’adapter à ce qui est dit suivant les conditions matérielles qui lui sont propres.

Le symbole à utiliser dans ce cas est celui du cercle des quatre éléments qu’il vaut mieux dessiner soi-même. Si on dispose d’un oratoire, on y installe le symbole et, devant celuici, on dispose les deux bougies allumées. Le symbole peut être coloré : le centre de Mercure en violet, le cercle en jaune ; ensuite les éléments Feu en rouge, Air en jaune, Eau en bleu et Terre en vert.

Mercure est le symbole de Hermès, Toth, du pouvoir en Yetzirah, le monde lunaire. L’Alchimie végétale est lunaire ; elle relève donc du monde de Yetzirah et la séphire Hod en est la clé.

Dans cette première phase, nous nous concentrons sur le fait que l’énergie se focalise dans le centre violet et de là se dirige vers nous. Nous devons nous sentir peu à peu envahis par cette énergie qui sera répartie dans notre corps. Toutefois, elle doit être plus particulièrement présente dans « le centre du jour ». Si nous nous reportons à notre diagramme des centres séphirotiques (Notice 32, pl.1), nous voyons que le Samedi, le centre de Saturne sera particulièrement influencé, le Mardi celui de Mars, et ainsi de suite pour la semaine.

Nous devons être passifs, car lorsque l’énergie nous donne un sentiment de grâce, de sainteté, de bien-être, elle nous purifie et nous renforce. Après ce moment, nous pouvons prendre dans nos mains le flacon de l’élixir du jour et, en regardant le signe de la planète, nous pouvons nous concentrer pour transmettre ou du moins essayer de transmettre, notre énergie à l’élixir.

Pour être efficace, cet exercice doit être précédé d’une purification avant chaque méditation. La purification doit concerner tous les véhicules spirituels, mentaux et physiques. La réalisation matérielle peut aller de la douche au lavage simple des mains. Boire un peu d’eau peut être le symbole d’un lavage intérieur.

Si nous entreprenons cet exercice pour la lunaison de printemps, il faut jeûner au moins un jour avant la fin des quatre semaines.

Au cours de cet exercice, l’énergie peut créer un lien entre nous et le cosmique et ainsi peut se manifester sous la forme mystique des « fiançailles alchimiques ». Le « mariage » est une étape ultérieure du règne métallique. Les fiançailles ont un maximum de chance d’avoir lieu dans la lunaison qui précède ou qui suit l’équinoxe de printemps. Cet apport d’énergie aux élixirs devrait augmenter leur puissance mais, en réalité, les élixirs ne peuvent fixer cette énergie qui se perd dans l’intervalle d’une semaine. Le problème est donc de pouvoir la fixer. Il n’y a que deux corps qui permettent cette fixation.

Le premier est l’or. On peut en découper un minuscule morceau dans une feuille d’or battue. On introduit ce morceau dans l’élixir. On peut également se procurer un peu de trichlorure d’or qui est soluble dans l’eau. On en dissout quelques milligrammes dans un litre d’eau et on en prélève une ou deux gouttes pour chaque élixir. Un couple peut se servir de ces élixirs.

Le sang humain fixe les énergies, il en faut très peu, une goutte dans 100 cm3 d’eau et une à deux gouttes de cette préparation dans chaque élixir. Mais en ce cas, l’élixir est strictement personnel à celui qui a fourni le sang. Un couple ne peut donc pas se servir de ces élixirs.

Ce traitement élevant considérablement l’action des élixirs, on doit étudier leurs effets et les conséquences de leur mélange afin d’agir en connaissance de cause.

Examinons maintenant l’aspect exclusivement qabalistique de ce problème, aspect dont

l’intérêt ne se manifestera que plus tard.
Saturne régit l’élément Terre
Jupiter régit l’élément Eau
Mars régit l’élément Feu
Vénus régit l’élément Air
Mercure régit la quintessence ou Archives de la Nature
– La Lune régit le niveau astral
– Le Soleil régit le monde qabalistique de BRIAH.

En Alchimie, une plante de Saturne donnera un élixir favorisant l’élément Terre dans le corps humain. De même, la teinture du plomb, métal de Saturne agira sur l’élément Terre, mais d’une façon bien plus énergique que l’élixir végétal.

Effets des élixirs

Examinons les effets des élixirs un à un sans oublier que, puisqu’ils contiennent les éléments de la vie, ils agissent sur les corps humain, physique, astral, mental, spirituel et qu’il y a réharmonisation de ces corps entre eux et avec la sphère concernée.

Le Soleil affecte toutes les phases positives de la manifestation. Il nous révèle à nousmêmes que nous sommes une entité en évolution. Il nous aide à réaliser que nous sommes une unité individuelle évoluant parmi d’autres unités ; il nous aide à faire la synthèse et à accorder nos buts avec ceux du macrocosme. Il renforce l’ego mais pour des buts divins. Le Soleil est fortement recommandé pour tous ceux qui ont des complexes d’infériorité. Il nous fortifie et nous permet de dépasser nos possibilités. Il représente aussi la conscience de Tiphereth ou d’Osiris dans l’homme. Il représente Hercule et sa force monumentale et il peut donner aux faibles la force et la volonté d’entreprendre les travaux d’Hercule.

