Spagirie 37-48

Jean DUBUIS

L’Adepte doit suivre le chemin de la Nature mais avec les lumières de la Connaissance

COURS D’ÉSOTÉRISME GÉNÉRAL SPAGIRIE

NOTICE 37

Le texte que nous proposons maintenant est l’un des plus clairs sur la théorie et la pratique alchimique minérale ou métallique. Il doit être soigneusement lu et relu.

Ce texte connu sous le nom de « Catéchisme de Paracelse » a été copié sur un manuscrit de la bibliothèque vaticane par l’Alchimiste SENDIVOGIUS. Une version légèrement différente a été transcrite sous forme d’un rituel maçonnique par le baron de TSCHOUDY.

Cette version est accompagnée d’une « Ode explicative » en italien dont nous donnons une traduction aussi approchée que possible.

La version qui suit est une traduction du texte de SENDIVOGIUS.

CATÉCHISME DE PARACELSE

( Manuscrit du Vatican )

D – Quelle est la première étude d’un Philosophe ?
R – C’est une investigation des opérations de la nature.

D – Quelle est la finalité de la nature ?
R – Dieu, comme il en est le commencement.

D – D’où proviennent toutes les choses ?
R – De l’unique et indivisible nature.

D – En combien de régions la nature est-elle divisée ?
R – En quatre régions principales.

D – Quelles sont-elles ?
R – Le sec, l’humide, le chaud, le froid, qui sont les quatre qualités élémentaires, d’où toutes choses ont leur origine.

D – En quoi se différencie la nature ?
R – En mâle et femelle.

D – À quoi peut-elle être comparée ?
R – Au mercure.

D – Donnez une définition concise de la nature
R – Elle n’est point visible, quoiqu’elle agisse visiblement, car ce n’est qu’un esprit volatil, qui fait son office dans les corps, et qui est animé par l’esprit universel, le souffle divin, le feu central et universel, qui vivifie tout ce qui existe.

D – Quelle qualité doivent avoir les scrutateurs de la nature ?
R – Ils doivent être tels que la nature elle-même, c’est-à-dire vrais, simples, patients et confiants.

D – Quelle matière doit attirer leur attention ?
R – Les Philosophes doivent considérer si ce qu’ils proposent est en harmonie avec la nature, si ceci est possible et réalisable, si ce qu’ils veulent accomplir par leur propre vouloir est généralement fait par le pouvoir de la nature ; ils doivent imiter celle-ci dans tous ses détails.

D – Quelle méthode faut-il choisir pour opérer quelque chose à un degré supérieur à ce que la nature a fait ?
R – On doit regarder en quoi et par quoi elle s’améliore, et on trouvera que c’est toujours avec son semblable : par exemple, si on veut étendre la vertu intrinsèque de quelque métal plus outre que la nature, il faut alors saisir la nature métallique elle-même, et savoir distinguer le mâle et la femelle en ladite nature.

D – Où la nature métallique conserve-t-elle les semences ?
R – Dans les quatre éléments.

D – Avec quoi le Philosophe peut-il reproduire quelque chose ?
R – Avec le germe de ladite nature, qui en est l’élixir, ou la quintessence bien meilleure et plus utile à l’artiste que la nature elle-même. Dès que le Philosophe aura obtenu cette semence ou ce germe, la nature pour le féconder sera prête à faire son devoir.

D – Qu’est-ce que le germe ou la semence de chaque substance ?
R – C’est la plus subtile et la plus parfaite décoction et digestion de la nature même, ou plutôt c’est le Baume du Soufre, qui est identique à l’humide radical dans les métaux.

D – Qui engendre cette semence ou ce germe ?
R – Les quatre éléments, par la volonté de l’Être Suprême sans l’intervention de la nature.

D – Comment opèrent les quatre éléments ?
R – Par un mouvement incessant et uniforme ; chacun d’eux selon sa qualité, dépose sa semence au centre de la terre, où elle est digérée, ensuite repoussée au dehors par les lois du mouvement.

D – Qu’entendent les Philosophes par le centre de la terre ?
R – Un certain lieu vide qu’ils conçoivent et où rien ne peut reposer.

D – Où les quatre éléments expulsent-ils ou déposent-ils leurs qualités ou semences ?
R – Dans l’ex-centre, ou la marge et circonférence du centre qui, après qu’il en a pris une due portion, rejette le surplus au dehors, d’où se forment les excréments, les scories, les feux et même le chaos de la nature.

D – Expliquez-moi cet enseignement par un exemple
R – Etant donnée une table bien plate. En son milieu, dûment posé, un vase quelconque rempli d’eau ; que dans son contour on place ensuite plusieurs choses de diverses couleurs, entre autres, qu’il y ait particulièrement du sel, en observant que chacune de ces choses soient bien divisées et mises séparément, puis après que l’on verse l’eau au milieu, on la verra couleur de ça et de là : ce petit ruisseau venant à rencontrer la couleur rouge, prendra la teinte rouge ; l’autre passant par le sel contractera de la salaison, car il est certain que l’eau ne change point les lieux, mais la diversité des lieux change la nature de l’eau ; de même la semence, jetée par les quatre éléments au centre de la terre, contracte différentes modifications, parce qu’elle passe par différents lieux, canaux, en sorte que chaque chose naît selon la diversité des lieux, et la semence de la chose parvenant à tel endroit, y rencontrerait la terre et l’eau pure, il en résulterait une chose pure, ainsi dans le cas contraire.

D – Comment et en quelle façon les éléments engendrent-ils cette semence ?
R – Pour une parfaite élucidation de ce point, il faut noter que deux éléments sont lourds et pesants, et les deux autres volatils et deux secs et deux humides, toutefois l’un est extrêmement sec, et l’autre extrêmement humide, et en outre, ils sont aussi masculins et féminins : or chacun d’eux est très prompt à se reproduire identiquement à lui en sa propre sphère : ces quatre éléments ne reposent jamais, mais ils s’agitent continuellement l’un sur l’autre et chacun pousse de soi et par soi ce qu’il a de plus subtil. Ils ont leur rendez-vous général au centre et dans ce centre même de l’Archée, ce serviteur de la nature, où venant à y mêler leurs semences, ils les agitent et les jettent ensuite au dehors.

D – Quelle est la vraie et première matière des métaux ?
R – La première matière proprement dite est de double nature, par elle-même ; néanmoins, l’une sans le concours de l’autre ne crée point un métal. La première et la principale est une humidité de l’air, mêlée avec un air chaud, en forme d’une eau grasse, adhérente à toute chose qu’elle soit pure ou impure.

D – Comment les Philosophes ont-ils nommé cette humidité ?
R – Mercure.

D – Par qui est-il gouverné ?
R – Par les rayons du Soleil et de la Lune.

D – Quelle est la seconde matière ?
R – C’est la chaleur de la terre, c’est-à-dire une chaleur sèche que les Philosophes appellent Soufre.

D – Tout le corps de la matière se convertit-il en semence ?
R – Non, mais seulement la huit-centième partie qui repose au centre du même corps, ainsi que l’on peut le voir dans l’exemple d’un grain de froment.

D – De quoi sert le corps de la matière, relativement à la semence ?
R – Pour la préserver de toute excessive chaleur, froideur, humidité ou sécheresse, et généralement toute intempérie nuisible contre lesquelles la matière lui sert d’enveloppe.

D – L’artiste qui prétend réduire tout le corps de la matière en semence, en supposant qu’il y peut réussir, y trouverait-il en effet quelque avantage ?
R – Aucun, au contraire son travail deviendrait absolument inutile, parce que l’on ne peut

rien faire de bien, sitôt que l’on s’écarte du procédé de la nature.

D – Que faut-il donc qu’il fasse ?
R – Il faut qu’il dégage la matière de toutes ses impuretés, car il n’y a point de métal, si pur

qu’il soit, qui n’ait des impuretés, l’un toutefois plus ou moins que l’autre.

D – À quoi le Philosophe doit-il faire le plus attention ?
R – Aux fins de la nature, il ne doit pas chercher cette finalité dans les métaux vulgaires,

parce qu’étant déjà sortie des mains de la formatrice, elle n’est plus en eux.

D – Quelle en est la raison précise ?
R – C’est parce que les métaux du vulgaire, principalement l’or, sont absolument morts, au lieu que les nôtres au contraire sont absolument vifs et ont esprit.

D – Quelle est la vie des métaux ?
R – Elle n’est autre chose que le feu, lorsqu’ils sont encore couchés dans leurs mines.

D – Quelle est leur mort ?
R – Leur mort et leur vie sont un même principe, puisqu’ils meurent également par le feu, mais un feu de fusion.

D – De quelle façon les métaux sont-ils engendrés dans le ventre de la terre ?
R – Après que les quatre éléments ont produit leur force ou leur vertu dans le centre de la terre, et qu’ils y ont déposé leur semence ; l’archée de la nature, en les distillant, les sublime sur leur surface par la chaleur et l’action d’un mouvement perpétuel.

D – En quoi se résout le vent en se distillant par les pores de la terre ?
R – Il se résout en eau de laquelle naissent toutes choses, et ce n’est plus alors qu’une vapeur humide de laquelle se forme ensuite le principe principié de chaque chose, et qui sert de matière première aux Philosophes.

D – Quel est donc ce principe principié, servant de matière première aux Enfants de la Science dans l’OEuvre Philosophique ?
R – Ce sera cette même matière, laquelle aussitôt qu’elle est conçue, ne peut absolument plus changer de forme.

D – Saturne, Jupiter, Mars, Vénus, le Soleil, la Lune, etc., ont-ils chacun des semences différentes ?
R – Ils ont tous une même semence, mais le lieu de leur naissance a été la cause de cette différence, encore bien que la nature ait bien plutôt achevé son oeuvre en la procréation de l’argent qu’en celle de l’or, ainsi des autres, chacun dans sa propre proportion.

D – Comment se forme l’or dans les entrailles de la terre ?
R – Quand cette vapeur que nous avons dit est sublimée au centre de la terre, et qu’elle passe par des lieux chauds et purs, et où une certaine graisse de soufre adhère aux parois, alors cette vapeur que les Philosophes ont appelée leur Mercure, s’accommode et se joint à cette graisse qu’elle sublime après avec elle et de ce mélange résulte une certaine onctuosité qui, laissant ce nom de vapeur, prend celui de graisse, et venant après à se sublimer en d’autres lieux, qui ont été nettoyés par la vapeur précédente, et qui ont rendu la terre plus subtile, pure et humide, elle remplit les pores de cette terre, se joint à elle, et c’est alors ce qui produit l’or.

D – Comment s’engendre Saturne ?
R – Quand cette onctuosité ou graisse parvient à des lieux totalement impurs et froids.

D – Comment s’engendre Vénus ?
R – Elle s’engendre alors que la terre est pure, mais mêlée de soufre impur.

D – Quel pouvoir a cette vapeur au centre de la terre ?
R – De subtiliser toujours par son continuel progrès tout ce qui est cru et impur, attirant successivement avec soi ce qui est impur.

D – Quelle est la semence de la première matière de toutes choses ?
R – La première matière des choses, c’est-à-dire la matière des principes principiants, naît par la nature sans le secours d’aucune semence, c’est-à-dire que la nature reçoit la matière des éléments, de laquelle elle engendre ensuite la semence.

D – Quelle est donc absolument parlant la semence des choses ?
R – La semence en un corps n’est autre qu’un air congelé, ou une vapeur humide, laquelle si elle n’est résoute par une vapeur chaude, devient tout à fait inutile.

D – Comment la génération de la semence se renferme-t-elle dans le règne métallique ?
R – Par l’artifice de l’archée, les quatre éléments en la première génération de la nature distillent au centre de la terre une vapeur d’eau pondéreuse, qui est la semence des métaux, et s’appelle Mercure, non à cause de son essence, mais à cause de sa fluidité et facile adhérence à chaque chose.

D – Pourquoi cette vapeur est-elle comparée au Soufre ?
R – A cause de sa chaleur interne.

D – Que devient la semence, après la congélation ?
R – Elle devient l’humide radical de la matière.

D – De quel mercure doit-on entendre que les métaux sont composés ?
R – Cela s’entend absolument du Mercure des Philosophes et aucunement du mercure commun ou vulgaire, qui ne peut être une semence, ayant lui-même en soit sa semence comme les autres métaux.

D – Que faut-il donc prendre précisément pour le sujet de notre matière ?
R – On doit prendre la semence seule ou grain fixe, et non pas le corps entier, qui est distingué en mâle vif, c’est-à-dire, Soufre, et femelle vive, c’est-à-dire Mercure.

D – Quelle opération faut-il faire ensuite ?
R – On doit les conjoindre ensemble, afin qu’ils puissent former un germe, d’où ensuite ils arrivent à procréer un fruit de leur nature.

D – Qu’entend donc de faire l’artiste dans cette opération ?
R – L’artiste n’entend faire autre chose, sinon séparer ce qui est subtil de ce qui est épais.

D – À quoi se réduit conséquemment toute la combinaison philosophique ?
R – Elle se réduit à faire d’un deux et de deux un, et rien de plus.

D – Où se trouvent la semence et la vie des métaux et minéraux ?
R – La semence des minéraux est proprement l’eau qui se trouve au centre et au coeur du minéral.

D – Comment la nature opère-t-elle avec le secours de l’art ?
R – Toute semence, quelle qu’elle soit, est de nulle valeur, si par l’art ou par la nature elle n’est mise en une matrice convenable où elle reçoit sa vie en faisant pourrir le germe et causant la congélation du point pur ou grain fixe.

D – Comment la semence est-elle ensuite nourrie et conservée ?
R – Par la chaleur de son corps.

D – Que fait donc l’artiste dans le règne minéral ?
R – Il achève ce que la nature ne peut finir à cause de la crudité de l’air qui par sa violence a rempli les pores de chaque corps, non dans les entrailles de la terre, mais dans sa superficie.

D – Quelle correspondance ont les métaux entre eux ?
R – Pour bien entendre cette correspondance, il faut considérer la position des planètes, et faire attention que Saturne est la plus haute de toutes, à laquelle succède Jupiter, puis Mars, le Soleil, Vénus, Mercure et enfin la Lune. Il faut observer que les vertus des planètes ne montent pas, mais qu’elles descendent, et l’expérience nous apprend que Mars se convertit facilement en Vénus, et non pas Vénus en Mars, comme étant plus basse d’une sphère, ainsi Jupiter se transmute aisément en Mercure, parce que Jupiter est plus haut que Mercure, celui-là est le second après le firmament, celui-ci est le second audessus de la terre, et Saturne le plus haut, la Lune la plus basse, le Soleil se mêle avec tous, mais il n’est jamais amélioré par les inférieurs. On voit clairement qu’il y a une grande correspondance entre Saturne et la Lune, au milieu desquels est le Soleil mais à tous ces changements, le Philosophe doit tâcher d’administrer du Soleil.

D – Quand les Philosophes parlent de l’or ou de l’argent d’où ils extraient leur matière, entendent-ils parler de l’or ou de l’argent vulgaires ?
R – Non, parce que l’or et l’argent vulgaires sont morts, tandis que ceux des Philosophes sont pleins de vie.

D – Quel est l’objet de la recherche des Philosophes ?
R – C’est la connaissance de l’art de perfectionner ce que la nature a laissé imparfait dans le genre minéral, et d’arriver au trésor de la Pierre Philosophale.

D – Qu’est ce que cette Pierre ?
R – La Pierre Philosophale n’est autre chose que l’humide radical des éléments, parfaitement purifiés et amenés à une souveraine fixité, ce qui fait qu’elle opère de si grandes choses pour la santé, la vie, résidant uniquement dans l’humide radical.

D – En quoi consiste le secret de faire cette oeuvre admirable ?
R – Ce secret consiste à savoir tirer de puissance en acte le chaud inné, ou le feu de nature enfermé dans le centre de l’humide radical.

D – Quelles sont les précautions qu’il faut prendre pour ne pas manquer l’OEuvre ?
R – Il faut avoir grand soin d’ôter les excréments à la matière, et ne songer qu’à avoir le noyau, ou le centre qui renferme toute la vertu du mixte.

D – Pourquoi cette médecine guérit-elle toutes sortes de maux ?
R – Cette médecine a la vertu de guérir toutes sortes de maux, non pas à raison de ces différentes qualités, mais en tant seulement qu’elle fortifie puissamment la chaleur naturelle, laquelle elle excite doucement, au lieu que les autres remèdes l’irritent par un mouvement trop violent.

D – Comment me prouverez-vous la vérité de l’art à l’égard de la teinture ?
R – Cette vérité est fondée premièrement sur ce que la poudre physique étant faite de la même matière, dont sont forgés les métaux, à savoir l’argent vif, elle a la faculté de se mêler avec eux dans la fusion, une nature embrasant aisément une autre nature, qui lui est semblable. Secondement, sur ce que les métaux imparfaits n’étant tels que parce que leur argent vif est crud, la poudre physique, qui est un argent vif mûr et cuit, et proprement un feu pur, leur peut aisément communiquer sa propre maturité et les transmuter en sa nature, après avoir fait attraction de leur humide crud, c’est-à-dire de leur argent vif, qui est la seule substance qui se transmue, le reste n’étant que des scories et des excréments, qui sont rejetés dans la projection.

D – Quelle route doit suivre le Philosophe pour parvenir à la connaissance et à l’exécution de l’OEuvre physique ?
R – La même route que le Grand Architecte de l’Univers employa à la création du monde, en observant comment le chaos fut débrouillé.

D – Quelle était la matière du chaos ?
R – Ce ne pouvait être autre chose qu’une vapeur humide, parce qu’il n’y a que l’eau entre les substances créées qui se termine par un terme étranger, et qui soit un véritable sujet pour recevoir les formes.

D – Donnez-moi un exemple de ce que vous venez de déclarer.
R – Cet exemple peut se prendre des productions particulières des mixtes, dont les semences commencent toujours par se résoudre en une certaine humeur, qui est le chaos particulier, duquel ensuite se tire comme par irradiation toute la forme de la plante. D’ailleurs il faut observer que l’écriture ne fait mention en aucun endroit d’autre chose que de l’eau pour sujet matériel, sur lequel l’esprit de Dieu était porté, et la lumière pour forme universelle.

D – Quel avantage le Philosophe peut-il tirer de cette réflexion, et que doit-il particulièrement remarquer dans la matière dont l’Être suprême créa le monde ?
R – D’abord, il observera la matière dont le monde a été créé, il verra que de cette masse confuse, le souverain Artiste commença par faire l’extraction de la lumière, qui dans le même instant dissipa les ténèbres qui couvraient la surface de la terre pour servir de forme universelle à la matière. Il concevra ensuite facilement que dans la génération de tous les mixtes, il se fait une espèce d’irradiation, et une séparation de la lumière d’avec les ténèbres, en quoi la nature est perpétuellement imitatrice de son créateur, le Philosophe comprendra pareillement comme par l’action de cette lumière se fit l’étendue, ou autrement le firmament séparateur des eaux d’avec les eaux : le ciel fut ensuite orné de corps lumineux, mais les choses supérieures étant trop éloignées des inférieures, il fut besoin de créer la lune, comme flambeau intermédiaire entre le haut et le bas, laquelle après avoir reçu les influences célestes, les communique à la terre ; le Créateur rassemblant ensuite les eaux, fit apparaître le sec.

D – Combien y a-t-il de cieux ?
R – Il n’y en a proprement qu’un : à savoir le firmament séparateur des eaux d’avec les eaux ; cependant, on en admet trois. Le premier, qui est depuis le dessus des nues, où les eaux raréfiées s’arrêtent et retombent jusqu’aux étoiles fixes, et dans cet espace sont les planètes et les étoiles errantes. Le second, qui est le lieu même des étoiles fixes, le troisième, qui est le lieu des eaux sur célestes.

D – Pourquoi la raréfaction des eaux se termine-t-elle au premier ciel, et ne monte-t-elle pas au-delà ?
R – Parce que la nature des choses raréfiées est de s’élever toujours en haut, et parce que Dieu, dans ses lois éternelles, a assigné à chaque chose sa propre sphère.

D – Pourquoi chaque corps céleste tourne-t-il invariablement comme autour d’un axe sans décliner ?
R – Cela ne vient que du premier mouvement qui lui a été imprimé, de même qu’une masse pesante mise en balan et attachée à un simple fil, tournerait toujours également, si le mouvement était toujours égal.

D – Pourquoi les eaux supérieures ne mouillent-elles point ?
R – À cause de leur extrême raréfaction, c’est ainsi qu’un savant chymiste peut tirer plus d’avantages de la science de la raréfaction que de toute autre.

D – De quelle manière est composé le firmament, ou l’étendue ?
R – Le firmament est proprement l’air, dont la nature est beaucoup plus convenable à la lumière que l’eau.

D – Après avoir séparé les eaux du sec et de la terre, que fit le Créateur pour donner lieu aux générations ?
R – Il créa une lumière particulière destinée à cet office, qu’il plaça dans le feu central et tempéra ce feu par l’humidité de l’eau et la froideur de la terre, afin de réprimer son action, et que sa chaleur fut plus convenable au dessein de son auteur.

D – Quelle est l’action de ce feu central ?
R – Il agit continuellement sur la matière humide qui lui est la plus voisine, dont il fait élever une vapeur qui est le Mercure de la nature, et de la première matière des trois règnes.

D – Comment se forme ensuite le Soufre de la nature ?
R – Par la double action ou plutôt réaction de ce feu central, sur la vapeur mercurielle.

D – Comment se fait le sel de la mer ?
R – Il se forme par l’action de ce même feu sur l’humidité aqueuse, lorsque l’humidité aérienne qui est renfermée vient à s’exhaler.

D – Que doit faire un Philosophe vraiment sage une fois qu’il a bien compris le fondement et l’ordre qu’observa le Grand Architecte de l’Univers, pour la construction de tout ce qui existe dans la nature ?
R – Il doit être, autant qu’il se peut, un copiste fidèle de son Créateur ; dans son OEuvre physique, il doit faire son chaos tel qu’il fut effectivement, séparer la lumière des ténèbres ; former son firmament séparateur des eaux d’avec les eaux, et accomplir enfin parfaitement, en suivant la marche indiquée, tout l’ouvrage de la création.

D – Avec quoi fait-on cette grande et sublime opération ?
R – Avec un seul corpuscule ou petit corps, qui ne contient pour ainsi dire que fèces, saletés, abominations, duquel on extrait une certaine humidité ténébreuse et mercurielle, qui comprend en soi tout ce qui est nécessaire au Philosophe, parce qu’il ne cherche en effet que le vrai Mercure.

D – De quel Mercure doit-il donc se servir pour l’OEuvre ?
R – D’un Mercure qui ne se trouve point sur la terre, mais qui est extrait des corps, et nullement du mercure vulgaire, comme il a été faussement dit.

D – Pourquoi ce dernier n’est-il pas le plus propre à notre OEuvre?
R – Parce que l’Artiste sage doit faire attention que le mercure vulgaire ne contient pas en lui la quantité suffisante de Soufre, et que par conséquent il doit travailler sur un corps créé par la nature, dans lequel elle-même aura joint ensemble le Soufre et le Mercure, que l’artiste doit séparer.

D – Que doit-il faire ensuite ?
R – Les purifier et les rejoindre derechef.

D – Comment appelez-vous ce corps-là ?
R – Pierre brute ou Chaos, ou Illiaste ou Hyle.

D – Puisque vous me dites que le Mercure est la seule chose que le Philosophe doit connaître, pour ne pas s’y méprendre, donnez m’en une description circonstanciée.
R – Notre Mercure, eu égard à sa nature, est double, fixe et volatil ; eu égard à son mouvement, il est double aussi, puisqu’il a un mouvement d’ascension et un de descension. C’est l’influence des plantes par laquelle il réveille le feu de la nature assoupie, et c’est son premier office avant sa congélation, par le mouvement d’ascension, il s’élève pour se purifier, et comme c’est après sa congélation, il est considéré alors comme l’humide radical des choses, lequel sous de viles scories ne laisse pas de conserver la noblesse de sa première origine.

D – Combien compte-t-on d’humide dans chaque composé ?
R – Il y en a trois :

1 – l’élémentaire, qui n’est proprement que le vase des autres éléments

2 – le Radical, qui est proprement l’huile ou le baume dans lequel réside toute la vertu du sujet

3 – l’Alimentaire, c’est le véritable dissolvant de la nature, excitant le feu interne, assoupi, causant par son humidité la corruption et la noirceur, et entretenant et alimentant le sujet.

D – Combien les Philosophes ont-ils de sortes de Mercure ?
R – Le Mercure des Philosophes se peut considérer sous quatre égards,

– Au premier, on l’appelle le Mercure des corps, c’est précisément la semence cachée ;

– Le second, le Mercure de la nature, c’est le bain ou le vase des Philosophes, autrement dit l’humide radical ;

– Le troisième, le Mercure des Philosophes, parce qu’il se trouve dans leur boutique et dans leur minière, c’est la sphère de Saturne, c’est leur Diane, c’est le vrai sel des métaux, après lequel lorsqu’on l’a acquis, commence seulement la véritable OEuvre philosophique,

– Le quatrième, le Mercure commun, non pas celui du vinaigre mais celui qui est proprement le véritable air des Philosophes, la véritable moyenne substance de l’eau, le vrai feu secret et caché, nommé le « feu commun », à cause qu’il est commun à toutes les minières, qu’en lui consiste la substance des métaux, et que c’est de lui qu’ils tirent leur quantité et qualité.

D – Combien y a-t-il d’opérations dans notre OEuvre ?
R – Il n’y en a qu’une seule qui se réduit à la sublimation, qui n’est autre chose, selon GEBER, que l’élévation de la chose sèche par le moyen du feu, avec adhérence à son propre vase.

Nous continuons l’étude de ce texte dans la prochaine notice.

NOTICE 38

CATÉCHISME DE PARACELSE

(Suite)

Le texte du « Catéchisme de Paracelse » continue par des conseils sur la lecture des textes hermétiques.

D – Quelle précaution doit-on prendre en lisant les Philosophes hermétiques ?
R –
Il faut surtout avoir grand soin de ne pas prendre ce qu’ils disent à ce sujet au pied de la lettre, et suivant le son des mots, « car la lettre tue et l’esprit vivifie ».

D – Quel livre doit-on lire pour parvenir à la connaissance de notre science ?
R –
Il faut lire particulièrement tous les ouvrages d’HERMÈS, ensuite, un certain livre intitulé : « Le Passage de la Mer Rouge » et un autre « L’abord de la Terre Promise ». Parmi les Anciens, il faut lire tout PARACELSE et, entre autres, son « Sentier Chymique », ou « Manuel de Paracelse », qui contient tous les mystères de la physique démonstrative, et de la plus secrète Cabale. Ce livre manuscrit, précieux et original, ne se trouve que dans la bibliothèque du Vatican, mais SENDIVOGUS a eu le bonheur d’en tirer une copie, qui a servi à éclairer quelques Sages. Il faut lire Raymond LULLE surtout son « Vade Mecum », son dialogue appelé « Arbre de Vie », son testament et son codicille. Mais on prendra garde à ces deux derniers ouvrages, parce que, ainsi que ceux de GEBER et d’ARNAUD DE VILLENEUVE, ils sont remplis de fausses recettes, de fictions inutiles, et d’erreurs sans nombre, leur but en cela, ayant été selon toute apparence, de déguiser davantage la vérité aux ignorants. Le « Turba Philosophorum », qui n’est qu’un ramassis d’anciens auteurs, contient une partie assez bonne, quoiqu’il y ait beaucoup de choses sans valeur. Dans les auteurs du Moyen Age, on doit estimer SACHARIE, TREVISAN, Roger BACON et un certain anonyme dont le livre a pour titre « Des Philosophes ». Parmi les auteurs modernes, on doit faire cas de Jean FABRE, François de NATION et de DESPAGNET, ou l’auteur de la « Physique rectifiée », quoiqu’à dire vrai, il ait mêlé dans son livre quelques faux préceptes, et des sentiments erronés.

D – Quand un Philosophe peut-il risquer d’entreprendre l’OEuvre ?
R –
Lorsqu’il saura par théorie tirer d’un corps dissous par le moyen d’un esprit cru, un esprit digeste, qu’il faudra derechef rejoindre à l’huile vitale.

D – Expliquez-moi cette théorie plus clairement.
R – Pour rendre la chose plus sensible, en voici le procédé : ce sera lorsque le Philosophe saura, par le moyen d’un menstrue végétal uni au minéral, dissoudre un troisième menstrue essentiel, avec lesquels réunis, il faut laver la terre, et l’exalter ensuite en quintessence céleste, pour en composer leur foudre sulfureuse, laquelle en un instant, pénètre les corps et détruit leurs excréments.

D – Ceux qui prétendent se servir d’or vulgaire pour la semence, et du mercure vulgaire pour le dissolvant ou pour la terre dans laquelle il doit être semé, ont-ils une parfaite connaissance de la nature ?
R –
Non, vraiment, parce que ni l’un ni l’autre n’ont en eux l’agent externe : l’or, pour en avoir été dépouillé par la décoction et le mercure pour n’en avoir jamais eu.

D – En cherchant cette semence aurifique ailleurs que dans l’or même, ne risque-t-on pas de produire une espèce de monstre, puisqu’il paraît que l’on s’écarte de la nature ?
R –
Il est sans aucun doute que dans l’or est contenue la semence aurifique et même plus parfaitement qu’en aucun autre corps : mais cela ne nous oblige pas à nous servir de l’or vulgaire, car cette semence se trouve pareillement en chacun des autres métaux ; et ce n’est autre chose que ce grain fixe que la nature a introduit en la première congélation du Mercure, tous les métaux ayant une même origine et une matière commune, ainsi que le reconnaîtront parfaitement ceux qui se rendront dignes de le recevoir par leur application et une étude assidue.

D – Que s’ensuit-il de cette doctrine ?
R –
Elle nous enseigne que, quoique la semence soit plus parfaite dans l’or, toutefois elle se peut extraire bien plus aisément d’un autre corps que de l’or même, la raison en est que les autres corps sont bien plus ouverts, c’est-à-dire, moins digérés, et leur humidité moins terminée.

D – Donnez-moi un exemple pris dans la nature.
R –
L’or vulgaire ressemble à un fruit lequel parvenu à une parfaite maturité a été séparé de l’arbre : quoiqu’il y ait en lui une semence très parfaite et très digeste, néanmoins si quelqu’un pour le multiplier le mettait en terre, il faudrait beaucoup de temps, de peine, de soins, pour le conduire jusqu’à la végétation ; mais si au lieu de cela on prenait une greffe ou une racine du même arbre et qu’on la mette en terre, on la verrait en peu de temps, et sans peine végéter et rapporter beaucoup de fruits.

D – Est-il nécessaire à un amateur de cette science de connaître la formation des métaux dans les entrailles de la terre, pour parvenir à former son OEuvre?
R –
Cette connaissance est tellement nécessaire que, si avant toute autre étude, on ne s’y appliquait pas et l’on ne cherchait pas à imiter la nature en tout point, jamais on ne pourrait arriver à rien faire de bon.

D – Comment la nature forme-t-elle donc les métaux dans les entrailles de la terre, et de quoi se compose-t-elle ?
R –
La nature les compose tous de Soufre et de Mercure, et les forme par leur double vapeur.

D – Qu’entendez-vous par cette double vapeur et comment par cette double vapeur les métaux peuvent-ils être formés ?
R –
Pour bien entendre cette réponse, il faut savoir d’abord que la vapeur mercurielle unie à la vapeur sulfureuse, en un lieu caverneux où se trouve une eau salée qui leur sert de matrice, il se forme premièrement le Vitriol de Nature ; secondement, de ce Vitriol de Nature, par la commotion des éléments, s’élève une nouvelle vapeur, qui n’est ni mercurielle, ni sulfureuse, mais qui tient des deux natures, laquelle en arrivant en des lieux où adhère la graisse du Soufre, s’unit avec elle et de leur union se forme une substance glutineuse, ou masse informe, sur laquelle la vapeur répandue en ces lieux caverneux, agissant par le moyen du Soufre qu’elle contient en elle, il en résulte des métaux parfaits, si le lieu et la vapeur sont purs ; et imparfaits, si au contraire, le lieu et la vapeur sont impurs ; ils sont dits imparfaits, ou non parfaits, pour n’avoir pas reçu leur entière perfection par la coction.

D – Que contient en soi cette vapeur ?
R –
Elle contient un esprit de lumière et de feu de la nature des corps célestes, lequel doit être proprement considéré comme la forme de l’univers.

D – Que représente cette vapeur ?
R –
Cette vapeur ainsi imprégnée de l’esprit universel, représente assez bien le premier Chaos, dans lequel se trouvait renfermé tout ce qui était nécessaire à la création, c’est-àdire la matière et la forme universelle.

D – Ne peut-on pas non plus employer l’argent vif vulgaire dans ce procédé ?
R –
Non, parce que comme il a déjà été dit, l’argent vif vulgaire n’a pas avec lui l’agent externe.

D – D’où provient que l’argent vif vulgaire n’a pas avec lui son agent externe ?
R –
De ce que lors de l’élévation de la double vapeur, la commotion est si grande et si subtile qu’elle fait évaporer l’esprit ou l’agent, à peu près comme il arrive dans la fusion des métaux ; de sorte que la seule partie mercurielle reste privée de son mâle ou agent sulfureux, ce qui fait qu’elle ne peut jamais être transmuée en or par la Nature.

D – Combien de sortes d’or distinguent les Philosophes ?
R –
Trois sortes : l’Or Astral, l’Or Élémentaire et l’Or Vulgaire.

D – Qu’est-ce que l’Or Astral ?
R –
L’Or Astral a son centre dans le soleil qui le communique par ses rayons, en même temps que sa lumière à tous les êtres qui lui sont inférieurs, c’est une substance ignée et qui reçoit une continuelle émanation des corpuscules solaires qui pénètrent tout ce qui est sensitif, végétatif et minéral.

D – Qu’entendez-vous par Or Élémentaire ?
R –
C’est la plus pure et la plus fixe portion des éléments et de toutes les substances qui en sont composées ; de sorte que tous les êtres « sublunaires » des trois genres contiennent dans leur centre un précieux grain de cet or élémentaire.

D – Expliquez-moi l’Or Vulgaire.
R –
C’est le plus beau métal que nous voyons et que la Nature puisse produire, aussi parfait en soi qu’inaltérable.

D – De quelle espèce d’or est la Pierre des Philosophes ?
R –
Elle est de la seconde espèce, comme étant la plus pure portion de tous les éléments métalliques après sa purification, et alors il est appelé : or vif philosophique. Outre le parfait équilibre et la parfaite égalité des quatre éléments dans la Pierre Physique, il faut faire nécessairement quatre choses pour l’accomplissement de l’OEuvre qui sont : composition, altération, mixtion et union, lesquelles une fois faites dans les règles de l’art, donneront le Fils Légitime du Soleil, et produiront le Phénix toujours renaissant de ses cendres.

D – Qu’est-ce que l’or vif des Philosophes ?
R –
Ce n’est autre chose que le feu du Mercure, ou cette vertu ignée, renfermée dans l’humide radical, à qui il a déjà communiqué la fixité et la nature du Soufre, d’où il est émané, le Soufre des Philosophes ne laissant pas aussi d’être appelé Mercure, à cause que toute sa substance est mercurielle.

D – Quel autre nom les Philosophes donnent-ils à leur or vif ?
R –
Ils l’appellent aussi leur Soufre vif, ou leur vrai feu, et il se trouve renfermé en tout corps, et nul corps ne peut subsister sans lui.

D – Où faut-il chercher notre or vif, ou notre Soufre vif, et notre vrai feu ?
R –
Dans la maison du Mercure.

D – De quoi ce feu vit-il ?
R –
De l’air.

D – Donnez-moi une comparaison du pouvoir de ce feu.
R – Pour exprimer cette attraction du feu interne, on ne peut pas donner une meilleure comparaison que celle de la foudre qui n’est d’abord qu’une exhalaison sèche et terrestre, unie à une vapeur humide, mais qui à force de s’exalter, venant à prendre la nature ignée, agit sur l’humide qui lui est inhérent, qu’elle attire à elle, et transmue en sa nature, après quoi elle se précipite avec rapidité vers la terre, où elle est attirée par une nature fixe semblable à la sienne.

D – Que doit faire le Philosophe après qu’il aura extrait son Mercure ?
R –
Il doit l’amener ou réduire de potentialité en acte.

D – La Nature ne peut-elle pas le faire elle-même ?
R –
Non, parce qu’après une première sublimation, elle s’arrête ; de la matière ainsi disposée s’engendrent les métaux.

D – Qu’entendent les Philosophes par leur « Or » et par leur « Argent » ?
R –
Les Philosophes donnent le nom d’Or à leur Soufre, et celui d’Argent à leur Mercure.

D – D’où les tirent-ils ?
R –
Je vous ai déjà dit qu’ils les tirent d’un corps homogène où ils se trouvent en abondance, et d’où ils savent les extraire l’un et l’autre, par un moyen admirable et tout à fait philosophique.

D – Dès que cette opération sera dûment faite, que doit-on faire ensuite ?
R –
On doit faire son amalgame philosophique avec une très grande industrie, lequel pourtant ne peut s’exécuter qu’après la sublimation du Mercure, et sa due préparation.

D – Dans quel temps unissez-vous votre matière avec l’or vif ?
R –
Ce n’est que dans le temps qu’on l’amalgame : c’est-à-dire par le moyen de cet amalgame, on introduit en lui le Soufre, pour ne faire ensemble qu’une seule substance, et par l’addition de ce Soufre, l’ouvrage est abrégé et la teinture augmentée.

D – Que contient le centre de l’humide radical ?
R –
Il contient et cache le Soufre qui est couvert d’une écorce dure.

D – Que faut-il faire pour l’appliquer au Grand OEuvre ?
R –
Il faut le tirer de ses prisons avec beaucoup d’art, et par la voie de la putréfaction.

D – La Nature a-t-elle dans les mines un menstrue convenable, propre à dissoudre et à délivrer ce Soufre ?
R –
Non, à cause qu’il n’a pas un mouvement local, car si elle pouvait derechef dissoudre, putréfier et purifier le corps métallique, elle nous donnerait elle-même la Pierre Physique, c’est-à-dire un Soufre exalté et multiplié en vertu.

D – Comment m’expliqueriez-vous par un exemple, cette doctrine ?
R –
C’est encore par la comparaison d’un fruit ou d’un grain, qui est derechef mis dans une terre convenable pour y pourrir, et ensuite pour multiplier ; or, le Philosophe qui connaît le bon grain, le tire de son centre, le jette dans la terre qui lui est propre, après l’avoir bien fumée et préparée et là, il se subtilise tellement que sa vertu prolifique s’étend et se multiplie à l’infini.

D – En quoi consiste donc tout le secret pour la semence ?
R –
À bien connaître la terre qui lui est propre.

D – Qu’entendez-vous par la semence dans l’OEuvre des Philosophes ?
R –
J’entends le chaud inné, ou l’esprit spécifique enfermé dans l’humide radical, ou la moyenne substance de l’argent vif qui est proprement le sperme des métaux, lequel renferme en lui sa semence.

D – Comment délivrez-vous le Soufre de ses prisons ?
R –
Par la putréfaction (fermentation).

D – Quelle est la terre des minéraux ?
R –
C’est leur propre menstrue.