Pour ceux qui ont une inclinaison mystique, il peut donner et éveiller la conscience aux buts divins dans le système solaire et à la volonté divine dans la manifestation. Le Soleil donne aussi ambition, courage, dignité et autorité. Il représente l’énergie créatrice dans le système solaire. Son principe de vitalité peut nous permettre d’avoir l’énergie suffisante pour se sortir d’une période d’apathie ou de découragement.

La Lune agit puissamment sur le subconscient. Elle aide à réaliser les désirs de ceux qui sont impliqués dans la recherche psychique ou initiatique par l’hypnose ou l’autohypnose. Cette action sur le subconscient permet de se débarrasser des habitudes nuisibles.

Pour ceux que la recherche sur les vies passées intéresse, elle permet à la conscience d’assurer la maîtrise de l’espace-temps. L’Alchimiste peut ainsi obtenir une vision claire de ses expériences passées et comprendre les raisons de certains de ses actes que le monde moderne ne peut expliquer. Si les élixirs lunaires sont correctement chargés et imprégnés, ils peuvent rapidement diminuer la force du karma et même éliminer totalement tous ses effets négatifs.

Ces élixirs sont une aide importante pour la projection astrale ; car la Lune est le régisseur de ce domaine et elle éveille aux formes, aux fonctions et aux règles de l’astral. La Lune présente un certain intérêt pour le foyer, l’environnement et la vie familiale. La modification qu’elle apporte à l’aura fait que nous supportons mieux la foule et que notre action magnétique sur elle devient plus sensible.

Jupiter : ses élixirs et ses teintures sont bénéfiques. Ce sont les guérisseurs naturels du système solaire ; ils renforcent la santé. Jupiter éveille la compréhension de l’esprit du point de vue cosmique. Du point de vue ésotérique, il révèle les lois des religions, le sens des cérémonies. En général, Jupiter favorise la santé, la richesse, la spiritualité. Si les élixirs sont alchimiquement chargés, l’Alchimiste peut pénétrer dans la sphère de la légalité du macrocosme et devenir capable de comprendre les principes dits du « Tétragrammaton » le vrai nom de Jupiter. Jupiter représente aussi la grâce, la compréhension divine dans le système solaire.

Mars : ses élixirs et ses teintures renforcent la fonction « âme animale » de l’homme sous tous ses aspects. La séphire de Mars développe tous les éléments participant à la lutte pour la survie et également l’instinct d’auto-conservation.

Mars peut aussi bien développer les passions que renforcer le tonus musculaire. Du point de vue ésotérique, les élixirs et les teintures de Mars sont « Akasha » en action.

L’expérience mystique de Mars est celle de la connaissance de l’espace-temps comme étant la conséquence de l’action du Pentagramme.

Sur le plan physique, Mars favorise la télékinésie.

Vénus : ses élixirs et ses teintures affectent surtout les qualités magnétiques de l’être.

Vénus donne la possibilité d’être attractif, indépendamment des aspects physiques. Elle provoque un affinement des sens et du sentiment de la beauté. En ce sens, Vénus est une grande aide pour ceux qui veulent travailler dans le domaine des arts. Vénus accroît l’imagination par suite d’une meilleure sensibilité aux influences astrales qu’elle procure. Elle facilite une meilleure relation avec autrui et une sorte d’harmonie intérieure par suite de son effet équilibrant dans les vibrations de l’aura.

Si les teintures ou élixirs de Vénus sont correctement chargés, ils ouvrent à la conscience le royaume de l’astral en ce qui concerne le travail et les forces de la Nature. Ceci concerne plus particulièrement l’Alchimiste qui veut travailler dans le domaine végétal. Vénus lui ouvre les sphères secrètes de ce règne. Mercure : ses élixirs et ses teintures agissent sur l’intellect humain. Mercure donne, d’une part, un esprit vif aux ressources étendues, d’autre part, des facultés de raisonnement approfondies. Mercure donne aussi la faculté de rapprocher des idées et des faits pour en faire une synthèse.

Mercure convient à ceux qui font des complexes intellectuels, aux écrivains, aux orateurs, etc.

Sur le plan occulte intérieur, Mercure est lié à la séphire de la gorge, celle de la puissance du Verbe.

Mercure réalise la dynamisation de nos pensées, de nos mots, en les réalisant sur le plan des Archives de la Nature.

Dans l’homme, Mercure crée un lien entre le microcosme et le macrocosme et lui permet de faire des réalisations dans les sphères du plan mental. La valeur importante du symbole THOT-HERMÈS se réalise parfaitement à travers les élixirs de Mercure. THOT est le Mage qui peut agir sur la Nature dès qu’il accède à la Séphire Hod. HERMÈS est l’Alchimiste qui donne le moyen d’accès à ladite sphère.

Saturne : ses élixirs et ses teintures renforcent les structures de la vie. Saturne donne une certaine stabilité en nous rendant capables de voir les limitations karmiques qui nous concernent. Saturne donne à la fois fermeté, solidité et réalisme, diplomatie et patience. Il donne une plus grande capacité de travail sur le plan physique. Les expériences de la séphire de Saturne concernent les lois de cause à effet, le karma et les lois physiques.

Saturne est conseillé pour obtenir la force de terminer un travail physique.

Mélange des élixirs :

Soleil – Force spirituelle, mentale, positive
Lune – Subconscient, jonction du physique et de l’âme
Jupiter – Dignité, élévation mentale
Mars – Force, passions
Vénus – Sensibilité, mais aussi rayonnement
Mercure – Intellect, pouvoirs intérieurs
Saturne – Aspect physique

Chacune de ces descriptions donne le principe général de l’action de chaque élixir.

Quelques exemples feront mieux comprendre ce qui peut résulter des mélanges.

Mars a le privilège de renforcer l’action de tous les autres sans modifier sensiblement leur orientation.

Le mélange de Saturne avec tout autre élixir renforce l’action sur le plan terrestre.

Un mélange des élixirs de Soleil et de Jupiter donne accès au plus haut plan d’évolution et procure ainsi une vue profonde des principes philosophiques et de leur rôle dans le schéma cosmique. L’Alchimiste peut aussi être en contact avec les maîtres du passé, recevoir leurs enseignements et être capable à son tour d’enseigner. Sur le plan matériel, ce mélange lutte contre la dépression en provoquant la gaieté.

Un mélange des élixirs de Mars et du Soleil donne un puissant tonique à la fois matériel et mental.

Un mélange des élixirs de Mercure et de Mars renforce les effets de Mercure et facilite la

manifestation de pouvoirs psychiques (télékinésie par exemple). Un mélange des élixirs de Mercure et du Soleil augmente la capacité d’émissions télépathiques.

Un mélange des élixirs de Mercure et de la Lune augmente la capacité de réceptivité télépathique et psychique.

Le mélange Saturne-Mercure peut conduire directement à des connaissances occultes cachées car le Mercure de Saturne contient par voie karmique toute la connaissance de la Nature. Pour la même raison, le Mercure Philosophique extrait de Saturne ouvre le Temple Alchimique métallique.

On peut également mélanger trois élixirs, par exemple :

– Saturne + Mercure + Lune : donne des révélations sur l’Alchimie végétale.

– Saturne + Mercure + Soleil : donne des révélations sur l’Alchimie métallique.

NOTICE 35

Avec les éléments qui vous ont été donnés, vous pouvez entreprendre un véritable travail alchimique. Nous indiquerons encore d’autres procédés, entre autres celui qui permet de contrôler l’évolution du pouvoir de transmutation.

Nous estimons que ceux qui ont sérieusement suivi ce travail peuvent maintenant approcher d’une phase critique intéressante. Nous jugeons utile à ce moment d’apporter une suite de bases théoriques et de conseils pratiques dont l’étude approfondie est indispensable à cette phase du travail.

LES POUVOIRS

Voyons d’abord ce que sont les « pouvoirs ».

Nul n’est Alchimiste sans être Mage, mais le lien entre ces deux aspects ésotériques de l’homme doit être sérieusement étudié.

Il faut savoir que tous les pouvoirs ésotériques sont des attributs de la vie : ils sont contenus dans tous les êtres vivants. Une expérience faite par un physicien français (Kervran) illustre une partie de notre affirmation : une poule est nourrie sans apport de calcium mais avec une alimentation riche en mica. La poule continue de pondre des oeufs mais, à la longue, le poids des coquilles d’oeufs pondus est supérieur à celui du squelette de l’animal. Ce constat élimine l’hypothèse voulant que le calcium des coquilles viendrait du squelette de la poule. La seule explication possible est que le mica a été transmuté en calcium par les pouvoirs intérieurs de l’animal.

Ces mêmes pouvoirs alchimiques existent dans l’homme. En effet, sans ces pouvoirs, un peu de bon sens montre que seul un contrôle très strict de l’alimentation permettrait la continuation de la vie. Il faut ajouter que ces pouvoirs intérieurs du corps de l’homme sont totalement indépendants de sa volonté cérébrale. Seul ce qui est nommé généralement « inconscient » a une action sur ces pouvoirs. Cet inconscient devrait être nommé notre « hyper conscient » ; c’et notre Soufre. C’est la déficience de notre Mercure qui fait que la liaison Soufre, Conscience Supérieure, avec notre Sel, Conscience cérébrale, ne se fait pas.

La mauvaise circulation des énergies dans les sept Séphiroth, de Binah à Yesod inclus, fait que ces pouvoirs n’ont pas la force et la puissance qu’ils devraient normalement posséder ; ce manque d’énergie est à la base de tous les incidents de santé.