D – Quel soin doit avoir le Philosophe pour en tirer le parti qu’il désire ?
R –
Il faut qu’il ait un grand soin de la purger de ses vapeurs fétides et soufres impurs, après quoi il y jette la semence.

D – Quel indice peut avoir l’artiste qu’il est sur le bon chemin au commencement de son OEuvre.
R –
Quand il verra qu’au temps de la dissolution, le dissolvant et la chose dissoute demeurent ensemble sous une même forme et matière.

D – Combien de solutions y a-t-il dans l’OEuvre Philosophique ?
R –
Il y en a trois : la première est celle du corps cru et métallique par laquelle il est réduit dans ses principes de Soufre et d’Argent Vif ; la seconde, celle du corps physique et la troisième, celle de la terre minérale.

D – Comment par la première solution peut-on réduire un corps métallique en Mercure, et puis en Soufre ?
R –
Par le feu occulte artificiel ou l’Étoile flamboyante.

D – Comment se fait cette opération ?

R – En tirant d’abord du sujet, le Mercure, ou la vapeur des éléments ; et après l’avoir purifié, s’en servir pour sortir le Soufre de ses enveloppes par la voie de la corruption, dont le signe est la noirceur.

D – Comment se fait la seconde solution ?
R –
Quand le corps physique se résout avec les deux substances susdites, et acquiert la nature céleste.

D – Quel nom donnent les Philosophes à la matière dans ce temps ?
R –
Ils l’appellent leur Chaos Physique et pour lors, c’est la vraie Première Matière qui n’est proprement dite telle qu’après la jonction du mâle, qui est le Soufre et de la femelle, qui est le Mercure, et non pas auparavant.

D – À quoi se rapporte la troisième solution ?
R –
Elle est l’humectation de la terre minérale, et elle a un entier rapport à la multiplication.

D – De quel feu doit-on se servir dans notre OEuvre ?
R –
Du feu dont se sert la Nature.

D – Quel pouvoir a ce feu ?
R –
Il dissout toute chose dans le monde, parce qu’il est le principe de toute dissolution et corruption.

D – Pourquoi l’appelle-t-on aussi Mercure ?
R –
Parce qu’il est de nature aérienne, et une vapeur très subtile participant toutefois du Soufre, d’où il a tiré quelques souillures.

D – Où est caché ce feu ?
R –
Il est caché dans le sujet de l’art.

D – Qui est-ce qui peut connaître et former ce feu ?
R –
Le Sage sait construire et purifier ce feu.

D – Quel pouvoir et qualité ce feu a-t-il en soi ?
R –
Il est très sec et dans un continuel mouvement, et ne demande qu’à corrompre et à tirer les choses de puissance en acte, c’est lui enfin qui, rencontrant dans les mines des lieux solides, circule en forme de vapeur sur la matière et la dissout.

D – Comment connaîtrait-on plus facilement ce feu ?
R –
Par les excréments sulfureux où il est enfermé et par l’habillement salin dont il est revêtu.

D – Que faut-il faire à ce feu pour qu’il puisse mieux s’insinuer dans le genre féminin ?
R –
À cause de son extrême siccité, il a besoin d’être humecté.

D – Combien y a-t-il de feux philosophiques ?
R –
Il y en a de trois sortes qui sont le naturel, 1’innaturel et le contre naturel.

D – Expliquez-moi ces trois sortes de feu.
R –
Le feu naturel est le feu masculin, ou le principal agent ; l’innaturel est le féminin ou le dissolvant de nature, nourrissant et prenant la forme de fumée blanche, laquelle s’évanouit aisément quand le feu est sous cette forme et si on n’y prend bien garde, il est presque incompréhensible, quoique par la sublimation philosophique, il devienne corporel et resplendissant ; le feu contre nature est celui qui corrompt le composé, et a le pouvoir de délier ce que la nature avait fortement lié.

D – Où se trouve notre matière ?
R –
Elle se trouve partout, mais il faut la chercher spécialement dans la nature métallique, où elle se trouve plus facilement qu’ailleurs.

D – Laquelle doit-on préférer à toutes les autres ?
R –
On doit préférer la plus mûre, la plus propre et la plus facile, mais il faut prendre garde surtout que l’essence métallique y soit non seulement en puissance, mais aussi en acte, et qu’il y ait une splendeur métallique.

D – Tout est-il renfermé dans ce sujet ?
R –
Oui, mais il faut pourtant secourir la Nature, afin que l’ouvrage soit mieux et plus tôt fait, et cela par les moyens que l’on connaît dans les autres grades d’expériences.

D – Ce sujet est-il d’un grand prix ?
R –
Il est vil et n’a d’abord aucune élégance en soi, et si quelques-uns disent qu’il est vendable, ils ont égard à l’espèce, mais au fond il ne se vend point parce qu’il n’est utile que pour notre OEuvre.

D – Que contient notre matière ?
R –
Elle contient le Sel, le Soufre et le Mercure.

D – Quelle est l’opération qu’on doit apprendre à faire ?
R –
Il faut savoir extraire le Sel, le Soufre et le Mercure l’un après l’autre.

D – Comment cela se fait-il ?
R –
Par la seule et complète sublimation.

D – Qu’extrait-on d’abord ?

R – On tire d’abord le Mercure en forme de fumée blanche.

D – Que vient-il après ?
R –
L’eau ignée ou le Soufre.

D – Que faut-il faire ensuite ?
R –
Il faut le dissoudre avec le Sel purifié, rendant volatil d’abord le fixe et puis fixant le volatil en terre précieuse, laquelle est le véritable vase des Philosophes et de toute perfection.

D – Quelle heure est-il quand le Philosophe commence son travail ?
R –
Le point du jour, car il ne doit jamais se relâcher de son activité.

D – Quand se repose-t-il ?
R –
Quand l’OEuvre est à la perfection.

D – Quelle heure est-il à la fin de l’ouvrage ?
R –
Midi plein, c’est-à-dire l’instant où le soleil est dans sa plus grande force, et le fils de cet astre en sa plus brillante splendeur.

D – Quel est le mot de la magnésie ?
R –
Vous savez si je puis et dois répondre à la question, « je garde la parole ».

D – Donnez-moi le mot des ralliements des Philosophes.
R –
Commencez, je vous répondrai.

D – Êtes-vous apprenti-Philosophe ?
R –
Mes amis et les Sages me connaissent.

D – Quel est l’âge d’un Philosophe ?
R –
Depuis l’instant de ses recherches, jusqu’à celui de ses découvertes, il ne vieillit point.

D – Ne pourriez-vous pas mettre tout à coup sous les yeux et réunir comme en un seul point, les principes, les formes, les vérités et les caractères essentiels de la science des Philosophes, ainsi que du procédé méthodique de l’OEuvre ?
R –
Un morceau lyrique composé par un ancien savant Philosophe qui joignit à la solidité de la science le talent agréable de badiner avec les Muses peut remplir à tous égards ce que vous me demandez, aucune science n’étant effectivement étrangère aux enfants de la Science ; cette ode, la plus propre à peindre des idées sublimes trouve ici place. Cette ode fait l’objet de la notice suivante.

NOTICE 39

Voici l’Ode annoncé à la fin du « Catéchisme de Paracelse ».

O D E

Du néant était sorti
Le chaos ténébreux ; masse informe ;
Au premier son des lèvres du Tout Puissant
Il semblait qu’il avait engendré
Le désordre lui-même au lieu de l’Artiste Divin
Tant il était informe.
En lui toutes les choses
Etaient au repos,
Et en l’absence de l’Esprit Séparateur
Tous les éléments en faisaient partie.
Or, qui pourrait raconter
Comment se formèrent le Ciel, la Terre, la Mer, (eux qui sont si légers par eux-mêmes et
d’une masse si étendue)
Qui peut révéler pourquoi il y a de la lumière et comment se meuvent là-haut la Lune et le
Soleil ;
Qui jamais comprendra comment
Chaque chose a reçu un nom,
Un esprit, une quantité, une loi et la mesure
De cette masse désordonnée et impure.
O du divin Hermès Fils émules, auxquels l’art paternel
Fait que la nature apparaît sans aucun voile
Vous seuls, seuls vous savez comment la main éternelle fabriqua la Terre et le Ciel à partir
du Chaos indéterminé.
Votre grand OEuvre vous montre clairement que Dieu composa le tout de la même façon
Qu’est produit l’élixir physique.
Mais je ne suis pas digne de décrire
Avec une faible plume un sujet aussi vaste,
Moi qui ne suis pas encore un Fils expert en l’art,
Même si votre carte
Constitue une bonne cible pour mon regard.
Même si je connais le bon Illiastre,
Même si le merveilleux composé
À partir de la puissance duquel
Vous avez extrait du noir
La pureté des éléments
Ne m’est pas cachée.
Même si je comprends très bien
Que votre mercure inconnu n’est rien d’autre qu’un
Vif esprit universel inné
Qui du ciel descend
En vapeur aérienne toujours en agitation
Jusqu’à emplir le centre vide de la Terre :
Qui de là sort ensuite
Par des canaux impurs et croît de volatil en fixe et prend forme d’humide radical et reste
au repos.
Même si je sais que sans
Sceller de verre le vase ovale.
Il ne retiendra jamais en lui la vapeur illustre
S’il n’a pas l’assistance
De l’oeil du Lynx, d’une main industrieuse.
L’enfant blanc meurt à sa naissance
Car ses premières humeurs
Ne peuvent plus le nourrir
Tel l’Homme qui dans la matrice reçoit
Du sang impur, puis du mauvais lait.
Même si j’en sais autant ; cependant,
Aujourd’hui je n’ose pas sortir à l’épreuve avec vous
Parce que même les erreurs d’autrui me font hésiter.
Mais, si l’envie n’a pas sa place dans votre pitié,
Vous enlèverez à l’ingéniosité le corps douteux.
Si je montre distinctement votre magistère
Dans ces feuilles, faites qu’on lise
La seule réponse : oeuvres comme feras.
Combien se trompent les hommes ignares
De la science hermétique
Qui au son de la parole
Appliquent par un consentement aveugle
Les noms vulgaires
De vif argent et d’or,
Se préparent au travail
Et avec l’or commun, à feu lent
Croient pouvoir fixer le vif argent.
Mais si les sens occultes leur ouvrent l’esprit
Ils pourront voir la manifestation
De ce qui manque à l’un et à l’autre,
Que le feu universel qui est un esprit agissant
Abandonne rapidement
Chaque métal
Dans la flamme violente d’une grande fournaise
Et ce métal
Sans cette énergie vitale
Hors de sa mine est un corps immobile.
Hermès montre un autre mercure et un autre or,
Un mercure humide et chaud
Qui résiste mieux au feu et un or qui est tout feu et toute vie.
C’est une différence infinie
Qui ne s’est encore démarquée
De ceux du vulgaire
Dont les corps sont morts, privés d’esprit
Alors que les premiers sont des esprits corporels
Toujours vivants.
O notre grand mercure, en toi s’assemblent
L’argent et l’or extraits
De la puissance active,
Mercure tout Soleil,
Soleil toute Lune,
Substance triple en une :
Une qui se répand en trois.
O grande merveille
Mercure, Soufre et Sel vous m’apprenez
Qu’en trois substances vous êtes une seule.
Mais où est ce mercure doré
Lequel dissout dans le Soufre et le sel,
Humide radical,
Devient la semence animée des métaux :
Ah, c’est lui qui est emprisonné
Dans une cellule si dure
Que même la nature
Ne peut le faire sortir de la prison alpestre
Si le grand art n’ouvre les voies.
Que fait donc l’art ?
Ministre avisé
De la nature laborieuse,
D’une flamme vaporeuse
Il Purifie le sentier, et à la prison l’emporte
Sans aucune autre escorte
Ni avec de meilleur moyen
Qu’une chaleur continue
Il soutient la nature ; elle peut alors
Dénouer les liens de notre mercure.
Oui, âmes ignorantes
Vous ne devez chercher
Que ce seul mercure
Car en lui seul vous pourrez
Trouver cela, ce qui défie les esprits savants.
En lui sont déjà réduits
En proche puissance
La Lune et le Soleil ; et celui-ci,
Sans l’or et l’argent vulgaire unis ensemble
Est de l’or la véritable semence.
Pourtant toute semence est inutile
Si elle n’est pas corrompue, est intègre,
Ne tombe pas en putréfaction et ne devient noire.
La corruption précède la génération.
Ainsi la nature éprouve
Dans ses oeuvres vivantes
Et nous la suivons
Si nous ne voulons pas produire des avortons
Nous devons noircir avant de blanchir.
O vous qui pour fabriquer l’or pour l’art
Ne vous fatiguez jamais
De la flamme incessante du charbon
Et de votre compost de tant de façons que
Vous fixiez ou dissolviez
Ou congeliez tout :
Puis dans un lieu éloigné
Vous enfumez les papillons de nuit comme de jour
En continuant de veiller autour de vos stupides feux.
Cessez ces fatigues insensées
Et que votre espoir aveugle
Ne puisse plus penser que les vapeurs dorées
Sont l’oeuvre de vos sueurs inutiles.
Lesquelles, dans une pièce désolée
Gravent sur votre visage les heures que vous avez perdues.
Vers quelle flamme vous destinez-vous ?
La violence du charbon n’est pas la voie des sages,
Pour la pierre hermétique ils utilisaient le bois.
D’un tel feu,
D’où toute aide est sous-jacente,
La Nature et l’Art travaillent
Car l’art doit seulement
Imiter la nature :
C’est un feu vaporeux
Qui ne lève pas,
Qui nourrit mais qui ne dévore pas,
Qui est naturel, et l’art le trouve aride,
Et apporte la pluie,
Humide,
Et porte la sécheresse, l’eau qui stagne,
L’eau qui lave les corps
Et qui ne mouille pas les mains.
Avec un tel feu l’art travaille suivant
L’infaillible nature
Et lorsqu’elle est faible, il la supplée :
Ce que la nature repousse, l’art le finit,
Et seul l’art purifie ce qui est à purifier
Alors que la nature en est incapable.
L’art est toujours sagace.
La nature est simple, et si l’un
Ne peut aplanir la voie, l’autre le fait.
Donc, pourquoi tant de substances,
Tant de cornues et d’alambics
Car si la matière est unique, unique est le feu !
La matière est unique et en tout lieu
Les pauvres et les riches la possèdent,
Inconnue de tous, et pourtant sous leurs yeux
Abjecte pour le commun des mortels
Qui la vend à vil prix comme de la boue
Mais précieuse pour le Philosophe qui la connaît.
C’est cette matière toute avilie que
Les intelligents et les avisés doivent chercher
Parce qu’elle rassemble tout ce qu’ils désirent.
En elle sont réunis le Soleil et la Lune,
Non vulgaires et non morts.
En elle est le feu d’où ils tiennent la vie ;
C’est elle qui donne l’eau ignée
Qui renferme la terre feuillue, qui donne tout.
Qu’il faut enfin au travail de l’oeuvre.
Mais vous qui sans observer qu’un seul compost
Suffit au Philosophe
N’en prenez plus en mains, chimistes ignares.
Il cuit dans un seul récipient exposé aux rayons du soleil,
Une vapeur qui s’épaissit.
Vous avez exposé mille pâtes aux feux :
Ainsi, alors que Dieu a composé
Le tout à partir du néant, vous le faites finalement
Revenir au néant primitif.
Ni les gommes ou les excréments durs,
Ni le sang ou le sperme humain.
Ni les oeufs verts ou les quintessences d’herbes,
Ni l’eau forte ou les sels corrosifs,
Ni le vitriol romain,
Ni les talcs secs ou l’antimoine impur,
Ni le soufre, ni le mercure,
Ni les métaux vulgaires ne sont employés
Par l’artiste expert dans le grand oeuvre.
La haute science n’emploie pas tant de mélanges
Et notre magistère est contenu dans une seule racine.
Cette substance, je vous l’ai montrée clairement,
Peut être plus qu’il n’est permis.
Elle contient deux substances qui possèdent une essence unique
Et qui sont en puissance argent et or ;
Et ils se montrent si nous réglons leur poids.
Si pendant l’opération elle fait de l’argent et de l’or
Ainsi égalisés en poids
Le volatil se fixe en Soufre doré :
O Soufre lumineux, or animé,
En toi j’adore la vertu laborieuse et concentrée
Du soleil brillant !
Soufre, tout le trésor,
Fondement de l’art par lequel la nature
Cuit l’or et le porte à maturation d’élixir.

Commentaires

Notre cours d’alchimie végétale sera terminé dans quelques notices. L’enseignement qui

suivra sur le minéral et le métallique sera exclusivement pratique. C’est pourquoi, depuis

quelque temps déjà, de nombreux parallèles théoriques sont faits entre le minéral et le

végétal. À partir des règles du règne végétal, nous pensons donner toute la théorie du

minéral et du métallique.

Le « Catéchisme de Paracelse » et l’Ode qui l’accompagne constituent une petite

exception à ce programme, car nous pensons que dans le triangle Paracelse-Hollandus-

Basile Valentin se trouvent les enseignements les plus aisément transformables en travail

pratique. C’est pourquoi il était utile de donner une traduction dudit catéchisme.

L’Ode qui commente le catéchisme est due à un célèbre occultiste ; nous vous l’avons

proposée car, même si nous ne sommes pas en accord avec ce genre de littérature, on y

trouve en clair quelques vérités ; il y a aussi un voile trompeur, mais nous espérons que les

indications que nous vous donnerons à bref délai vous permettront de trier le bon grain de

l’ivraie.

Dans le catéchisme, nous trouvons une conception de la création du monde assez proche

de la nôtre à l’exception d’une non-correspondance du sens des mots ; par exemple, les

régions du monde dont il est question au début sont en fait les éléments, et le mâle et la

femelle sont le nitre et le sel. Toutes les parties concernant les semences des métaux sont

très intéressantes, mais elles doivent être très soigneusement pesées. Ce texte confirme

aussi certains enseignements des notices. Outre le fait que les métaux, c’est-à-dire les

minerais, sont vivants, que la fusion est la mort du métal, le texte dit aussi clairement que

le mercure (métal) n’a rien à voir avec le mercure des Philosophes, même s’il contient ce

dernier comme tous les autres métaux. La différence entre le mercure et l’humide radical

est assez bien expliquée.

Une partie à examiner soigneusement est celle où il est dit que le travail de l’oeuvre est

identique à celui de la création. Ceci, comme nous le verrons comporte des exceptions.

Enfin, ne prenez rien à la lettre !

NOTICE 40

Revenons sur le processus de formation de la Pierre Végétale et des élixirs végétaux. Les phénomènes sont toujours identiques à eux-mêmes, que le processus soit orienté vers la Pierre ou vers l’élixir. Ils peuvent être résumés par les 5 axiomes suivants :

– 1) Toute teinture ( + ) mise en contact avec un Sel volatilise toujours un peu de ce Sel.

– 2) Tout Sel mis en contact avec une teinture fixe un peu de Soufre et de Mercure.

– 3) La partie du Sel volatilisée passe à la distillation.

– 4) La teinture ( + ) fixée par le Sel résiste à la calcination.

– 5) Les impuretés ralentissent, gênent et limitent l’ampleur du processus de fixation ou de volatilisation.

Supposons que nous entreprenions la fabrication d’une Pierre avec, par exemple :

– la teinture Soufre+Mercure obtenue au Soxhlet,

– de l’alcool absolu.

Le Sel a été soigneusement calciné et lessivé plusieurs fois.

Nous commençons par l’imbibition du Sel et sa mise en couveuse à 40/42º pendant une semaine. Il va fixer un peu de Soufre et de Mercure et attirer les impuretés de la teinture non fixées.

Si l’imbibition est correcte, le Sel devient sec. La calcination élimine alors les impuretés de la teinture qui empêchent le Sel de fixer beaucoup de Soufre et de Mercure.

Si l’imbibition est trop abondante, à chaque début de calcination, une partie de la teinture sera évaporée, et avec elle un peu de notre Sel volatilisé. Dans ce cas, à chaque imbibition, le Sel perdra un peu de son poids (c’est le cas pour la Pierre obtenue selon la méthode de la Notice 18). Le travail risque de ne pas être achevé si le poids du Sel au début des opérations est trop faible.

Nous pouvons en conclure que ce processus est considérablement accéléré si on réduit au minimum les impuretés. Pour ce faire, on peut par exemple suivre les opérations suivantes :

1) Extraire l’huile essentielle d’une plante. La purifier par dissolution dans l’alcool absolu, puis filtrer et distiller.

2) Faire fermenter la plante et rectifier l’alcool jusqu’à l’absolu.

3) Faire une teinture en mélangeant une part de cet alcool et une de l’huile obtenue.

Compte tenu de la faible quantité d’huile extraite, l’opération ne peut être conduite à sa fin qu’à deux conditions :

– Choisir une plante donnant beaucoup d’huile.

– Disposer d’une quantité de plante telle que plusieurs extractions et fermentations soient possibles. Plusieurs extractions d’huile seront nécessaires afin d’en disposer en quantité suffisante.

Le Sel doit être réduit en une poudre impalpable. Même ce qui passe à travers un tamis est encore trop gros. Il faut, pendant l’opération, que le mortier et son pilon soient enfermés dans un sac de plastique alimentaire. Quand tout le Sel est pulvérisé, on découpe le sac et on récupère la poudre avec un petit pinceau très propre.

Si on entreprend plusieurs Pierres en même temps, chacune aura son pinceau et son creuset particuliers. Nous conseillons vivement de s’orienter au départ vers la Pierre plutôt que vers l’élixir, où tout le Sel « passe ».

Deux cas sont alors possibles :

– Le Sel est sec après une semaine de macération à 40/42 ºC. On la calcine donc.

– Le Sel n’est pas sec et un liquide surnage. Celui-ci a dissous un peu de Sel volatil, il est récupéré par distillation avant la calcination. Le distillat servira d’abord pour l’imbibition suivante et sera éventuellement complété par de la teinture neuve. Il faut bien sûr faire ceci pour ne pas perdre de Sel.

Pour la fabrication de la Pierre, le choix des creusets est délicat. Ceux qui conviennent sont en porcelaine dure et sont assez faciles à se procurer. Leur forme doit être sphérique, c’est-àdire sans angle brusque dans le fond. Chaque creuset sphérique est disposé dans un second creuset à fond plat. Avec une petite meule on enlève très soigneusement et complètement le verre qui sert de « vernis » à la porcelaine à l’intérieur du creuset. Cette opération est très importante, car la Pierre risque d’absorber le verre, ce qui compromettrait entièrement l’ouvrage.

Après les premières macérations et calcinations, le Sel se présente très souvent comme un amalgame friable ; il est très aisé de lui rendre sa pulvérulence première, ceci pour des calcinations à 800-900º. Ensuite, la température de fusion baisse, on obtient un bloc homogène dur qui comporte de nombreuses taches dues aux impuretés ; il faut de nouveau rendre au Sel sa pulvérulence.

Il est souvent nécessaire de gratter le creuset avec un outil dur et tranchant, très propre en particulier sans oxyde. Après cette étape, le creuset de forme sphérique doit être placé dans un autre pour éviter qu’on le casse pendant la suite de l’opération. La Pierre à l’état liquide abîme considérablement le moufle du four (si c’est notre outil pour la calcination) ; et le second creuset évite aussi que notre produit ne se renverse sous les effets imprévisibles des hautes températures. Nous ajoutons toujours une dalle de protection en terre réfractaire.

Le choix des creusets est fondamental dans cette partie de notre travail. Le meulage du verre doit être fait avec une meule aussi douce que possible, de façon à obtenir un fin dépoli qui réduit l’adhésion de la Pierre et de la porcelaine. Toute rayure facilite la casse du creuset. La porcelaine n’étant plus protégée par le verre s’imbibe légèrement des éléments de la Pierre, c’est pourquoi le même creuset ne peut servir que pour la même Pierre ; aussi est-il bon de le marquer de quelques petits coups de meule sur le bord et très légèrement (aucune encre ne tient à la température de calcination).

Nous avons remarqué par expérience que, souvent, les impuretés se rassemblent dans une partie de la Pierre et que la séparation de cette partie accélère considérablement la suite des travaux. Celui sur la partie impure devra être fait séparément et sera plus long. À cette phase, la Pierre peut être blanche mais peut encore avoir des taches diffuses havane ou bleu ciel. Elle est souvent un peu molle au toucher. Avant de la pulvériser de nouveau, sans faire l’essai de fusion sans fumée, on peut essayer la Pierre dans sa fonction et avoir quelquefois une agréable surprise. Au moyen d’une pince ou de tout autre système, on pose la Pierre à la surface d’une macération végétale faite à l’eau de pluie. Notre Pierre peut ne pas être très active, il faut attendre 24 ou 48 heures pour examiner le résultat.

Pour cet essai, il vaut mieux choisir des plantes « spectaculaires », c’est-à-dire ayant beaucoup de principes alchimiques. On peut s’orienter vers la graine de carvi ou de cumin, la lavande, le basilic, le romarin ou la camomille romaine. Cette dernière plante est intéressante à cause de la couleur bleu intense qui apparaît autour de la Pierre si l’expérience est réussie.

Si au bout de 48 heures, l’élixir huileux n’est pas rassemblé autour de la Pierre, si la partie immergé est dissoute, il faut poursuivre les cycles, imbibitions et calcinations.

Trois indices nous montrent que nous approchons du but :

– La température de fusion baisse

– La couleur blanche domine de plus en plus

– La poudre pulvérulente donne une impression de gras.

Si nous insistons sur la Pierre végétale, c’est qu’elle donne la maîtrise de ce règne. Si votre Pierre est très active, c’est-à-dire si elle porte ses effets en une demi-heure, vous pouvez faire en une journée le travail sur les élixirs qui demanderait une année par la méthode que nous allons revoir.

Si votre Pierre est peu active, le travail peut tout de même être fait en deux semaines.

En effet, si la macération semble donner peu d’élixir, il faut savoir qu’il contient tous les principes alchimiques de la plante et que tout le Sel volatil est contenu dans l’huile récupérée. Ce qui équivaut à un élixir fait par distillations successives où tout est passé.

Ces élixirs ne doivent être utilisés que par l’Alchimiste lui-même et uniquement pour le processus d’initiation Alchimique. Pour ceux qui appartiennent au Corps Médical, ou pour ceux qui habitent à l’étranger où les lois sont différentes, nous conseillons le mode opératoire suivant.

Procéder ainsi qu’il est dit pour faire « passer le Sel », soit une macération à 40-42 ºC de la teinture pendant une semaine sur le Sel, le volume de teinture doit être au moins de 10 à 12 fois celui du Sel. Faire la distillation, la calcination du Sel. Reverser le distillat sur le Sel, macération et la suite des opérations.

Précaution importante : peser soigneusement le Sel au départ et après chaque calcination. Dès que la perte de poids est de 20 à 30 %, arrêter les opérations et filtrer l’élixir qui est terminé.

Il est certain qu’au cours de ce processus, le Sel a fixé une partie de la teinture, (Soufre+ Mercure) et qu’il l’a purifiée. Par contre, la teinture est déjà fortement chargée en Sel, ce qui augmente son pouvoir actif sur le physique.

Pour ce genre d’élixir, on peut par exemple acheter l’huile de la plante obtenue par pression, la raffiner par dissolution dans l’alcool, filtrer et distiller. Mélanger l’huile et l’alcool absolu par moitié. Se procurer le Sel de la plante par calcination et opérer comme il a été dit précédemment. Il faut alors faire attention qu’au cours de la distillation de la teinture, l’huile et le Sel ne donnent un savon, (cas de la vigne, par exemple). Sinon, cette méthode permet de résoudre le problème de la quantité d’huile.

Du point de vue de la guérison, l’élixir est au summum du végétal et il ne peut plus être dépassé que par les teintures minérales ou métalliques.

Nota : – Pour la fabrication de la Pierre, nous utilisons un four à émaux. Ces fours en petits modèles permettent de calciner une ou deux Pierres à la fois et sont d’un prix relativement modeste.

– Les meules dont il est question dans cette notice se trouvent aisément dans les grandes surfaces ou chez les revendeurs de pièces électroniques. Elles fonctionnent sur piles ou sur le secteur avec un adaptateur. Cette dernière solution est la moins coûteuse.

Nous avons déjà conseillé d’avoir un cahier de laboratoire où toutes les opérations, dates et heures seront notées. De même, tous les flacons doivent être marqués.

Si vous avez plusieurs expériences en cours simultanément, nous pensons que le meilleur système est d’avoir un chiffre et une ou plusieurs pages par expérience.

Ainsi nous noterons le flacon nº 1 sur le cahier :

1 de mélisse, par exemple le 24/5/79

1A Cendre de mélisse, le 24/5/79

1B Teinture + cendre, puis le 26/5/79

Ceci empêche les curieux de savoir ce que contiennent nos flacons et il est plus simple de n’inscrire qu’un chiffre sur les petits flacons.

NOTICE 41

Pour la compréhension de ce qui suit, il est utile de préciser le sens du mot vitriol. Dans les livres anciens, ce mot n’a pas le même sens que celui qui lui est attribué aujourd’hui c’est-à-dire : l’acide sulfurique. Ce corps était nommé huile de vitriol. Il est délicat d’expliquer ce qui souvent se cache derrière ce terme.

Le vitriol est en principe un sel minéral cristallisé d’origine minérale ou métallique. Les sels des métaux désignés par les termes modernes : sulfates, sulfures et acétates étaient appelés par les Alchimistes « vitriols ».

On peut penser que le Vitriol de Basile Valentin est un vitriol qui n’existe pas dans la nature. Seul, l’Art chimique peut le procurer et il est appelé acétate d’antimoine.

MENSTRUUM ALKAEST MERCURE

Avant de commencer notre étude sur le parallèle entre les processus végétaux et métalliques, il est bon de commencer par une étude des différents liquides d’extraction, à savoir menstruum, alkaest et mercure philosophique.

On peut ranger dans la catégorie menstruum le mercure végétal, c’est-à-dire l’alcool absolu et même l’alcool philosophique qui, lui, se situe à la limite menstruum-alkaest. Nous verrons dans notre tableau récapitulatif les limites pour chacun des menstra suivants :

– alcool absolu

– alcool philosophique – éther sulfurique

– acétone

– acétone des Sages

– vinaigre distillé

Une première différence importance à noter est que ces liquides, comme les alkaests, ont un pouvoir d’extraction mais qui laisse le corps du solide traité mort et dépouillé de ses principes alchimiques sauf du Sel. Par contre, les mercures philosophiques dissolvent tous les corps du produit traité : la totalité des trois principes Soufre, Sel, Mercure.

Une autre différence réside dans le fait que les menstra de notre liste ne peuvent pas revivifier les corps métalliques ou minéraux.

Les alkaests et les mercures philosophiques peuvent revivifier les métaux et les minéraux.

Menstra, alkaests et mercures peuvent encore se diviser en trois catégories :

– Les mercures végétaux ou métalliques donnent des teintures volatiles

– Les acétones donnent des teintures ni fixes ni volatiles.

– Les vinaigres donnent des teintures fixes.

Ce que nous avons dit sur les menstra et sur les alkaests doit être complété. Aussi est-il évident que le mercure végétal (l’alcool) se comporte dans son règne, non pas comme le mercure philosophique, mais comme un alkaest. Les liquides d’extraction, dits menstra, ont des propriétés qui peuvent paraître identiques à celles des alkaests. Pourtant, ils se différencient de deux façons importantes :

l) En général, les menstra sont sans effet sur les métaux purs et morts ; leur action ne peut se faire que sur des oxydes ou des sels correctement préparés, tandis que les alkaests peuvent tirer le soufre des métaux ayant subi la fusion et, dans ce cas, obtenir une teinture philosophique qu’ils revivifient par leur propre vie.

2) La rapidité d’action : en général un menstruum demande au moins un mois, quand ce n’est pas plusieurs mois, quelquefois 6 ou 7, pour extraire une teinture. Par contre, un alkaest agit très vite, quelquefois presque instantanément, au plus en quelques heures. Ainsi, récemment, nous avons un soir placé une feuille d’or dans du vinaigre d’antimoine bien rectifié, le lendemain matin, la teinture d’or était extraite.

Les mercures, comme il a été dit, ont le pouvoir de dissolution des 3 principes mais, de plus, comme les alkaests ils revivifient le corps dissous.

Les alkaests et les mercures peuvent agir sur le métal tué mais purifié par la fusion. Pour reprendre ceci dans le langage ancien, les menstra peuvent agir sur les sels et les oxydes, c’est-à-dire dans l’ancienne phraséologie : les oxydes sont des safrans, crocus, chaux, verre, les sels sont des vitriols.

Il nous faut encore parler d’une catégorie de produits des Anciens : les foies. Les deux principaux sont le foie du Soufre et le foie de l’Antimoine. Ces corps sont des combinaisons soufre-alkali fixe, c’est-à-dire soude caustique ou potasse caustique en ce qui concerne le soufre, et suivent le même principe pour l’Antimoine. Dans le cours métallique, nous verrons l’intérêt que présentent ces produits car ils permettent une purification dans le domaine alchimique sans provoquer la mort alchimique.

Menstruum – Alkaest – Mercure (Tableau récapitulatif général – ci-après)

Origine de ce tableau : Il a été établi en fonction des deux règles suivantes :

– S’y trouve inscrit ce qui a été confirmé par nos propres expériences.

– Y figurent des informations provenant de divers auteurs mais, si dans l’un de leurs textes nous avons trouvé une seule contradiction avec nos expériences, tous les textes de la même origine ont alors été éliminés.

Le tableau comprend 4 parties :

– En haut : menstruum et mercure végétal

– ensuite : alkaests

– puis les mercures philosophiques

– enfin deux lignes pour les extraits de l’or et de l’argent.

Codes utilisés dans le tableau :

– MCV : mercure végétal

– ME : menstruum

– ALK : alkaest

– MCP : mercure philosophique

– La première colonne à gauche donne le nom de la liqueur d’extraction.

– Les trois colonnes suivantes indiquent le règne d’origine de la liqueur.

– Les huit autres colonnes sont celles des sept métaux traditionnels, plus la colonne de l’antimoine.

– Une croix (+) indique que le soufre est extrait.

– Deux croix (++) indiquent que le mercure et le soufre sont extraits.

– « D » indique que les trois principes sont dissous.

– « O » indique que l’extraction n’est possible que sur un vitriol, un oxyde de métal

(chaux ou verre). Dans ce cas, en général seul le soufre est extrait.

– Les carrés barrés correspondent à des extractions ou dissolutions impossibles.

– Les cases vierges dans 1es colonnes des métaux correspondent à des cas non expérimentés et pour lesquels aucune documentation probable n’a été trouvée.

Le tableau est incomplet puisqu’il n’a pas l’action du mercure végétal ou des menstra sur les corps donnant 1es Alkaests, ceci faisant l’objet d’une autre étude.

Remarques

Les premières remarques qui s’imposent sont 1es suivantes :

– La possession de l’alkaest tartrique ainsi que de l’alkaest du Soufre résout tous les problèmes d’extraction métallique. D’un autre côté, la possession du vinaigre d’antimoine résout à elle seule l’ensemble de ces mêmes problèmes. C’est d’ailleurs pourquoi il est souvent question dans les livres des Anciens des extractions faites au vinaigre distillé sans qu’il soit souvent précisé s’il s’agit du vinaigre de vin ou du vinaigre d’antimoine. Nous trouvons une situation similaire dans les mercures philosophiques.

– Le Mercure philosophique de l’étain est universel.

– L’ensemble de Mercure du plomb plus Mercure d’antimoine donne le même résultat.

– De même, le Mercure philosophique du mercure peut être complémentaire de celui du fer, ou de celui du plomb ou de l’antimoine.

– Le vinaigre de vin distillé n’extrait les mercures métalliques que s’il opère sur des Sels philosophiques et ceci d’une manière indirecte.

– Les alkaests revivifient le métal sur lequel ils opèrent. Si le corps est philosophique, l’alkaest est récupérable : il agit un peu à la mode d’un catalyseur qui libère Soufre et Mercure.

Ce tableau nous sera très utile dès que nous saurons extraire des alkaests car il permet alors de savoir quels sont les processus possibles et les produits à posséder, philosophiques ou non, pour obtenir les trois principes d’un corps.

L’autre intérêt de ce tableau est de permettre, après extraction d’un alkaest, de contrôler la valeur et l’exactitude du produit obtenu : il suffit pour cela d’avoir des petits morceaux de chacun des sept métaux planétaires et de faire des essais d’extraction dans un tube à essai. Quelques milligrammes de métal suffisent pour colorer l’alkaest.

Cuivre, fer, plomb et mercure ne posent aucun problème. Quant à l’étain, l’or ou l’argent, on peut aisément se procurer des feuilles chez un spécialiste de la reliure.

On se rappellera, enfin que :

– L’acétone des Sages est 1’acétone obtenu par le vinaigre radical.

– L’acétone des Anciens est d’origine uniquement minérale.

Tableau : Récapitulation des liquides d’extraction

NOTICE 42

La connaissance cachée derrière les anciennes disciplines ésotériques ou leurs symboles est souvent très intéressante.

Ainsi la numérologie s’applique à la Qabal et les Séphiroth correspondent aux nombres de 1 à 10, 1 étant Kether et 10 Malkuth. Mais les nombres ayant un caractère abstrait, ils parlent moins à l’esprit que les symboles, aussi vaut-il mieux géométriser et remplacer les nombres par des figures géométriques correspondantes. Ceci nous est montré dans la planche jointe.

SYMBOLES GÉOMÉTRIQUES DES SÉPHIROTH

Les premières remarques qui s’imposent sont les suivantes :

« 1 » Le point de Kether ne peut être la matrice d’une matière tangible.

« 2 » Le trait de Hochmah ne peut lui non plus être une matrice de la matière, car ces deux premiers symboles n’ont pas de surface ni la possibilité d’engendrer un volume.

« 3 » Avec ce nombre, celui de Binah, apparaît le triangle, première surface, première matrice possible de la matière : le plomb (planète Saturne).

« 4 » Le nombre de Chesed nous donne le carré, symbole de stabilité : l’étain dont le Mercure est un dissolvant des sept métaux (planète Jupiter).

« 5 » Le nombre de Geburah nous donne la possibilité d’une première matrice double : le pentagone ou l’étoile à 5 branches. Geburah est la planète du fer (Mars), son étoile est le symbole de l’homme.

« 6 » Le nombre de Tiphereth donne aussi une figure double : l’hexagone ou les deux triangles inversés, symbole de l’or, double figure du plomb (Soleil) ; symbole aussi de la jonction du Grand et du Petit Monde.

« 7 » Le nombre de Netzach dont le polygone est l’heptagone mais aussi deux étoiles à sept branches qui permettent d’expliquer comment et pourquoi dans les Séphiroth les jours de la semaine ne se suivent pas dans le même ordre que celui de la semaine du calendrier. Son métal est le cuivre et sa planète est Vénus. Cette matrice peut se joindre avec les autres dans le cas d’une cassure interne : 7 = 4 + 3, étain et plomb.

« 8 » Le nombre de Hod ; son polygone est l’octogone. Cette Séphirah a deux étoiles, dont l’une est en fait un double carré. Son métal est le mercure dont la matrice a un symbole qui est le double de celui de l’étain et dont le Mercure principe est le dissolvant des sept métaux. La planète est Mercure, symbole de Thot-Hermès, Mage et Alchimiste.