La véritable action médicale, quelle que soit la méthode employée – acupuncture, homéopathie, allopathie, spagirie, alchimie – revient en fait :

– soit à compenser par un apport direct le produit déficient qui n’a pas été créé par la transmutation interne,

– soit à agir sur les énergies pour le rétablissement du pouvoir de transmutation interne.

Nous utilisons le terme « pouvoir interne » parce que, pour la quasi-totalité des humains, ce pouvoir n’agit qu’à l’intérieur du corps et uniquement à l’instigation de l’inconscient.

Le but de notre travail est double : tenter d’extérioriser ce pouvoir de façon à ce qu’il agisse à l’extérieur du corps, et rétablir progressivement la liaison Conscience du Soufre, Conscience du Sel, pour que notre intellect cérébral puisse agir sur ce pouvoir.

Ce point théorique explique une partie de nos choix, entre autres celui d’une étude sur le végétal.

Ce pouvoir qui est en nous est ordinairement utilisé dans le seul aspect alimentaire de notre vie. Nous sommes donc déjà entraînés à des transmutations végétales. Une extériorisation de ce domaine a peu de chances de nous perturber. C’est pourquoi nous expliquons au début de notre cours que la transmutation végétale est plus aisée que toute autre, et que des erreurs auront des réactions minimes sur l’opérateur.

Nous insistons également sur le fait que notre équilibre intérieur est une chose non seulement importante, mais aussi indispensable dans tous les domaines. Nous devons équilibrer théorie et pratique, spiritualité et matérialisme, et exercer sur nous-mêmes une surveillance vigilante et une constante auto-analyse de notre état physique, intellectuel, psychique et mental. Cet équilibre est aussi nécessaire dans notre personnalité intérieure. Notre Soufre, nos Énergies vitales supérieures y veillent. Notre Soufre ne laissera pas se développer le pouvoir de transmutation sans développer les autres pouvoirs ésotériques de l’homme. Ces autres fonctions n’atteindront pas immédiatement le niveau de ce qui fait l’objet de notre travail, mais elles seront réactivées.

Des pouvoirs importants se manifesteront en nous, mais nous n’en serons momentanément pas conscients. C’est par une observation stricte de ce qui se passe autour de nous que nous nous en apercevrons. Il n’y a pas de chemin possible, qu’il s’agisse soit de l’Initiation, soit de la Réintégration, si l’on n’accepte pas le fait des pouvoirs. Nous nous efforcerons d’établir le plus clairement possible le comportement le meilleur face à ce problème.

Prenons un cas assez typique de ces pouvoirs inconscients. Nous vous avons conseillé de bien surveiller les événements autour de vous. Il est alors possible que vous vous rendiez compte que dans un secteur d’activité particulier, les difficultés qui vous gênent disparaissent, contre toute possibilité matérielle et très souvent de façon agréable, mais différente que celle que vous aviez souhaitée. Il est probable qu’une faculté intérieure ait rétabli un contact suffisant avec l’intellect cérébral. Aucune de ces facultés n’est universelle. Aussi, quand ces faits commencent à apparaître, ils se situent tous dans un même domaine. Il est probable que le secteur concerné soit celui de l’activité d’une planète. C’est en comparant l’ensemble des faits et les attributions psychiques ou matérielles d’une planète que le domaine d’action est localisé. Si la localisation est bien nette, il est possible d’en déduire le nom de la Séphire qui agit. On peut alors, dans un souci d’équilibre général, diminuer par exemple l’élixir correspondant.

Après l’absorption de l’élixir, une simple concentration durant le jour planétaire correspondant peut de nouveau produire une manifestation de pouvoir éveillé. Mais il ne faut pas poursuivre ce genre d’expérience sans être sûrs d’avoir éliminé en nous le lucre et la sensiblerie. Nous désignons par lucre non pas une sorte d’avarice, mais l’utilisation des fonctions ésotériques à des fins pratiques. Cette utilisation n’est pas le but de nos travaux.

L’utilisation pratique des pouvoirs éveillés ne peut être que très occasionnelle, et on ne s’y risquera qu’après de longues méditations destinées à tenter de savoir si cette intervention est justifiée.

Ce ne sont pas les considérations ou les aspects humains qui doivent être étudiés dans ce cas. L’utilisation des énergies divines de la vie ne se fait que pour des buts divins, pour des actes qui aident à l’évolution de l’homme, et ne doit pas tendre vers d’autres motivations.

Une seule expérience de contrôle est permise ; ensuite, tout est réservé au Service.

SANTÉ DISCRÉTION DÉSINTÉRESSEMENT

Avant l’étude des éléments et des Pierres alchimiques, abordons d’abord trois problèmes qui donnent l’occasion de réfléchir sur la situation de l’Alchimie dans le monde moderne.