« 9 » Le symbole de Yesod, la Lune, dont le polygone de base est l’ennéagone ; mais ici nous avons en plus la possibilité de trois étoiles dont l’une est en fait un triple triangle. Son métal, l’argent, a donc trois fois le triangle de Saturne alors qu’en Tiphereth l’or ne l’a que deux fois.

« 10 » Le symbole de Malkuth, le Royaume, le royaume de la Terre. Son métal est l’antimoine dénommé Régule, le petit Roi du Royaume. Son polygone est le décagone qui présente trois étoiles dont l’une est en fait le double de l’étoile à cinq branches. La matrice de l’antimoine est un double de celle du fer.

Ces explications nous conduisent à limiter ce qui a été dit sur les pierres adultères. En effet, le plomb, l’or, l’argent ont un élément de matrice commun : le triangle. La remontée vers le plomb céleste se fait donc par l’élimination des triangles : argent – trois triangles vers or – deux triangles vers plomb céleste – un triangle. Inversement les énergies de descente suivent la voie plomb, or, argent.

Le mercure et l’étain ont un élément de matrice commun : le carré, et cette matrice est liée à la possibilité de dissolution du mercure philosophique de l’étain (tableau de la Notice 41).

L’antimoine et le fer ont un élément de matrice commun : l’étoile à cinq branches. Ceci éclaire les textes de Basile Valentin sur la Pierre de Feu quand l’auteur explique – plus ou moins – les préparations préliminaires où il n’utilise que l’antimoine, le Régule, le petit Roi du Royaume de la Terre. Mais pour la Pierre de Feu, il ajoute le Soufre, principe du fer : Mars, planète du fer, symbole de la force donne la force nécessaire au petit Roi pour qu’il accède au Royaume Supérieur, Mars étant lui-même du Royaume de Briah. Les préparations préliminaires de Basile sont destinées à préparer le Roi pour qu’il puisse supporter son couronnement. La Pierre de Feu, elle, effectue le couronnement.

Nous pensons utile d’insister sur le fait que nos propres expériences sur l’antimoine nous ont démontré que les textes du « Chariot triomphal de l’Antimoine » et ceux du « Dernier Testament » sont constellés de pièges qui coûtent temps et argent. Nous pensons donc qu’avant de se lancer sur le travail de l’antimoine, il est préférable de se perfectionner dans le règne végétal.

LES DROGUES : (explications et mise en garde)

Au cours de nos conférences, nous avons remarqué qu’un certain nombre de personnes intéressées par l’ésotérisme pensaient trouver une solution à certaines questions en ce domaine par l’usage de drogues dites psychédéliques. Certaines de ces personnes pensaient même que le processus alchimique que nous proposons avait quelques liens avec l’usage de ces produits. Notre réponse est catégoriquement non. Nous disons même que les principes utilisés en alchimie sont opposés à ceux mis en jeu par l’usage de la drogue et que le chemin alchimique est incompatible avec cette dernière quelle qu’elle soit.

Tôt ou tard, un Alchimiste doit savoir, et non uniquement croire, que l’homme a la possibilité de plusieurs niveaux de conscience. La prise de conscience de ces plans ne peut se faire que par le fonctionnement, momentané ou définitif, de ce que certaines écoles nomment les chakras et que nous appelons les centres séphirothiques.

Ceux qui ont étudié ces problèmes savent que dans la plupart des décès par maladie l’éveil de ces centres se fait très souvent quelques instants avant la mort, voire quelques heures ou quelques jours. Ceux, donc, qui ont connaissance de ces plans se rendent compte que ce que l’on dit être le délire du mourant est en réalité un changement de références mentales dû à la perception encore confuse d’une nouvelle réalité.

La conclusion de ceci est que l’approche de la mort éveille en général les centres séphirothiques.

Une deuxième remarque, dans ce domaine, est que toutes les drogues sont toxiques. C’est la spécificité de leur effet toxique, mais réversible, qui conduit à un certain éveil séphirothique.

Mais dans ce cas l’éveil se fait en général dans des conditions désastreuses et ce pour diverses raisons. En premier lieu, les centres n’étant pas nettoyés, la perception est inharmonieuse et faussée : c’est un peu comme la contemplation d’un paysage dans le reflet d’un miroir très déformant. En outre, ce manque d’harmonie fait que la perception n’atteint souvent que les régions les plus contaminées de ces plans, d’où le caractère en général hallucinatoire des visions ainsi déclenchées.

Dans l’usage des drogues, il est impossible d’obtenir un effet déterminé à l’avance car ces produits agissent sur presque tous les centres à la fois sans possibilité de dosage. Reste le plus grave de tout ceci : ces produits utilisent les énergies négatives de la mort provoquant ainsi de graves destructions dans le corps et en particulier dans les zones des centres séphirothiques. Elles rendent tout cheminement ésotérique impossible par la suite.

La répétition de la prise de la drogue fait perdre aux centres leur sensibilité à ce mécanisme d’éveil : les centres exigent pour réaliser cet éveil une approche progressive vers le point définitif où la drogue perd son caractère de réversibilité et c’est ce qui se termine, ou plutôt qui commence, sur les autres plans par la mort par overdose. Si nous comparons cette « voie par les drogues » au processus alchimique, nous nous apercevons qu’elle lui est exactement opposée. Le nettoyage, un par un, des centres séphirothiques par les élixirs ne détruit pas le corps mais, au contraire, conduit peu à peu à un état de santé beaucoup plus harmonieux.

Les teintures métalliques alchimiques n’ont aucun caractère toxique et elles éveillent les centres par un apport d’énergie vitale venant des autres plans de conscience. De plus, grâce à leur effet sélectif puisque chaque teinture ne correspond qu’à un centre, une méthode progressive d’éveil peut être adoptée et elle consiste à éveiller peu à peu chaque centre de façon à ne créer aucun déséquilibre dans le psychisme ou dans l’intellect.

L’usage des teintures métalliques améliore la santé physique et psychique d’une manière bien plus importante que les teintures végétales.

Nous venons de dire qu’un avantage existait du fait de la sélectivité de chaque teinture. Ceci n’est pas exact pour l’antimoine qui touche tous les centres ; mais les extraits d’antimoine corrects établissent une liaison entre la terre, planète de l’antimoine, et les sept autres planètes traditionnelles. Ce qui revient à dire en clair que les extraits d’antimoine établissent un courant d’énergie entre le corps et les sept centres ou chakras.

En conclusion, nous disons que les deux processus sont aussi opposés que l’opposition vie-mort, ceci d’ailleurs sur le plan physique comme sur les autres plans. Nous pensons que ces explications constituent une information suffisante pour que chacun sache ce qu’il a à faire.

Planche : Symboles géométriques et numériques des Séphiroth.

NOTICE 43

Établissons le parallèle et les différences entre les procédés végétaux et les procédés métalliques.

Dans le métallique comme dans le végétal, on ne dispose pratiquement que de deux méthodes pour séparer les trois principes :

– soit un liquide d’extraction obtenu par fermentation ou dérivé d’un liquide fermenté

– soit une distillation sèche comparable à celle expliquée dans la Notice 26, p.3.

Première étape : nous avons schématisé le principe de cette fermentation et la mise en parallèle des deux procédés dans la planche nº1. Si nous partons d’une plante, nous obtenons un mercure végétal, si nous partons d’un vitriol, nous obtenons un alkaest. Dans les deux cas, une purification au départ est nécessaire : élimination des parties mortes dans la plante, ou du soufre et de l’arsenic qui se trouvent en général dans le vitriol. Il faut aussi pour la plante que le milieu soit acide et qu’il soit philosophique pour le vitriol.

Deuxième étape : la fermentation, dans un cas comme dans l’autre, doit se faire sans apport d’air extérieur, d’air « cru », comme disent les anciens textes. La température pour le vitriol est plus élevée que pour la plante, entre 40º et 50º C en général.

Troisième étape : la distillation, dans un cas comme dans l’autre, doit être suivie de nombreuses rectifications.

Nous avons en dehors de ce premier procédé, deux autres possibilités d’extraction d’un alkaest ou d’un mercure.

Deuxième procédé : la macération d’un vitriol par l’alcool philosophique.

Troisième procédé : la distillation sèche d’un vitriol correctement préparé. Il faut remarquer dans cette partie que s’il y a plusieurs liquides d’extraction dans le végétal, il n’y a dans ce règne qu’un seul mercure, l’alcool, et qu’il doit être impérativement utilisé pour la Pierre ou pour l’élixir, quel que soit le liquide d’extraction, alors que ce n’est pas le cas dans le métallique.

Quel que soit le procédé utilisé, le résultat sera le suivant :

– La plante donnera un mercure végétal

– Un vitriol minéral donnera un alkaest

– Un vitriol métallique donnera un mercure philosophique.

Précisons que les deuxième et troisième procédés supposent toujours que l’on possède un mercure végétal ou métallique ou un alkaest obtenu par fermentation.

Passons à la planche nº 2 : nous avons donc maintenant ou un mercure végétal ou un alkaest ou un mercure philosophique. Examinons la différence des trois processus : végétal, alkaest, mercure métallique qui tous trois doivent nous conduire à la séparation Soufre- Mercure-Sel.

Premier cas : plante et mercure végétal

On effectue une extraction qui donne une teinture et un caput mortem. La teinture par distillation donne soufre et mercure. Le caput mortem, par calcination et lessivage, donne un sel blanc. Nous avons nos trois principes.

Deuxième cas : vitriol, alkaest ; il y a ici extraction.

Nous avons une teinture qui par distillation donne soufre et alkaest ou mercure. Précisons qu’on ne peut pas choisir n’importe quel alkaest pour n’importe quel vitriol. Le caput mortem ne donnera un sel que par une nouvelle extraction qui, souvent, ne peut se faire que par un menstrum acide ; acide acétique (vinaigre distillé ou phlegme acide provenant d’extraction minérale). Nous avons ainsi trois principes séparés.

Dans le cas où il y a compatibilité, c’est-à-dire lorsque l’alkaest a extrait les principes d’un vitriol métallique philosophique, on obtient à la distillation le mercure du métal en question.

Troisième cas : vitriol, mercure philosophique

Dans ce cas on n’opère pas par extraction mais par distillation. Les trois principes sont dissous par le mercure et on les sépare par distillation. C’est une opération souvent délicate mais qui donne les trois principes avec un mercure vivant, même si le métal dissous était mort. Précisons qu’on ne peut pas prendre n’importe quel mercure pour n’importe quel métal.

Nous sommes maintenant à l’étape évolution-purification. Cette étape est nécessaire pour le mercure végétal et l’alkaest, mais n’est pas nécessaire pour le mercure philosophique. Nous parvenons ensuite au stade teinture-circulation. Généralement, la teinture est reconstituée pour l’imbibition du sel dans le végétal.

Pour l’alkaest et le mercure philosophique, la reconstitution de la teinture ne doit pas être faite avant l’imbibition. Précisons que, sous réserve de l’étanchéité et de la propreté des flacons, le Soufre et le Mercure minéral et métallique se conservent indéfiniment.

Le processus final est aussi différent. Nous avons vu que le rapport élixir-sel et le type d’opération orientent dans le végétal le résultat vers la Pierre ou l’élixir. Pour l’alkaest et le mercure, le processus est différent : il s’agit d’une imbibition sans air cru et température progressivement croissante.

L’élixir se fait en général par dissolution de la Pierre dans le mercure.

ATTRIBUTIONS PLANÉTAIRES DES PLANTES (Notice 8)

Les attributions planétaires dans cette notice peuvent paraître arbitraires. Nous devons dire que nous en avons contrôlé quelques-unes et que, dans les listes qui nous ont été communiquées, nous avons éliminé tout ce qui nous paraissait douteux. Malgré tout, un certain nombre d’erreurs est possible car les plantes évoluent et peuvent changer d’attributions. Ainsi la mélisse sauvage n’a pas la même attribution que la mélisse cultivée.

Les divers procédés pour connaître ces attributions sont les suivants :

– 1) Étudier les propriétés médicinales : procédé peu sûr.

– 2) Étudier les signatures : suite de caractères physiques, forme des feuilles, couleurs et forme des fleurs, allure générale, forme plante sèche, plante humide, plante grasse, etc. Ce procédé est déjà plus précis, mais il ne tient pas compte de l’évolution de la plante car les aspects physiques sont toujours en retard sur l’évolution intérieure.

– 3) Étudier par des procédés occultes : ce procédé est davantage du domaine de la Qabal que de celui de l’Alchimie, aussi nous ne le développerons pas dans le présent cours.

– 4) Étudier par un procédé typiquement alchimique : les végétaux contiennent deux types de sels : des sels « fixes » selon les Anciens et inorganiques selon les modernes, ou des sels essentiels et quelquefois volatils selon les Anciens et organiques selon les modernes. Les sels fixes ne contiennent pas de carbone, les sels essentiels appartiennent à la chimie du carbone.

Nous verrons ultérieurement les procédés d’extraction des sels essentiels et comment les faire cristalliser. Ces cristaux sont souvent très petits et ne peuvent être examinés qu’à la loupe ou au microscope. Il y a sept types de cristaux possibles, chacun de ces types étant attribué à l’une des sept planètes traditionnelles.

Planches

Planche nº 1 : Fermentation

Planche nº 2 : Processus élixir-pierre

NOTICE 44

Quel matériel faut-il pour aborder le travail sur le minéral et sur le métallique ? Essayons d’y répondre maintenant. Ensuite, nous reverrons certaines notions sur les processus mentaux, puis nous parlerons de transmutations.

MATÉRIEL POUR LE TRAVAIL SUR LE MINÉRAL ET SUR LE MÉTALLIQUE

L’examen du tableau de la Notice 41 combiné avec l’examen du symbolisme qabalistique (Notice 42) nous permettent d’exposer notre plan de travail dans les domaines minéral et métallique.

Les produits nécessaires à ces travaux ne sont pas aisés à se procurer, aussi en donnonsnous la liste et les raisons dès maintenant pour que chacun ait le temps d’en entreprendre la recherche.

La première opération proposée sera celle de l’alkaest du soufre car :

– Les propriétés de guérison des produits extraits sont importantes.

– Il complète l’alkaest tartrique au point de vue extraction.

La deuxième opération proposée sera celle de l’alkaest tartrique. Ainsi avec ces deux alkaests, aurons-nous la possibilité d’extraire toutes les teintures métalliques.

La troisième opération proposée sera celle du vinaigre d’antimoine pour des raisons qui seront détaillées dans notre étude de ce minerai.

En principe nous ne parlerons pas des autres alkaests, en particulier celui du nitre, qui présentent de graves dangers d’explosion.

Puis nous proposerons une suite d’opérations sur l’antimoine qui correspondront sensiblement au travail de Basile Valentin dans le « Char triomphal de l’antimoine », mais en éludant tous les pièges.

Ensuite les opérations proposées concerneront le plomb et l’extraction du Mercure Philosophique et du Sel correspondant à la matrice 3 du schéma qabalistique.

Pour mener à bien chacune de ces expériences, il faudra disposer des produits suivants.

Alkaest du soufre

Se procurer du soufre natif, c’est-à-dire n’ayant pas connu la fusion ou encore venant d’une mine ou d’une région volcanique dont l’activité a cessé depuis très longtemps, comme en Auvergne par exemple. Ce soufre peut être soit mélangé dans du calcaire, soit en cristaux ce qui est préférable. Comme ce soufre est rare, et qu’il est bon de se faire la main et de répéter quelquefois l’expérience avant de risquer de gâcher ce soufre natif, on peut pour ces préliminaires utiliser de la fleur de soufre ordinaire, donc se procurer : – du soufre natif (de 500 g à 1 kg) – de la fleur de soufre (1 kg).

Alkaest du Tartre

Se procurer 2 à 3 kg de tartre rouge qui se trouve aisément dans les régions viticoles mais ne provenant pas de cuves métalliques.

Vinaigre d’antimoine et travail de l’antimoine

Se procurer de la stibine naturelle qui est le minerai d’antimoine (jusqu’à 5 kg). On simplifie les opérations sur l’antimoine en se procurant de petites quantités de : – Régule d’antimoine (250 g) – Oxyde d’antimoine (250 g) – Trisulfure d’antimoine (250 g). Ces trois derniers produits se trouvent aisément chez les marchands de produits chimiques. Le trisulfure d’antimoine est en fait de la stibine purifiée qui, suivant sa préparation, est ou n’est plus philosophique.

Travail sur la Pierre de Feu

Matrice 5 de Mars sur le schéma qabalistique : se procurer soit de la marcassite de fer (1 à 2 kg) soit des pyrites de fer (1 à 2 kg).

Travail du Plomb

Se procurer :

  • Du minerai : le plus courant est le sulfure de plomb connu sous le nom de galène ; il se trouve à l’état naturel chez certains fournisseurs de produits chimiques. Le carbonate naturel de plomb connu sous le nom de cérusite est préférable car il simplifie considérablement les opérations par rapport à la galène (1 à 5 kg).
  • Des liquides d’extraction sont nécessaires :

– Alcool philosophique

– Vinaigre distillé

– Acide acétique courant (droguiste)

– Acide acétique glacial (fournisseur de produits chimiques), acide assez coûteux mais si on est prudent, il sert de nombreuses fois.

– Acétone

– Tétrachlorure de carbone, qualité industrielle mais à distiller, les précautions seront données en temps utile.

– Eau de pluie distillée.

Matériel

Les opérations sèches cassent beaucoup de matériel et les extractions métalliques marquent souvent les ballons de manière indélébile, aussi nous opterons, pour ce travail, pour des ballons en verre pyrex non rodés qui sont beaucoup moins coûteux, de préférence des demilitres à col long.

L’étanchéité se fera par des bouchons en rhodorsil que l’on perce soi-même à la perceuse électrique.

Pour les extractions sur les poudres, utiliser des petits flacons à fond plat de ½ litre (flacons Erlenmeyer).

Travail sur le vinaigre d’antimoine : se procurer un papier indicateur de pH ; celui de la marque Lyphan gradué de 0 à 14 est préférable à tout autre.

Travail éventuel sur le verre d’antimoine : le moyen de chauffage le plus pratique et le plus économique est une lance à souder à gaz genre « turbo-gaz ». Dans ce cas, les creusets doivent être en terre dite de Chamotte et sont couramment disponibles chez les spécialistes. Cette dernière partie du matériel n’est pas urgente car nous étudions pour l’antimoine une voie « hydraulique » théoriquement possible et qui élimine la nécessité de hautes températures.

LES PROCESSUS MENTAUX

Dans le domaine courant, la réalisation d’un but ne demande souvent l’usage que de deux processus : le savoir-faire et le comment-faire. En Alchimie, une qualité supplémentaire est nécessaire et la triade suivante se forme :

– savoir-faire

– comment-faire

– pouvoir-faire.

La première partie, le savoir-faire, est l’étude théorique du problème et, en ce qui concerne notre domaine, l’Alchimie, une quantité d’informations suffisantes ont été transmises pour que chacun comprenne ce qu’il fait et puisse ainsi effectuer un bon départ dans la bonne direction.

La deuxième partie, le comment-faire, concerne la partie pratique, la réalisation matérielle.

Avec ce qui est expliqué dans les notices, la plupart des problèmes de ce domaine sont aussi résolus. Toutefois, après le cours végétal, nous nous efforcerons de donner un cours de chimie élémentaire et des tables des propriétés des produits utilisés ultérieurement.

La troisième partie de la triade, le pouvoir-faire, est intransmissible car il ne dépend que du travail que chacun doit faire sur lui-même. Tout ce que nous pouvons faire en ce domaine et que nous avons fait, c’est de donner les méthodes, les processus qui conduisent à ce résultat, mais il ne s’agit pas là d’un processus intellectuel mais d’un travail sur soi, qui, peu à peu, avec patience, conduit à ce résultat. Les élixirs combinés avec les exercices de concentration et les processus de méditation donnés dans la Notice 3 conduisent assez vite au résultat recherché.

Après l’examen de cette triade, nous devons maintenant diviser nos opérations en deux catégories : celles où les deux premiers éléments de la triade suffisent (savoir-faire et comment-faire) et celles où les trois éléments sont nécessaires. On peut donc dire, et ceci est de la plus haute importance, que toute opération où il y a transmutation exige la triade complète. Il est bien sûr entendu qu’il y a progrès par le travail et l’expérience et que les transmutations inabordables au commencement deviennent aisées par la suite.

À titre d’exemple et pour compléter ce qui vient d’être dit, nous pouvons vous faire le récit d’une expérience personnelle.

Quand nous avons acquis le savoir-faire en ce qui concerne le Mercure végétal, nous nous apercevons que le comment-faire, dans tous ses détails, ne s’acquiert que peu à peu : le contrôle du Mercure végétal au densimètre montre que, l’habilité étant acquise, on arrive au 100º du mercure absolu. Il faut toujours dans cette mesure regarder la température du liquide car les densimètres ne sont justes que pour une température. Avec le pouvoir-faire arrive un jour où, tout bien contrôlé, le Mercure accuse au densimètre 101 ou 102º. Il est devenu beaucoup plus volatil que l’alcool absolu lui-même. Ceci est l’alcool philosophique aussi puissant, sinon plus, dans les extractions que le Menstruum de Kerkring lui-même. Ce Mercure ne peut être fait que par l’acquisition du pouvoir-faire, l’Alchimiste étant seul dans son laboratoire-oratoire.

TRANSMUTATIONS

Généralement, ce mot évoque la transmutation du plomb ou du mercure en or. Il faut se débarrasser de cette idée, car il y a quantité d’autres transmutations de loin beaucoup plus simples et aisées à réaliser.

En Alchimie, les principes actifs sont les principes animateurs de la vie. Dans nos opérations, ceux-ci peuvent agir de deux manières différentes :

– Ils peuvent réaliser des catalyses inconnues de la science actuelle

– Ils peuvent réaliser de véritables transmutations.

Dans le premier cas, un chimiste dirait que les corps simples qui étaient en jeu sont inchangés, mais qu’ils sont assemblés d’une manière différente. La catalyse est un phénomène qui provoque des réactions chimiques qui ne peuvent avoir lieu spontanément, ou qui sont déclenchées sous l’effet d’un agent physique, chaleur, lumière, pression.

Dans la chimie classique, l’agent catalyseur, souvent le platine, provoque la réaction mais demeure étranger à elle. Le platine sert indéfiniment et ne se mélange pas au nouvel assemblage chimique.

En Alchimie, la force animatrice de la vie peut se fixer ou ne pas se fixer dans le nouvel assemblage obtenu et ainsi le nouveau corps pourra être ou ne pas être philosophique.

Dans le cas où il y a eu transmutation, que les corps obtenus soient simples ou un assemblage complexe, on ne retrouve pas après la transmutation les mêmes corps simples que ceux du début de l’expérience.

Dans le domaine végétal, il est difficile de mettre la transmutation en évidence, parce que l’analyse des corps organiques végétaux demande un outillage important. Mais il est certain que ceux qui ont réussi la Pierre Végétale ont réussi des transmutations dans la nature des corps simples qui constituent cette Pierre.

Lorsque nous aurons extrait les principes alchimiques des minéraux, Soufre, Mercure et Sel, il y aura eu transmutation. Il en est de même dans la production de divers alkaests. La réussite de ces transmutations enlève leur toxicité aux produits d’origine minérale ou métallique.

Cette transmutation dépend de deux éléments :

– le caractère philosophique des produits

– le pouvoir de transmutation de l’opérateur (dans certains cas).

Le travail végétal doit développer en chacun ce pouvoir, c’est pourquoi des expériences de contrôle doivent être régulièrement effectuées.

Il est utile d’ajouter que puisque le pouvoir de l’opérateur intervient dans l’opération alchimique, celle-ci symétriquement agit sur l’opérateur.

Mais ceci est un autre aspect de cette question et nous l’aborderons de façon plus détaillée.

NOTICE 45

Comment contrôler le pouvoir de transmutation ? Ce sujet passionnant est traité dans cette notice. Mais nous insistons pour que vous lisiez d’abord la totalité du texte avant d’aborder la pratique.

Nous verrons ensuite quelques explications sur le processus du blanchiment du Sel du Soufre. Puis nous reviendrons à une autre question pratique : le travail sur la drosera.

CONTRÔLE DU POUVOIR DE TRANSMUTATION

Dans la Notice 32, nous avons donné quelques informations sur l’installation d’un oratoire et sur quelques exercices destinés à améliorer le flux des énergies subtiles. Si vous avez pratiqué ces exercices depuis un certain temps, nous pouvons alors entreprendre les expériences de contrôle du pouvoir de transmutation. Il s’agit-là d’expériences qui mettent en jeu les plus hautes énergies du système solaire, et nous ne saurions trop conseiller à chacun de bien étudier, de bien comprendre, les principes exposés ici. Une erreur, volontaire ou non, aurait de bien plus graves conséquences que celles qui peuvent être commises dans le règne végétal.

L’aspect de cette expérience au premier abord pourrait faire naître l’idée qu’il s’agit d’une expérience d’inspiration qabalistique. En réalité, si cette expérience s’effectue grâce aux centres séphirotiques, elle est typiquement alchimique et fort différente dans son principe des expériences directement issues de la Qabal.

Si nous examinons la planche de la Notice 27, nous pouvons suivre le chemin dit de « Mezla » de l’énergie qabalistique. Ce chemin est simplement celui qui va de 1 à 2 de 2 à 3, de 3 à 4 et ainsi de suite jusqu’à 10. Cette énergie est une énergie de préparation des centres séphirotiques. Étant issue de Kether, source infinie d’énergie, elle n’a pas à être restituée après son parcours. Mais l’énergie ne peut être puisée nulle part ailleurs sans conséquences psychiques ou physiologiques graves. En effet, dans ce cas il y a création d’un déséquilibre dans les énergies de la nature qui inflexiblement compense ce déséquilibre.

Dans notre méthode alchimique il n’en est pas ainsi. Revenons à la planche de la Notice 27. Notre expérience va consister à utiliser les plus subtiles mais aussi les plus puissantes énergies du système solaire. Ici nous ne partons pas de Kether, par conséquent les énergies empruntées devront être impérieusement et totalement restituées après l’expérience sous peine de désordre grave. Contrairement à ce que certains prétendent, il n’est pas possible de concrétiser ces énergies globalement mais l’expérience doit se faire élément par élément, la succession des éléments se faisant dans le même ordre que dans le travail de la création comme ceci est décrit dans les anciens textes alchimico-qabalistiques. Par ailleurs, pour avoir un maximun de chances de réussite, il ne faut pas commencer par tenter de transmuter ces énergies en un corps solide, ni même en un liquide ou une vapeur.

La première chose qui entre dans la perception de l’homme est un parfum. Nous devons donc opérer dans un oratoire où il n’y aura ni encens ni autre parfum, pas même sur soi. Il faut commencer par se choisir un parfum et essayer de se concentrer sur cette sensation afin d’en avoir une image mentale olfactive. Ensuite, il faut s’assurer que nous savons localiser dans notre corps les centres séphirotiques tels qu’ils sont représentés dans la planche nº 1 de la Notice 32. Puis il faut être absolument certain de connaître par coeur le son qui correspond à chaque centre. Ces sons doivent être vibrés, c’est-à-dire qu’ils doivent créer une sorte de sensation dans tout le corps mais ils doivent être particulièrement plus sensibles dans la zone du centre concerné.

L’expérience commence de la façon suivante :

– On vibre le son AUM qui concerne le centre juste au-dessus de la tête.

Dans ce cas, ce centre est solaire-lunaire ; il appelle les énergies décrites dans nos notices comme Nitre et Sel, à leur niveau le plus subtil.

– Ensuite, on vibre HA. Ceci doit actionner le centre de Mercure AKASHA qui éveille les pouvoirs alchimiques autosisant la suite de l’expérience.

– Puis on vibre le son YA qui actionne le centre de Vénus matérialisant l’élément alchimique Air.

– Après on vibre le son RA qui actionne le centre de Mars correspondant à l’élément alchimique Feu qui dynamise l’Air.

– Vient le son VA qui actionne le centre de Jupiter concrétisant l’élément alchimique Eau.

– Pour terminer, on vibre le son LA qui actionne le centre de Saturne concrétisant l’élément alchimique Terre.

Les quatre éléments étant maintenant concrétisés, le parfum choisi doit se manifester.

Si le résultat n’est pas obtenu, on recommence immédiatement toutes les vibrations. De toutes façons, que l’on ait réussi ou non, il faut absolument renvoyer les énergies par le processus suivant : les énergies se renvoient en se concentrant sur l’idée que l’on dématérialise le parfum et en vibrant les sons en sens inverse :

LA restitue l’élément Terre

VA restitue l’élément Eau

RA restitue l’élément Feu

YA restitue l’élément Air

HA réincrude ces éléments en Nitre et Sel

AUM restitue le Hyle aux responsables solaires.

Les commentaires suivants sont indispensables pour la bonne marche de l’expérience :

– De jour, pratiquer l’expérience face tournée vers l’est.

– De nuit, c’est-à-dire le soleil en dessous de l’horizon, pratiquer l’expérience face tournée vers le nord.

Après la première partie de l’expérience, c’est-à-dire quand le parfum est manifesté, cette technique produit une sensation de pesanteur ou une tendance à tomber en avant. Ceci est dû à la tension psychique à laquelle notre corps n’est pas habitué. Par contre, dès que le processus de dématérialisation est engagé, il se produit comme une illumination du psychisme, et la tension du corps, la pesanteur, diminuent au fur et à mesure que les éléments sont restitués à la matrice de l’Univers. Si le processus de matérialisation a été effectué plusieurs fois pour obtenir le résultat, il est nécessaire d’effectuer le même nombre de fois, sinon plus, le nombre de dématérialisations.

Précisons que ces énergies une fois manifestées ont tendance à adhérer au monde matériel et leur non-renvoi créerait des perturbations dans nos divers véhicules. Le parfum doit disparaître totalement.

Il est bon de savoir aussi que, quelquefois, le parfum se matérialise en une couche dense qui flotte dans l’air. Ceci dépend de notre concentration et de différents aspects du moment. Cette expérience ne doit être effectuée qu’en étant absolument seul, son seul but étant de nous démontrer d’une manière expérimentale que notre chemin est correct et que nous progressons.

Si tout ce qui précède est rigoureusement respecté, il n’y a pas de difficultés à obtenir le résultat ni aucun risque à encourir.

Nota :

– On peut choisir les parfums en fonction du jour de la semaine.

– Même si l’on est un qabaliste averti, il vaut mieux se servir des sons proposés dans ce texte plutôt que des divers noms de la Qabal.

EXPLICATIONS SUR LE PROCESSUS DU BLANCHIMENT DU SEL DU SOUFRE

Un mode opératoire similaire sera utilisé dans le minéral et dans le métallique, c’est pourquoi nous pensons utile d’expliquer ce qui se passe dans ce processus. Dans le cas du Sel du Soufre, le Soufre est fixe et, comme dit Sendivogius, incombustible. Ce qui donne la couleur noire au Soufre, ce sont des produits volatils et solubles dans l’eau, le Soufre étant lui-même, à l’état de Sel, soluble dans l’eau. La séparation n’est donc pas possible par Solve-Coagula. Pendant la macération d’une journée, la solution à 5 % d’alcool dissout une partie de ces corps et, au cours de l’évaporation lente, la vapeur entraîne un peu de ces volatils.

La présence de l’alcool a deux effets :

– les volatils sont plus solubles,

– les fixes moins solubles dans la solution.

Nous avons dit d’éviter l’ébullition parce que l’éclatement des micro bulles à la surface du liquide entraînerait dans l’air une partie de notre précieux Sel du Soufre.

Précisons qu’il y a aussi blanchiment par suite de l’action de l’élément alchimique Feu mis en jeu en plus dans ce processus.

Autre exemple d’utilisation de ce processus :

Dans le minéral, nous aurons à extraire un acide d’un sel soluble dans l’eau et, de plus, sensible à la température, par exemple l’acide acétique résiduel dans l’acétate de plomb. Lorsque l’acide est encore en quantité importante, on peut extraire l’acide résiduel par distillation. Ensuite, le risque d’une décomposition du sel est important. Aussi, arrivé à ce point, on dissout le sel dans l’eau distillée et on distille l’eau sous vide, ou on élimine par évaporation lente sans bouillir. La vapeur de l’eau entraîne toujours avec elle un peu de la vapeur de l’acide acétique. En répétant ce processus peu à peu, l’acide qui gênerait la suite du processus est éliminé.

TRAVAIL SUR LA DROSERA

Cette plante est omni-planétaire et elle équivaut à l’antimoine dans le règne métallique : elle a un Mercure fixe.

Si nous appliquons les méthodes précédemment expliquées à la drosera, nous constatons que la qualité de sel lessivé est à peu près nulle. Après expériences, nous avons tiré les méthodes et les conclusions suivantes :

Première expérience

L’extraction à l’alcool à l’aide du Soxhlet donne une teinture qui, distillée, donne un peu, mais très peu, de Sel du Soufre. La calcination des fèces et leur lessivation ne donnent pratiquement pas de Sel. Les Anciens disent que cette plante est fixe, aussi nous avons pensé qu’il serait intéressant de faire une extraction avec un menstruum fixant. L’extracteur est chargé avec de la drosera sèche et de l’acide acétique dit glacial, c’est-à-dire de l’acide acétique débarrassé de son eau. L’extraction donne une teinture, mais il faut au moins vingt cycles d’extraction pour épuiser la drosera.

Cette teinture est distillée très lentement, car s’il y a la moindre surchauffe dès que la teinture est concentrée, il se produit des micro-explosions qui projettent la teinture sur tout le ballon. Lorsque la teinture atteint la consistance du miel, mais étant encore coulante, elle est versée dans un creuset de porcelaine. Ce creuset est couvert par un autre renversé. La dessiccation complète doit être très lente, pour ne pas perdre de produit.

La calcination donne un Sel dont la couleur peut aller du jaune au jaune orangé, ou même rose. Nous avons alors la teinture alcoolique et le Sel de cette plante. La suite est semblable à ce que nous avons décrit dans les processus précédents. L’élixir est omni-planétaire.

Seconde expérience

En adaptant un procédé similaire à celui de l’extraction du vinaigre d’antimoine, on peut obtenir un « vinaigre » de drosera. Le procédé est le suivant :

– On charge un extracteur de Soxhlet avec de la drosera et de l’eau distillée.

– L’extraction terminée, on distille la teinture à l’eau jusqu’au sec.

– Puis on reprend le distillat que l’on distille à nouveau en le séparant quart par quart. Si on possède un pH mètre, on vérifie le pH pour les deux derniers quarts, le pH est compris entre 3 et 4.

– On reprend les deux derniers quarts que l’on distille de nouveau par quart. En général, à la quatrième distillation il reste peu de liquide mais le pH atteint est 1, ce qui correspond à une forte acidité.

On constate que le liquide n’est en rien corrosif, ce qui explique que le contrôle par des papiers colorés ne correspond pas aux indications d’un pH mètre électrique. Le même phénomène se produit avec le « vinaigre » d’antimoine et les propriétés de ce « vinaigre » de drosera semblent identiques dans le végétal à celles du « vinaigre » d’antimoine dans le métallique. Malgré son caractère, ce liquide dilué dans de l’eau distillée ne présente pas de toxicité.

On augmente le rendement en laissant macérer la plante dans l’eau qui servira à l’extraction pendant un jour ou deux, à 40 ºC. Il ne faut pas laisser se développer une moisissure bactérienne.

Intérêt de cette expérience : Ce « vinaigre » est utile comme préparation pour le vinaigre d’antimoine. Il est plus aisé de se procurer de la drosera que de la stibine prête à la fermentation et qu’il ne faut pas gâcher par maladresse.

Le vinaigre de drosera en voyage remplace les sept élixirs planétaires.

Si on ne trouve pas d’acide acétique glacial, on peut adopter la solution suivante :

– Acheter chez un droguiste de l’acide acétique courant, beaucoup moins cher que le glacial (environ 5 fois).

– Distiller cet acide au moins deux fois et garder pour l’expérience la partie acide qui passe quand le thermomètre donne une température comprise entre 110 et 118 ºC.

– Éliminer ce qui passe avant et après.

– Le reste de l’acide peut être conservé pour le nettoyage de la verrerie. Faire toutes ces opérations avec des gants étanches. Ne pas respirer les vapeurs de l’acide. « Truc pratique » : les papiers Lyphan sont satisfaisants pour ce travail et celui de l’antimoine. Ce papier étant coûteux, on en coupe des bandes de deux à trois millimètres de large et on les trempe dans le liquide à l’aide d’une petite pince.

NOTICE 46

Dans cette notice nous allons examiner un nouvel aspect de la différence entre chimie et Alchimie.

À cet effet, nous prendrons un exemple dans des techniques différentes et bien connues du monde moderne : l’électricité et l’électronique. Sans la maîtrise de l’électricité, l’avion, la voiture, le téléphone, la radio, la télévision, bref la quasitotalité des éléments qui constituent notre civilisation technologique disparaîtrait ou tout au moins régresserait considérablement.

Il est curieux de constater que tous ces progrès matériels s’appuient sur l’existence d’un élément invisible qui est en réalité bien mal connu dans sa nature même.

Si nous regardons l’intérieur d’un de ces appareils électroniques un peu complexes, nous voyons qu’il est composé de résistances, condensateurs, etc. Mais rien ne nous renseigne sur ce qui se passe. L’électricité étant invisible, nous ne savons pas où il y a de la tension ou du courant électrique. Les premières personnes qui s’intéressèrent aux phénomènes électriques connurent ces difficultés et ils eurent au début des instruments rudimentaires qui permettaient de savoir s’il y avait ou non du courant ou de la tension. Ainsi l’électricité progressa lentement. Puis un jour apparut un instrument : l’oscilloscope cathodique. Cet appareil transforma tout car il permit de visualiser sur un écran les phénomènes électriques. Il y a ici un aspect important du point de vue philosophique : cet appareil ne visualise pas directement les phénomènes mais en donne une représentation symbolique connue sous le nom de représentation cartésienne. À partir de là, les progrès s’accélérèrent considérablement car il était possible d’analyser et de comprendre les phénomènes.

L’invisible était devenu accessible.

Nous avons le même ordre d’idée si nous faisons un parallèle entre chimie et Alchimie. Dans la chimie, un grand nombre de méthodes existent maintenant qui permettent de suivre les réactions, les transformations, etc. Mais pour l’Alchimie, les éléments essentiels sont du domaine de l’invisible et pour eux nous ne possédons ni voltmètre, ni ampèremètre, ni oscilloscope cathodique. Aussi la seule méthode possible pour résoudre nos problèmes est de profiter du gigantesque travail des anciens Philosophes : synthétiser en quelques principes théoriques qu’il ne faut jamais perdre de vue. Pour illustrer ceci nous allons examiner l’application de quelques-uns de ces principes qui ont été précédemment exposés dans le cours.

Premier principe

Dans les notices sur le Gur, nous avons dit que, pendant la distillation, les éléments passaient dans l’ordre suivant : Feu, Air, Eau, Terre. Ceci est valable dans toutes les distillations. Si par exemple nous prenons le vin, l’élément Feu est sensiblement épuisé quand le quart du volume du liquide est distillé. Mais si nous prenons à nouveau le quart de ce distillat, l’élément Feu sera encore davantage concentré. Nous verrons d’ailleurs l’intérêt de ceci quand, dans un cours ultérieur, nous exposerons l’oeuvre du vin. Donc, quand nous distillons, premier principe à toujours retenir : les éléments se succèdent dans l’ordre : Feu, Air, Eau, Terre.