Le premier problème est la santé. Si vous avez lu « Le Char Triomphal de l’Antimoine » de Basile Valentin, vous avez peut-être remarqué que dans les maladies soignées par les extraits fixes de l’antimoine, Basile cite le cancer. Supposons que vous soyez capable de produire cet extrait et que l’affirmation de Basile soit exacte, êtes-vous sûr que le secret sera bien gardé, même si l’objet de vos soins est l’un de vos proches ? Imaginez la queue de patients et les ennuis avec les autorités médicales que pourrait déclencher une indiscrétion. De plus, il est vraisemblable que l’extrait dont parle Basile ne puisse être produit que par un Alchimiste, à l’exclusion de toute application industrielle. Vous consacreriez alors tout votre temps à soigner deux ou trois malades. Et la réaction des autres ne vous effraie-t-elle pas ?

Nous espérons que vous avez l’esprit d’observation et que dans les Solve-Coagula, vous avez examiné la façon dont se forment les cristaux. Quand un corps est dissous dans un liquide et que l’on évapore lentement ce liquide, ou bien même tout simplement s’il est refroidi, il se forme des cristaux. Selon Hollandus, le dissolvant universel, c’est-à-dire le Mercure Philosophal, dissout tous les corps minéraux simples et ne dissout pas le verre car c’est un corps composé artificiel.

Abordons le deuxième point. Supposons que vous ayez obtenu ce Mercure et que, suivant le conseil donné par le Comte de Saint Germain dans un de ses manuscrits, vous ayez ajouté une ou deux gouttes d’huile de Mercure (Soufre du Mercure). Ce liquide va pouvoir dissoudre aussi bien le graphite que le silicium. L’huile de Mercure est ce qui assure la cristallisation pendant l’évaporation du liquide (Thot-Hermès).

Supposons que l’écrit de Saint-Germain soit authentique, et que vous ayez l’huile, le Mercure et le graphite. Vous aurez alors un cristal blanc, transparent, un diamant brut. Il serait imprudent de le porter chez un lapidaire. Les milieux diamantaires respectent des règles strictes. Vous ne pourrez pas expliquer l’origine de la pierre. Par prudence, si vous étudiez la fabrication des pierres précieuses par la voie alchimique, il ne faut songer ni à les vendre, ni à les donner. La Nature n’a pas créé les pierres précieuses pour donner à certains des satisfactions de prestige ou d’argent. Cette création a un but utilitaire. De même que chaque type d’élixir est consacré à un centre séphirotique, de même chaque pierre affecte un de ces centres. Le centre sera peu affecté si la pierre est morte ou si elle a peu de rayonnement ; mais si elle est de fabrication alchimique récente, son rayonnement est très important et le centre est fortement affecté. L’alchimiste qui a fabriqué cette pierre en supportera les effets. S’il n’est pas capable de les supporter, il n’est pas capable de faire la Pierre. S’il la donne à une tierce personne, celle-ci peut ne pas être capable de la supporter. Contrairement à la légende, il n’y a pas de pierres maudites. On trouve seulement des pierres très puissantes qui nettoient très vite l’insupportable Karma des imprudents qui les portent sans savoir.

Si vous entreprenez la fabrication des pierres, sachez que celles-ci se portent dans un sachet très discret lorsqu’on a besoin de les transporter. Entre temps elles sont enfermées dans une petite boîte placée dans l’oratoire, et on ne les sort qu’au moment de leur utilisation.

La troisième question que l’on doit se poser concerne la Pierre Philosophale ou la Pierre de Feu. Supposez que vous ayiez réussi à la fabriquer. Que ferez-vous de l’or dans notre monde moderne ? Si vous le portez chez un négociant en métal précieux, celui-ci peut penser que cet or vient de la fonte de bijoux. Quant au degré de l’or, tout spécialiste peut penser que l’or a été purifié par coupellation avec de l’antimoine. Vous ne pourrez donc pas justifier de la possession de cet or.

Ces trois exemples nous montrent que l’aspect financier de lucre est délicat à satisfaire par le processus de l’Alchimie.

LES ÉLÉMENTS LES PRINCIPES LA VIE ALCHIMIQUE

Dans cette notice et la suivante, nous étudierons plus avant le principe des éléments et de la vie selon la conception alchimique. Ceci est très important pour la suite de nos travaux.

Afin de mieux suivre ce que nous allons dire, il serait bon de reprendre la planche de la Notice 25 et le dessin de la Notice 12 (page 2).

Il n’y a ni vie ni mort, mais des degrés dans l’intensité de la vie. Lorsque nous disons que la fusion de minerai en métal tue la matière du point de vue alchimique, cela signifie que l’intensité de la vie du minerai a baissé et que, dans ce cas, le pouvoir de génération dans le règne métallique a disparu.

Dans la planche de la Notice 25, à gauche sont les forces de la vie et à droite celles de la matière. On peut en tirer la réflexion suivante : la connaissance scientifique moderne est volatile parce que la science actuelle, pour des impératifs liés à l’évolution de la race, a éliminé l’aspect métaphysique de la vie en considérant un peu celle-ci comme une émanation du monde physico-chimique. Par contre l’Alchimie est une connaissance fixe du fait même qu’elle intègre les deux aspects, sans doute parce qu’elle est le fruit d’une révélation.