Deuxième principe

Au cours de la distillation le volatil passe en premier, le fixe ne passe pas ou passe en dernier. Il en résulte qu’au cours de la distillation, un alkaest volatil passe dans les éléments de tête de celle-ci. Un alkaest fixe ou fixant (vinaigre d’antimoine) passe en fin de celle-ci.

Troisième principe

Domination fixe-volatil. Le Sel attire et fixe le nitre volatil. Si on répète suffisamment de fois la fixation du nitre par le sel, peu à peu le nitre domine et le sel devient peu à peu volatil.

Si, par exemple, on fait dissoudre du sel ordinaire dans de l’eau de pluie philosophique, c’est-à-dire contenant toujours son nitre, et que l’on coagule, on charge le sel en nitre. La répétition de l’opération conduit à la diminution du point de fusion du sel sec qui, à la longue, prend un aspect pâteux. Avec beaucoup de patience, le sel devrait demeurer liquide à la température ambiante. Il faut toujours se souvenir que, dans les opérations à répétition, l’ensemble se transforme dans la nature du principe dominant. Soit la voie sèche, le fixe, la Pierre.

Soit la voie humide, le volatil, l’Élixir.

Au cours de la calcination ou purification, spécialement dans le minéral et le métallique, il faut savoir qu’un chauffage à faible température et de longue durée est préférable à un chauffage court et fort qui risque de fixer un volatil que l’on souhaite éliminer.

En dehors de ces principes théoriques, il y a une constatation pratique très encourageante et que nous désignons sous le nom de « première réussite », voici en détail ce que ceci signifie pour nous.

Vous avez sans doute remarqué que notre cours sur le végétal pousse les expériences davantage vers le fixe, la Pierre végétale, plutôt que vers le Circulatus Minus, la Pierre liquide végétale. En effet, nous pensons que la Pierre est plus aisée à réaliser que l’Élixir. Mais les deux sont équivalents, car la possession de l’un ouvre aussi un chemin vers l’autre.

La Pierre comme l’Élixir donnent la quintessence de la plante, c’est-à-dire : Soufre, Mercure, Sel volatilisé.

Avec la Pierre, on fabrique par extraction une certaine quantité de cette quintessence et on pratique sur elle une distillation répétée après l’avoir dissoute dans six à huit fois son volume d’alcool absolu.

Inversement, à partir du Circulatus, on fixe la quintessence obtenue par le Circulatus pour obtenir la Pierre grâce au sel fixe de la plante. On voit ainsi qu’une première réussite ouvre les portes.

Nous passons maintenant à un tout autre sujet que nous n’avons pas encore exposé, l’eau de vie.

Que cachent les mots « eau de vie » ?

Les anciens Philosophes affirment que dans tout ce qui peut constituer pour l’homme un aliment solide ou liquide, il y a un principe de vie qui assure la continuité de la vie dans l’homme.

Mais, avec la « chute » générale de l’univers, il a été introduit dans tout aliment un principe de mort qui, il est vrai, est en beaucoup plus petite quantité que le principe de vie. Dans tous les aliments solides ou liquides, c’est le vin qui contient le plus d’élément de vie. Sa consommation modérée est salutaire, mais si elle est trop importante, une partie du principe de vie devient inutile et est gâchée. Et le principe de mort détruit davantage notre corps.

Si vous pratiquez la distillation du vin et ensuite la rectification de son alcool sans produit annexe (carbonate, chaux, etc.), il arrive un moment où l’on voit flotter sur le liquide des gouttes d’huile jaune-vert ou même franchement vertes. Si nous séparons cette huile, nous avons un produit « fort puant » dont l’odeur tient aux doigts. Ceci est le support du principe de mort et, s’il est concrètement extrait, ce qui reste est la véritable « eau de vie ».

Dans l’alcool Philosophique, le principe de mort doit être éliminé, ceci en principe, au cours des carbonatations de l’alcool.

L’ASTROLOGIE EN ALCHIMIE

Si nous avons orienté notre cours vers un symbolisme qabalistique, c’est que nous estimons que ceci facilite considérablement les choses. Si nous orientons nos pensées vers les corps solides des planètes, nous nous lions aux lois de l’astrologie classique. Mais si nous les dirigeons vers les esprits et les génies planétaires, nous aurons les influences non pas des corps planétaires, mais des âmes des esprits de celles-ci. C’est ce qui explique le choix du symbolisme qabalistique.

Dans ce système, la nuit comme le jour sont divisés en 12 heures. La première heure du jour commence avec le lever du soleil, la dernière se termine avec son coucher. La première heure de la nuit commence avec le coucher du soleil, la dernière se termine avec le lever du soleil. Les heures nocturnes ne sont pas égales aux heures diurnes sauf aux équinoxes. En été, les heures diurnes sont plus longues que les nocturnes ; et ceci s’inverse en hiver.

Supposons en été, que le jour dure 14 heures, durée de temps entre le lever et le coucher du soleil, en ce cas, chacune de nos heures diurnes durera une heure plus dix minutes. En effet, 14 heures donnent 12 heures + 2 heures soit 120 minutes à partager entre 12 heures, soit 10 minutes de plus par heure.

Inversement, prenons un jour d’hiver de huit heures, le jour sera alors de 8×60 =480 minutes. Nous aurons pour nos heures de jour 480 : 12 = 40 minutes par heure. Les heures des planètes dans la journée ne se suivent pas dans l’ordre des jours de la semaine.

Nous avons pour le Samedi :

Pour les 12 heures de la nuit :

Pour calculer la durée du jour solaire et de la nuit qui suit, le plus simple est d’avoir le tableau des levers et des couchers du soleil et de la lune qui figure généralement dans l’Almanach du Facteur (La Poste), et qui indique l’heure en Temps Universel (TU), l’heure du Méridien de Greenwich qui sert de base 0.00 à l’ensemble des fuseaux horaires.

Nous savons que l’Heure Légale en France est :

– TU + 1 h, période d’hiver

– TU + 2 h, période d’été du dimanche le plus proche du 1er Avril au dimanche le plus proche du 31 Octobre.

Pour notre travail nous devons définir l’heure du lever du soleil du lieu où nous sommes lors de ce travail.

Il suffit d’utiliser le tableau de l’Almanach de La Poste, ou de toutes autres sources, donnant l’heure en Temps Universel et d’y ajouter ou d’y soustraire les temps de correction indiqués dans la liste en annexe.

Vous pouvez être encore plus précis en utilisant, par exemple, « la Table des Positions Géographiques » du « Dictionnaire astrologique » de H.J. GOUCHON pour les principales villes de France et du Monde, ou bien, si vous êtes à l’étranger, « The 200 Year Ephemeris » by Hugh MAC CRAIG qui vous donne les fuseaux horaires utilisés dans le monde ainsi que 7000 latitudes et longitudes (Macoy Publishing Company, Richmond, Virginia) mais vous pouvez trouver les positions principales dans bien d’autres livres en vous adressant à une librairie ayant un rayon Astrologie, ou sur Internet.

Pour mémoire, nous rappelons que les longitudes exprimées en heures et minutes se soustraient au TU quand elles sont d’Est et s’ajoutent au TU quand elles sont d’Ouest par rapport à Greenwich pour connaître l’heure du lever du soleil du lieu considéré, en heure locale.

Tableau joint des corrections horaires

Les départements de la métropole qui ne figurent pas sur cette liste sont sur le méridien de Greenwich et ne donnent pas lieu en conséquence à rectification.

NOTICE 47

Dans nos précédentes notices, nous n’avons pas décrit de menstruum radical universel, c’est-à-dire un menstruum capable d’agir dans les trois règnes et de fixer le Mercure des trois règnes.

Etant donné que nous avons séparé notre cours d’alchimie en végétal et en minéral, la partie minérale ou métallique de ce menstruum ne peut donc pas figurer dans ce cours. Par ailleurs, nos expériences nous montrent que les alkaests cités dans le tableau de la Notice 41 sont beaucoup plus aisés à produire qu’un produit complexe, car celui-ci doit d’abord être fait pour chaque règne séparément, et on en réunit ensuite les éléments par cohobation ou circulation. En outre, comme dans les alkaests dont nous envisageons l’étude par la suite, certains sont fixants. L’intérêt d’un menstruum universel fixant nous paraît donc faible. Toutefois, du moins sur le plan théorique, la partie concernant le règne animal nous semble intéressante. En effet, si nous voulons agir énergiquement sur le corps de l’homme, dans sa vie végétale et animale, le Mercure animal nous semble le plus apte à atteindre ce but.

C’est d’ailleurs là le centre d’intérêt principal de l’alkaest connu sous le nom d’ « Alkaest de Van Helmont » (disciple de Paracelse). Tous les alkaests du règne animal sont basés sur le fait suivant : les corps qui séjournent dans le corps de l’homme en bonne santé et qui le traversent deviennent philosophiques. Ensuite, les corps les plus aptes pour notre travail sont ceux qui contiennent le radical ammoniac. La récupération du Sel ammoniac philosophique peut se faire assez aisément à partir de l’urine humaine. Cette urine doit remplir plusieurs conditions et, ainsi que le disent les vieux textes, elle doit être vérifiée avant d’être acceptée dans notre processus opératoire. Son niveau vibratoire doit être bon ; à cet effet, une alimentation peu ou pas carnée est préférable pendant les quelques jours qui précèdent son prélèvement. De même, dans les deux ou trois jours qui précèdent, la boisson doit comprendre de l’eau ou du vin, mais rien d’autre.

Nous arrivons maintenant à la partie la plus délicate : la préparation de l’opérateur.

L’urine ne doit pas contenir de sel, c’est-à-dire de chlorure de sodium sinon l’opération est impossible. On ne peut séparer le sel de l’urine sans faire perdre au sel ammoniac son caractère philosophique. Normalement le corps de l’homme utilise du sel mais en général notre alimentation est trop salée et nous rejetons continuellement du sel. Il faut donc réduire la consommation de sel, mais ne pas adopter un régime complètement désodé qui est dangereux. Le sang de l’homme est le siège de phénomènes électriques complexes. Pour que le fonctionnement du corps soit correct, un pourcentage de sel bien déterminé dans le sang est nécessaire. Trop de sel dérègle le fonctionnement mais une déficience en sel dans le sang provoque des accidents d’ordre électrolytique qui peuvent être mortels. Donc surveillez votre urine comme indiqué ; ensuite, dès qu’il n’y a plus de sel rejeté, recueillez quelques litres d’urine et aussitôt après reprenez votre régime habituel.

Comment peut-on constater l’absence de sel d’une manière simple, sans analyse chimique complexe ? Le sel ordinaire est du chlorure de sodium, le sel ammoniac est du chlorure d’ammonium ; c’est cette parenté qui rend la séparation chimique malaisée. Pour se rendre compte d’une présence de chlorure de sodium dans l’urine, on peut opérer de la manière suivante : on distille l’urine jusqu’au sec, très lentement vers la fin, puis on place le sel sec dans un creuset et on chauffe. Le sel ammoniac se décompose en vapeur (ne pas respirer). Le chlorure de sodium manifeste sa présence par des crépitements ; s’il n’y a pas de crépitements, l’urine est correcte et on la place en fermentation dans une couveuse à 40-42 °C environ pour une durée de 30 à 40 jours.

Dans toutes ces manipulations, il existe un problème de mauvaises odeurs ; aussi pour éviter cet inconvénient toutes les sorties de flacons du train à distiller seront branchées sur un dispositif identique à celui de la planche de la Notice 18, étant précisé que seul l’acide acétique est nécessaire dans ce cas. Après la fermentation, on distille jusqu’au sec ; de préférence sous vide en fin de distillation parce que dans ce cas, le sel ammoniac est philosophique et la chaleur peut lui faire perdre cette qualité. On ne peut donc pas le sublimer pour le purifier comme il est indiqué dans la fabrication du Kerkring. Le Menstruum de Kerkring ne peut pas revivifier les extractions qu’il opère puisque son sel ammoniac n’est pas philosophique.

Pour purifier notre sel, on le fait dissoudre dans de l’eau de pluie distillée chaude ; on évapore, et si la concentration est suffisante, il se forme des cristaux au refroidissement. Il doit alors rester du liquide autour des cristaux pour que la purification soit bonne. Les cristaux sont recueillis, séchés sous vide et conservés dans un flacon étanche. Dès que la quantité de cristaux est suffisante, il faut les pulvériser et les placer en macération dans l’alcool absolu. Après plusieurs mois de macération, cet alcool est distillé et on obtient un menstruum ayant un remarquable pouvoir de guérison, en général très supérieur à celui de Kerkring qui est obtenu avec un sel mort. Dans le minéral, nous verrons un autre usage de ce sel. Nous savons que certains étudiants ont des difficultés matérielles : place, outillage chimique, etc. pour la réalisation de leurs élixirs ou de leur Pierre. Pourtant, si on a de la patience, on peut faire de très bons élixirs avec très peu de matériel : un train à distiller, un creuset pour calciner, une couveuse électrique (réfrigérateur en panne ou grosse boîte de polystyrène).

Dans ces conditions, le processus est le suivant :

– On prépare de l’alcool absolu par distillation puis par l’usage de la chaux vive ou du carbonate de potassium calciné. Ceci est le plus long de la préparation.

– Ensuite on choisit les sept plantes planétaires parmi les plantes que l’on pourra se procurer sèches.

– On pulvérise la plante aussi finement que possible.

– On met en macération avec un volume d’alcool double de celui de la plante dans des flacons ventrus (type bouteille d’eau Perrier), le niveau total ne devant pas dépasser le tiers de la bouteille.

– Le secret ensuite est d’avoir une fermeture étanche car il faut pour avoir un bon résultat compter six à sept mois de macération, un an étant parfait. On obtient une bonne étanchéité en utilisant du plastique alimentaire (sacs de congélation). On serre le plastique énergiquement autour du goulot avec un ruban adhésif.

– Il est utile de remuer de temps en temps le flacon.

– Au bout d’un an, on filtre dans un entonnoir en verre avec une plaque de verre posée dessus.

– On allume le résidu solide et on calcine ensuite les cendres avec une lampe à souder par exemple, ou dans un petit four à émail. Il faut atteindre au moins 1000 °C.

– Dès que le refroidissement est fait, on remet les sels dans le flacon, on reverse dessus la teinture, on rebranche comme précédemment et on laisse en macérationcirculation encore un an, en remuant de temps en temps, soit une fois par mois. Si la couleur de la préparation a viré au rouge rose orangé et si l’odeur à l’ouverture est suave et pénétrante, vous avez un élixir de première qualité.

Ce processus demande peu de travail mais de la patience. Des méthodes similaires peuvent s’envisager pour le minéral. Les délais sont du même ordre de grandeur. Si on ne possède pas de couveuse, on peut en hiver placer les flacons sur un radiateur et en été au soleil, mais avec un carton noir en dessous de chaque flacon.

Dans cette méthode simplifiée, c’est le temps qui remplace le Soxhlet et c’est encore le temps qui remplace les distillations-cohobations nécessaires à la volatilisation du sel.

UNICITÉ DE LA MATIÈRE

Dans nos précédentes notices, nous avons parlé de l’unicité de la matière en Alchimie et plus récemment des divers menstra, alkaests et mercures. Il y a en fait un lien entre tous ces éléments. L’unicité de la matière de départ dans un processus alchimique est toujours ce qui donne le meilleur résultat. Par ailleurs, un bon principe à adopter est qu’il n’y a rien à jeter de la matière qui nous a servi de base de départ. Nous allons prendre quelques exemples pour illustrer ce qui précède.

Premier exemple : dans nos travaux préparatoires pour le cours métallique, nous avons assez aisément séparé les deux principes Soufre et Mercure du plomb en partant de la galène (sulfure naturel de plomb). Mais le résidu n’est pas le Sel et nous avons longtemps été bloqués à ce point. Or, en fait, des phlegmes issus d’une distillation précédente du minerai donnent le liquide permettant l’extraction du Selprincipe. Donc il ne faut pas jeter les phlegmes a priori.

Deuxième exemple : le sel de tartre couramment dénommé carbonate de potassium. Ce sel sert essentiellement à acuer l’alcool, mais il peut aussi permettre dans certains cas « l’ouverture » des métaux. Le véritable Sel de tartre ne provient ni du vin ni du tartre. Pour obtenir le Sel de tartre à son plus haut niveau alchimique possible, ce Sel doit être extrait de la plante même et le véritable Sel de tartre ne peut être obtenu que par le lessivage des cendres de sarments de vigne. Si la composition chimique du carbonate de potassium est sensiblement la même en dépit de son origine, sarment de vigne, vin ou tartre, son pouvoir alchimique est à son maximum lorsqu’il est extrait directement de la plante (le sarment de vigne).

Pour effectuer un lessivage d’une quantité de cendres assez grande, nous utilisons des bouteilles coupées à la base, le goulot étant bouché par un tampon de coton. Il est ainsi possible de lessiver, suivant la dimension de la bouteille, un ou deux litres de cendres en une seule fois.

Le volume d’eau de pluie distillée qui doit traverser la cendre doit être au moins de trois ou quatre fois le volume de cendres.

Après évaporation de l’eau, la matière résiduelle doit être calcinée en couches minces à très haute température, 1000 à 1100 °C si possible. Plus la couche est mince, plus la calcination est rapide.

Ensuite, on effectue une nouvelle dissolution de la matière à l’eau de pluie distillée et on coagule très lentement. Ceci est, selon Basile Valentin, le véritable Sel de tartre qu’il convient de conserver en flacon parfaitement étanche.

Dans notre tableau des dissolutions (pl. 2 Notice 43), nous avons classé les liqueurs d’extraction en menstruum, alkaest, mercure. En réalité, les choses ne sont pas aussi nettes que cela car un certain nombre de liqueurs ont des propriétés intermédiaires et la hiérarchie des pouvoirs alchimiques des liqueurs est complexe : ainsi, le Circulatus Minus se comporte comme un alkaest et presque comme un Mercure minéral, mais uniquement dans le végétal car il se comporte comme un simple menstruum dans le minéral.

Nous allons donner maintenant la recette d’un liquide qui est presque un alkaest et dont on trouve aisément les matières nécessaires à sa fabrication. Ce liquide est l’esprit de chaux. Il faut d’abord se procurer de la chaux pure. Il y a pour cela deux méthodes.

L’une qui réclame de la patience :

– Mettre de côté des coquilles d’oeuf en retirant soigneusement toutes les peaux minces qui adhèrent aux coquilles.

– Calciner au moins à 1000 °C, la chaux ne se déshydratant qu’à 900 °C environ.

Calciner tant qu’il y a des odeurs.

L’autre formule est de :

– Calciner des pierres calcaires,

– Les transformer en lait de chaux et de le laver à l’eau courante dans un filtre pour éliminer tout ce qui est soluble.

– Ensuite, recalciner à 1000 °C pour obtenir à nouveau la déshydratation. La chaux vive ne se conserve qu’à l’abri de l’air ambiant.

– À partir de là, on suit le procédé de Basile Valentin. La chaux étant réduite en poudre fine, on l’imbibe d’alcool de vin traité avec le véritable sel de tartre, mais il faut que l’alcool ne surnage pas.

– Puis on distille l’alcool, on le renverse sur la chaux en le complétant éventuellement, et ceci dix fois. La chaux, à la calcination, perd tout caractère philosophique mais la suite des dix cohobations avec le Mercure végétal lui rend un certain caractère philosophique.

– On ajoute ensuite à la chaux sèche un dixième de son poids de véritable sel de tartre. Puis à ceci, on ajoute maintenant un poids égal de cendres de sarments de vigne sèche, de celles qui ont été lessivées pour obtenir le sel de tartre.

– La matière est alors placée dans le ballon de distillation. Au début, ce sont les phlegmes qui passent.

– Lorsque la distillation des phlegmes cesse, on augmente la température.

– Dès que les fumées blanches apparaissent, on retire le ballon de réception contenant les phlegmes et on le remplace par un ballon contenant un peu d’alcool absolu. C’est l’alcool qui permet la condensation des vapeurs blanches, en fait en les dissolvant.

– La séparation de l’esprit de chaux de cet alcool par distillation n’est pas possible. La seule solution est de verser ce distillat dans un plat résistant et d’y mettre le feu : l’alcool brûle, l’esprit reste.

Ce liquide a des propriétés alchimiques supérieures à celles du Circulatus Minus et est dans le minéral très proche d’un alkaest ; son pouvoir de guérison est important s’il est correctement dilué. Pour l’ensemble de ces distillations, il vaut mieux prendre un ballon Pyrex rond, non rodé et bouché avec du Rhodorsil. Le ballon n’est en principe pas récupérable.

NOTICE 48

Nous avons donné dans les 47 notices précédentes tous les éléments nécessaires à l’OEuvre Végétale. Toutefois, nous avons fourni davantage d’explications et de détails en ce qui concerne la voie sèche, la Pierre Végétale. Ceci parce qu’elle est plus facile à réaliser que le Circulatus de la voie humide. Si la Pierre Végétale est suffisante pour la préparation des élixirs végétaux, il est évident qu’elle n’a pas d’action sur les corps minéraux ou métalliques solides. Par contre, le Circulatus Minus ou Pierre Végétale liquide ouvre un tout autre domaine d’expériences, comme le corail, les coquillages et un certain nombre de minéraux intermédiaires entre le végétal et le minéral, comme le tartre, le sel ammoniac, etc.

Nous allons donc dans cette notice donner un certain nombre d’informations pour compléter les Notices 22 et 23 consacrées à la Pierre Végétale liquide.

Reprenons l’alinéa IV de la Notice 22 : il est important de savoir que les larmes de Diane sont le Mercure Philosophique, mais aussi le Mercure Végétal, car ici une double interprétation est possible. La Terre fixe végétale est le Sel blanc obtenu et purifié par calcination et lessivage des cendres du végétal. Si le Mercure, l’alcool végétal, est indéterminé, il se détermine quand la terre est spiritualisée. Ce qui signifie, en pratique, que le sel est rendu volatil par distillation et cohobation avec le mercure.

Si nous faisons la liaison entre l’alinéa IV et l’alinéa V, nous trouvons la deuxième voie pour préparer ce Circulatus. Celle-ci est connue chez d’autres auteurs qu’Urbiger comme étant l’oeuvre du Vin. Arrivé à une certaine phase de ce travail, on peut orienter le travail vers la Pierre Végétale soit solide, soit liquide. Ce processus est complexe et sera décrit dans les notices sur le minéral et le métallique.

Avec l’alinéa VI, commence la troisième voie, la plus abordable, au point où nous en sommes. Le Sel végétal fixé est identique à ce que nous venons de voir, la Terre fixe végétale. Mais l’esprit volatil sulfureux est un terme plus complexe à comprendre. L’âme de la plante, le Soufre, n’est complet que par l’union de deux formes : les huiles essentielles et les sels organiques. Si l’un des deux manque, le Soufre cesse d’être Philosophique. Donc, notre solution alcoolique de Soufre doit être renforcée, rendue Philosophique par un « médium sulfureux ». Puis l’Âme, le Soufre renforcé, va préparer le corps, la Terre fixe Philosophique qui, alors, par spiritualisation, pourra s’unir d’une manière indissoluble à l’alcool, le Mercure, ceci par la suite des distillations décrites à partir de l’alinéa XV.

Il faut savoir en quoi consiste ce médium sulfureux et de quelle plante il est extrait. Si nous examinons la gravure du début du livre d’Urbiger (Notice 23 p.10), nous trouvons une réponse symbolique à cette question. Nous voyons un arbre dont l’écorce est percée d’un trou. Un liquide atteint la hauteur de ce trou et dans ce liquide entrent séparément Apollon et Diane. Et Diane sort tenant Apollon dans sa main. Le liquide est la résine du pin ou du sapin et c’est notre médium sulfureux.

Dans l’alinéa VII, la menstrue universelle est l’alcool qui sert à purifier la résine. Tout notre problème pratique commence par la nécessité de se procurer cette résine Philosophique, mais impure, à la sortie de l’arbre, et ensuite de la purifier sans lui faire perdre son caractère Philosophique. Le texte d’Urbiger, comme tout texte de ce genre, est ambigu et on peut aussi mettre sous le vocable menstrue universelle l’eau de pluie distillée. Ceci nous conduit à penser que la résine correcte peut être obtenue directement pure non pas en entaillant l’écorce d’un pin ou d’un sapin, mais par une distillation à la vapeur identique à celle déjà décrite dans les notices. Cette distillation se fait sur un broyage de branches et de feuilles de pin ou de sapin. Il se forme des dépôts solides de résine qui peuvent même obturer les conduits et provoquer une explosion. Ces dépôts peuvent être récupérés par une dissolution alcoolique et évaporation de l’alcool.

Si on possède une résine du commerce et qu’on est sûr que celle-ci n’a subi aucun traitement après sa sortie de l’arbre, on peut la purifier en la distillant. Pour cette distillation à sec, la résine doit être pulvérisée et mélangée avec trois parts de briques pulvérisées sèches et une part de sel commun pulvérisé sec. L’huile qui distille peut être utilisée telle quelle.

Certaines résines peuvent être aussi transformées en baume par dissolution de la résine solide dans son huile essentielle. Le tout est d’arriver à un liquide visqueux. L’extrême limite est donnée par le Baume du Canada utilisé en optique et qui est un Baume tout prêt pour le Circulatus (mais son prix est très élevé). Les imbibitions du sel blanc obtenu ici par calcination des cendres du pin se feront dans un bocal en verre à ouverture rodée assez large. Pour remuer le compost, l’idéal est une tige en verre dont la longueur fait qu’elle peut demeurer dans le flacon entre les opérations de mélange alors qu’un morceau de bois devrait être retiré entre chacune de ces phases. On évite ainsi toute contamination, ainsi que toutes les pertes de matière provoquées par le nettoyage de la tige entre deux opérations.

Lorsque le sel est prêt, il faut lui joindre l’esprit c’est-à-dire l’alcool absolu indéterminé. Il est bon de distiller une fois cet alcool sur de la chaux vive entre les deux ou trois distillations au carbonate nécessaires pour le rendre indéterminé. La chaux vive fixe et élimine certains acides volatils gênants qui pourraient passer à la distillation.

Le rapport optimum alcool-sel pour le Circulatus est de six à huit fois. Durant la macération, la couleur des sels doit changer, ils doivent devenir comme de la chaux.

La distillation qui suit se fait obligatoirement au bain-marie, ceci pour éviter les ennuis des alinéas XVI et XVII. Après la cohobation, une macération d’une semaine doit suivre. Toutes ces macérations doivent être faites à une température de 40-42 °C.

Le Circulatus réussi doit pouvoir séparer, purifier les trois éléments d’une plante fraîche. Le Sel sera volatilisé et automatiquement incorporé dans l’huile qui contient le Soufre et le Mercure.

Le Circulatus ne doit pas être contaminé par les résidus de la plante, une simple distillation lente au bain-marie lui rend ses propriétés primitives.

L’alinéa XV est sans aucun doute une explication voilée de la clef de la volatilisation des sels, ou, comme dit Urbiger, de leur spiritualisation. Ce sont les acides organiques de la plante qui permettent la volatilisation des sels. C’est pourquoi Urbiger dit que les sels deviennent insipides.

Les acides passent dans l’alcool en entraînant les sels. Par contre, l’alcool, en assimilant ces acides organiques, devient aigre et prend un caractère acide.

Petite note pour éviter des émotions fortes à ceux qui ont terminé le Circulatus : lorsque la plante fraîche coupée en morceaux est plongée dans le Circulatus, celui-ci prend immédiatement un aspect trouble, laiteux peu rassurant. Il suffit de le laisser reposer pour qu’il retrouve son bel aspect avec les huiles colorées au-dessus, les résidus, le « caput mortem » au fond.

En guise de meilleurs souhaits sur la voie alchimique…

Un dernier conseil nous semble utile : Il faut être très prudent dès que vous êtes en possession des élixirs suffisamment circulés ou de ceux produits par la Pierre ou le Circulatus. Diluez-les d’une manière importante mais en une seule dilution, ne faites surtout pas une suite de dilutions homéopathiques. Ne faites pas de mélanges pour orienter les effets avant de vous être assurés que chacun des éléments séparés du mélange est supporté sans inconvénient.

Notre principe dans ce cours a été de donner sans restriction aucune, toutes les informations pratiques, théoriques, spirituelles, qui sont nécessaires pour venir à bout de la Petite Circulation, des OEuvres mineures, ceci par la voie sèche ou la voie humide. Nous ne pensons pas que ce cours soit parfait, mais ce cours est complet. Déjà des remarques très intéressantes nous sont communiquées par des étudiants qui ont beaucoup travaillé. Ce cours est le fruit d’un long travail de documentation et d’expérimentation. Dans tous nos échanges d’informations, soit avec d’autres associations soit avec des Alchimistes indépendants, nous n’avons jamais prononcé un serment de secret. Nous sommes donc libres de révéler tout ce que nous connaissons en Alchimie, sans demander aucun engagement solennel à nos membres. Toutefois, nous avons fait un dépôt légal de nos textes.

Si tout ceci constitue notre position pour notre cours végétal, nous sommes pour des raisons à la fois d’ordre pratique et ésotérique contraints de notifier quelque peu ces principes dans notre cours minéral et métallique, et c’est ce que nous allons maintenant nous efforcer d’expliquer.

Sur le plan théorique et même sur le plan de la manipulation, il y a peu de différences entre le végétal et le minéral mais, avec le métallique, il y a par contre une différence capitale. Dans le végétal, nous avons la possibilité de nettoyer les centres séphirotiques, et les mélanges d’élixirs dont nous avons exposé les règles entrebâillent la Porte du Temple mais ne l’ouvrent pas. Seule la possession de cet étrange liquide transparent aux fumées blanches, le Mercure Philosophique, ouvre la Porte et autorise le Passage. Ceci implique que la voie métallique est une voie sans retour. Celui qui commence le métallique est contraint de réussir.

Méditez et voyez à ce sujet les dernières lignes et même les derniers mots du « Catéchisme de Paracelse ».

Vous voici arrivé à la fin des notices sur la Spagirie.

Peut-être, comme beaucoup d’autres, n’avez-vous pas eu le temps de faire toutes les expériences proposées dans le cours.

Les livrets qui suivront concerneront le règne minéral et métallique mais aussi quelques aspects nouveaux du végétal. Le début des cours, d’un aspect plutôt théorique, permettra une pause sur le plan pratique.

Ora et Labora !

1 – 12

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Spagirie 25-36

Jean DUBUIS

L’Adepte doit suivre le chemin de la Nature mais avec les lumières de la Connaissance

COURS D’ÉSOTÉRISME GÉNÉRAL SPAGIRIE

NOTICE 25

Nous ne pensons pas que vous puissiez déjà disposer de la Pierre Végétale compte tenu du temps de sa fabrication. Nous devons toutefois vous mettre en garde contre l’usage inconsidéré d’un tel élément. Les élixirs qui sont préparés à partir d’une Pierre Végétale peuvent être, selon Paracelse, soit des quintessences soit des premiers êtres. En conséquence, ils ne pourraient être utilisés que d’une façon homéopathique, au moins dans les premiers temps de leur utilisation.

PHILOSOPHIE ALCHIMIQUE

Revenons sur la théorie et la pratique des élixirs. Si dans l’homme nous avons les sept courant planétaires, les plantes et les métaux n’en ont qu’un, sauf la drosera et l’antimoine qui sont les seuls éléments de ces règnes à posséder à la fois les sept influences. Chacun d’eux nous pose deux problèmes : la purification et l’équilibre. L’usage de l’élixir provoque la purification de chacun des courants planétaires, mais aussi leur renforcement. Nous devons donc pratiquer une auto-surveillance sérieuse, afin de détecter tout déséquilibre et de renforcer ou d’affaiblir tout élixir à la suite de cet examen.

Il est aussi possible d’alterner deux élixirs de la même planète. Par exemple, le dimanche, alterner la camomille romaine et l’euphraise. Cette dernière, aussi nommée casse-lunettes, facilite sûrement la perception spirituelle de nos problèmes.

Dans de nombreux livres alchimiques, il est dit que seul Dieu peut donner la clef des problèmes. En fait, sur le chemin alchimique, notre seul Maître doit être le Dieu intérieur, le Divin en nous. L’usage des élixirs doit nous aider à rétablir peu à peu le contact intérieur. Mais ceci demande un certain nombre de précautions. L’usage des élixirs planétaires doit donner des résultats sensiblement identiques à ceux que donnent les invocations des énergies séphirotiques de MEZLA. Essayons d’aborder pratiquement ce sujet.

Après avoir absorbé pendant un certain temps des élixirs planétaires, il se peut qu’une série d’expériences spirituelles se produise la nuit. Au début, il s’agira de perceptions sous forme de rêves orientés ou éveillés.

Il sera alors important de noter sur un cahier la nature de ce rêve, ses couleurs, la date, le lieu et la phase lunaire. Peu à peu, nous devons trouver une loi cyclique à chacun de ces rêves ou perceptions. Chaque nuit devrait apporter les expériences concernant la planète et la séphirah du jour : le lundi des expériences d’eau, d’argent ; le mardi, de force ; le mercredi, des aspects magiques de l’astral et de l’opposition, domination, humilité, etc. Il nous faut alors opérer de la manière suivante : dans la soirée qui précède la nuit prévue par le cycle, il faut relire tout ce qui concerne les expériences précédentes et s’efforcer de s’endormir en pensant à l’objet essentiel qui se dégage de ceci.

Il ne faut pas croire qu’un cours particulier est ainsi fait à notre intention par quelques maîtres de l’Empire invisible : la réalité est tout autre. En opérant ainsi, nous assisterons peu à peu à des leçons du « Collège de la Nuit », des clefs ou des conseils alchimiques nous seront ainsi communiqués. Notre Moi intérieur peut ainsi utiliser d’une nouvelle manière son « téléphone » qui le relie à notre conscience objective, et qui nous donne à un niveau accessible une partie de la Connaissance universelle de AKHASHA.

Il est bien entendu que cet enseignement est secret et que nous ne devons révéler à personne ces leçons. Si nous contrevenons à cette règle, la suite des expériences s’interrompt et peut ne pas reprendre.

Toutefois, lorsqu’une série est terminée et expérimentée matériellement, nous sommes libres d’en discuter avec d’autres personnes sur le sentier, mais il faut être prudent dans ce domaine et veiller à ce que les résultats ne soient pas une cause de manque d’humilité. Nous pouvons en nous concentrant sur un problème qui concerne notre évolution spirituelle obtenir une réponse. Dans les notices de notre cours, certains éléments qui n’existaient pas dans les livres anciens ou modernes ont été obtenus ainsi.

Nous devons encore dire que tant que nous ne possédons pas une bonne maîtrise de cette méthode, nous ne devons pas chercher à l’utiliser pour apporter une solution aux problèmes des autres, elle ne doit être utilisée que pour le progrès spirituel personnel.

Pour aider autrui, il vaut mieux essayer de faire descendre les énergies divines sur cette personne sans formuler de souhait, de solution précise, car l’intention de l’Être Divin pour cette personne ne nous est pas connue.

Nous vous mettons également en garde quant à l’utilisation des élixirs pour autrui et à des fins médicales car ceci est interdit par la loi française. De plus, si les doses sont importantes, on risque d’éveiller un centre séphirotique et des problèmes complexes d’adaptation peuvent être provoqués par cette révélation psychique.

Au début le chemin alchimique est solitaire, exception faite de ceux qui travaillent en couple. Seule Pernelle peut profiter du travail de Nicolas.

THÉORIE ALCHIMIQUE

Nous allons aborder un sujet qui, bien qu’il se situe un peu en dehors de notre cours d’alchimie végétale, touche à la fois l’Alchimie, la Qabal et l’Astrologie. C’est le problème des 12 sels. Nous avons donné le dessin du Ciel Chimique (N. 9, pl. n°2) et la formation des éléments (N. 11, pl. n°1 : Condensation de l’énergie). Nous reprenons ici ces dessins d’une manière encore plus complète.

Nous avons dit que l’essence de tous les corps involuait de 1 à 12 en 12 phases dont nous avons ici indiqué les correspondances avec les signes du zodiaque. Si nous comparons notre nouveau dessin avec la planche nº 2 de la Notice 9, nous voyons par exemple que le Sel du Feu, signe Gémeaux, est favorable à la partie positive des plantes de Mercure et que, par contre, le Sel de l’Air l’est pour les éléments négatifs de ces mêmes plantes.

Autre exemple : le Soufre du Feu sera favorable à la teinture de la garance tinctoriale, tandis que le Mercure de l’Eau le sera pour l’extraction des sels de cette plante.

Dans une prochaine notice, nous exposerons une technique d’extraction des teintures avec l’eau, ce qui permettra, avec la notice sur le GUR, de mettre cette notice en application pratique.

Venons-en maintenant aux sels proprement dits. Nous avons la suite :

– PP phosphate de potassium
– SS sulfate de soude
– CP chlorure de potassium
– FC fluorure de calcium
– PM phosphate de magnésium
– SP sulfate de potassium
– PS phosphate de soude
– SC sulfate de calcium
– S silice
– PC phosphate de calcium
– CS chlorure de sodium
– PF phosphate de fer

Chaque signe du zodiaque est divisé en trois décans de chacun d’environ 10 jours. Durant chaque décan, un sel a un rôle approprié et son assimilation est alors favorisée. Ceci est résumé par le tableau suivant :

– Bélier PP SS CP
– Taureau SS CP FC
– Gémeaux CP FC PM
– Cancer FC PM SP
– Lion PM SP PS
– Vierge SP PS SC
– Balance PS SC S
– Scorpion SC S PC
– Sagittaire S PC CS
– Capricorne PC CS PP
– Verseau CS PF PF
– Poissons PF PP SS

Ainsi, un enfant conçu durant le premier décan du Bélier naîtra à la fin du Sagittaire. Durant sa conception, les sels du Capricorne, du Verseau et des Poissons n’auront pas de périodes favorables à leur assimilation.

Les périodes suivantes manqueront :

– Une de phosphate de calcium
– Deux de chlorure de sodium
– Trois de phosphate de fer
– Deux de phosphate de potassium
– Une de sulfate de soude.

Ces substances seront à la base des déficiences organiques au cours de sa vie. À moins qu’elles ne soient compensées par l’alimentation ou par l’absorption de ces sels au cours de leur période d’assimilation. Si la distillation décrite dans la notice du GUR est faite, ces sels seront dissous dans l’eau qui leur convient.

Par exemple, on prendra 50 cm3 du 11, soit Mercure de Terre, on la distillera en trois fois 50 cm3 :

– Le premier tiers conviendra au chlorure de sodium
– Le second au phosphate de fer
– Le troisième au phosphate de potassium.

La silice « S » n’est pratiquement pas soluble dans l’eau. On peut compenser son absence grâce à un élixir tiré de la prêle des champs (equisetum). Un élixir de ces douze sels peut aussi être obtenu, mais sa fabrication est longue : il faut distiller trois par trois les douze éléments de l’eau du GUR, puis cohober les tiers par sympathies analogiques. Exemple : le troisième tiers du Lion, Mercure de l’Air, avec le deuxième tiers de la Vierge, Sel de l’Air avec le premier tiers de la Balance, Soufre de l’Eau, ceci pour le phosphate de soude. De plus, comme les sels réagissent chimiquement l’un sur l’autre, il faut les employer à doses homéopathiques. Par exemple, 5 milligrammes de sel dans 0,5 cm3 d’eau et ces 0,5 cm3 d’eau dans les 49,5 cm3 restant, puis ensuite cohober et circuler ensemble les douze liquides.