La science a aperçu l’aspect symétrique des structures de la Nature mais, comme dans notre planche de la Notice 25, elle ne connaît que le Sel de la matière. Pour rétablir l’équilibre, elle invente l’anti-matière laquelle, si elle rencontre la matière, produira une prodigieuse explosion.

L’Alchimiste ne nie pas cet aspect symétrique, mais il dit que lorsque la différenciation fait apparaître la matière, le Sel, et sa contrepartie symétrique le Nitre, la vie, cette rencontre ne produit pas la prodigieuse explosion prévue car la force primordiale qui divise le chaos s’exerce à tout moment et à tout niveau. C’est cette force qui s’oppose au retour unitaire primitif et qui empêche donc l’explosion.

Les textes sanscrits disent :

« Si Dieu fermait son oeil un instant, aussi bref soit-il, toute la création disparaîtrait immédiatement ».

Il faut ajouter que dans notre monde physique, cette attraction Nitre-Sel est encore atténuée par les différenciations et les unions successives à travers les éléments et les principes.

Sur le dessin de la Notice 12 (page 2), le Soufre est constitué de Feu et d’Air, soit des deux éléments issus du Nitre de la Vie.

Lorsque nous avons extrait une teinture et que le Soufre a été séparé, nous obtenons un corps en général gras. Ce corps n’est pas le Soufre, mais le support matériel du Soufre.

Cette huile peut être ou ne pas être Philosophique. Si dans l’huile se trouvent réellement à un haut degré le Feu et l’Air, c’est-à-dire que ces éléments sont dans un état proche ou identique à celui qui vient immédiatement après la différenciation du Nitre, alors, si son support matériel est bien épuré, le Soufre est Philosophique.

Le Soufre alchimique se comporte dans nos travaux comme un super catalyseur de la chimie moderne. Il modifie la réaction sans qu’on puisse percevoir directement son action. Il est évident que cette comparaison du Soufre et du catalyseur n’est qu’une image car, en réalité, le pouvoir du Soufre va au-delà de la catalyse. Son véritable pouvoir est celui de la transmutation qu’il atteint en jouant sur les particules des constituants élémentaires.

Le Mercure est la liaison des deux mondes, et il contient les principes subtils à la fois du Sel et du Nitre. Le Mercure doit être philosophique, ou il n’est plus le Mercure. Dans notre cas, il doit être de plus « spermatique ». Il possède alors les énergies nécessaires à la génération dans son propre règne.

Ces éléments existent dans la matière « inerte », celle qui est à un stade de repos, la matière dite « morte », mais ils n’y sont pas au taux vibratoire philosophique. Si nous achetons donc des produits chez l’apothicaire, comme dit Urbiger, ils ne seront plus philosophiques, car seuls le sont ceux produits par un philosophe.

NOTICE 36

Nous étudierons maintenant le point de vue de l’Alchimiste au travail. Quand nous opérons sur la matière et que nous isolons les Soufres, les Mercures, les teintures, il ne faut pas perdre de vue que ce n’est pas l’huile, le liquide ou le sel blanc que nous manipulons mais, à travers eux, les éléments invisibles, Feu, Air, Eau. Si les éléments sont présents au degré voulu, la matière est philosophique et peut atteindre l’état de corps sublimé dans le sens donné à ce mot par les Anciens.

LES PIERRES ALCHIMIQUES

La plupart des traités alchimiques ne parlent que du Grand OEuvre, de la Pierre Philosophale et, même quand il est question de la petite circulation, ils abordent rarement la multiplicité des Pierres Alchimiques et des divers types de Pierres possibles.

Il existe des points communs et des différences entre les Pierres Alchimiques qui font l’objet du travail qui suit. Parmi les points communs, on remarquera qu’elles fondent comme de la cire à une température modérée, sans fumer et qu’elles se ressolidifient avec le refroidissement.

Il existe des Pierres dites ordinaires et, par opposition, des Pierres « adultères ». Ces dernières sont en général plus limitées. Tous les alchimistes disent que, dans une véritable Pierre, tout part de UN. Les trois principes de la Pierre, Soufre, Mercure, Sel, ont été extraits d’un même corps. Par exemple, en partant de la galène, on extrait l’esprit de Saturne (le Mercure philosophique de mauvaise qualité, grossier dit Philalèthe), le Soufre de Saturne (Lion Verd à mûrir) et ensuite le Sel, la Matrice. La réunion des trois, après traitement séparé de chacun d’eux, peut conduire à une Pierre authentique, qui sera multipliable.