On obtient alors un tonique du sang connu chez les Anciens sous le nom d’élixir du Printemps.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Nous savons que certains utilisent l’éther au cours de leurs extractions. L’éther, ou dans son nom moderne di-éthyle oxyde, a un pouvoir d’extraction important qui atteint même dans certains cas le minéral ou métallique. C’est un solvant d’usage très dangereux et nous préférons donner les précautions minima pour son usage. L’éther ne doit pas être acheté chez le pharmacien, mais chez un fournisseur de produits chimiques.

Le di-oxyde éthyle est vendu avec un pourcentage de 7/1000 000 de produit stabilisant, qui empêche la formation de peroxyde et en conséquence évite son explosion spontanée. Il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas de flamme, pas d’interrupteur électrique, pas de vêtements électrostatiques dans le local où il est utilisé et que celui-ci possède une ventilation importante.

La distillation peut se faire au moyen de la cornue et d’un ballon. La cornue est entourée d’eau chaude, le ballon est plongé dans un mélange eau/glace. Ne jamais distiller au sec s’il y a des produits solides avec l’éther. Toujours poser un écran de protection entre le train de distillation et l’opérateur.

Conserver l’éther dans des flacons étanches, en aluminium, au frais et en local ventilé. Planche : Correspondances astrologiques des 12 phases d’évolution de la matière.

NOTICE 26

Essayons d’abord de définir la différence et de fixer la limite entre la spagirie et l’Alchimie.

PHILOSOPHIE ALCHIMIQUE

Certains disent que la Spagirie ressort du domaine végétal et l’Alchimie des domaines métallique et minéral. Ceci est en partie vrai, mais la réalité est plus subtile. Il ne faut pas considérer ici une limitation de l’action dans les domaines concernés, mais plutôt une différence dans les procédés et surtout dans la qualité des résultats atteints.

Le mot Spagirie vient du grec et signifie séparer et réunir. Dans le processus spagirique, on sépare les principes alchimiques, Sel, Soufre, Mercure et on peut ainsi les purifier séparément.

Quelquefois, mais aussi bien dans le règne minéral que dans le règne végétal, on n’effectue qu’une séparation Sel d’un côté, teinture de l’autre, c’est-à-dire Mercure et Soufre mélangés. Ensuite on réunit les deux ou trois produits et on obtient un élixir liquide ou solide, fixe ou volatil, suivant les processus effectués.

Nous allons maintenant voir que si les produits sont circulés, ou si la calcination du Sel est répétée, on entre alors dans le domaine alchimique et ceci quel que soit le règne du produit traité.

La véritable différence entre Spagirie et Alchimie se tient dans le fait que si la Spagirie et l’Alchimie purifient le produit, cette dernière provoque de surcroît son évolution. Tôt ou tard, l’Alchimiste est amené à constater l’évolution de la matière, cette évolution suivant un cycle analogue à celui qui peut se comprendre dans la réincarnation. C’est pourquoi tous les véritables processus alchimiques sont basés sur l’opposition vie/mort et sur le contact matériel/spirituel. Chaque cycle vie/mort rapproche de la perfection du règne concerné.

Le premier mécanisme est celui de la fermentation, souvent décrit par les Anciens comme putréfaction. Pour comprendre ce phénomène, on peut faire l’expérience qui suit. On extrait la totalité des huiles essentielles d’une plante, lui retirant ainsi son âme. On abandonne alors cette plante dans son eau d’extraction (eau stérile puisque bouillie) et on constate que la plante part en fermentation sans addition de levure. C’est que l’élément Mercure ne pouvant plus faire la jonction âme-corps, Soufre-Sel, provoque la fermentation pour se libérer à travers l’alcool volatil.

Une autre manière de provoquer l’évolution de la matière est la distillation. Ainsi l’évaporation est la mort, l’état de vapeur correspond à un séjour dans un monde spirituel et la condensation est la renaissance en ce monde.

C’est pour obtenir cette évolution que divers traités alchimiques conseillent de distiller 10 à 12 fois le même produit. Une expérience que nous étudierons plus tard illustre bien ce fait : si nous distillons une huile métallique, celle du plomb, une première distillation sépare divers éléments et ensuite elle se répète sans résidu, sans dépôt puis, vers la 5ème ou la 7ème, le liquide jaune se sépare brusquement en deux liquides, l’un très pâle, presque blanc et l’autre rouge sang. Cette séparation ne s’explique que par l’évolution de l’huile sous l’effet des distillations. La circulation qui, en fait, est une lente distillation continue, est un élément de l’évolution du produit circulé.

La séparation ou cohobation avec ou sans calcination intermédiaire du Sel est aussi un processus d’évolution et d’épuration si l’on pratique en plus une calcination. Enfin, le dernier processus et peut-être le plus efficace est le « Mariage Alchimique », c’est-àdire la fécondation des éléments mâle et femelle par le sperme alchimique et ceci quel que soit le règne considéré. Ce dernier processus est d’ailleurs plus qu’évolutif, car il est identique au processus de la création originelle, il est inaccessible à la Nature, seul l’homme peut le provoquer.

Voyons maintenant où se tient le secret alchimique et cherchons sa raison d’être.

Il est évident que Dieu, ou la réalité spirituelle, se cache soigneusement aux yeux des profanes, seuls les Mystiques, les Occultistes ou les Alchimistes peuvent percevoir cette réalité, ou tout au moins percevoir les arcanes qui sont les éléments les plus aisément discernables de la Réalité Spirituelle.

Dieu ne donne jamais une certitude de son existence à ceux qui n’ont pas cherché intensément Son contact ou qui n’ont pas essayé de se mettre à Son service. Au cours du processus alchimique, nous restons, avec les élixirs, dans le domaine physicochimique classique, celui du profane, même si ces élixirs ont un effet puissant remarquable. Par contre, si nous considérons soit le Premier Être, soit une quintessence, soit un véritable circulé (pierre liquide), ou encore une Pierre, quel que soit son règne, alors ces éléments ont des effets qui sortent du monde physico-chimique classique, effets qui révèlent plus ou moins l’existence d’un monde spirituel ou de ses actions. Aussi, aucune démonstration ne peut en être faite à un profane. Une démonstration publique des effets d’un Premier Être ou d’une transmutation entraîne un risque karmique considérable.

C’est sur cette base que repose notre politique de non-secret. Souvent ceux qui refusent de parler le font parce qu’ils n’ont rien à dire ; le secret cache leur ignorance. Nous pensons que sur cette terre chacun a droit à sa Vérité, à sa propre Révélation. Mais nous pensons qu’il est de notre devoir de donner à tous ceux qui veulent travailler par eux-mêmes tous les éléments nécessaires.

Nous espérons que les étudiants se souviendront de ces principes importants car s’ils ne les respectaient pas, même en esprit, leur travail s’arrêterait. La seule exception à cette règle est le partage de la Révélation avec sa compagne ou avec son compagnon alchimique et ceci quand l’heure en est venue.

THÉORIE ALCHIMIQUE

La Distillation par Quatre

Cette forme de distillation est une méthode presque exclusivement spagirique utilisée par les Anciens. Elle nécessite peu de matériel, pas de menstruum ni d’alcool. Par contre, les manipulations sont longues. Toutefois, c’est une simplification de la méthode de Paracelse que nous avons décrite dans la Notice 19.

Le principe en est le suivant :

– On recueille le végétal que l’on met en fermentation dans l’eau de pluie filtrée. On attend que celle-là cesse ; on constate cet arrêt de la fermentation par l’absence de formation de bulles dans le liquide. On introduit le tout, solide et liquide, dans un récipient métallique étamé à l’étain fin ou dans un ballon en verre, mais celui-ci risque d’être perdu au cours de l’opération.

– La distillation commence lentement, la température du liquide et des vapeurs étant inférieure à 100º. Les esprits passent en premier sous forme d’alcool ; on les récupère et on les conserve à part. Par la suite, ils seront redistillés jusqu’à leur rectification complète, soit 95º à 96º si l’on est bien outillé. Ceci est le premier temps de l’opération.

– La deuxième partie débute dès que la température atteint 100º. Ce sont les phlegmes qui passent, ils sont également recueillis et mis à part. Après décantation, des huiles peuvent surnager, elles sont recueillies et on les mélangera avec celles que l’on obtiendra au cours de la troisième phase. Les phlegmes sont conservés pour le lessivage des sels.

– Troisième phase : si le chauffage a été bien conduit et suffisamment modéré, la température relevée au thermomètre doit baisser quand les phlegmes sont passés car il n’y a plus de vapeurs.

On pousse alors le chauffage, et quelques huiles essentielles reconnaissables à leur odeur particulière peuvent passer à ce moment. Ensuite les huiles empyreumatiques dites « huiles puantes » commencent à passer.

– La quatrième partie commence dès que les huiles puantes ont cessé de passer. On calcine alors à l’air libre, dans un plat résistant, les résidus solides et le miel résiduel. La calcination dans le ballon condamne celui-ci.

Les huiles empyreumatiques du troisième temps seront distillées suivant la méthode décrite dans la Notice 19 (page 4) puis on les mélangera aux huiles essentielles, si on en a recueillies. Le solide calciné au cours de la quatrième phase sera lessivé avec les phlegmes de la deuxième phase. Il faut opérer soit au Soxhlet, soit comme il est indiqué pour l’opération « Solve Coagula » jusqu’à la blancheur parfaite.

Ainsi sont séparés les trois éléments Mercure, Soufre et Sel.

Cette méthode présente donc deux avantages importants :

– Il faut peu de matériel : un ballon, un train simple de distillation et un plat à calciner.

– Le Mercure végétal est approprié à la plante. Le Solve Coagula des sels par les propres phlegmes de la plante est en général très bénéfique.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Obtention du Sel du Soufre végétal

Méthodes de séparation

1) Une plante est mise en fermentation dans de l’eau de pluie.

2) Après arrêt de la fermentation, on sépare le solide du liquide, on récupère le liquide par pression sur le solide et ce dernier est récupéré par filtrage du liquide.

3) Le liquide est distillé. La première partie est assez riche en alcool : 20º à 30º selon la plante et le matériel de distillation. La distillation continue et on recueille séparément un distillat, qui contient 5% d’alcool. Ensuite on a une eau presque pure. Puis, quand le résidu devient épais, on arrête la distillation.

4) L’épais est versé dans un creuset et est calciné au gris blanc. Aucune autre calcination ne peut le conduire au blanc.

L’épais peut être obtenu par une autre méthode :

À partir d’une plante sèche, on effectue une extraction alcoolique au Soxhlet (*). La teinture obtenue est distillée au bain-marie. Quand la teinture résiduelle a atteint le stade de l’épais on calcine comme ci-dessus.

Important : dès qu’un alcool contient un produit en solution, le chauffage au bain-marie est obligatoire, que ce soit pour une extraction ou pour une distillation, on évite ainsi tout point chaud dans le ballon et les produits sont beaucoup moins abîmés.

5) Ce Sel du Soufre doit alors être blanchi. Pour cela, on réduit le résidu calciné en poudre impalpable. Le distillat à 5 % de la première méthode est alors utilisé pour recouvrir le Sel dans un récipient en porcelaine ou en quartz. Après une nuit de macération, on évapore l’eau très lentement à la flamme d’une bougie ou à son équivalent ; on dispose un couvercle en cloche au-dessus du récipient pour recueillir les projections de sel.

Le sel est à nouveau réduit en poudre et le processus est répété jusqu’à ce qu’il soit plus blanc que neige.

Si on a utilisé auparavant l’extracteur (*), on utilise pour cette dernière phase une solution d’alcool à 5 % faite avec l’alcool récupéré au cours de la distillation de la teinture.

6) Le sel minéral de la plante est sec et n’adhère pas à une cuillère. Le Sel du Soufre adhère à la cuillère et ne s’en détache pas par son propre poids. L’alcool obtenu soit à la première distillation de la plante fraîche, soit par distillation de la teinture doit être rectifié plusieurs fois jusqu’à ce qu’il atteigne au moins 93º. Il est alors distillé sur le sel de tartre (carbonate de potassium calciné à 350 ºC) et doit alors titrer entre 99,5º et 99,6º.

7) La cohobation se fait entre le Sel minéral, le Sel du Soufre et le Mercure rectifié à égalité de volume. Le tout est mis en disposition dans un flacon rodé, fermé, que l’on place dans une enceinte maintenue à une température située entre 40º et 42 ºC.

8) Si le tout se dessèche, on ajoute du Mercure. Tous les mois, on pratique une distillation du Mercure résiduel et on le remplace par du neuf. La Pierre végétale peut être obtenue en trois mois par ce processus. En ce cas, elle est âcre et de couleur blanc opaque.

RÉFLEXIONS SUR NOTRE PREMIÈRE EXPÉRIENCE (Notice 3)

La quantité de plante indiquée est nécessaire pour obtenir une quantité de Sel suffisante pour la suite de l’expérience, mais elle est trop importante pour la quantité d’alcool conseillée. Certains d’entre nous ont noté que la liqueur, au lieu de se décolorer sur le Sel, avait pris une teinture noire. Ceci peut être dû à plusieurs raisons dont les principales sont :

– Le Sel a été insuffisamment calciné.

– La teinture contient un sel organique dit « Sel du Soufre ». Si le sel inorganique de la plante n’est pas assez abondant pour dominer le Sel du Soufre, il y a noircissement. Ceci peut se produire si la mélisse a été cultivée avec des engrais artificiels, lesquels donnent des sels irrégulièrement fixes.

À cela on peut utiliser deux remèdes :

  1. a) Si on a les racines de la mélisse, on les calcine et on les ajoute au Sel. La racine est la partie de la plante plus riche en Sel inorganique.
  2. b) Une solution à ce problème, longue mais efficace, consiste à ne pas lessiver le sel, mais

à répéter le cycle d’opérations suivantes :

1– Circuler la teinture sur le sel

2– Séparer le sel de la teinture par filtrage

3– Calciner le sel.

On recommence en –1

10 à 15 circulations de ce type conduisent à la purification de la teinture qui doit alors être transparente ou transparent-rouge.

NOTICE 27

Revenons d’abord sur le processus d’initiation personnelle alchimique.

PHILOSOPHIE ET THÉORIE ALCHIMIQUE

Il est presque impossible d’expliquer ce processus d’initiation personnelle sans revenir sur trois éléments :

– un minimum de connaissance de la Qabal

– une compréhension de l’harmonie

– une théorie des principes et des règles alchimiques.

Connaissance

L’initiation personnelle alchimique est un voyage de plusieurs étapes, chacune d’elles comportant plusieurs paliers. Ce n’est pas une initiation symbolique comme la plupart de celles données par des organisations diverses. L’initiation alchimique modifie le niveau de conscience et ouvre le domaine de la connaissance de la Nature. Ce domaine n’est pas celui de la connaissance volatile et provisoire de la science, mais celui de la connaissance fixe des divers mondes. Aussi, pour ce voyage est-il nécessaire d’avoir une carte. Il en existe plusieurs mais, en Occident, la meilleure à notre disposition est certainement la Qabal. Cette carte de la tradition occidentale a de plus été utilisée par les Philosophes Alchimistes du passé qui connaissaient la philosophie de la Nature.

Que faut-il comprendre par l’harmonie ? Il ne faut pas entendre ce mot ni dans son sens musical ni même par rapport à la musique des Sphères, mais comme une loi générale de l’univers. Nous disons souvent dans les notices : pure ou impure ; il faut comprendre en réalité : harmonie ou inharmonie. Le corps et l’esprit ne se purifient qu’à travers leur harmonisation.

Enfin, pour nous aider à comprendre la nature de notre voyage, nous pouvons nous apercevoir que les mécanismes utilisés dans l’Alchimie végétale sont les mêmes que ceux employés dans le minéral, l’animal et dans l’Initiation. Bien entendu, nous ne donnerons pas un cours complet de la Qabal, mais les éléments indispensables à notre chemin.

Nous pouvons commencer par rechercher la planche n° 1 de la Notice 9 et la comparer à la planche de la présente notice. En fait, celle-ci reprend la précédente sous une autre forme, en y ajoutant la notion des quatre mondes.

L’Arbre de la Qabal

Commençons par son étude. ASSIAH est le monde physique dans lequel la conscience de 1’homme prend connaissance des choses à travers ses sens physiques. C’est le seul qui soit accessible à toute personne non initiée. C’est le monde le plus dense, celui où aboutit l’involution, mais d’où part l’évolution. C’est le monde du septième jour de la Bible, celui du repos. Ceci demande quelques explications. Dans la planche n° 1 de la Notice 11, nous expliquons que la création de la matière se fait par étapes. Le CHAOS originel se dualise en Sel et Nitre. Ce mécanisme est aussi valable pour le temps et l’espace. On peut dire que l’Infini Ultime se dualise en un élément actif, le temps, et un élément passif, l’espace. Mais, ce premier temps et ce premier espace sont encore très liés et très subtils. Dans la Bible, on parle des jours de la création. Comme au premier jour, il n’y a ni soleil, ni lune, ni étoile, il faut bien penser qu’il ne s’agit pas de nos jours terrestres ni même solaires. L’idée abstraite de temps n’étant pas exprimée au moment de la rédaction de ces textes, il faut comprendre que chacun de ces jours correspond à une dualisation nouvelle qui densifie temps et espace. Ceci est d’ailleurs illustré dans notre monde par le fait que temps et espace demeurent toujours liés. Il faut toujours du temps pour franchir un espace aussi petit soit-il. On ne peut pas exprimer de temps sans mouvement, donc espace. Après ces précisions, revenons à notre monde physique. Ce monde du septième jour n’a qu’un temps et un espace accessibles à la conscience de l’homme, et c’est le jour du repos. Il vaudrait mieux dire du sommeil. Comme l’homme perd conscience du monde physique dans le sommeil, en ce monde l’homme s’endort et perd conscience des mondes spirituels. La véritable initiation (réelle et non symbolique) doit peu à peu supprimer ce sommeil. Le monde physique est assimilé à l’élément Terre. Le monde situé immédiatement au-dessus du monde physique est celui de YETZIRAH qui signifie création. C’est à ce niveau que les énergies diverses se coagulent pour former le monde matériel. Il est aussi connu sous le nom de Monde astral. L’homme peut prendre conscience de ce monde si son corps astral est libéré de son corps physique, provisoirement au cours de cette expérience, définitivement dans la mort. Toutefois, l’initiation personnelle ouvre peu à peu les portes de ce monde. Nous avons ici trois sephiroth, NETZACH ou Vénus, HOD ou Mercure, YESOD ou Lune. Ce monde est donc constitué par les quatrième, cinquième et sixième jour de la création. Dans ce monde, la conscience peut travailler sur trois temps différents et de même dans trois densités d’espace distinctes. De là viennent les difficultés d’interprétations physiques

des expériences réalisées dans ce monde. Bien qu’il ne soit pas obligatoire, il est évident que le chemin d’accès préférable est Yesod, car son temps est le plus proche de celui de la terre et l’adaptation de la conscience y est plus aisée. C’est peut-être la raison pour laquelle certaines traditions occultes occidentales et orientales disent que le voyage des défunts commence par la Lune. Nous devons encore dire que ce monde est ouvert par la Pierre Végétale, blanche, couleur argent, qui est la couleur du métal de la Lune. L’élément Eau est affecté à ce monde. Seule l’Alchimie métallique permet l’initiation personnelle à un degré plus élevé, soit l’accès au monde de BRIAH. Le monde nommé BRIAH est celui des idées créatrices. Certains l’assimilent au monde christique car tous les êtres ayant réintégré ce monde sont à cet état. L’élément Air lui est affecté. Sur la planche, le pointillé qui le sépare du monde supérieur montre qu’il est le reflet passif du monde supérieur actif. Il y a trois séphiroth, TIPHERETH ou Soleil, GEBURAH ou Mars et CHESED ou Jupiter, qui sont respectivement les troisième, second et premier jour. Nous avons encore ici pour la conscience trois niveaux de temps et trois niveaux de densité d’espace. L’entrée se fait par le Soleil, troisième jour, et l’initiation alchimique par la Pierre au rouge possédant les sept influx planétaires. Les défunts suffisamment spiritualisés entrent dans ce monde par le processus de la seconde mort. Au-dessus de ce monde, il n’y a plus pour la conscience ni temps ni espace mais l’union des deux dans 1’éternité. Le monde supérieur est ATZILUTH composé des trois séphiroth KETHER, CHOKMAH, BINAH. C’est un monde d’énergie pure : la forme, les couleurs, tout disparaît. Dans sa phase la moins subtile, Binah apparaît comme étant la potentialité de la forme et du temps. L’élément de ce monde est le feu purificateur, à la fois feu et amour. L’accès conscient à ces mondes donne la connaissance des processus occultes de la Nature dans son travail d’évolution permanente. Il est bien entendu que chacun peut continuer son travail alchimique sans adhérer à ce qui précède. Nul n’est tenu d’acheter une carte avant un voyage ni de dire qu’elle est bonne tant que le voyage ne l’a pas confirmé.

L’Harmonie

C’est le second point à approfondir.

C’est par une suite de réharmonisations successives que l’homme rétablit son éveil spirituel. Elle ne peut être que progressive si l’on veut éviter tout inconvénient tant physique que mental. C’est pourquoi nous avons d’abord parlé des 7 élixirs, puis avons précisé le problème (Notices 9 et 19) et nous reviendrons sur ce sujet avec un nouveau type d’élixir.

En fait, le mécanisme est le suivant : chaque élixir agit sur un des aspects planétaires de l’homme soit, selon la Qabal, un des centres d’énergie séphirotique. Ces centres réagissent sur les énergies des cellules corporelles et c’est le début du processus. Car la voie est SEL, corps ; MERCURE, sang ; SOUFRE, énergie. Quand le Sel est réharmonisé, le sang modifie sa composition et agit sur les centres séphirotiques du cerveau qui relient les plans plus élevés et deviennent ainsi perceptibles. La lumière donnée à un aveugle peut l’éblouir et provoquer une nouvelle cécité ; la sortie de la nuit doit être progressive.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Nous n’avons pas encore abordé le travail à la cornue. Il y a trois raisons pour cela.

– Ce travail n’est pas nécessaire pour les applications qui ont été proposées jusqu’ici

– Actuellement, les cornues sont chères et difficiles à trouver

– Ce travail est délicat et requiert une certaine expérience pour éviter tout incident.

Voici, toutefois, quelques conseils.

Le premier problème est celui de la jonction ballon-cornue. Une solution est d’acheter une cornue dont le col est terminé par un rodage standard, ou bien de faire souder ce rodage par un verrier ; en ce cas la jonction cornue-ballon est aisée. Les Anciens avaient une autre méthode : ils appliquaient à la jonction ballon-cornue un lut, c’est-à-dire une matière fabriquée à partir d’argile. De nos jours, on choisira de l’argile en poudre de préférence à de l’argile à usage médical. On en fait une pâte en la malaxant avec un blanc d’oeuf cru. S’il y a échauffement, ce lut se durcit mais, en général, il est assez aisé de l’ôter du ballon et de la cornue.

Ensuite, comment faire pour réfrigérer cet ensemble ?

Si le ballon récepteur est d’un grand volume et si la distillation est très lente, la réfrigération peut se faire naturellement. Pour éviter tout risque de surpression ou d’explosion, le mieux est de plonger le ballon récepteur dans une cuvette contenant un mélange eau/glace.

Le nettoyage des cornues est malaisé. Certaines ont un bouchon rodé sur le sommet, ce qui facilite le nettoyage mais limite en partie l’étanchéité de la cornue, car il y a toujours risque de fuite.

L’avantage de la cornue est donc de donner aisément un montage étanche dans lequel la vapeur ne touche que du verre. Les inconvénients en sont le nettoyage malcommode et l’impossibilité de monter un thermomètre, sauf si l’on dote la cornue d’un bouchon rodé à son sommet.

Mais la cornue devient indispensable lorsqu’on distille des produits rares ; lorsqu’on n’obtient que quelques gouttes d’un produit, elles ne doivent pas être perdues et la cornue est l’instrument de distillation qui donne le moins de pertes.

Certains Alchimistes aident d’ailleurs ces dernières gouttes à passer en chauffant le « ciel » de la cornue, c’est-à-dire son dôme supérieur.

Pour ceux qui veulent s’essayer au maniement de cet instrument, nous donnerons ultérieurement une expérience pratique.

Planche : L’Arbre et les quatre Mondes.

NOTICE 28

Continuons notre étude sur l’initiation personnelle.

PHILOSOPHIE ET THÉORIE ALCHIMIQUE

Nous avons dit que le problème de l’initiation personnelle était un problème d’harmonie. Le rôle du Sel est de rétablir l’harmonie et d’attirer les énergies. Il faut que le Sel du corps de l’homme devienne un SEL HARMONIAC ; non pas le sel ammoniaque, mais le sel qui harmonise. Ce Sel doit être ouvert pour être attractif. Comme dans l’expérience métallique, le Sel doit devenir l’aimant qui attire les énergies astrales et spirituelles. Comme nous l’avons exposé dans la Notice 25, la matrice de l’homme comprend 12 Sels, chacun d’eux devant être fixé astralement dans le corps par une alternance de trois décans de dix jours.

Étant donné que la conception de l’homme ne dure que neuf mois, et en supposant qu’elle commence juste au début d’un signe, notre matrice présentera les déficiences d’influence astrale suivantes :

– un sel est complètement absent
– deux sels sont déficients aux 2/3
– deux sels sont déficients au tiers.

Après un premier éveil, un premier appel d’énergie par les sept élixirs de base, il nous faut réharmoniser notre matrice astrale pour qu’elle corresponde à un diapason universel dépersonnalisé.

En Alchimie, nous devons appliquer l’adage chinois : « L’étoile conduit le fou, le sage conduit son étoile ». Pour cela, nous devons corriger toutes les conditions astrales qui sont à notre portée.

L’examen du tableau des sels et la connaissance de notre date de naissance nous permettent de déterminer les sels déficients. Puisque chaque sel a trois décans d’influence, un demi-décan absent doit compter comme une déficience d’un sixième. Les Alchimistes qui se sont penchés sur l’homéopathie, fille un peu dérivée de l’Alchimie, disent que plus la dilution homéopathique est élevée, plus l’influence est d’ordre astral.

En homéopathie, une dilution est le fait de mélanger, par exemple, une goutte de teinture mère avec 100 gouttes de diluant. On a ainsi une dilution 1 CH. Si nous prenons une goutte de ce mélange avec 100 gouttes de diluant, nous obtenons 2 CH, et ainsi de suite. Selon les corps envisagés, à la 9ème ou à la 10ème dilution, l’opération n’a plus de sens physique et elle entre dans le domaine astral. Cependant, pour débuter, des dilutions 5 CH sont suffisantes. Généralement, les 12 sels de la matrice de l’homme se trouvent en homéopathie et on peut, par exemple, adopter le régime suivant.

Aussitôt après l’anniversaire, on prend chaque jour du décan 2 granules du sel homéopathique correspondant, ceci pendant trois mois. On peut appliquer ceci à n’importe quelle époque, mais c’est après l’anniversaire que cette méthode est la plus efficace. Reprenons ce sujet en détail afin d’éviter toute erreur d’interprétation. Durant la conception, la création du corps est sous l’influence des cycles astro-cycliques, dont les douze signes du Zodiaque sont les symboles. Mais ces influences ne peuvent agir que sur le « Sel », seul élément alors présent de l’Être. Le Mercure et le Soufre ne seront incarnés qu’avec le premier souffle, à la naissance, et après la rupture du cordon ombilical qui fera cesser l’alimentation en Mercure fourni par le sang maternel. C’est donc le Mercure et le Soufre tels qu’ils sont présents au moment de la naissance qui vont imprégner le Sel et le marquer de l’Image astrale des sept planètes telles qu’elles seront à cet instant.

Nous voyons donc que les astres influent sur notre composition de deux manières :

– Par le Sel durant la conception,

– Par le Mercure et le Soufre à la naissance.

Il faut donc corriger le Sel par les sels et les centres séphirotiques par les élixirs. Le Soufre et le Mercure sont purifiés par le Sel.

Nous avons vu dans les notices précédentes qu’un Mercure indéterminé permettait l’extraction de la teinture d’une plante quelle que soit sa planète. Un menstruum indéterminé ne change pas l’attribution planétaire de la teinture qu’il extrait.

Si l’homme était conçu au début du signe du Bélier et si la gestation durait 12 mois, son Sel serait indéterminé ; et s’il était alors ouvert il attirerait un esprit astral qui serait indéterminé. Si ce n’est pas le cas, l’esprit astral est déterminé, et il ne peut donc opérer que dans des domaines limités ; l’Alchimiste est incomplet. Dès que les élixirs permettent à l’énergie spirituelle de parcourir nos centres séphirotiques, il faut entreprendre le travail de l’harmonisation de notre Sel.

De même que les énergies astrales et spirituelles peuvent être focalisées et concentrées dans l’alcool ou dans le Mercure Philosophique, de même les énergies astro-cycliques du Zodiaque peuvent être concentrées dans l’Archéus. Ainsi les eaux obtenues au cours de la préparation de l’Archéus permettent une réharmonisation à n’importe quel moment de l’année.

Nous étudierons donc la préparation des sels combinés avec l’Archéus. Il est utile de revenir sur le processus d’initiation personnelle alchimique et sur ce qu’il représente. Si ces mécanismes ne sont pas bien connus, ni bien compris, le travail alchimique ne peut pas conduire vers son véritable but. Il est donc nécessaire de préciser ce que signifie le mot initier dans son sens ésotérique. Si initier veut dire commencer, avoir la connaissance pour débuter, son sens ésotérique véritable est différent. L’Initiation vraie est la réparation, la compensation de ce que diverses religions désignent comme la chute originelle.

Contrairement à ce qui est dit, la chute n’est pas la conséquence d’une faute, mais celle d’une nécessité. Toutefois, nous devons être prudent dans nos paroles, car ces problèmes demeureront toujours au-delà de l’intellect physique de l’homme.

L’émanation divine qui est le principe même de l’homme ne peut pas évoluer dans son état, dans son monde originel. L’évolution est incessible dans la perfection. Il faut donc commettre une erreur qui fasse quitter cet état, afin que l’évolution soit possible. Il faut quitter l’Éternité afin que le temps et l’espace permettent à chaque être de créer son propre miroir qui lui donne sa Soi-conscience. Quand, après la descente dans la matière dense, ce miroir est suffisamment « fixé » pour résister à la Perfection, alors le retour vers l’Éternité est possible.

Nous devons bien comprendre que la connaissance qui nous est transmise des mondes supérieurs, au cours de notre remontée, est intransmissible. C’est pourquoi les « Philosophes » disent que seul Dieu donne le secret. S’il est possible de donner les méthodes qui permettront à chacun d’accéder à cette connaissance, il faut se rappeler que celle-ci est supra-intellectuelle et que la transmission par le canal du cerveau ne peut être que limitée et déformée. Il en est de même pour la parole de l’homme, laquelle n’est qu’un voile qui cache le véritable Verbe qu’aucun mot ne saurait exprimer. Une des difficultés que nous rencontrerons dans notre sentier initiatique est que les véritables expériences intérieures sont des prises de conscience d’un monde dans lequel le temps et l’espace n’ont pas la même valeur que dans notre monde physique. Ici-bas, seule une interprétation physique de ces expériences est possible. De plus, la libération de conscience qui en résulte conduit à un niveau de connaissance qui dépasse les capacités de notre entendement physique, qui en réduit la nature et la valeur au niveau de sa propre interprétation.

Nous espérons que cet exposé vous aidera dans l’interprétation des expériences intérieures provoquées par les processus alchimiques.

Reprenons l’étude de nos sels. Une personne née le 30 avril n’aura pas les sels dont les décans sont compris entre cette date et le 30 juillet. Il manquera :

– 2 parts de chlorure de potassium
– 3 parts de fluorure de calcium
– 3 parts de phosphate de magnésium
– 1 part de sulfate de potassium.

Nous avons vu précédemment comment une première solution permettait de compenser ces manques. Si nous ne voulons pas attendre les trois mois suivant notre anniversaire, les éléments astro-cycliques astrologiques peuvent être dominés de la manière suivante.

Si nous avons distillé l’eau pour le GUR comme il est expliqué dans la Notice 21, nous disposons alors de 12 flacons. Le premier obtenu, le Soufre du Feu sera du signe du Bélier, le Mercure du Feu du signe du Taureau et ainsi de suite jusqu’au Sel de la Terre qui correspond au signe des Poissons. Nous remarquons que si pour obtenir le GUR, il faut laisser macérer l’eau longuement, deux ou trois mois à la rigueur, un cycle lunaire est un temps très convenable pour notre présent besoin.

Reprenons notre exemple de la personne née le 30 avril. Elle prendra l’eau du Mercure du Feu, un cm3 suffit ; elle y dissout à refus du chlorure de potassium puis dans un autre cm3 du fluorure de calcium. Elle opère de la même façon avec l’eau du Sel du Feu et dissout le chlorure de potassium, le fluorure de calcium, le phosphate de magnésium. Chacune de ces solutions est filtrée ; on prend une goutte que l’on mélange avec 100 gouttes de la même eau et on répète cette dilution 4 fois.

L’eau étant chargée des influences nécessaires, il n’est pas nécessaire d’attendre l’anniversaire. Il faut prendre, pendant 10 jours, 2 ou 3 gouttes de chacune de ces dilutions. Mais les sels doivent se succéder dans le même ordre que celui des astro-cycles zodiacaux.

Il faut remarquer que le fluorure de calcium est très peu soluble ; il faut donc pour lui une dilution de moins. Il existe plusieurs phosphates de magnésium ; seul convient celui dont la formule est MgHPO4 7H2O. De même, seul le phosphate de calcium dont la formule est Ca (H2PO4) 2 H2O convient. Il en va de même pour le phosphate de fer dont la formule est FePO4 2H2O. Les phosphates caractérisés par d’autres formules sont insolubles.

La silice est totalement insoluble ; on peut la remplacer par 10 à 15 gouttes de teinture de prêle dans 1 cm3 d’eau.

Pour ces produits insolubles, on peut toujours remplacer les deux ou trois premières dilutions par des triturations homéopathiques. Voici les noms latins de ces Sels utilisés en homéopathie :

– KALIUM PHOSPHORICUM
– KALIUM MURIATICUM
– KALIUM SULFURICUM
– KALIUM ou KALI = POTASSIUM
– MURIATIOUE = CHLORURE
– CALCIUM FLUORATUM
– CALCUM SULFURICUM
– CALCIUM PHOSPHORICUM
– NATRUM SULFURICUM
– NATRUM MURIATICUM
– NATRUM PHOSPHORICUM
– NATRUM = SODIUM
– MAGNESIUM PHOSPHORICUM
– FERRUM PHOSPORICUM
– SILICA

Les solutions présentées ici pour ce problème des sels, sont provisoires et ne constituent qu’une première approche de cette question. Plus tard, quand nous aurons étudié les Menstra minéraux et métalliques, ces sels devront être séparés en leurs trois principes Soufre, Mercure, Sel. Ces trois principes seront purifiés séparément et chaque sel donnera un élixir minéral, plus puissant que le sel dont il est dérivé.

NOTICE 29

Depuis quelques notices, nous se séparons plus nécessairement philosophie, théorie et pratique car nous espérons que la plupart d’entre vous ont commencé la pratique. Durant ces opérations pratiques nous devons constamment penser à la théorie, comprendre ce que nous faisons. Tout en surveillant une distillation on peut parfaitement réfléchir à la philosophie alchimique, à ses aspects mystiques et spirituels. C’est pour tenter de donner un reflet de ce concept que nous ne séparons plus systématiquement la théorie, la philosophie et la pratique. De plus, ce concept doit nous approcher de l’état d’esprit qui nous démontre peu à peu l’unité de la Connaissance.

Dans la précédente notice nous avons donné les éléments qui manquaient encore dans le processus d’initiation alchimique. Nous pensons d’ailleurs qu’il y a dans ce qui a été dit matière pour un long travail qui peut durer de un à trois ans. Toutefois, nous devons bien comprendre que dans les deux processus initiatiques précédemment expliqués (harmonisation et ouverture du Sel, et rétablissement des énergies spirituelles dans les centres séphirotiques), le travail est progressif et que l’élévation du niveau des vibrations doit être graduelle.

C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas encore donné tous les détails permettant d’atteindre le plus haut niveau vibratoire possible des élixirs. Nous allons donc étudier ce processus en détail dans nos prochaines notices. Ensuite nous aborderons le problème du vinaigre, puis nous expliquerons la préparation d’un menstruum universel. Ceci nous approchera peu à peu de l’Alkaest d’origine minérale mais non métallique. Si nous examinons les processus précédemment décrits d’un point de vue théorique, nous pouvons constater que la séparation des trois principes n’est jamais parfaite et donc que la première purification est imparfaite.

Le mécanisme de purification, soit absorption des impuretés par le Sel, purification de celui-ci par le feu et l’eau, fait que le niveau vibratoire s’élève peu à peu. Nous allons donc examiner la théorie et la pratique d’une méthode beaucoup plus rapide et efficace, par une séparation presque parfaite. Cette méthode déclenche une purification très poussée dès le début des opérations.

La première chose à obtenir est un Mercure parfait. S’il n’est pas absolu, il contient de l’eau ; ainsi de l’alcool à 99º contient encore 10 cm3 d’eau par litre. Cette eau va dissoudre un peu de sel minéral et la séparation Mercure-Sel ne sera pas parfaite. Nous supposons que grâce aux précédentes notices vous avez obtenu aisément un Mercure d’au moins 90º. Pour comprendre les moyens choisis dans le processus que nous allons décrire, il nous faut connaître ce que, du point de vue alchimique, on peut appeler la fatigue des choses.

Par exemple, jetons un peu de sel de cuisine dans de l’eau : au commencement l’eau est reposée, le sel se dissout donc rapidement. Ajoutons encore du sel : la dissolution est plus lente. Ajoutons du sel une nouvelle fois et il y a refus : l’eau est saturée et ne veut plus dissoudre le sel. Chauffons l’eau pour lui redonner des forces : la dissolution du sel va reprendre, pour s’arrêter à nouveau lors d’une nouvelle saturation.

Le carbonate de potassium absorbe de l’alcool, mais plus il absorbe cette eau moins il est énergique. C’est ce même phénomène qui rend ardue la préparation de l’alcool absolu. Moins il contient d’eau, plus il en est avide ; plus le carbonate a absorbé d’eau, moins il en est avide.

De plus le carbonate de potassium abîme beaucoup la verrerie : il faut donc que le matériel utilisé dans la manipulation que nous décrivons plus avant ne serve qu’à cet usage car le verre dépoli ne peut jamais être correctement nettoyé.

L’expérience montre que, dans ce travail, le carbonate de potassium s’agglomère en bloc et que les tentatives de le sortir du ballon se terminent souvent par de la casse ! Comme nous allons le voir, il y a intérêt, en raison même des principes alchimiques à réutiliser le carbonate de potassium car celui-ci s’affine et s’ouvre en fonction même du nombre de fois où il est utilisé.

Dans tout ce qui suit, nous utilisons des bocaux de conserve en verre, lesquels, en plus de leur prix modique, présentent plusieurs avantages. Ils supportent le bain-marie, résistent au vide et possèdent une fermeture étanche. Leur seul défaut est leur couvercle : pour distiller, il faut soit acheter un couvercle de réacteur qui convienne au type de bocaux choisi, soit percer un trou de 8 mm dans le couvercle en verre et y adapter un tube standard de 8 mm. Ce perçage est aisé et il ne demande que quelques minutes. Il faut bien sûr disposer d’un foret au carbure bien affûté. Pendant l’opération, il faut lubrifier à l’essence de térébenthine ; dès que le foret débouche, il faut inverser la pièce.

Notre matériel étant prêt, les opérations se succèdent dans l’ordre suivant : on calcine du carbonate de potassium à 350º pendant au moins une heure. On remplit le bocal à moitié avec ce carbonate, puis on verse de l’alcool à 90º jusqu’à deux centimètres du bord supérieur. On ferme avec un couvercle étanche et on laisse ce mélange agir pendant vingtquatre heures ; pendant cette période on l’agite deux ou trois fois. Le bocal est installé dans un bain-marie réglé par un thermostat ou placé sur une plaque électrique munie d’un thermostat. La température de l’eau du bain-marie sera maintenue à 85 ºC. Bien entendu, à ce moment le bocal est surmonté du couvercle équipé d’un tube de 8 mm. L’équipement de distillation comprend une sphère à reflux, un réfrigérant et un ballon, le tout constituant un ensemble étanche, ce qui évite que l’alcool n’absorbe l’humidité atmosphérique. Si nous n’avons pas encore une bonne maîtrise de la distillation et si nous ne sommes pas sûrs de la capacité d’absorption calorique de notre réfrigérant, l’étanchéité du système peut être une cause d’explosion.

Aussi pourrons-nous prévenir ce désagrément tout en empêchant les rentrées d’humidité de l’atmosphère en tendant un piège chimique : un tube de sortie d’air est monté sur le ballon récepteur et ce tube débouche dans l’atmosphère par le moyen d’un tube de 8 mm de diamètre et de 20 à 25 cm de long. Ce tube est rempli de carbonate de potassium calciné, maintenu en place aux deux extrémités par des bouchons d’ouate. La liquéfaction du carbonate sur quelques centimètres indique que le tube doit être changé et que le carbonate de potassium doit être à nouveau calciné. La distillation avec cet équipement donne un alcool compris entre 96° et 98º. Avec cet alcool on recommence le même processus mais avec seulement 1/6 en volume de carbonate dans le flacon. La distillation donnera alors un alcool titrant plus de 99º.

Une nouvelle distillation avec 25 g de carbonate au litre nous donnera un alcool titrant au minimum 99,8º. Cet alcool doit être utilisé immédiatement car sa conservation à ce titre est très délicate : flacon rôdé parfaitement étanche et plein sont des éléments indispensables pour assurer la conservation de cet alcool pendant quelque temps. Après usage, le carbonate est dissous dans de l’eau distillée et la liqueur est filtrée. Cette liqueur se sépare spontanément en deux parties : l’une est légère et l’autre est lourde. Ceci est dû au fait que le carbonate fixe aussi une certaine quantité d’alcool. La distillation de cette liqueur permet la récupération de l’alcool. On peut également profiter de cette distillation pour concentrer la liqueur. Celle-ci est ensuite versée dans un plat en pyrex et est lentement évaporée. Le carbonate récupéré est à nouveau calciné et gardé en flacon étanche.

Si après sa coagulation le carbonate n’est plus parfaitement blanc, il n’est pas utile de le calciner. Il faut à nouveau le dissoudre, le filtrer et le coaguler. Cette procédure nous montre en plus toutes les impuretés qui peuvent être extraites de l’alcool.

Avec ce Mercure très pur, nous allons entreprendre la fabrication des élixirs au blanc, ainsi nommés parce que les trois principes qui les composent sont blancs ou transparents lorsqu’ils sont prêts pour la coagulation finale.

Avec ce Mercure parfait, il faut une plante aussi parfaite que possible. La plante sèche sera débarrassée de sa poussière, de ses parties abîmées, etc. Si elle contient un résidu d’eau, celui-ci affaiblira notre Mercure ; aussi la plante devra-t-elle être soigneusement desséchée. Ceci peut se faire, par exemple, dans des bocaux à distiller. Après avoir placé la plante dans le bocal, on munit celui-ci de tubes à vide, d’un côté vers la trompe à eau, de l’autre vers un ballon contenant du carbonate de potassium calciné. Le vide étant fait, il faut fermer le circuit du côté de la trompe à eau afin d’éviter les rentrées d’humidité. Le bocal, lui, est maintenu deux ou trois heures dans le bain-marie réglé à 60º. Sous vide à cette température, la plante libère son eau résiduelle sous forme de vapeur absorbée par le carbonate.

La plante sera placée dans la cartouche d’un Soxhlet que sera chargé à l’alcool absolu. Le haut du réfrigérant de l’extracteur sera fermé par un bouchon en silicone, ceci afin d’éviter toute entrée d’humidité. Le ballon de l’extracteur sera chauffé à 85º, au bain-marie afin d’éviter la surchauffe du Soufre. Il faut plusieurs jours d’extraction pour être sûr que tout le Soufre est extrait. L’extraction totale du Soufre est primordiale.

Le résidu dans la cartouche sera calciné et lessivé jusqu’à ce que ce Sel soit plus blanc que neige. L’extraction totale du Soufre se constate par le fait que le Sel n’est pas adhésif. Souvent ce Sel scintille car il forme des petits cristaux. La teinture est distillée. Si l’alcool ainsi récupéré n’est plus absolu, on peut le traiter au carbonate calciné.

Lorsque la teinture a l’épaisseur du miel, on la verse dans un creuset et on la calcine. On obtient un résidu noir que l’on pile aussi fin que possible. On le place ensuite dans une coupelle en quartz ou en porcelaine, mais pas en verre. On verse sur ce résidu une solution d’eau distillée alcoolisée à 5 % avec l’alcool récupéré précédemment.

Cette solution doit être versée jusqu’à recouvrir le résidu d’une épaisseur comprise entre ½ et 1 cm. Après une nuit de repos, la solution est évaporée lentement. Le résidu est calciné, réduit en poudre et le cycle recommence. En peu de jours le résidu devient blanc étincelant, plus blanc que neige : c’est le Sel du Soufre. Les cristaux qui apparaissent dans ce Sel indiquent par leur structure l’attribution planétaire de la plante. Ce Sel du Soufre est mélangé à parts égales avec le Sel obtenu lors de la calcination de la plante. S’il y a juste imbibition avec le Mercure récupéré, puis mise en couveuse, nous nous orientons vers la Pierre Végétale.

Si la quantité de Mercure versé est importante, le volatil l’emporte, mais l’alcool ne se chargera en Sel et en Soufre que par des distillations répétées. Le volatil doit peu à peu rendre le fixe volatil.

L’ALCOOL PHILOSOPHIQUE

Beaucoup d’auteurs n’ont abordé ce sujet que dans leur étude de l’oeuvre métallique. Mais l’intérêt de ce menstruum est aussi grand dans le domaine minéral que dans le domaine végétal. Toutes les extractions précédemment conseillées peuvent être faites avec avantage au moyen de ce menstruum connu sous le nom de « Menstruum de Kerkring ».

Le premier produit nécessaire à sa fabrication est le sel ammoniac connu de nos jours sous le nom de chlorure d’ammonium.

Les Anciens se le procuraient de diverses façons : distillation de cornes de cerf, résidu de séchage de l’urine des chameaux qu’ils allaient chercher en Afrique, distillation de l’urine. De nos jours, l’approvisionnement est nettement plus aisé : il suffit de s’adresser à un marchand de produits chimiques.

Le sel doit être sublimé trois fois au minimum. En fait, quand le sel ammoniac est chauffé il ne s’évapore pas, mais il se décompose en deux gaz qui se combinent entre eux dès que la température le permet.

Il faut se procurer un plat du style « Pyroflam » avec son couvercle en Pyrex, une pince en bois ou une tige d’acier qui permettra d’ôter ce couvercle une fois chaud. Le sel est placé en une couche régulière d’un ou deux centimètres au fond du plat que l’on chauffe avec une plaque électrique ou avec un appareil au gaz. Le couvercle de pyrex a été auparavant mis en place.

Rapidement, des vapeurs blanches se forment et le sel se dépose sur le couvercle. De temps en temps, on soulève le couvercle avec les pinces et on examine l’épaisseur de dépôt. Pendant cette opération, il ne faut pas respirer les vapeurs car elles sont nocives. On replace le couvercle. Si le sel déposé a une épaisseur de 2 à 3 mm, on place un nouveau couvercle sur le plat et on laisse refroidir le premier. Dès qu’il est froid, on détache la couche de sel avec la pointe d’un couteau ; en général, cette couche se décolle aisément en une seule fois. On la casse en morceaux que l’on enferme dans un flacon de verre. Au bout d’un moment, il ne reste dans le plat qu’un sel gris noirâtre et des impuretés ; on arrête alors l’opération. Le plat froid doit être soigneusement nettoyé.

On marque le flacon 1S, puis on prend le sel sublimé, on recommence l’opération et on le place dans un flacon marqué 2S. En général, lorsqu’il est sublimé trois fois, le sel ne laisse plus de dépôt noir et il se sublime entièrement. Si ce n’était pas le cas, il faudrait procéder à une quatrième sublimation.

Les colorations jaunes du sel sublimé ne présentent pas d’inconvénients, bien au contraire.

Le sel étant ainsi préparé, examinons le processus de préparation de l’alcool.

Celui-ci doit être d’un très haut titre : il faut le porter au-delà de 93º et le laisser macérer pendant 24 heures soit sur du carbonate de potassium (sel de tartre) calciné au moins une heure à 350 °C soit sur de la chaux vive calcinée à 850-900 ºC pendant au moins une heure.

L’alcool est distillé en circuit fermé pour lui éviter l’absorption de l’humidité atmosphérique, dans un appareillage rigoureusement propre. Le titre obtenu doit être au minimum de 99,5º; en fait on obtient entre 99,5º et 99,8º.

L’esprit de vin et le sel étant prêts, nous avons la possibilité d’utiliser deux méthodes.

Méthode lente

À la nouvelle lune, mélanger quatre parts de sel et dix parts d’alcool (parts en poids) ; enfermer ceci dans un flacon rodé étanche. Mettre en macération à une température de 40- 42 ºC. Agiter au moins une fois le mélange quotidiennement.

Surveiller sa couleur. Les reflets et la couleur de l’alcool varient avec les phases de la lune. Si tel est le cas, on laisse la macération se poursuivre pendant une deuxième lunaison. Ensuite, en circuit fermé, distiller très lentement 3 fois le menstruum. Le menstruum de Kerkring est alors prêt.

Le résidu solide de la première distillation peut être mélangé au sel ammoniac. Le sel peut servir plusieurs fois si on le conserve dans un flacon de verre étanche. Penser à noter sur le flacon le nombre de macérations.

Le menstruum peut aussi servir plusieurs fois, mais on ne doit jamais le faire agir dans d’autres règnes que celui pour lequel on l’a utilisé en premier lieu. Un menstruum vierge extrait l’huile rouge de l’antimoine correctement préparée.

Méthode rapide

Remplir de sel le cartouche vierge de l’extracteur du Soxhlet. Charger le Soxhlet avec l’alcool rectifié ; couvrir le réfrigérant pour être en circuit fermé et éviter les entrées de vapeurs atmosphériques. Laisser le Soxhlet circuler au moins douze fois. Distiller l’alcool trois fois, le menstruum est prêt.

À l’usage, on note peu de différences entre les deux menstra. Toutefois, le menstruum obtenu par la première méthode semble plus énergique dans les extractions métalliques ou minérales.

Nous étudierons prochainement une troisième méthode.

NOTICE 30

NOS SOURCES DE TRAVAIL

Dans notre méthode de travail, nous nous efforçons de présenter pour chaque sujet les solutions qui peuvent se trouver dans diverses sources écrites ou orales. Les solutions que nous présentons peuvent être soit traditionnelles soit modernes. Nous devons dire que dans ce début de cours, nous avons tendance dans la partie végétale, qui n’est qu’une préparation, à privilégier les méthodes modernes pour une raison fort simple : ces méthodes prennent infiniment moins de temps que les méthodes anciennes, et un salarié des temps modernes ne dispose pas du même temps que celui dont disposaient les alchimistes anciens. Il est d’ailleurs probable que pour les minéraux, et plus encore pour le métallique, nous nous rapprocherons des méthodes traditionnelles.

Quelles sont nos diverses sources ?

Certaines solutions présentées sont issues de notre recherche documentaire, et nous les présentons après les avoir nous-mêmes expérimentées.

Souvent notre travail expérimental nous a conduit à modifier un texte original, à le compléter ou à donner des détails pratiques qui n’existaient pas dans l’original. D’autres solutions sont issues de la documentation qui nous est fournie par des groupes ou des écoles dont les buts sont identiques aux nôtres, et parfois par des alchimistes autonomes et solitaires. Dans ce cas, nous limitons nos expériences et quelques-unes des méthodes proposées, si leur source nous paraît valable ; nous n’avons pas le temps matériel de tout éprouver.

Quand une source nous paraît en être digne, nous lui accordons alors un certain degré de confiance.

LE SEL

Revenons sur le problème du Sel et essayons maintenant de le résumer.

Une école alchimique moderne propose de préparer d’abord les douze sels à des doses homéopathiques. Mélanger les douze solutions pour obtenir l’élixir dit « du printemps » qui, selon le concept alchimique, peut résoudre toutes les carences de sel dues aux considérations astrales entraînées par la date de conception.

Nous avons dit que certains des douze sels étaient insolubles et que, dans ce cas, il fallait les préparer par trituration. Cette opération consiste à réduire le sel en une poudre impalpable et à mélanger cette poudre à un élément fixant, par exemple du glucose. Si la poudre est vraiment impalpable, les grains les plus petits vont adhérer aux molécules de glucose qui, ensuite, les entraîneront dans les dilutions successives. Il y a une parenté certaine entre le concept alchimique et le concept homéopathique : ils défient l’un comme l’autre les concepts de la logique cartésienne.

Pour nous aider dans notre travail, rappelons-nous deux principes essentiels :

– 1) Une dilution doit être suivie d’une dynamisation, c’est-à-dire que le produit doit être énergiquement secoué à la main.

– 2) Puisqu’une dilution décimale est une dilution par 10, on pense, en toute logique, que deux dilutions décimales 1/10 x 1/10 = 1/100 sont égales à une dilution 1 CH, soit 1/100.

Or, ceci est faux. Une suite de dilutions homéopathiques provoque l’inversion du remède.

Mais cette inversion a lieu sensiblement pour le même nombre de dilutions, que celles-ci soient décimales ou centésimales.

Si nous prenons un produit toxique tel que l’arsenic, il évolue de la façon suivante, que ce soit au cours de dilutions décimales ou de dilutions centésimales :

– Pendant les deux ou trois premières dilutions, le produit demeure toxique,

– De la troisième dilution à la dixième ou la onzième, il est curatif,

– À la dixième ou à la onzième dilution, il est neutre,

– De la onzième ou de la douzième dilution à la quatorzième, il est à nouveau nocif.

Pour ceux qui utiliseront des sels tout prêts et qui tiendront compte des influences astrales, ce qui précède a bien entendu moins d’intérêt.

Mais, par contre, ces renseignements concernent au plus haut degré ceux qui utiliseront l’eau du GUR pour ces préparations qui dispensent, alors, en grande partie de tenir compte des influences astrales.

Toutefois, il y a toujours avantage à mettre tous les atouts dans son jeu, et à respecter le plus possible toutes les conditions favorables.

Commentaire : dans les remèdes homéopathiques, c’est la dynamisation qui apporte la force au produit. Celui-ci n’est pas un produit pur ni un produit régénéré par sa décomposition en et reconstitué ensuite par la cohobation.

Cette décomposition et cette reconstitution alchimiques éliminent les impuretés toxiques du produit, et cette opération apporte en une fois une force qu’une longue suite de dynamisations ne saurait apporter.

C’est pourquoi les éléments alchimiques ne doivent être dilués qu’une seule fois, mais de manière importante : de une à vingt gouttes dans un verre de liquide convenable. Il est bon de se souvenir de ceci, car nous allons prochainement aborder l’usage ésotérique des élixirs.

Il est également très important dans ce travail de ne pas inverser les effets des élixirs par une suite de dynamisations homéopathiques.

Pour ceux que les questions homéopathiques intéressent, ils peuvent se référer à l’ouvrage « La Médecine Anthroposophique » du Docteur V. Bott.

FIXE ET VOLATIL

Abordons maintenant ce sujet, totalement différent du précédent. On retrouve encore dans ce domaine la difficulté d’interprétation des livres alchimiques : il faut souvent savoir user de ruses, et plus souvent encore être inspiré pour savoir ce qui se cache derrière les mots. Lorsque nous avons parlé de la création des éléments, nous avons dit que le Sel de la Terre est le plus fixe et le que le Soufre du Feu est le plus volatil.

Rien n’est fixe, rien n’est volatil, si ce n’est comparativement à une autre chose. Dans le sens alchimique, le vinaigre est fixe par rapport à l’alcool. L’alcool est volatil par rapport au vinaigre, mais il est fixe par rapport à l’éther.

On peut alors se demander en lisant un texte alchimique qui ne comporte aucune référence de comparaison quelle est la valeur du fixe et du volatil.

Dans la plupart des cas, on peut dire que la référence est l’eau. C’est-à-dire que tout ce qui bout avant le point d’ébullition de l’eau est considéré comme volatil, et tout ce qui bout après ce point est considéré comme fixe.

En fait, derrière les termes fixe et volatil se cache également le plus grand secret alchimique souvent décrit et employé, mais jamais expliqué totalement en clair. Nous avons dit dans les premières notices que la répétition d’une même opération provoque l’évolution de la matière. Ce que nous n’avons pas dit alors est que cette évolution peut être dirigée soit vers le fixe, soit vers le volatil. C’est l’élément le plus fort qui dirige l’opération. Si nos deux éléments sont parfaitement purs, seule la quantité en présence déterminera le sens de l’évolution.

Une Pierre est, par principe, un fixe qui doit, dans le fixe, être l’égal du Sel de la Terre. Prenons le Sel. Il doit être imbibé avec le mélange Soufre-Mercure entièrement, mais juste imbibé. Si le liquide apparaît en surface il faut le retirer par distillation avant la mise en couveuse. Ceci demande une patience extrême, car l’imbibition n’est valable que si le Sel est sous forme d’une poudre impalpable. Plus la poudre est fine, plus vite le résultat est atteint. Comme il y a peu de Mercure, le flacon doit être parfaitement étanche (rodage graissé ou bouchon en silicone).

Quand la poudre est sèche et que le Mercure-Soufre est absorbé, il faut faire une nouvelle imbibition, toujours sans que le mélange Soufre-Mercure ne coule : surface humide, mais pas de liquide coulant. Après trois ou quatre imbibitions, la poudre est sortie et calcinée, si on obtient au refroidissement une pierre blanche qui ne fume pas en fondant, qui ne se dissout pas à l’eau. Dans ce cas, la Pierre est terminée. Si les conditions ne sont pas réunies, on recommence les opérations après avoir réduit la pierre en une poudre impalpable. C’est la répétition patiente et soigneuse de ce cycle qui fixe le Mercure et le Soufre par le Sel, et qui conduit à une Pierre.

Pour le volatil, l’opération utilisée pour l’élixir est inverse : ce n’est plus l’imbibition qui va faire évoluer la matière, mais c’est la distillation qui sera l’opération évolutive. Pour que le volatil soit le plus fort, le flacon sera rempli au 1/30 environ de Sel qui sera noyé dans dix à douze fois son volume de Soufre et de Mercure mélangés. Généralement une incubation en couveuse pendant une semaine suffit. On distille jusqu’au sec et on reverse le distillat sur le Sel ; puis on remet une semaine en incubation. La répétition de cette opération rend peu à peu le Sel volatil qui passe alors à la distillation.

Le flacon doit être très étanche et très résistant car il est pratique de l’utiliser comme ballon de distillation. La distillation doit se faire sans reflux et sans perte ; aussi une cornue en verre dur est-elle pratique pour cette expérience.

LE SOUFRE

Après notre étude du Sel, et en particulier des douze sels, nous parvenons maintenant à l’étude du Soufre.

Si la connaissance du processus des sept élixirs de base est impérieuse et nécessaire, celle des douze sels l’est moins et peut même, dans de nombreux cas, être moins indispensable à la poursuite de notre chemin.

En effet, la Nature a tendance à auto-corriger toute chose. Il est vrai qu’Elle le fait en général avec lenteur, mais Elle ne peut pas tout. Tout ce qui est du domaine de l’Art lui est inaccessible. La Nature suit ses lois d’une manière déductive, uniquement en suivant les lois de cause à effet. Seul l’homme a accès à l’induction, ce qui, dans une certaine mesure, lui permet de sortir de ce processus rigide. Mais cette liberté est compensée par une action de la loi de justice ou plutôt d’équilibre que certains nomment karma.

Le domaine atteint par les élixirs n’est plus celui de la Nature, mais celui de l’Art et, par son travail, l’Adepte doit rétablir dans ce domaine les dommages provoqués par l’induction, par son libre-arbitre, et ainsi satisfaire à la loi d’équilibre et d’harmonie. Il n’en est pas de même pour le Sel qui, lui, est entièrement du domaine de la Nature. Si celle-ci trouve dans la nourriture les éléments nécessaires au rétablissement de l’équilibre naturel, celui-ci se fera lentement. Mais il n’est pas interdit à l’homme d’aider la Nature et d’accélérer le processus afin que l’harmonie soit plus vite rétablie. Nous devons signaler que si certains sels manquent dans l’alimentation, la Nature peut les produire dans l’homme grâce aux pouvoirs intérieurs de transmutation de tout être vivant. La transmutation métallique n’est peut-être que la maîtrise et l’extériorisation de ces pouvoirs internes naturels présents, mais occultés à la conscience extérieure de l’homme. Pour ce problème des sels, chacun peut choisir une des solutions précédemment proposées, ou même ne rien faire s’il pense que la Nature a fait ou a entrepris en lui le processus de rééquilibrage.

Commençons maintenant sous divers aspects l’examen de ce que l’on nomme Soufre, car ce principe est subtil, et il nous conduira à revoir la différence entre la chimie et l’Alchimie. Une bonne connaissance de ce principe est indispensable dans la théorie et dans la pratique.

Le Soufre est l’âme des choses, et l’extraction alchimique correspondante n’en est que le support. Dans sa nature profonde, le Soufre est une Force Spirituelle que rien de matériel ne peut détruire, ni feu, ni acide. L’âme de l’homme, son véritable Soufre, n’est libre et puissante que si elle est débarrassée des scories qui l’empoisonnent et la paralysent. Il en est de même de l’âme des choses dans la Nature. Les seules opérations possibles sur le Soufre consistent à nettoyer son support de toutes les impuretés qui l’empêchent d’agir, et ainsi de rendre ce support plus transparent pour permettre le transfert de l’Énergie Spirituelle.

Toutefois le problème est différent pour l’homme et pour les choses. Le Soufre étant l’Énergie Spirituelle de l’homme, sa conscience, ses pensées, une mise en ordre de ce domaine est indispensable. Un Alchimiste doit avoir un bon Soufre, sinon il risque de gros ennuis. Il doit donc être à la fois généreux, au moins et surtout dans son mode de pensée ; raisonnable, pondéré, ne cédant ni aux accès de colère ni aux impulsions brutales qui dérèglent les courants d’énergie. Il doit aussi aiguiser son intelligence par le travail, en parvenant à la compréhension de la Nature tant par une sorte de communion directe que par l’étude intellectuelle de ses mécanismes.

Nous continuerons cette étude au cours de la prochaine notice.

NOTICE 31

Nous continuons notre étude du Soufre et nous l’examinons maintenant dans les choses. Cette étude va nous conduire à des remarques qui seront extrêmement utiles dans nos travaux aussi bien théoriques que pratiques.

Premier principe, le Soufre, son âme, son Énergie Spirituelle, peut être au moins partiellement captée par d’autres choses qui sont, en théorie, les trois Mercures des trois règnes. Si un Mercure vibre bien, il peut au moins partiellement capter le Soufre d’un autre règne. Pour illustrer ceci, développons maintenant quelques exemples qui vont de plus nous montrer la complémentarité chimie-alchimie.

Supposons que nous versons de l’alcool à 97-98° sur du carbonate de potassium calciné.

Nous le laissons en macération 24 heures, puis nous le distillons. Le chimiste dira que nous allons obtenir un alcool très pur. L’alchimiste dira que nous allons obtenir un alcool minéralisé. Selon le chimiste, le carbonate de potassium ne passe pas à la distillation. Tous les deux ont raison, cependant, du point de vue alchimique, le chimiste a tort. L’alcool à 97- 98° a un pouvoir d’extraction minérale faible, mais ce Mercure végétal qui déjà « vibre » bien va extraire le Soufre minéral, l’Énergie Spirituelle du carbonate de potassium, qui passera avec lui à la distillation. L’alcool devient apte aux extractions minérales, c’est pourquoi l’alchimiste dit qu’il est minéralisé.

Si nous avions déshydraté l’alcool avec de la chaux vive, il aurait été aussi minéralisé, mais le Soufre du calcium est différent de celui du potassium et nos deux alcools ne seraient pas identiques, alchimiquement parlant. C’est pourquoi la déshydratation ultime de l’alcool doit être différente pour un Mercure Philosophique végétal ou un Mercure Philosophique minéral.

Ceci nous montre que l’alchimiste doit savoir être chimiste dans le domaine matériel et alchimiste dans le spirituel, pour ce qui est la force de la vie. Ces deux aspects de la connaissance ne doivent pas s’opposer mais se compléter.

Un autre exemple nous montre l’intérêt théorique et pratique de la connaissance du Soufre, de l’Énergie Spirituelle. De même que l’homme impur qui quitte la terre va nettoyer son véhicule spirituel pour un nouveau départ, de même l’eau de la terre suit un cycle purificateur. L’eau est aussi un menstruum universel. Dès l’instant où elle ruisselle sur la terre, elle se charge du Soufre des choses qu’elle rencontre. Tôt ou tard, elle arrive à la mer où elle rencontre le Sel de la Terre, le Sel purificateur. Après quoi l’énergie solaire l’évapore, la distille, et l’air lui rend son énergie première, elle est alors pure de tout Soufre issu des éléments de la terre. Seule, l’eau de pluie qui n’a pas ruisselé sur le sol contient l’Énergie Spirituelle à son plus haut niveau, et n’est alors gênée par aucune impureté terrestre. Elle peut être indifféremment orientée vers l’un des trois règnes. C’est ce mécanisme qui explique l’intérêt des alchimistes pour l’eau de pluie ou la neige fondue. Lorsque l’eau a perdu son potentiel positif au contact de la terre, et qu’elle s’est chargée de divers Soufres et d’impuretés terrestres, il sera impossible de lui rendre son état premier par la distillation. Celle-ci l’améliorera mais ne lui rendra pas sa pureté première.

Nous espérons que ceci vous aura éclairé sur les mécanismes alchimiques des menstra. Nous avons dit au début du cours que les liquides d’extraction, lorsqu’ils approchent de la perfection, doivent être protégés des effets psychiques ou spirituels négatifs. Quand ces liquides sont prêts et qu’ils sont en attente d’usage, nous les conservons dans notre oratoire, ce qui permet de rendre moins stricte l’entrée du laboratoire. Si un menstruum est entouré de pensées ou de bruits inharmonieux, il se charge négativement et ainsi il ne sera plus convenable ou ne sera plus apte à prendre la Force Spirituelle des choses. Il tirera moins bien le support physique de l’énergie, la teinture, et encore moins bien l’énergie qu’elle contient. La hiérarchie des Mercures les rend de plus en plus sensibles à ce mécanisme. Un Mercure végétal imparfait est peu sensible, un Mercure végétal absolu devient déjà très sensible.

Le Mercure Philosophique extrait du plomb sera déjà très sensible ; sa manipulation deviendra de plus en plus délicate au fur et à mesure que sa purification le rendra apte à agir dans la hiérarchie des métaux, étain, fer, or, cuivre, mercure, argent.

Si nous regardons le ciel chimique de la Notice 9, nous remarquons que s’il est bien tentant de partir du Mercure le plus proche de l’or et de l’argent, il est aussi bien prétentieux et bien imprudent de partir d’aussi haut dans l’échelle métallique. Avoir la maîtrise du Dieu magique, Mercure, n’est pas un travail de débutant.

Nous examinerons prochainement les raisons théoriques qui indiquent la zone de départ dans le ciel chimique.

L’ALCOOL PHILOSOPHIQUE

Nous pouvons revenir à la fabrication de l’alcool philosophique. Pour porter à l’extrême le Mercure végétal, il est évident qu’il ne doit pas être minéralisé ni par le potassium ni par le calcium. L’agent de passage idéal entre règne végétal et minéral est l’ammoniaque. Il a de plus l’avantage de faciliter les phénomènes de « fermentation » ou, comme il est dit dans les livres anciens, de « putréfaction » dans le règne minéral ou métallique.

L’alcool philosophique sera donc un alcool alchimiquement pur et ensuite chargé avec la teinture, la Force Spirituelle du Sel ammoniac.

Dans cette même Notice 9, nous avons la description d’une installation de distillation sous vide, et un tableau montre qu’il est possible d’obtenir un alcool à 99,5°. Certains penseront peut-être que les Anciens n’avaient pas ces dispositifs, mais ils savaient distiller sous vide par le procédé de lavage de l’air par la vapeur d’alcool, procédé que nous verrons ensuite dans le cours. Lorsque l’alcool approche de sa perfection, il devient extrêmement volatil et avide d’eau et notre installation moderne a sur ce point un handicap par rapport à l’ancienne méthode. L’installation de la planche n° 3 de la Notice 9 devra être modifiée de la façon suivante.

– 1) Le robinet à vide sera placé entre la soupape anti-retour et le manomètre,

– 2) Avant toute opération, le réservoir à vide sera soigneusement séché et sera ensuite rempli sur deux à trois cm de hauteur de carbonate de calcium ou de chaux vive,

– 3) Le ballon de récupération du liquide distillé sera entouré d’un bain d’eau et de glace,

– 4) La colonne à rectifier peut être supprimée avec avantage et remplacée par une sphère anti-reflux de KJELDAHL.

La distillation sera conduite avec une extrême lenteur. S’il n’y a pas de colonne à rectifier ou si la pièce n’est pas froide, en été par exemple, le vide et la glace suffisent pour obtenir une distillation lente.

Cet alcool sera ensuite chargé par la teinture du Soufre du sel ammoniac, qui doit être lui aussi à son maximum de vibrations. Le sel ammoniac le plus adéquat pour la fabrication de l’alcool philosophique vient du règne animal.

Nous aborderons ce sujet dans quelques temps.

MENSTRUUM ET LIQUIDE D’EXTRACTION

Maintenant que nous sommes plus avancés dans nos travaux, nous devons bien différencier les menstra et les liquides d’extraction. Nous n’avions pas évoqué cette distinction jusqu’ici afin de ne pas compliquer le travail. Toutefois, certaines précautions doivent être prises pour interpréter ce que nous allons dire. Car si les lois alchimiques sont immuables, la connaissance forcément limitée de l’esprit spirituel des choses nous oblige à être prudents et à ne pas affirmer péremptoirement la validité certaine des affirmations contenues dans cette notice.

Le Mercure de chaque règne et l’eau sont des menstra. C’est-à-dire qu’ils sont capables d’extraire la Force Spirituelle de son support. Dans chaque règne, le Mercure du règne est le plus approprié comme extracteur, mais en général dans son règne il passe à la distillation avec la Force Spirituelle. Cette dernière ne passe en principe pas en dehors du règne de Mercure, sauf en cas de supériorité hiérarchique, c’est-à-dire que, lors de la distillation, la Force Spirituelle métallique ne passe pas avec l’alcool philosophique.

Par contre, la Force Spirituelle passe à la distillation dans une extraction végétale, qu’elle soit faite avec le Mercure végétal, l’alcool philosophique ou le Mercure philosophique métallique. Ceci explique la possibilité des élixirs exposés dans une précédente notice. La distillation de la teinture végétale conserve sa Force Spirituelle alchimique.

Il peut paraître étonnant que nous donnions l’eau dans les menstra universels. S’il est évident que par macération, nous pouvons obtenir une teinture végétale, ceci paraît beaucoup plus aléatoire pour le minéral ou pour le métallique. Pourtant, l’expérience suivante est intéressante à ce point.

Pour en chasser le soufre excédentaire et l’arsenic, nous calcinons de la stibine à 300-350° maximum pour qu’elle ne fonde pas, en l’ayant disposée en couches minces, et ceci pendant de longues heures ; on obtient après pilonnage une poudre gris noir. On charge alors avec cette poudre un extracteur de Soxhlet et son ballon avec de l’eau de pluie distillée. Après un délai d’extraction variable compris entre deux semaines et trois mois, l’eau prend un caractère acide (pH 1-2) bien qu’elle ne soit pas corrosive. La distillation donne le Vinaigre d’Antimoine. Ceci prouve que l’eau a un pouvoir d’extraction métallique lent mais réel.

Si la calcination de la stibine a été insuffisante et que du soufre restait, pas le Soufre, mais du soufre jaune commun, l’opération serait compromise car ce soufre, au cours de la circulation, va peu à peu donner avec l’eau de l’acide sulfurique, qui est très difficile sinon impossible à séparer, du Vinaigre d’Antimoine, ne serait-ce qu’à cause du caractère fixant de celui-ci. En ce cas, l’eau extraite est vraiment corrosive.

Examinons maintenant deux autres liquides d’extraction, le di-éthyle oxyde dit éther sulfurique et l’acétone (ne pas confondre avec l’Acétone des Sages).

Nous avons indiqué dans une notice d’information les dangers encourus par la manipulation de ces deux liquides. Les précautions prises doivent être très grandes et davantage encore avec l’éther qu’avec l’acétone. Les précautions minima sont les suivantes :

– Pas de chauffage à la flamme, uniquement au bain-marie,

– Pas d’appareil électrique susceptible de produire des étincelles,

– Réfrigération par de la glace,

– Glace de protection entre l’appareil à distiller et l’opérateur,

– Pas de vêtements en tissus synthétiques susceptibles de provoquer des étincelles,

– Aération importante du local.

Les extractions faites avec ces deux liquides sont extrêmement rapides, beaucoup plus qu’avec l’alcool philosophique. Ils sont capables d’extraire lentement le Soufre de la plupart des oxydes métalliques ou minéraux, par simple macération. Ces liquides ne font pas passer la Force Spirituelle à la distillation. Les teintures extraites sont récupérées avec toute leur force et le liquide d’extraction est séparé par simple distillation.

Par exemple, pour l’alcool philosophique, on sublime trois fois le sel ammoniac, on charge avec ce sel pulvérisé un Soxhlet, et son ballon avec de l’éther. Étant donné la volatilité de l’éther, la réfrigération doit être très importante. On utilise deux réfrigérants mis bout à bout, soit dix à quinze boules, le sommet étant bouché avec du coton hydrophile. Même avec un faible chauffage au bain-marie, la circulation est très rapide. L’éther se colore légèrement en jaune. La distillation de l’éther donne une huile jaune, le Soufre de l’ammoniaque.

La dissolution de cette huile dans l’alcool absolu transforme celui-ci en Alcool Philosophique. Le procédé est rapide mais délicat. Il vaudra mieux ne l’utiliser que lorsque nous aurons étudié la fabrication du sel ammoniac d’origine animale.

L’acétone peut être utilisé dans le végétal pour extraire davantage d’huile quand les huiles, essentielles sont fixes ou sous forme de graisses qui résistent à l’alcool. Mais son usage, proche d’ailleurs de celui de l’Acétone des Sages, est l’extraction du Soufre du verre d’antimoine. Cette extraction n’étant ni fixe ni volatile, la procédure est identique à celle de l’éther étudiée précédemment.

L’acide acétique est lui aussi un liquide d’extraction remarquable et qui peut agir dans les trois règnes bien que son origine soit végétale.

La caractéristique principale des produits extraits par l’acide acétique est leur fixité. Par exemple, reprenons le verre d’antimoine. Les résultats des diverses extractions seront les suivants :

– Extraction à l’alcool, teinture volatile,

– Extraction à l’acétone, teinture neutre, ni fixe ni volatile,

– Extraction à l’acide acétique, teinture fixe (dans ce cas, la séparation acide acétiquevinaigre d’antimoine sera extrêmement délicate).

L’acide acétique est l’une des clés de l’entrée dans le règne métallique car, comme nous le verrons ensuite, il permet l’extraction des teintures du plomb, du fer, du cuivre. Les autres préparations sont plus délicates que ces trois premières.

Nous devons faire une différence entre le vinaigre distillé et l’acide acétique de synthèse.

Leurs pouvoirs d’extraction sont sensiblement identiques à des degrés égaux de concentration, mais le résultat est tout à fait différent du point de vue alchimique.

Si nous opérons sur un métal vivant (nous avons expliqué ce qu’il faut entendre par ce terme, mais nous y reviendrons d’une manière plus complète), on peut indifféremment utiliser l’acide acétique ou le vinaigre distillé, bien que ce dernier soit toujours préférable.

Ceci est aisé à comprendre, si les corrosifs comme les acides hydro-chlorhydriques, nitriques ou sulfuriques qui sont d’origine minérale tuent le métal, en général, l’acide acétique d’origine végétale ne peut pas absorber la vie métallique et en conséquence ne peut pas tuer le métal. Le vinaigre distillé peut lentement revivifier le métal mort. C’est ce qui se pratique dans le travail du plomb et que l’on peut cataloguer sous le nom de « Travaux d’Hercule ».

Si la revivification est correctement effectuée, l’acide acétique sort une teinture qui contient à la fois le Soufre et le Mercure Alchimique.

NOTICE 32

Nous avons donné les éléments indispensables à la fabrication des élixirs alchimiques végétaux. Nous allons maintenant étudier leur usage ésotérique et la première phase de l’initiation personnelle alchimique.

Nous débuterons par la description des préparatifs nécessaires à ce travail, puis nous exposerons le pourquoi, le comment et les raisons qui expliquent et justifient ce processus.

Cette partie du travail ne peut pas être effectuée sans oratoire. Cette pratique est illustrée d’une manière très intéressante dans la planche de l’oratoire de l’amphithéâtre de l’Éternelle Sapience de KHUNRATH.

Si on ne dispose pas de pièce consacrée à cet usage, il est possible d’avoir un équipement minimum qui peut être installé dans un placard ou même dans une boîte. L’important est que l’ensemble soit protégé des contacts psychiques négatifs et qu’il puisse être aisément installé.

La boîte contiendra les sept élixirs dans des flacons marqués du signe de la planète correspondante. Les flacons seront placés dans l’ordre suivant : Saturne, Jupiter, Mars, Vénus, Mercure, Lune, Soleil, le Soleil étant à droite de l’opérateur. La boîte doit aussi contenir un petit flacon d’alcool absolu ou presque, un compte-gouttes, un verre, un dispositif pour obtenir un éclairage non violent. S’il n’y a pas de risque d’incendie, l’idéal est d’avoir deux bougies. La boîte contient aussi, collés sur des cartons rigides, les trois dessins : le diagramme des centres séphirotiques dans l’homme (planche n°1), l’hexagramme (planche n°2) et le cercle des éléments (planche n°3). Dans un oratoire, les dessins doivent être placés dans une chemise lorsqu’ils ne sont pas utilisés. Un miroir dans l’oratoire peut être utile par la suite.