Prenons l’exemple illustré par le conte mythologique des amours adultères de Vénus et Mars. Contrairement aux apparences, on prend l’élément mâle, le Soufre, dans le cuivre, Vénus, et l’élément femelle, le Mercure, dans le Fer, Mars. La matrice peut être prise dans Saturne, le plomb ; peu importe d’ailleurs l’origine de cette matrice, Mars, Vénus ou Saturne. Dans le conte, Vulcain est le feu secret. Cette Pierre est dite adultère car elle ne respecte pas le principe de l’Unité de la matière de départ. Il en est de même pour toute autre Pierre.

La Pierre agit dans le règne d’où la matrice est issue :

– Sel du règne végétal : Pierre végétale

– Sel du règne minéral : Pierre minérale

– Sel du règne métallique : Pierre métallique.

Pierre Végétale

Nous avons décrit son fonctionnement caractéristique. Une Pierre végétale posée à la surface d’une macération végétale, faite à l’eau de pluie distillée, extrait et assemble à la surface de l’eau les éléments alchimiques de la plante. Il ne reste plus qu’à recueillir à la cuillère, ou par décantation, l’élixir terminé, lequel sera extrêmement puissant. La Pierre n’a pas de zone de limitation dans son règne.

Une Pierre de Jupiter extrait les 7 sortes d’élixirs, il en serait de même pour une Pierre issue d’une plante des six autres planètes. Le délai de travail d’une Pierre n’est pas prévisible, mais quand la Pierre est terminée, elle ne peut pas être multipliée par la dissolution dans son Mercure comme la Pierre métallique. Si on veut la purifier pour raccourcir les délais, il faut la faire circuler à nouveau. Pour cela, mettre deux creusets l’un dans l’autre car la Pierre à ce stade casse facilement le creuset.

Dans la mesure où nous pensons que le Mercure végétal totalement indéterminé, n’existe pas vraiment, toutes les Pierres végétales sont adultères, sauf peut-être si la Pierre est issue d’une plante fraîche capable de donner son propre Mercure, son propre Soufre, son propre Sel.

On préparera avec la Pierre sept élixirs de plantes fraîches et riches en vitalité à leur cueillette (lune montante) et on les mettra de côté. Généralement, les anciennes coutumes ou rites religieux ont une origine ésotérique qui, de nos jours, est ignorée ou mal comprise.

Ainsi ne parle-t-on pas pour des raisons pratiques de rendre fixe la date de Pâques. Quelle est selon la règle ésotérique, le jour de la fête de Pâques ? C’est le premier dimanche qui suit la première nouvelle lune après l’équinoxe de Printemps. C’est donc le premier dimanche de l’année où le courant lunaire et le courant solaire vont être ensemble à leur plus grande pulsion de l’année.

Pourquoi le Vendredi Saint ? Le départ de la semaine ésotérique est Saturne, séphire supérieure, chakra inférieur, siège de l’énergie divine endormie. Le Vendredi Saint doit être un jour de préparation à la Semaine Sainte, jeûne, méditation, ablutions. Puis samedi on prendra l’élixir de Saturne, fait à la Pierre, le dimanche l’élixir solaire et ainsi de suite pour toute la semaine. ORA et LABORA pour cette semaine !

Le concile de Nicée fixe la fête de Pâques non pas au dimanche qui suit la première nouvelle lune après l’équinoxe de printemps mais seulement, dit le texte, au dimanche qui suit la première lune après l’équinoxe de printemps. De ce fait, la fête de Pâques a lieu sensiblement après la première pleine lune suivant l’équinoxe de printemps.

Pour nous, alchimistes, nous considérons que ce système n’est pas correct car les énergies sont au maximum au début du cycle. De sorte que la semaine optimum pour les travaux prévus est celle qui suit la nouvelle lune après l’équinoxe, étant entendu que la semaine commence le samedi.

Nous vous déconseillons formellement tout autre usage des élixirs végétaux faits à l’aide de la Pierre, en particulier les mélanges. Nous déconseillons encore plus formellement de donner à qui que ce soit et quelle qu’en soit la raison un élixir de ce type. Leur usage est exclusivement réservé au travail ésotérique de l’Alchimie. Cette pratique personnelle peut être renouvelée quatre fois par an dans les mêmes conditions, après chaque équinoxe ou solstice.

Pierres minérales

Le règne minéral peut être divisé en deux parties :

– Le minéral dont le Mercure est l’Alkaest

– Le métallique dont le Mercure est le Philosophique.

On trouve peu d’écrits sur le minéral, sauf ceux de Paracelse et de ses disciples, Van Helmont entre autres.

Les processus sont identiques aux processus métalliques. Nous avons entrepris quelques expériences dans ce domaine. Nous pensons que les méthodes de Cockren que nous aborderons dans nos études métalliques conviennent dans ce règne.

Si ce règne a été peu travaillé par les Alchimistes, c’est parce que son intérêt n’est pas aussi important que celui du végétal ou du métallique.