Pour comprendre ce qui se passe dans l’initiation, une image nous semble assez bonne : l’homme déchu est comme un prince exilé par son père, le roi. Quand ce prince est à nouveau admis au palais, il retrouve certaines de ses prérogatives et, ayant accès à la bibliothèque du palais, il retrouve la connaissance de la cour.

Abordons maintenant une question irritante pour beaucoup parce qu’elle est très mal comprise dans son principe, dans sa nature. Nous voudrions essayer d’expliquer ce qu’est la réalité de la magie naturelle, ce que sont les pouvoirs occultes de l’homme, et quel doit être notre comportement face à ces phénomènes. Il ne faut pas oublier que nul n’est Alchimiste s’il ne connaît la théorie de l’Alchimie, celle de la magie naturelle, et quelques règles de l’astrologie sacrée. D’une part, nous parlons de magie, et, de l’autre, nous déclarons ne pas croire au miracle parce que ce miracle serait une entorse aux lois de la Nature. L’homme ne peut se réintégrer que par l’acquisition de pouvoirs : le prince à la cour retrouve ses prérogatives. Mais encore faut-il savoir quoi choisir et quoi faire.

La Qabal, qui est une théorie de la magie naturelle, explique qu’il y a quatre mondes. Il est rarement dit que la hiérarchie de ces mondes fait que l’accès conscient à l’un d’eux permet de transcender les mondes qui lui sont inférieurs. Le monde de Briah transcende Yetzirah et le monde de Yetzirah ne transcende que le monde physique. Les causes profondes des lois naturelles qui régissent un monde se tiennent dans le monde qui lui est immédiatement supérieur. Si notre conscience a accès à Yetzirah, nous aurons accès aux lois qui transcendent le monde physique, et nous aurons ses pouvoirs. L’état de Mage ou d’Alchimiste n’est que la conséquence du niveau de conscience atteint. L’erreur, dans ce domaine, consiste à chercher à acquérir des pouvoirs « pour épater la galerie », du style lévitation ou marche sur le feu, plutôt que de rechercher ceux qui sont capables de nous aider dans notre évolution. Pour nous, le pouvoir de transmutation doit être l’un des premiers à se manifester.

Nous avons encore à dire que si un mage sur terre proposait de décupler votre intelligence, vous ne refuseriez certainement pas. Il en est de même des pouvoirs occultes de l’homme car, judicieusement utilisés, ils augmentent considérablement notre possibilité d’action. Nous ajoutons que l’homme a toujours accès aux pouvoirs occultes mais d’une manière inconsciente et non intellectuelle. Tous les mécanismes qui assurent la continuité de la vie ont accès à ces pouvoirs mais ils sont alors utilisés à notre insu. Nous n’avons aucune prise sur eux. Par la suite, ils entrent dans notre champ de conscience et nous devenons peu à peu un Être libre car la loi Karmique de cause à effet peut être levée dans le monde physique chaque fois que cela est nécessaire, à notre gré, et cela grâce aux lois de Yetzirah qui transcendent le Royaume de Malkuth.

Notre étude alchimique doit nous aider à réaliser progressivement que les mondes de conscience supérieure ne sont ni illogiques ni contraires à la raison. Ils sont différents. En fait, ils sont hyper rationnels et hyper logiques. Mais la perception progressive de l’Unité cosmique donne une cohérence au tout et c’est cet élément qui doit nous indiquer le bon chemin.

Dans votre oratoire, nous avons dit que l’on devait trouver trois dessins, deux symboles et un aide mémoire. En ésotérisme, le symbole est important car pendant une longue partie de notre évolution la communication « intellectuelle » entre nos différents niveaux de conscience ne peut se faire que par lui. Il est important d’essayer d’augmenter l’harmonie, la compréhension entre ces niveaux car, de cette façon, notre Conscience Supérieure utilise ses propres pouvoirs pour nous aider dans notre chemin. Nous avons donc deux symboles à utiliser. L’un indique le but que nous nous proposons d’atteindre et l’autre montre les moyens utilisés pour y parvenir.

Il est bon que chacun redessine lui-même ces symboles. De même que l’écriture permet de fixer une idée, redessiner un symbole le fixe dans notre conscience.

L’hexagramme est constitué de deux triangles entrelacés. L’entrelacement est le signe de l’union des deux mondes. C’est aussi l’un des symboles de la Pierre Philosophale, la Conscience de l’Être en l’homme. Seul cet état assure un pouvoir de transmutation qui permet le Grand OEuvre. C’est pourquoi il est dit que Seul Dieu donne le secret.

La méditation sur ce symbole harmonise le travail de nos deux consciences dans la direction de cette réalisation.

Le cercle des quatre Éléments symbolise les méthodes que nous utilisons, c’est-à-dire la production de la quintessence par l’équilibre des quatre Éléments.

La quintessence, au centre, est symbolisée par le signe du Mercure.

Le demi-cercle supérieur n’est pas le symbole de la lune, mais celui de l’âme : un demicercle parce que demi-manifesté.

Le cercle est le symbole de l’esprit, en un sens le symbole de l’âme, ici totalement manifestée et qui joint les deux mondes.

La partie inférieure, la croix, symbolise à la fois la loi de dualité nécessaire à l’évolution et le corps de l’homme qui autorise l’usage de celle-ci.

Dans notre diagramme des centres séphirotiques, le symbole de Mercure se trouve au niveau de la gorge. C’est aussi le symbole du Verbe, des mots de Pouvoir.

Le Mercure Philosophique est la véritable entrée du domaine alchimique. C’est lui, Thoth ou Hermès, le Mage qui ouvre le premier monde magique de Hod en Yetzirah. Sans le Mercure Philosophique, la dissolution alchimique des métaux n’est pas possible.

Nous consacrerons quelques notices à ces divers points que nous étudierons alors en détail. Ensuite nous aborderons le développement et le contrôle du pouvoir de transmutation et son application aux élixirs. Ceci nous fera réellement commencer la spire évolutive car notre force va croître et nos élixirs également, l’un réagissant sur l’autre et accélérant ainsi la remontée.

Enfin, nous examinerons certains aspects de l’astrologie et de l’alchimie sacrées, et certaines utilisations des élixirs visant à obtenir des résultats particuliers et du plus haut intérêt.

Planches

Planche n°1 : Les centres séphirothiques ou chakras

Planche n°2 : L’Hexagramme

Planche n°3 : Le cercle des quatre Éléments

NOTICE 33

Nous avons déjà abordé le problème de la vie. Mais il est bon de l’approfondir.

L’Alchimie est une chimie de la vie, Soufre, Mercure, Sel, Âme, Esprit, Corps. Il faut comprendre que la vie est un élément d’ordre divin. Comme l’essence même de la Divinité, elle est omniprésente ; c’est une pression existant partout dans l’univers et qui se manifeste dès que les conditions sont réunies.

Les expériences sur le GUR, pour ceux qui les ont faites ou ceux qui les feront,

démontrent ce qui précède.

Si l’homme parvenait à construire une cellule identique à la cellule vivante dans sa structure physique et s’il lui incorporait le Mercure et le Soufre de son règne, la vie y apparaîtrait. Après avoir bien étudié ce qui précède, chacun comprendra que, sur le plan de l’éthique, il faut à la fois être conscient, pondéré, et bien connaître la manipulation des teintures et des menstra qui sont les liquides qui contiennent Soufre et Mercure.

DISTILLATION DU VINAIGRE

Ce que nous avons dit précédemment va probablement inciter nombre d’étudiants à entreprendre la distillation du vinaigre. Ils s’apercevront que cette opération n’est pas aussi aisée qu’il y paraît. L’eau bout à 100°, l’acide acétique pur à 117°. La différence entre les deux liquides est grande, presque autant que pour l’alcool qui bout à 78°, soit 22° d’écart. Pour comprendre ce qui se passe, nous donnons ci-dessous quelques notions théoriques de distillation. La difficulté ne dépend pas de la différence du point d’ébullition des produits purs, mais du comportement du mélange des produits ou de leurs vapeurs. Dans un mélange de deux liquides, la température d’ébullition, celle où apparaît la première bulle, est inférieure à la température de condensation de la vapeur du mélange. Dans un liquide pur, ces deux températures sont égales. C’est la différence entre ce point d’ébullition et ce point de condensation qui rend la distillation plus ou moins aisée.

Prenons un exemple. Quand la différence entre la température d’ébullition et celle de condensation devient nulle, ce qui peut se produire dans un mélange quand ses proportions varient, la séparation par distillation devient impossible. C’est ce qui se produit quand l’alcool atteint 96°5 de pourcentage dans le mélange. C’est pourquoi il faut absorber l’eau au moyen d’un produit chimique, ou réduire la pression des vapeurs par le vide, ce qui fait apparaître une différence de température entre ébullition et condensation ; la séparation redevient possible.

Dans le cas du vinaigre, c’est-à-dire eau et acide acétique, il y a toujours une différence mais elle est toujours très faible, aussi la distillation est-elle très délicate.

Quelle que soit la méthode utilisée, une première distillation est nécessaire. Elle se propose seulement de séparer le mélange eau-acide acétique des autres éléments. Elle doit se faire avec le minimum de reflux, soit à la cornue, soit avec un ballon et un simple réfrigérant. Quand les trois quarts du liquide sont passés, il faut souvent changer le ballon récepteur afin de surveiller l’apparition de la moindre couleur. On arrête l’opération dès que le résidu est un miel épais et dès que le liquide recueilli est légèrement coloré.

Première méthode

On installe un appareillage de distillation ayant un très grand reflux, soit une sphère de Kjeldahl puis une ou deux grosses sphères à reflux. La distillation doit être très lente, et la phase de condensation des vapeurs légèrement visible doit être juste après les sphères. On recueille le liquide dans de petits flacons. Par exemple, si on distille un litre de vinaigre, on prend 5 ou 6 flacons de 200 cm3 environ. On note au densimètre le degré d’acidité de chaque flacon. On s’aperçoit que les deux premiers ne contiennent pratiquement pas d’acide mais que le degré monte avec l’avancement de l’opération. Nous avons des flacons à 10 et 12 % d’acide, d’autres à 8 %, d’autres à 5 %. Le contenu de ceux à 2 ou 3% peut être jeté. Ensuite, on mélange les plus de 10 %, puis ceux entre 10 et 7 % ; ceux compris entre 7 et 4 % sont mélangés avec le vinaigre des premières distillations.

On recommence l’opération en chargeant notre appareil avec le vinaigre à 10-12 %. On sélectionne à nouveau les différents pourcentages d’acide mais, cette fois, ils sont plus élevés. En général, lors de la troisième distillation à reflux, on obtient des pourcentages compris entre 20 et 30 %, ce qui est, en général, suffisant notamment pour la purification et la revivification d’un métal. Nous verrons plus tard que la présence de l’eau est nécessaire dans ces opérations et qu’il n’est pas utile de l’éliminer.

Seconde méthode

Elle consiste à trouver un corps capable d’absorber l’eau sans réagir sur l’acide. Il n’existe malheureusement pas dans les corps courants solides, mais une vapeur résout ce problème en une distillation.

Ce liquide a toutefois deux inconvénients graves, et nous ne conseillons cette méthode qu’à ceux qui sont très bien outillés, et très versés dans la chimie : les vapeurs en question sont toxiques et facilement explosives.

Il faut dans cette méthode deux ballons, l’un contenant le vinaigre issu de la première distillation, l’autre contenant de l’acétate d’éthyle.

Les vapeurs du vinaigre sont envoyées dans la chemise d’un réfrigérant soigneusement isolé thermiquement, de façon à ce qu’il soit à une température de 100°. Puis cette vapeur est injectée dans le haut du réfrigérant, cette fois à l’intérieur, avec la vapeur d’éthyle. En bas du réfrigérant, on place un ballon et un tube de sortie latérale. Le ballon doit être maintenu à 100-105° par un bain d’huile, par exemple, ou de l’eau bouillante en légère surpression. Les vapeurs sont alors envoyées dans un second réfrigérant qui est normalement refroidi.

Dans le ballon chauffé, l’acide se condense sous forme d’acide totalement pur dit glacial. Dans le second réfrigérant, le mélange eau-acétate se condense. L’eau et l’acétate n’étant pas miscibles, l’acétate est récupéré par simple décantation et peut servir indéfiniment. Il faut toutefois compter une perte de quelques pour cent à chaque cycle.

Vinaigre radical des Anciens

Dans un four, on oxyde des rognures de cuivre (oxyde noir) dont on remplit un flacon. On verse dessus du vinaigre rouge ordinaire non distillé. On laisse en macération une semaine ou deux, on filtre le vinaigre. On l’évapore et on recueille des cristaux vert-bleu d’acétate de cuivre.

Quand la quantité de cristaux est suffisante, on les sèche soigneusement en les chauffant à 105-110° pendant un temps assez long. Les cristaux sont alors distillés à sec dans une cornue par exemple. On recueille un liquide légèrement bleuté qui devient parfaitement blanc à la deuxième distillation. C’est le Vinaigre radical des Anciens.

La poudre de cuivre est récupérée, oxydée à nouveau et le cycle peut recommencer.

Quelques petites modifications dans cette procédure donnent en plus le Soufre alchimique du cuivre.

L’acide acétique comme d’ailleurs l’ammoniaque sont des corps dont les comportements sont anormaux, pour la chimie classique.

Examinons le dernier procédé utilisé par les Anciens pour renforcer le vinaigre. Ils le faisaient par la congélation du vinaigre en hiver. Le procédé est toutefois délicat, même avec nos appareils modernes. Dans un réfrigérateur, la température n’est pas assez basse, et dans un congélateur, le refroidissement est trop énergique. Le principe consiste à faire congeler du vinaigre qui a subi une première distillation. Il faut le refroidir lentement et, avec une cuillère en bois, on ramasse les cristaux qui apparaissent à la surface au fur et à mesure. Si le vinaigre est refroidi dans un plat posé sur un plateau réfrigérant, il est très important de le remuer sans cesse. On remplit de petits pots de verre avec les cristaux, par exemple dix pots pour un litre de vinaigre congelé. On mesure les densités et on recommence avec les plus denses. Au début, les premiers pots sont les plus faibles en acide, par la suite, les premiers cristaux sont les plus forts en acide ; ceci est illustré par les courbes donnant les diverses caractéristiques du mélange eau-acide acétique (cf planche).

Renforcement du vinaigre par le froid

Des textes d’alchimistes allemands disent que le vinaigre se prépare en hiver. Après l’essai de plusieurs méthodes qui se sont révélées infructueuses, nous avons mis au point la méthode suivante :

– Acheter du vinaigre en bouteille plastique ou le verser dans des bouteilles en plastique si on le fait soi-même.

– Le niveau du liquide doit arriver au maximum à 2 ou 3 cm au-dessous de la partie conique de la bouteille.

– Placer la bouteille dans un congélateur. La température sera au moins de moins 18 degrés, moins 25 étant l’idéal (voir courbe B).

– Laisser la bouteille 12 heures au moins dans le congélateur.

– Placer la bouteille le goulot en bas sur un flacon (un Erlenmeyer gradué en capacité est très pratique). Assez vite, un liquide rouge foncé commence à couler.

– Soutirer le liquide, de préférence, tous les 100 ou 150 cm3.

– Puis mélanger les divers soutirages de chaque bouteille ; les premiers ensemble, les seconds ensemble, etc.

– Dès que la masse de glace à l’intérieur de la bouteille est devenue blanche, cesser les soutirages. Le liquide de fusion de la glace transparente a peu d’utilité, peu d’intérêt et peut être jeté.

– Lorsque plusieurs bouteilles ont été ainsi traitées, mélanger ensemble les premiers soutirages et les verser dans une bouteille plastique.

– Opérer de même avec les seconds soutirages dans une seconde bouteille et ainsi de suite avec les suivants. Il n’est pas nécessaire d’avoir plus de quatre soutirages différents.

– Mettre les bouteilles en congélation et recommencer.

– Mesurer la densité du liquide rouge et garder à part tout le liquide dont la densité est supérieure à 1,05.

Attention : À partir de la deuxième congélation, la concentration en acide d’une partie du liquide est telle que celui-ci peut brûler la peau.

La distillation simple donne un vinaigre qui est suffisamment fort pour presque toutes nos applications. Sinon, il faut continuer la concentration de l’acide par la méthode de l’acétate de cuivre.

Vinaigre nitreux

La distillation étant poussée au sec ou, plus prudemment pour le matériel, au miel, celui-ci est calciné à haute température et le sel ainsi obtenu est cohobé plusieurs fois avec le vinaigre distillé pour que celui-ci soit considéré comme nitreux. Le sel ne passe qu’à la 15ème cohobation environ mais, en général, il n’est pas nécessaire d’aller jusque-là ; 5 ou 6 cohobations suffisent au moins pour le végétal.

Nota : Le vinaigre de vin du commerce est probablement traité chimiquement car il donne très peu de sel. Si on souhaite avoir beaucoup de sel, il vaut mieux faire soi-même le vinaigre et incorporer la « mère » dans le miel avant calcination.

Nous avons maintenant donné la quasi totalité des éléments pratiques permettant la maîtrise du règne végétal. Cependant, la plante, la drosera, fera l’objet d’une étude ultérieure. Nous nous permettons aussi de vous recommander dans votre travail l’alchémille, la plante des alchimistes.

Nous pensons qu’il est très important pour la suite de notre cours, de posséder une connaissance approfondie de la théorie alchimique.

De nombreux auteurs parlent de voies diverses, et les décrivent mais à la manière de recettes de cuisine obscures. La connaissance approfondie de la théorie et une certaine expérience pratique acquise dans le végétal permettent à chacun de choisir la voie qui lui convient. Le respect des principes naturels alchimiques n’est nullement incompatible avec une multiplicité de voies.

Une connaissance théorique approfondie autorise même chacun à imaginer sa propre voie, celle qui lui convient, soit par goût, soit à cause des conditions extérieures, soit à cause de ses propres dispositions.

Planche : Diagramme de la distillation du vinaigre (et légende)

LÉGENDE POUR LE DIAGRAMME DE LA DISTILLATION DU VINAIGRE

La courbe de distillation montre que la séparation est très difficile surtout aux très faibles pourcentages d’acide.

La courbe de congélation montre l’anomalie de l’acide acétique et le fait qu’à – 25° et pour 60 % d’acide, le phénomène s’inverse. L’acide pur gèle à + 17 + 18°.

La courbe de densité de l’acide s’inverse vers 80 % d’acide. Dans la zone des densités comprises entre 1,05 et 1,07 %, une erreur est possible, il a pour une même densité deux pourcentages différents.

Remarque : Ces courbes supposent que le vinaigre a subi une prédistillation et qu’il n’est plus qu’un mélange eau-acide acétique.

NOTICE 34

Si nous avons régulièrement utilisé les sept élixirs planétaires, les énergies vitales doivent circuler plus librement en nous. Nous devons alors :

– Augmenter les courants d’énergie en nous,

– Orienter ces diverses énergies selon l’usage que nous voulons en faire,

– Vérifier l’augmentation de ces énergies,

– Utiliser ces énergies pour améliorer nos élixirs.

Nous avons dit que le symbole est avec les rites le seul moyen de transmettre la connaissance « intellectuelle » entre nos divers plans de conscience. Les rites ne sont d’ailleurs que des symboles appliqués et c’est grâce à ces deux éléments que nous allons essayer d’accroître nos énergies supérieures.

Il faut savoir que l’usage du symbole ou du rite n’a qu’un intérêt momentané. Quand la fonction recherchée est établie, les symboles et les rites deviennent inutiles. Il est aussi inutile d’essayer d’augmenter les énergies psychiques tant que, par un moyen physique, les obstacles physiques qui les bloquent n’ont pas été éliminés.

Nous exposons la situation idéale mais chacun doit s’adapter à ce qui est dit suivant les conditions matérielles qui lui sont propres.

Le symbole à utiliser dans ce cas est celui du cercle des quatre éléments qu’il vaut mieux dessiner soi-même. Si on dispose d’un oratoire, on y installe le symbole et, devant celuici, on dispose les deux bougies allumées. Le symbole peut être coloré : le centre de Mercure en violet, le cercle en jaune ; ensuite les éléments Feu en rouge, Air en jaune, Eau en bleu et Terre en vert.

Mercure est le symbole de Hermès, Toth, du pouvoir en Yetzirah, le monde lunaire. L’Alchimie végétale est lunaire ; elle relève donc du monde de Yetzirah et la séphire Hod en est la clé.

Dans cette première phase, nous nous concentrons sur le fait que l’énergie se focalise dans le centre violet et de là se dirige vers nous. Nous devons nous sentir peu à peu envahis par cette énergie qui sera répartie dans notre corps. Toutefois, elle doit être plus particulièrement présente dans « le centre du jour ». Si nous nous reportons à notre diagramme des centres séphirotiques (Notice 32, pl.1), nous voyons que le Samedi, le centre de Saturne sera particulièrement influencé, le Mardi celui de Mars, et ainsi de suite pour la semaine.

Nous devons être passifs, car lorsque l’énergie nous donne un sentiment de grâce, de sainteté, de bien-être, elle nous purifie et nous renforce. Après ce moment, nous pouvons prendre dans nos mains le flacon de l’élixir du jour et, en regardant le signe de la planète, nous pouvons nous concentrer pour transmettre ou du moins essayer de transmettre, notre énergie à l’élixir.

Pour être efficace, cet exercice doit être précédé d’une purification avant chaque méditation. La purification doit concerner tous les véhicules spirituels, mentaux et physiques. La réalisation matérielle peut aller de la douche au lavage simple des mains. Boire un peu d’eau peut être le symbole d’un lavage intérieur.

Si nous entreprenons cet exercice pour la lunaison de printemps, il faut jeûner au moins un jour avant la fin des quatre semaines.

Au cours de cet exercice, l’énergie peut créer un lien entre nous et le cosmique et ainsi peut se manifester sous la forme mystique des « fiançailles alchimiques ». Le « mariage » est une étape ultérieure du règne métallique. Les fiançailles ont un maximum de chance d’avoir lieu dans la lunaison qui précède ou qui suit l’équinoxe de printemps. Cet apport d’énergie aux élixirs devrait augmenter leur puissance mais, en réalité, les élixirs ne peuvent fixer cette énergie qui se perd dans l’intervalle d’une semaine. Le problème est donc de pouvoir la fixer. Il n’y a que deux corps qui permettent cette fixation.

Le premier est l’or. On peut en découper un minuscule morceau dans une feuille d’or battue. On introduit ce morceau dans l’élixir. On peut également se procurer un peu de trichlorure d’or qui est soluble dans l’eau. On en dissout quelques milligrammes dans un litre d’eau et on en prélève une ou deux gouttes pour chaque élixir. Un couple peut se servir de ces élixirs.

Le sang humain fixe les énergies, il en faut très peu, une goutte dans 100 cm3 d’eau et une à deux gouttes de cette préparation dans chaque élixir. Mais en ce cas, l’élixir est strictement personnel à celui qui a fourni le sang. Un couple ne peut donc pas se servir de ces élixirs.

Ce traitement élevant considérablement l’action des élixirs, on doit étudier leurs effets et les conséquences de leur mélange afin d’agir en connaissance de cause.

Examinons maintenant l’aspect exclusivement qabalistique de ce problème, aspect dont

l’intérêt ne se manifestera que plus tard.
Saturne régit l’élément Terre
Jupiter régit l’élément Eau
Mars régit l’élément Feu
Vénus régit l’élément Air
Mercure régit la quintessence ou Archives de la Nature
– La Lune régit le niveau astral
– Le Soleil régit le monde qabalistique de BRIAH.

En Alchimie, une plante de Saturne donnera un élixir favorisant l’élément Terre dans le corps humain. De même, la teinture du plomb, métal de Saturne agira sur l’élément Terre, mais d’une façon bien plus énergique que l’élixir végétal.

Effets des élixirs

Examinons les effets des élixirs un à un sans oublier que, puisqu’ils contiennent les éléments de la vie, ils agissent sur les corps humain, physique, astral, mental, spirituel et qu’il y a réharmonisation de ces corps entre eux et avec la sphère concernée.

Le Soleil affecte toutes les phases positives de la manifestation. Il nous révèle à nousmêmes que nous sommes une entité en évolution. Il nous aide à réaliser que nous sommes une unité individuelle évoluant parmi d’autres unités ; il nous aide à faire la synthèse et à accorder nos buts avec ceux du macrocosme. Il renforce l’ego mais pour des buts divins. Le Soleil est fortement recommandé pour tous ceux qui ont des complexes d’infériorité. Il nous fortifie et nous permet de dépasser nos possibilités. Il représente aussi la conscience de Tiphereth ou d’Osiris dans l’homme. Il représente Hercule et sa force monumentale et il peut donner aux faibles la force et la volonté d’entreprendre les travaux d’Hercule.

Pour ceux qui ont une inclinaison mystique, il peut donner et éveiller la conscience aux buts divins dans le système solaire et à la volonté divine dans la manifestation. Le Soleil donne aussi ambition, courage, dignité et autorité. Il représente l’énergie créatrice dans le système solaire. Son principe de vitalité peut nous permettre d’avoir l’énergie suffisante pour se sortir d’une période d’apathie ou de découragement.

La Lune agit puissamment sur le subconscient. Elle aide à réaliser les désirs de ceux qui sont impliqués dans la recherche psychique ou initiatique par l’hypnose ou l’autohypnose. Cette action sur le subconscient permet de se débarrasser des habitudes nuisibles.

Pour ceux que la recherche sur les vies passées intéresse, elle permet à la conscience d’assurer la maîtrise de l’espace-temps. L’Alchimiste peut ainsi obtenir une vision claire de ses expériences passées et comprendre les raisons de certains de ses actes que le monde moderne ne peut expliquer. Si les élixirs lunaires sont correctement chargés et imprégnés, ils peuvent rapidement diminuer la force du karma et même éliminer totalement tous ses effets négatifs.

Ces élixirs sont une aide importante pour la projection astrale ; car la Lune est le régisseur de ce domaine et elle éveille aux formes, aux fonctions et aux règles de l’astral. La Lune présente un certain intérêt pour le foyer, l’environnement et la vie familiale. La modification qu’elle apporte à l’aura fait que nous supportons mieux la foule et que notre action magnétique sur elle devient plus sensible.

Jupiter : ses élixirs et ses teintures sont bénéfiques. Ce sont les guérisseurs naturels du système solaire ; ils renforcent la santé. Jupiter éveille la compréhension de l’esprit du point de vue cosmique. Du point de vue ésotérique, il révèle les lois des religions, le sens des cérémonies. En général, Jupiter favorise la santé, la richesse, la spiritualité. Si les élixirs sont alchimiquement chargés, l’Alchimiste peut pénétrer dans la sphère de la légalité du macrocosme et devenir capable de comprendre les principes dits du « Tétragrammaton » le vrai nom de Jupiter. Jupiter représente aussi la grâce, la compréhension divine dans le système solaire.

Mars : ses élixirs et ses teintures renforcent la fonction « âme animale » de l’homme sous tous ses aspects. La séphire de Mars développe tous les éléments participant à la lutte pour la survie et également l’instinct d’auto-conservation.

Mars peut aussi bien développer les passions que renforcer le tonus musculaire. Du point de vue ésotérique, les élixirs et les teintures de Mars sont « Akasha » en action.

L’expérience mystique de Mars est celle de la connaissance de l’espace-temps comme étant la conséquence de l’action du Pentagramme.

Sur le plan physique, Mars favorise la télékinésie.

Vénus : ses élixirs et ses teintures affectent surtout les qualités magnétiques de l’être.

Vénus donne la possibilité d’être attractif, indépendamment des aspects physiques. Elle provoque un affinement des sens et du sentiment de la beauté. En ce sens, Vénus est une grande aide pour ceux qui veulent travailler dans le domaine des arts. Vénus accroît l’imagination par suite d’une meilleure sensibilité aux influences astrales qu’elle procure. Elle facilite une meilleure relation avec autrui et une sorte d’harmonie intérieure par suite de son effet équilibrant dans les vibrations de l’aura.

Si les teintures ou élixirs de Vénus sont correctement chargés, ils ouvrent à la conscience le royaume de l’astral en ce qui concerne le travail et les forces de la Nature. Ceci concerne plus particulièrement l’Alchimiste qui veut travailler dans le domaine végétal. Vénus lui ouvre les sphères secrètes de ce règne. Mercure : ses élixirs et ses teintures agissent sur l’intellect humain. Mercure donne, d’une part, un esprit vif aux ressources étendues, d’autre part, des facultés de raisonnement approfondies. Mercure donne aussi la faculté de rapprocher des idées et des faits pour en faire une synthèse.

Mercure convient à ceux qui font des complexes intellectuels, aux écrivains, aux orateurs, etc.

Sur le plan occulte intérieur, Mercure est lié à la séphire de la gorge, celle de la puissance du Verbe.

Mercure réalise la dynamisation de nos pensées, de nos mots, en les réalisant sur le plan des Archives de la Nature.

Dans l’homme, Mercure crée un lien entre le microcosme et le macrocosme et lui permet de faire des réalisations dans les sphères du plan mental. La valeur importante du symbole THOT-HERMÈS se réalise parfaitement à travers les élixirs de Mercure. THOT est le Mage qui peut agir sur la Nature dès qu’il accède à la Séphire Hod. HERMÈS est l’Alchimiste qui donne le moyen d’accès à ladite sphère.

Saturne : ses élixirs et ses teintures renforcent les structures de la vie. Saturne donne une certaine stabilité en nous rendant capables de voir les limitations karmiques qui nous concernent. Saturne donne à la fois fermeté, solidité et réalisme, diplomatie et patience. Il donne une plus grande capacité de travail sur le plan physique. Les expériences de la séphire de Saturne concernent les lois de cause à effet, le karma et les lois physiques.

Saturne est conseillé pour obtenir la force de terminer un travail physique.

Mélange des élixirs :

Soleil – Force spirituelle, mentale, positive
Lune – Subconscient, jonction du physique et de l’âme
Jupiter – Dignité, élévation mentale
Mars – Force, passions
Vénus – Sensibilité, mais aussi rayonnement
Mercure – Intellect, pouvoirs intérieurs
Saturne – Aspect physique

Chacune de ces descriptions donne le principe général de l’action de chaque élixir.

Quelques exemples feront mieux comprendre ce qui peut résulter des mélanges.

Mars a le privilège de renforcer l’action de tous les autres sans modifier sensiblement leur orientation.

Le mélange de Saturne avec tout autre élixir renforce l’action sur le plan terrestre.

Un mélange des élixirs de Soleil et de Jupiter donne accès au plus haut plan d’évolution et procure ainsi une vue profonde des principes philosophiques et de leur rôle dans le schéma cosmique. L’Alchimiste peut aussi être en contact avec les maîtres du passé, recevoir leurs enseignements et être capable à son tour d’enseigner. Sur le plan matériel, ce mélange lutte contre la dépression en provoquant la gaieté.

Un mélange des élixirs de Mars et du Soleil donne un puissant tonique à la fois matériel et mental.

Un mélange des élixirs de Mercure et de Mars renforce les effets de Mercure et facilite la

manifestation de pouvoirs psychiques (télékinésie par exemple). Un mélange des élixirs de Mercure et du Soleil augmente la capacité d’émissions télépathiques.

Un mélange des élixirs de Mercure et de la Lune augmente la capacité de réceptivité télépathique et psychique.

Le mélange Saturne-Mercure peut conduire directement à des connaissances occultes cachées car le Mercure de Saturne contient par voie karmique toute la connaissance de la Nature. Pour la même raison, le Mercure Philosophique extrait de Saturne ouvre le Temple Alchimique métallique.

On peut également mélanger trois élixirs, par exemple :

– Saturne + Mercure + Lune : donne des révélations sur l’Alchimie végétale.

– Saturne + Mercure + Soleil : donne des révélations sur l’Alchimie métallique.

NOTICE 35

Avec les éléments qui vous ont été donnés, vous pouvez entreprendre un véritable travail alchimique. Nous indiquerons encore d’autres procédés, entre autres celui qui permet de contrôler l’évolution du pouvoir de transmutation.

Nous estimons que ceux qui ont sérieusement suivi ce travail peuvent maintenant approcher d’une phase critique intéressante. Nous jugeons utile à ce moment d’apporter une suite de bases théoriques et de conseils pratiques dont l’étude approfondie est indispensable à cette phase du travail.

LES POUVOIRS

Voyons d’abord ce que sont les « pouvoirs ».

Nul n’est Alchimiste sans être Mage, mais le lien entre ces deux aspects ésotériques de l’homme doit être sérieusement étudié.

Il faut savoir que tous les pouvoirs ésotériques sont des attributs de la vie : ils sont contenus dans tous les êtres vivants. Une expérience faite par un physicien français (Kervran) illustre une partie de notre affirmation : une poule est nourrie sans apport de calcium mais avec une alimentation riche en mica. La poule continue de pondre des oeufs mais, à la longue, le poids des coquilles d’oeufs pondus est supérieur à celui du squelette de l’animal. Ce constat élimine l’hypothèse voulant que le calcium des coquilles viendrait du squelette de la poule. La seule explication possible est que le mica a été transmuté en calcium par les pouvoirs intérieurs de l’animal.

Ces mêmes pouvoirs alchimiques existent dans l’homme. En effet, sans ces pouvoirs, un peu de bon sens montre que seul un contrôle très strict de l’alimentation permettrait la continuation de la vie. Il faut ajouter que ces pouvoirs intérieurs du corps de l’homme sont totalement indépendants de sa volonté cérébrale. Seul ce qui est nommé généralement « inconscient » a une action sur ces pouvoirs. Cet inconscient devrait être nommé notre « hyper conscient » ; c’et notre Soufre. C’est la déficience de notre Mercure qui fait que la liaison Soufre, Conscience Supérieure, avec notre Sel, Conscience cérébrale, ne se fait pas.

La mauvaise circulation des énergies dans les sept Séphiroth, de Binah à Yesod inclus, fait que ces pouvoirs n’ont pas la force et la puissance qu’ils devraient normalement posséder ; ce manque d’énergie est à la base de tous les incidents de santé.

La véritable action médicale, quelle que soit la méthode employée – acupuncture, homéopathie, allopathie, spagirie, alchimie – revient en fait :

– soit à compenser par un apport direct le produit déficient qui n’a pas été créé par la transmutation interne,

– soit à agir sur les énergies pour le rétablissement du pouvoir de transmutation interne.

Nous utilisons le terme « pouvoir interne » parce que, pour la quasi-totalité des humains, ce pouvoir n’agit qu’à l’intérieur du corps et uniquement à l’instigation de l’inconscient.

Le but de notre travail est double : tenter d’extérioriser ce pouvoir de façon à ce qu’il agisse à l’extérieur du corps, et rétablir progressivement la liaison Conscience du Soufre, Conscience du Sel, pour que notre intellect cérébral puisse agir sur ce pouvoir.

Ce point théorique explique une partie de nos choix, entre autres celui d’une étude sur le végétal.

Ce pouvoir qui est en nous est ordinairement utilisé dans le seul aspect alimentaire de notre vie. Nous sommes donc déjà entraînés à des transmutations végétales. Une extériorisation de ce domaine a peu de chances de nous perturber. C’est pourquoi nous expliquons au début de notre cours que la transmutation végétale est plus aisée que toute autre, et que des erreurs auront des réactions minimes sur l’opérateur.

Nous insistons également sur le fait que notre équilibre intérieur est une chose non seulement importante, mais aussi indispensable dans tous les domaines. Nous devons équilibrer théorie et pratique, spiritualité et matérialisme, et exercer sur nous-mêmes une surveillance vigilante et une constante auto-analyse de notre état physique, intellectuel, psychique et mental. Cet équilibre est aussi nécessaire dans notre personnalité intérieure. Notre Soufre, nos Énergies vitales supérieures y veillent. Notre Soufre ne laissera pas se développer le pouvoir de transmutation sans développer les autres pouvoirs ésotériques de l’homme. Ces autres fonctions n’atteindront pas immédiatement le niveau de ce qui fait l’objet de notre travail, mais elles seront réactivées.

Des pouvoirs importants se manifesteront en nous, mais nous n’en serons momentanément pas conscients. C’est par une observation stricte de ce qui se passe autour de nous que nous nous en apercevrons. Il n’y a pas de chemin possible, qu’il s’agisse soit de l’Initiation, soit de la Réintégration, si l’on n’accepte pas le fait des pouvoirs. Nous nous efforcerons d’établir le plus clairement possible le comportement le meilleur face à ce problème.

Prenons un cas assez typique de ces pouvoirs inconscients. Nous vous avons conseillé de bien surveiller les événements autour de vous. Il est alors possible que vous vous rendiez compte que dans un secteur d’activité particulier, les difficultés qui vous gênent disparaissent, contre toute possibilité matérielle et très souvent de façon agréable, mais différente que celle que vous aviez souhaitée. Il est probable qu’une faculté intérieure ait rétabli un contact suffisant avec l’intellect cérébral. Aucune de ces facultés n’est universelle. Aussi, quand ces faits commencent à apparaître, ils se situent tous dans un même domaine. Il est probable que le secteur concerné soit celui de l’activité d’une planète. C’est en comparant l’ensemble des faits et les attributions psychiques ou matérielles d’une planète que le domaine d’action est localisé. Si la localisation est bien nette, il est possible d’en déduire le nom de la Séphire qui agit. On peut alors, dans un souci d’équilibre général, diminuer par exemple l’élixir correspondant.

Après l’absorption de l’élixir, une simple concentration durant le jour planétaire correspondant peut de nouveau produire une manifestation de pouvoir éveillé. Mais il ne faut pas poursuivre ce genre d’expérience sans être sûrs d’avoir éliminé en nous le lucre et la sensiblerie. Nous désignons par lucre non pas une sorte d’avarice, mais l’utilisation des fonctions ésotériques à des fins pratiques. Cette utilisation n’est pas le but de nos travaux.

L’utilisation pratique des pouvoirs éveillés ne peut être que très occasionnelle, et on ne s’y risquera qu’après de longues méditations destinées à tenter de savoir si cette intervention est justifiée.

Ce ne sont pas les considérations ou les aspects humains qui doivent être étudiés dans ce cas. L’utilisation des énergies divines de la vie ne se fait que pour des buts divins, pour des actes qui aident à l’évolution de l’homme, et ne doit pas tendre vers d’autres motivations.

Une seule expérience de contrôle est permise ; ensuite, tout est réservé au Service.

SANTÉ DISCRÉTION DÉSINTÉRESSEMENT

Avant l’étude des éléments et des Pierres alchimiques, abordons d’abord trois problèmes qui donnent l’occasion de réfléchir sur la situation de l’Alchimie dans le monde moderne.

Le premier problème est la santé. Si vous avez lu « Le Char Triomphal de l’Antimoine » de Basile Valentin, vous avez peut-être remarqué que dans les maladies soignées par les extraits fixes de l’antimoine, Basile cite le cancer. Supposons que vous soyez capable de produire cet extrait et que l’affirmation de Basile soit exacte, êtes-vous sûr que le secret sera bien gardé, même si l’objet de vos soins est l’un de vos proches ? Imaginez la queue de patients et les ennuis avec les autorités médicales que pourrait déclencher une indiscrétion. De plus, il est vraisemblable que l’extrait dont parle Basile ne puisse être produit que par un Alchimiste, à l’exclusion de toute application industrielle. Vous consacreriez alors tout votre temps à soigner deux ou trois malades. Et la réaction des autres ne vous effraie-t-elle pas ?