Pour débuter, ce règne n’a pas les avantages du végétal, et il n’atteint pas pour la suite les hauteurs du métallique. Il a davantage d’intérêt pour ceux qui veulent se consacrer à la guérison. Notre avis (peut-être provisoire sur ce sujet) est qu’il y a peu de risque à traiter des non-alchimistes par les produits issus de ce règne, leur influence sur la prise de conscience psychique étant faible.

Dans l’état actuel de nos travaux et de nos études, nous pensons que le plus intéressant pourrait être le Sel Ammoniac, le Sel de Tartre et le Soufre natif d’origine non volcanique.

Ces points seront précisés après notre cours végétal.

Pierres métalliques

Nous ne revenons pas sur la question des Pierres adultères. Toutefois, ici, nous avons quelquefois un double adultère, c’est-à-dire des Pierres dont les éléments sont à la fois d’origine minérale et métallique. Dans ce cas, ces Pierres ne sont pas multipliables, elles semblent devenir insolubles aussi bien dans l’Alcaest que dans le Mercure Philosophique (sous réserve d’expériences plus poussées).

Les Pierres métalliques peuvent être matrices d’un métal, c’est-à-dire marquées par le Sel du métal d’origine. Dans ce cas, elles ont une zone d’action limitée que nous allons expliquer en nous reportant à la planche 2 de la Notice 9.

Dans le langage des Anciens, teindre signifie transmuter.

Sur notre planche :

– Le plomb, Saturne, est au plus haut du ciel chimique. La Pierre de Saturne teint donc le plomb et les autres métaux en or.

– L’étain, Jupiter, ne peut pas teindre le plomb, mais se teint lui-même ainsi que le fer, le cuivre, le mercure et l’argent.

– Le fer, Mars, se teint lui-même et teint le cuivre, le mercure, l’argent.

– Le cuivre, Vénus, se teint lui-même et teint le mercure et l’argent.

– Le mercure se teint lui-même et teint l’argent : ceci en théorie, car une Pierre matrice sur le mercure est impossible en pratique.

Contrairement à ce que disent de pseudo-adeptes ignorants, il n’y a pas une matrice première unique pour la Pierre métallique. Plusieurs départs sont théoriquement possibles mais ils sont plus ou moins aisés suivant la matière choisie. Pour celui qui n’a pas peur d’un travail herculéen, la méthode de Fabre de Castelnaury est excellente. La matière de départ est uniquement de l’eau de pluie. Nous avons décrit le processus du GUR et de l’ARCHÉUS dans nos notices et nous avons ensuite donné les conditions que devait remplir l’Archéus pour atteindre la Pierre. Pour obtenir un résultat pondéral, il faut que l’eau « fermente » plusieurs années mais les trois premiers mois sont critiques. Après ce délai, l’eau cesse d’être « fragile ». Si en trois mois, il apparaît une pourriture blanche, on peut jeter l’eau. Si l’eau prend une couleur verte, elle n’est pas non plus utilisable. Seule la couleur marron-brun doit apparaître. Si ce processus est long il ne présente aucun des risques et des dangers des processus métalliques.

Les deux autres corps présentant une possibilité théorique et pratique « relativement aisée » sont la stibine qui est un trisulfure d’antimoine, le minerai de ce métal et la galène ou sulfure de plomb.

Certains se demanderont peut-être pourquoi tenter une Pierre adultère, c’est-à-dire une Pierre qui ne respecte pas l’unité de la matière au départ.

Chaque corps a une particularité, l’un a peu de Sel, l’autre peu de Soufre, l’autre peu de Mercure. Le Mercure dans l’un est abondant mais grossier. Le Soufre d’un autre est presque parfait. Il y a donc un souci de choisir surtout la qualité du principe. Si l’extraction est relativement aisée, la purification et surtout la maturation sont beaucoup plus complexes.

– Le plomb a peu de Soufre, peu de Sel, mais beaucoup de Mercure grossier et non mûr.

– L’étain, ni mûr ni grossier, n’a pas d’excès de Mercure ni de Sel, mais possède peu de Soufre.

– Le fer a peu de Mercure mais de qualité, davantage de Soufre et de Sel.

– Le cuivre a beaucoup de Soufre de qualité, le Mercure et le Sel sont à égalité.

– Le mercure a peu de Sel et de Soufre et étant normalement à l’état de fusion, il est en permanence sous l’influence astrale.

Pour terminer ce chapitre, examinons le principe de la multiplication d’une Pierre. Cette opération consiste à dissoudre la Pierre dans le Mercure ou l’Alcaest, selon la nature de la Pierre.

Bien que cela ne soit mentionné dans aucun ouvrage, un filtrage ou une décantation s’impose afin de séparer les impuretés libérées par cette dissolution.

Puis les éléments sont séparés et on refait leur union. Ces éléments étant plus purs, la Pierre se reconstitue 8 à 10 fois plus vite que la fois précédente. Ceci nous amène à penser qu’une extrême purification des éléments avant la première réunion et la division du Sel en une poudre impalpable doit considérablement raccourcir le temps de la première « cuisson » de la Pierre.

37-48

RETOUR