Nous espérons que vous avez l’esprit d’observation et que dans les Solve-Coagula, vous avez examiné la façon dont se forment les cristaux. Quand un corps est dissous dans un liquide et que l’on évapore lentement ce liquide, ou bien même tout simplement s’il est refroidi, il se forme des cristaux. Selon Hollandus, le dissolvant universel, c’est-à-dire le Mercure Philosophal, dissout tous les corps minéraux simples et ne dissout pas le verre car c’est un corps composé artificiel.

Abordons le deuxième point. Supposons que vous ayez obtenu ce Mercure et que, suivant le conseil donné par le Comte de Saint Germain dans un de ses manuscrits, vous ayez ajouté une ou deux gouttes d’huile de Mercure (Soufre du Mercure). Ce liquide va pouvoir dissoudre aussi bien le graphite que le silicium. L’huile de Mercure est ce qui assure la cristallisation pendant l’évaporation du liquide (Thot-Hermès).

Supposons que l’écrit de Saint-Germain soit authentique, et que vous ayez l’huile, le Mercure et le graphite. Vous aurez alors un cristal blanc, transparent, un diamant brut. Il serait imprudent de le porter chez un lapidaire. Les milieux diamantaires respectent des règles strictes. Vous ne pourrez pas expliquer l’origine de la pierre. Par prudence, si vous étudiez la fabrication des pierres précieuses par la voie alchimique, il ne faut songer ni à les vendre, ni à les donner. La Nature n’a pas créé les pierres précieuses pour donner à certains des satisfactions de prestige ou d’argent. Cette création a un but utilitaire. De même que chaque type d’élixir est consacré à un centre séphirotique, de même chaque pierre affecte un de ces centres. Le centre sera peu affecté si la pierre est morte ou si elle a peu de rayonnement ; mais si elle est de fabrication alchimique récente, son rayonnement est très important et le centre est fortement affecté. L’alchimiste qui a fabriqué cette pierre en supportera les effets. S’il n’est pas capable de les supporter, il n’est pas capable de faire la Pierre. S’il la donne à une tierce personne, celle-ci peut ne pas être capable de la supporter. Contrairement à la légende, il n’y a pas de pierres maudites. On trouve seulement des pierres très puissantes qui nettoient très vite l’insupportable Karma des imprudents qui les portent sans savoir.

Si vous entreprenez la fabrication des pierres, sachez que celles-ci se portent dans un sachet très discret lorsqu’on a besoin de les transporter. Entre temps elles sont enfermées dans une petite boîte placée dans l’oratoire, et on ne les sort qu’au moment de leur utilisation.

La troisième question que l’on doit se poser concerne la Pierre Philosophale ou la Pierre de Feu. Supposez que vous ayiez réussi à la fabriquer. Que ferez-vous de l’or dans notre monde moderne ? Si vous le portez chez un négociant en métal précieux, celui-ci peut penser que cet or vient de la fonte de bijoux. Quant au degré de l’or, tout spécialiste peut penser que l’or a été purifié par coupellation avec de l’antimoine. Vous ne pourrez donc pas justifier de la possession de cet or.

Ces trois exemples nous montrent que l’aspect financier de lucre est délicat à satisfaire par le processus de l’Alchimie.

LES ÉLÉMENTS LES PRINCIPES LA VIE ALCHIMIQUE

Dans cette notice et la suivante, nous étudierons plus avant le principe des éléments et de la vie selon la conception alchimique. Ceci est très important pour la suite de nos travaux.

Afin de mieux suivre ce que nous allons dire, il serait bon de reprendre la planche de la Notice 25 et le dessin de la Notice 12 (page 2).

Il n’y a ni vie ni mort, mais des degrés dans l’intensité de la vie. Lorsque nous disons que la fusion de minerai en métal tue la matière du point de vue alchimique, cela signifie que l’intensité de la vie du minerai a baissé et que, dans ce cas, le pouvoir de génération dans le règne métallique a disparu.

Dans la planche de la Notice 25, à gauche sont les forces de la vie et à droite celles de la matière. On peut en tirer la réflexion suivante : la connaissance scientifique moderne est volatile parce que la science actuelle, pour des impératifs liés à l’évolution de la race, a éliminé l’aspect métaphysique de la vie en considérant un peu celle-ci comme une émanation du monde physico-chimique. Par contre l’Alchimie est une connaissance fixe du fait même qu’elle intègre les deux aspects, sans doute parce qu’elle est le fruit d’une révélation.

La science a aperçu l’aspect symétrique des structures de la Nature mais, comme dans notre planche de la Notice 25, elle ne connaît que le Sel de la matière. Pour rétablir l’équilibre, elle invente l’anti-matière laquelle, si elle rencontre la matière, produira une prodigieuse explosion.

L’Alchimiste ne nie pas cet aspect symétrique, mais il dit que lorsque la différenciation fait apparaître la matière, le Sel, et sa contrepartie symétrique le Nitre, la vie, cette rencontre ne produit pas la prodigieuse explosion prévue car la force primordiale qui divise le chaos s’exerce à tout moment et à tout niveau. C’est cette force qui s’oppose au retour unitaire primitif et qui empêche donc l’explosion.

Les textes sanscrits disent :

« Si Dieu fermait son oeil un instant, aussi bref soit-il, toute la création disparaîtrait immédiatement ».

Il faut ajouter que dans notre monde physique, cette attraction Nitre-Sel est encore atténuée par les différenciations et les unions successives à travers les éléments et les principes.

Sur le dessin de la Notice 12 (page 2), le Soufre est constitué de Feu et d’Air, soit des deux éléments issus du Nitre de la Vie.

Lorsque nous avons extrait une teinture et que le Soufre a été séparé, nous obtenons un corps en général gras. Ce corps n’est pas le Soufre, mais le support matériel du Soufre.

Cette huile peut être ou ne pas être Philosophique. Si dans l’huile se trouvent réellement à un haut degré le Feu et l’Air, c’est-à-dire que ces éléments sont dans un état proche ou identique à celui qui vient immédiatement après la différenciation du Nitre, alors, si son support matériel est bien épuré, le Soufre est Philosophique.

Le Soufre alchimique se comporte dans nos travaux comme un super catalyseur de la chimie moderne. Il modifie la réaction sans qu’on puisse percevoir directement son action. Il est évident que cette comparaison du Soufre et du catalyseur n’est qu’une image car, en réalité, le pouvoir du Soufre va au-delà de la catalyse. Son véritable pouvoir est celui de la transmutation qu’il atteint en jouant sur les particules des constituants élémentaires.

Le Mercure est la liaison des deux mondes, et il contient les principes subtils à la fois du Sel et du Nitre. Le Mercure doit être philosophique, ou il n’est plus le Mercure. Dans notre cas, il doit être de plus « spermatique ». Il possède alors les énergies nécessaires à la génération dans son propre règne.

Ces éléments existent dans la matière « inerte », celle qui est à un stade de repos, la matière dite « morte », mais ils n’y sont pas au taux vibratoire philosophique. Si nous achetons donc des produits chez l’apothicaire, comme dit Urbiger, ils ne seront plus philosophiques, car seuls le sont ceux produits par un philosophe.

NOTICE 36

Nous étudierons maintenant le point de vue de l’Alchimiste au travail. Quand nous opérons sur la matière et que nous isolons les Soufres, les Mercures, les teintures, il ne faut pas perdre de vue que ce n’est pas l’huile, le liquide ou le sel blanc que nous manipulons mais, à travers eux, les éléments invisibles, Feu, Air, Eau. Si les éléments sont présents au degré voulu, la matière est philosophique et peut atteindre l’état de corps sublimé dans le sens donné à ce mot par les Anciens.

LES PIERRES ALCHIMIQUES

La plupart des traités alchimiques ne parlent que du Grand OEuvre, de la Pierre Philosophale et, même quand il est question de la petite circulation, ils abordent rarement la multiplicité des Pierres Alchimiques et des divers types de Pierres possibles.

Il existe des points communs et des différences entre les Pierres Alchimiques qui font l’objet du travail qui suit. Parmi les points communs, on remarquera qu’elles fondent comme de la cire à une température modérée, sans fumer et qu’elles se ressolidifient avec le refroidissement.

Il existe des Pierres dites ordinaires et, par opposition, des Pierres « adultères ». Ces dernières sont en général plus limitées. Tous les alchimistes disent que, dans une véritable Pierre, tout part de UN. Les trois principes de la Pierre, Soufre, Mercure, Sel, ont été extraits d’un même corps. Par exemple, en partant de la galène, on extrait l’esprit de Saturne (le Mercure philosophique de mauvaise qualité, grossier dit Philalèthe), le Soufre de Saturne (Lion Verd à mûrir) et ensuite le Sel, la Matrice. La réunion des trois, après traitement séparé de chacun d’eux, peut conduire à une Pierre authentique, qui sera multipliable.

Prenons l’exemple illustré par le conte mythologique des amours adultères de Vénus et Mars. Contrairement aux apparences, on prend l’élément mâle, le Soufre, dans le cuivre, Vénus, et l’élément femelle, le Mercure, dans le Fer, Mars. La matrice peut être prise dans Saturne, le plomb ; peu importe d’ailleurs l’origine de cette matrice, Mars, Vénus ou Saturne. Dans le conte, Vulcain est le feu secret. Cette Pierre est dite adultère car elle ne respecte pas le principe de l’Unité de la matière de départ. Il en est de même pour toute autre Pierre.

La Pierre agit dans le règne d’où la matrice est issue :

– Sel du règne végétal : Pierre végétale

– Sel du règne minéral : Pierre minérale

– Sel du règne métallique : Pierre métallique.

Pierre Végétale

Nous avons décrit son fonctionnement caractéristique. Une Pierre végétale posée à la surface d’une macération végétale, faite à l’eau de pluie distillée, extrait et assemble à la surface de l’eau les éléments alchimiques de la plante. Il ne reste plus qu’à recueillir à la cuillère, ou par décantation, l’élixir terminé, lequel sera extrêmement puissant. La Pierre n’a pas de zone de limitation dans son règne.

Une Pierre de Jupiter extrait les 7 sortes d’élixirs, il en serait de même pour une Pierre issue d’une plante des six autres planètes. Le délai de travail d’une Pierre n’est pas prévisible, mais quand la Pierre est terminée, elle ne peut pas être multipliée par la dissolution dans son Mercure comme la Pierre métallique. Si on veut la purifier pour raccourcir les délais, il faut la faire circuler à nouveau. Pour cela, mettre deux creusets l’un dans l’autre car la Pierre à ce stade casse facilement le creuset.

Dans la mesure où nous pensons que le Mercure végétal totalement indéterminé, n’existe pas vraiment, toutes les Pierres végétales sont adultères, sauf peut-être si la Pierre est issue d’une plante fraîche capable de donner son propre Mercure, son propre Soufre, son propre Sel.

On préparera avec la Pierre sept élixirs de plantes fraîches et riches en vitalité à leur cueillette (lune montante) et on les mettra de côté. Généralement, les anciennes coutumes ou rites religieux ont une origine ésotérique qui, de nos jours, est ignorée ou mal comprise.

Ainsi ne parle-t-on pas pour des raisons pratiques de rendre fixe la date de Pâques. Quelle est selon la règle ésotérique, le jour de la fête de Pâques ? C’est le premier dimanche qui suit la première nouvelle lune après l’équinoxe de Printemps. C’est donc le premier dimanche de l’année où le courant lunaire et le courant solaire vont être ensemble à leur plus grande pulsion de l’année.

Pourquoi le Vendredi Saint ? Le départ de la semaine ésotérique est Saturne, séphire supérieure, chakra inférieur, siège de l’énergie divine endormie. Le Vendredi Saint doit être un jour de préparation à la Semaine Sainte, jeûne, méditation, ablutions. Puis samedi on prendra l’élixir de Saturne, fait à la Pierre, le dimanche l’élixir solaire et ainsi de suite pour toute la semaine. ORA et LABORA pour cette semaine !

Le concile de Nicée fixe la fête de Pâques non pas au dimanche qui suit la première nouvelle lune après l’équinoxe de printemps mais seulement, dit le texte, au dimanche qui suit la première lune après l’équinoxe de printemps. De ce fait, la fête de Pâques a lieu sensiblement après la première pleine lune suivant l’équinoxe de printemps.

Pour nous, alchimistes, nous considérons que ce système n’est pas correct car les énergies sont au maximum au début du cycle. De sorte que la semaine optimum pour les travaux prévus est celle qui suit la nouvelle lune après l’équinoxe, étant entendu que la semaine commence le samedi.

Nous vous déconseillons formellement tout autre usage des élixirs végétaux faits à l’aide de la Pierre, en particulier les mélanges. Nous déconseillons encore plus formellement de donner à qui que ce soit et quelle qu’en soit la raison un élixir de ce type. Leur usage est exclusivement réservé au travail ésotérique de l’Alchimie. Cette pratique personnelle peut être renouvelée quatre fois par an dans les mêmes conditions, après chaque équinoxe ou solstice.

Pierres minérales

Le règne minéral peut être divisé en deux parties :

– Le minéral dont le Mercure est l’Alkaest

– Le métallique dont le Mercure est le Philosophique.

On trouve peu d’écrits sur le minéral, sauf ceux de Paracelse et de ses disciples, Van Helmont entre autres.

Les processus sont identiques aux processus métalliques. Nous avons entrepris quelques expériences dans ce domaine. Nous pensons que les méthodes de Cockren que nous aborderons dans nos études métalliques conviennent dans ce règne.

Si ce règne a été peu travaillé par les Alchimistes, c’est parce que son intérêt n’est pas aussi important que celui du végétal ou du métallique.

Pour débuter, ce règne n’a pas les avantages du végétal, et il n’atteint pas pour la suite les hauteurs du métallique. Il a davantage d’intérêt pour ceux qui veulent se consacrer à la guérison. Notre avis (peut-être provisoire sur ce sujet) est qu’il y a peu de risque à traiter des non-alchimistes par les produits issus de ce règne, leur influence sur la prise de conscience psychique étant faible.

Dans l’état actuel de nos travaux et de nos études, nous pensons que le plus intéressant pourrait être le Sel Ammoniac, le Sel de Tartre et le Soufre natif d’origine non volcanique.

Ces points seront précisés après notre cours végétal.

Pierres métalliques

Nous ne revenons pas sur la question des Pierres adultères. Toutefois, ici, nous avons quelquefois un double adultère, c’est-à-dire des Pierres dont les éléments sont à la fois d’origine minérale et métallique. Dans ce cas, ces Pierres ne sont pas multipliables, elles semblent devenir insolubles aussi bien dans l’Alcaest que dans le Mercure Philosophique (sous réserve d’expériences plus poussées).

Les Pierres métalliques peuvent être matrices d’un métal, c’est-à-dire marquées par le Sel du métal d’origine. Dans ce cas, elles ont une zone d’action limitée que nous allons expliquer en nous reportant à la planche 2 de la Notice 9.

Dans le langage des Anciens, teindre signifie transmuter.

Sur notre planche :

– Le plomb, Saturne, est au plus haut du ciel chimique. La Pierre de Saturne teint donc le plomb et les autres métaux en or.

– L’étain, Jupiter, ne peut pas teindre le plomb, mais se teint lui-même ainsi que le fer, le cuivre, le mercure et l’argent.

– Le fer, Mars, se teint lui-même et teint le cuivre, le mercure, l’argent.

– Le cuivre, Vénus, se teint lui-même et teint le mercure et l’argent.

– Le mercure se teint lui-même et teint l’argent : ceci en théorie, car une Pierre matrice sur le mercure est impossible en pratique.

Contrairement à ce que disent de pseudo-adeptes ignorants, il n’y a pas une matrice première unique pour la Pierre métallique. Plusieurs départs sont théoriquement possibles mais ils sont plus ou moins aisés suivant la matière choisie. Pour celui qui n’a pas peur d’un travail herculéen, la méthode de Fabre de Castelnaury est excellente. La matière de départ est uniquement de l’eau de pluie. Nous avons décrit le processus du GUR et de l’ARCHÉUS dans nos notices et nous avons ensuite donné les conditions que devait remplir l’Archéus pour atteindre la Pierre. Pour obtenir un résultat pondéral, il faut que l’eau « fermente » plusieurs années mais les trois premiers mois sont critiques. Après ce délai, l’eau cesse d’être « fragile ». Si en trois mois, il apparaît une pourriture blanche, on peut jeter l’eau. Si l’eau prend une couleur verte, elle n’est pas non plus utilisable. Seule la couleur marron-brun doit apparaître. Si ce processus est long il ne présente aucun des risques et des dangers des processus métalliques.

Les deux autres corps présentant une possibilité théorique et pratique « relativement aisée » sont la stibine qui est un trisulfure d’antimoine, le minerai de ce métal et la galène ou sulfure de plomb.

Certains se demanderont peut-être pourquoi tenter une Pierre adultère, c’est-à-dire une Pierre qui ne respecte pas l’unité de la matière au départ.

Chaque corps a une particularité, l’un a peu de Sel, l’autre peu de Soufre, l’autre peu de Mercure. Le Mercure dans l’un est abondant mais grossier. Le Soufre d’un autre est presque parfait. Il y a donc un souci de choisir surtout la qualité du principe. Si l’extraction est relativement aisée, la purification et surtout la maturation sont beaucoup plus complexes.

– Le plomb a peu de Soufre, peu de Sel, mais beaucoup de Mercure grossier et non mûr.

– L’étain, ni mûr ni grossier, n’a pas d’excès de Mercure ni de Sel, mais possède peu de Soufre.

– Le fer a peu de Mercure mais de qualité, davantage de Soufre et de Sel.

– Le cuivre a beaucoup de Soufre de qualité, le Mercure et le Sel sont à égalité.

– Le mercure a peu de Sel et de Soufre et étant normalement à l’état de fusion, il est en permanence sous l’influence astrale.

Pour terminer ce chapitre, examinons le principe de la multiplication d’une Pierre. Cette opération consiste à dissoudre la Pierre dans le Mercure ou l’Alcaest, selon la nature de la Pierre.

Bien que cela ne soit mentionné dans aucun ouvrage, un filtrage ou une décantation s’impose afin de séparer les impuretés libérées par cette dissolution.

Puis les éléments sont séparés et on refait leur union. Ces éléments étant plus purs, la Pierre se reconstitue 8 à 10 fois plus vite que la fois précédente. Ceci nous amène à penser qu’une extrême purification des éléments avant la première réunion et la division du Sel en une poudre impalpable doit considérablement raccourcir le temps de la première « cuisson » de la Pierre.

37-48

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Spagirie 13-24

Jean DUBUIS

L’Adepte doit suivre le chemin de la Nature mais avec les lumières de la Connaissance

COURS D’ÉSOTÉRISME GÉNÉRAL SPAGIRIE 13 – 24

NOTICE 13

Dans la plupart des textes hermétiques, les phrases importantes sont souvent noyées dans de longues dissertations ou dans des allégories symboliques. Le texte qui suit a été tiré d’un ancien livre hermétique duquel nous avons éliminé les termes obscurs inutiles.

PHILOSOPHIE ALCHIMIQUE

Ainsi que nous l’avons déjà vu, les corps morts ne sont pas utilisables en Alchimie. C’est pourquoi les métaux courants sont inutilisables ; seuls les sels métalliques vivants peuvent servir pour le travail sur le règne minéral.

Puisqu’en Alchimie nous imitons la Nature, nous allons examiner le processus créateur. Dans la Nature, tout est issu d’un principe unique qui opère toutes les générations et toutes les dissolutions.

La Nature est la mère de tous les êtres qui composent ce monde visible et du principe invisible qui les anime et qui, bien que distinct de Dieu, émane de lui.

Dieu a tiré la Nature du néant par la vertu de son Verbe, qui engendra une vapeur informe et subtile dans laquelle Il imprima un Esprit de force et de puissance.

La Vapeur se changea en une Eau que les philosophes ont nommée Universelle et Chaotique :
LE CHAOS. C’est de cette eau que l’Univers est formé.

L’eau cosmique est double, l’eau universelle visible, l’esprit invisible qui lui est inhérent.

Deux choses en une.

L’eau sans Esprit serait sans forme. L’Esprit sans eau serait sans action.

Toutes les choses tiennent leur existence de cette même racine et toutes peuvent donc être réduites en elle.

C’est pourquoi les philosophes disent :

«Notre matière est en toutes choses, mais elle n’est ni en quantité ni en qualité la même en toute chose».

L’eau cristalline et pure de l’origine est passive mais, sous l’action de l’Esprit actif, elle se putréfie. Il se forme des parties subtiles et des parties grossières.

Les plus subtiles forment le Ciel ou Feu, les moins subtiles l’Air, les plus grossières, l’Eau et enfin la Terre.

Ces quatre éléments ne diffèrent entre eux que par leur degré de fixité et de subtilité. Mais l’Eau chaotique double devient quadruple par la séparation des éléments.

Chaque élément produit continuellement en son centre une semence semblable à lui-même.

De la réunion de ces semences naît une eau chaotique de même nature que l’eau chaotique primordiale.

Cette eau chaotique assure la génération, la conservation, la destruction de toutes choses créées. Cette eau générée par les éléments est appelée : Semence Universelle, Âme et Esprit du Monde. Elle est l’esprit universel non spécifié rendu visible sous forme d’eau : ARCHÉUS de la Nature.

L’Esprit animateur provoque des émanations :

– venant du haut, ce sont les influences,
– venant du bas, ce sont les exhalaisons.

Les émanations provoquées par l’Esprit en tant que semence particulière engendrèrent par leur réunion la Semence Universelle. Le Feu avec l’Air, l’Eau avec la Terre et ces deux composés se réunissent comme mâle et femelle.

On ne peut aller d’un extrême à l’autre sans passer par le milieu. L’union des éléments fixe le volatil si on a le Feu avec l’Air, puis avec l’Eau, puis avec la Terre.

L’union des éléments volatilise le fixe de la Terre si on a la Terre avec l’Eau, puis avec l’Air, puis avec le Feu.

Chaque élément a trois degrés intermédiaires, très subtil, subtil, peu subtil, ou :

La Semence Univers, elle, est formée des émanations du Ciel, de l’Air, de l’Eau, de la Terre, par la dégradation de ces éléments en leur matière première.

Ses éléments sont homogènes n’étant constitués que d’Eau Chaotique et d’Esprit.

La Terre est un Ciel fixe, le Ciel est une Terre volatile, l’Air est une Eau raréfiée, l’Eau est un Air condensé. L’élément le plus subtil est aussi le plus mobile, c’est lui qui transmet le mouvement aux autres.

Nous vous conseillons de relire et de méditer cette partie philosophique avant d’entreprendre la distillation des éléments ou des expériences sur le GUR.

THÉORIE ALCHIMIQUE

Chimie et Alchimie

L’étude, même sommaire, de la chimie moderne n’est pas sans intérêt pour l’alchimiste.

Les alchimistes modernes ont établi une liaison entre certains corps simples de la chimie actuelle et ces éléments alchimiques :

– le Feu à l’hydrogène
– l’Air à l’azote
– l’Eau à l’oxygène
– la Terre au carbone.

Nous remarquons que le carbone est un élément clef de la nature et assure la liaison entre le monde minéral et le monde organique végétal et animal.

Dans nos manipulations, le sel végétal résiduel est un corps sans carbone qui a été brûlé, le sel est ainsi retourné à son monde minéral ; c’est le monde minéral qui fournit les matrices du monde végétal. Dès que le carbone est présent, la vie organique apparaît. La force d’animation, les huiles et esprits végétaux sont des composés du carbone, de l’hydrogène et de l’oxygène. Dans les huiles et essences essentielles, on a quelquefois de l’azote.

Si nous considérons la division de la chimie moderne, la chimie organique est le domaine du soufre et du mercure végétal, la chimie inorganique, celui du sel végétal. Nous devons noter que dans les processus de séparation de la plante apparaissent des sels volatils qui sont du domaine organique. Ils doivent être incorporés au soufre végétal.

Nous examinerons ultérieurement quelques méthodes pour la séparation de ces sels volatils.

Le règne végétal de la terre a comme composant principal dans ses sels le potassium. Ce sel de tartre est du carbonate de potassium. Les végétaux marins ont comme composant principal de leurs sels le sodium, métal très proche du potassium.

Le sang de l’homme est du règne du sodium.

Nous pensons que ces quelques remarques vous seront profitables lors de l’élaboration de vos opérations spagiriques.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Nous étudions la séparation du Soufre végétal qui est contenu en majeure partie dans les huiles essentielles du végétal. Celles-ci ne peuvent être séparées que par distillation à la vapeur.

La plante initiale pour ce travail peut être soit du carvi (graines) soit de la lavande (fleurs), soit de la matricaire. Les proportions sont de 50 g pour un litre de capacité, soit 300 g pour un ballon de six litres. Le ballon est rempli aux deux tiers d’eau de pluie et on laisse en macération 24 ou 48 heures.

Sur la planche jointe, si le ballon B est de 6 litres, le ballon A sera de 2 litres et rempli d’1 litre à 1 litre et demi d’eau de pluie. Le tube C est rempli d’eau ; il peut être remplacé par une valve d’auto cuiseur car son rôle consiste uniquement à empêcher l’explosion du ballon A si le circuit de vapeur vient à être obturé. On chauffe les ballons A et B ; à l’ébullition on arrête le chauffage de B, seul A, générateur de vapeur, continue à être chauffé. Il peut être prévu sur la partie D du tube une résistance électrique afin de surchauffer la vapeur pour certaines catégories de végétaux (rares).

L’injecteur de vapeur en B doit avoir une sortie effilée et courbe de façon à ce que le jet de vapeur brasse le mélange eau/plante.

Deux solutions sont possibles :

– La première consiste à monter un pan de distillation et un réfrigérant à sa suite sur le ballon B ; la vapeur et l’huile se condenseront dans un récipient. L’huile ne pourra être séparée de l’eau que par décantation et un lent versement ; le rendement sera mauvais.

– La seconde : sur notre planche nous avons représenté un extracteur pour huiles essentielles. La vapeur se condense dans le réfrigérant et l’huile se dépose sur ses parois.

Le tout descend dans la chambre à décantation G. L’huile surnage et l’eau retourne dans le ballon B par le tube K, le robinet R permet d’éliminer l’eau et de soutirer l’huile en fin d’opération.

L’expérience montre que si après l’extraction, on laisse reposer la plante, on obtient en opérant de nouveau 24 heures plus tard la même quantité d’huile et ceci quelquefois 3 ou 4 fois de suite.

L’extraction du principe de l’âme de la plante tue celle-ci qui doit donc passer par la décomposition qui accompagne la mort. Il s’agira ici de la fermentation, ce qui permettra la séparation des esprits des éléments du corps (Mercure et Sel). Ces esprits font l’objet d’une étude plus avancée au cours d’une de nos prochaines notices.

Notes : En page 1, la définition de la Nature est un peu courte pour l’usage philosophique. Un de nos membres ayant eu à donner une définition pour une proclamation d’agriculture biologique l’a définie comme étant l’ensemble des dispositions que la vie donne aux êtres.

On ne peut parler de nature sans évoquer le mot Vie. En latin, natura est le féminin de naturus, ce qui est destiné à naître, c’est le participe futur du verbe nascor. La nature est l’ensemble des relations internes qui sont inhérentes aux phénomènes vitaux.

En page 3, «Le règne végétal de la terre a comme composant principal dans ses sels le potassium». C’est une chose qui ressort du lessivage des sels d’où on ne sort en général que des sels de potassium, principalement du carbonate, mais c’est oublier que l’élément le plus répandu dans le règne végétal est le calcium. La plupart des cendres des végétaux et du bois sont constituées par du carbonate de calcium. Le calcium selon la terminologie de Kervran, ce n’est jamais que K + H, c’est à dire 39 + 1.

Planche : Séparation du Soufre végétal

NOTICE 14

Pendant quelques temps, nous nous consacrerons presque uniquement à des opérations pratiques.

Il ne faut pas oublier que, dans le domaine mental, prendre des notes sur un sujet, l’étudier, revient à en faire une « extraction alchimique ». Méditer un problème équivaut à une « circulation alchimique ».

Dans un cas, la matière se fixe et devient stable et durable, dans l’autre, la matière croît et se perfectionne.

LA FERMENTATION

Après avoir ôté le soufre végétal par la distillation à la vapeur, nous avons une plante morte dont nous devons séparer les divers éléments par la fermentation. La fermentation est la clef qui ouvre les secrets de la nature, c’est pourquoi elle doit être sérieusement étudiée et expérimentée. Toutes les fermentations ou putréfactions demandent la réunion de trois conditions pour se réaliser :

– la présence d’un élément vivant
– une composition ou un état du corps à fermenter adéquats
– des conditions de températures et, selon la nature de la fermentation, la présence ou l’absence d’air.

Compte tenu de l’évolution du vocabulaire et du sens qu’a pris le mot « putréfaction » depuis la conception pasteurienne et microbienne, il faut souligner qu’autrefois la putréfaction n’avait pas le caractère putride qu’on lui attribue aujourd’hui.

L’élément vivant est en général tué par la chaleur. L’extraction à la vapeur tue le ferment.

De même, dans le métallique, il est tué par la fusion du métal et la fermentation ne peut s’amorcer. Nous devons donc toujours ajouter un ferment. Dans le cas du végétal, certains auteurs préconisent l’utilisation de la levure de bière, mais ceci est une erreur. La Nature étant unique, il faut employer le ferment spécifique de la plante ou du métal, sinon il faudrait disposer d’un ferment indéterminé, mais il n’existe malheureusement pas dans le végétal. Il est donc préférable de mélanger avec la plante morte un peu d’une plante n’ayant subi aucun traitement afin d’apporter les éléments nécessaires à la fermentation.

Dans le règne métallique, le métal à fermenter est mort ; il doit être mélangé à une partie de son minerai non fermentable, mais qui apporte la vie au métal préparé.

Si, par suite de traitements agricoles, la plante n’a plus ses propres ferments, on peut l’ensemencer avec une levure étrangère qui sera de préférence obtenue à partir de fond de cuve de vin, mais ce n’est qu’un pis-aller.

À notre plante macérée dans de l’eau de pluie et sans son soufre extrait précédemment, nous ajoutons un peu de plante fraîche pour obtenir le départ de la fermentation en respectant les conditions suivantes :

– S’il y a de l’air au contact du liquide, les levures se développent beaucoup, il y a peu de production d’alcool (fermentation aérobie).

– S’il y a peu d’air au contact du liquide, les bactéries se développent peu et produisent beaucoup d’alcool (fermentation anaérobie).

– Les levures alcooliques s’alourdissent et perdent de leur vivacité au-dessus de 30° et en dessous de 15°.

– Les levures ne vivent pas en milieu basique, elles ne se développent qu’en milieu neutre ou acide; celui-ci bloque souvent la prolifération des ferments parasites. Ce sont la plupart du temps les tiges coupées et les grains du fruit qui assurent l’acidité de la liqueur (pH inférieur à 7).

– La fermentation végétale ou métallique dégage de la chaleur, le flacon doit être aéré.
– Au cours des deux ou trois premiers jours, il faut renouveler l’air stagnant au-dessus du liquide pour évacuer le gaz carbonique qui gène le développement des levures.
– Il faut remuer avec une tige de bois ou de verre la masse eau/plante.
– Au bout de deux ou trois jours, il faut laisser stagner le gaz carbonique pour augmenter la production d’alcool.
– Dans les fermentations alcooliques, les levures cessent de travailler quand le taux alcoolique est de 15 à 17°, qu’il reste ou non de la matière transformable.
– Dans la fermentation acétique, que nous verrons plus tard, les levures cessent de travailler quand le taux d’acide est à 8 %.
– Quand la fermentation est terminée, on sépare la masse solide du liquide par filtrage.
– On distille lentement le liquide pour récupérer l’alcool.
– La fermentation des plantes produit essentiellement deux sortes d’alcool :

     . éthylique.
     . méthylique : ce dernier est très dangereux et doit être éliminé soigneusement des produits spagiriques.

La séparation est assez aisée car il ne donne pas d’azéotropie avec l’alcool éthylique et sa température d’ébullition est de 64°. Il faut donc éliminer tout le liquide qui distille en dessous de 76 °C.

L’enrichissement artificiel d’une macération végétale par des solutions assimilables à la chaptalisation du vin augmente fortement le taux d’alcool méthylique.

En résumé, toutes les fermentations spagriques végétales ou métalliques se contrôlent grâce à trois éléments :

– choix de l’élément ferment
– choix de la solution à fermenter et de sa composition chimique
– choix de la température et de l’aérobie ou de l’anaérobie

Il est assez délicat de tenter de changer les mercures de règne ; il n’en n’est pas de même des principes de fermentation ou de putréfaction. Un ancien Philosophe disait : « Cherche ce qui dans le règne animal pourrit le plus vite. Des poissons, extrait le principe des poissons, et il accélèrera la putréfaction métallique qui autrement est très longue ».

Tout est logique en alchimie, ainsi le menstruum de Kerkring qui permet une extraction assez rapide de l’alkaest métallique est composé de sel ammoniac, principe dégagé par la putréfaction des poissons, et d’alcool absolu, médian végétal qui permet à l’animal d’agir dans le minéral, car on ne passe pas d’un extrême à l’autre sans un médian.

Nous décrirons la fabrication de ce menstruum à la fin du cours sur les processus végétaux.

DISTILLATION PHILOSOPHIQUE

Ce genre de distillation est typiquement alchimique. Les Philosophes groupent sous ce terme deux processus fort différents.

Nous avons vu précédemment que l’ébullition créait des myriades de micro bulles qui, entraînées par la vapeur, court-circuitent le processus de la distillation. La sphère à reflux de Kjeldahl en élimine une grande partie mais il est préférable de ne pas en avoir. Pour cela il faut que la température du liquide soit juste en dessous de celle d’ébullition. Ainsi tout le liquide passe à l’état de vapeur. Ceci implique que la vapeur n’ait que très peu à monter ; on peut donc incliner le ballon de façon à avoir un col en pente douce qui arrive directement dans le réfrigérant. Cette distillation doit être très lente. Une goutte toutes les 7 à 8 secondes. Les anciens Philosophes conseillaient de réciter un Pater entre deux gouttes.

La seconde méthode consiste en une distillation répétée de notre produit que l’on reverse sur les fèces restées au fond du ballon. Le but recherché est un enrichissement du produit et non une séparation. Les distillations répétées renforcent d’une manière surprenante les éléments alchimiques du produit.

Des distillations répétées de vinaigre n’augmentent pas son taux d’acide acétique mais son pouvoir « mûrissant » et « fixant » selon le concept alchimique.

Il faut toujours bien laisser refroidir le ballon avant de remettre le liquide distillé. Si les fèces sont solides, les extraire du ballon et les piler en poudre aussi fine que possible. Ce principe est appliqué en fonctionnement continu dans les opérations dites de « circulation ».

SOLVE ET COAGULA

Cette opération a un but essentiel de purification. Elle peut se pratiquer de deux façons différentes:

– 1) La première consiste à dissoudre le corps à purifier, généralement un sel dans un liquide, l’eau le plus souvent. Si le sel est insoluble dans l’eau, on peut essayer l’alcool ou l’acide acétique. Quand le sel est dissous, on filtre la solution et on évapore lentement, sans bouillir. On récupère un sel purifié de ses impuretés insolubles, mais les impuretés solubles ne sont pas éliminées.

– 2) La deuxième méthode consiste également en une dissolution et un filtrage, mais on n’évapore pas jusqu’à siccité. On réduit par exemple le volume de liquide au quart de son volume primitif, et on laisse refroidir.

Dans de nombreux cas, des cristaux vont apparaître et se développer dans le liquide froid.

On les recueille et on les sèche. Il est nécessaire de les mettre dans un flacon étanche, car ils sont souvent hygroscopiques et sont liquéfiés par l’humidité de l’air. La cristallisation élimine en partie les impuretés solubles. Au fur et à mesure que l’eau se refroidit, les parties solubles se cristallisent.

Voici, pour quelques sels, la quantité en grammes soluble dans l’eau à 20 °C et 100 °C :

Prenons l’exemple de l’acétate de plomb. Si nous saturons l’eau à 100 °C, une fois refroidie à 20 °C, nous aurons :

221-44 = 177 grammes de cristaux avec 1/10 de litre d’eau au départ.

Il ne faut pas chercher à cristalliser la totalité du sel car la solution précipite des impuretés que l’on élimine par filtrage.

Reprenons notre acétate de plomb. Tout d’abord, les cristaux seront minces comme des aiguilles, mais à chaque cycle de dissolution, cristallisation, le sel se purifie et les cristaux grossissent.

Un premier phénomène se produit : à froid, la cristallisation ne va plus se faire, ce qui indique que le degré de pureté du sel est bon. Si on a eu la précaution de garder quelques cristaux des premières expériences, il suffit de jeter dans la solution un minuscule fragment de cristal pour obtenir en quelques secondes les cristaux de la solution.

Si nous continuons, nous avons un refus de cristallisation. La semence cristalline est sans effet, c’est le signe de la purification. Il faut alors épaissir la solution par un léger chauffage jusqu’à ce qu’elle ait la consistance d’une cire qui serait aisément fusible à chaud.

Quand le sel a atteint ce degré de pureté, il est dit par les Philosophes être « réincrudé au Chaos ».

Qu’il soit végétal, minéral ou métallique, s’il est correctement nourri, il pourra être conduit à la véritable fermentation alchimique.

Pour certains sels, le chaos peut être atteint en 6 ou 7 cristallisations ; pour d’autres, plusieurs dizaines et même centaines sont quelquefois nécessaires, d’où le nom de « Travaux d’Hercule ».

CALCINATION

Ce n’est pas une opération aussi simple qu’il puisse paraître de prime abord.
Si les résidus végétaux proviennent d’une extraction alcoolique, il suffit de les enflammer alors qu’ils sont encore imprégnés d’alcool, pour atteindre la phase noir-gris.
Si les résidus végétaux proviennent d’une macération à l’eau de pluie, il faut d’abord les sécher dans un plat résistant au feu. Il faut ensuite les réduire en poudre.

La réduction en poudre des cendres gris-noir de l’extraction alcoolique ou de la plante séchée de la macération hydraulique économise de l’énergie et fait gagner du temps.
Pour la suite des opérations, il est souhaitable d’avoir deux creusets identiques, soit en porcelaine, soit en terre réfractaire, soit en silice.
Le chauffage au gaz du creuset ne donne pas à la matière la température de la flamme car l’apport calorique des becs est en général insuffisant.

L’expérience montre que, pour un creuset ouvert, la température excède rarement 500 °C.

Dès que le gris est atteint, une toile en acier inoxydable empêche la neige de s’envoler et le blanchiment est plus rapide. Mais, pour deux raisons, il est préférable de poser un creuset identique inversé sur celui contenant la matière :

– 1) La température est plus élevée de 200 °C au moins.
– 2) Les sels volatils se soulèvent et se déposent sur le creuset supérieur et ont un plus haut degré de pureté que ceux restés dans le fond ; ils doivent être recueillis à part et gardés pour les expériences les plus élevées (Circulatus ou Pierre).

En ce qui concerne les sels de la plante, les résultats sont différents selon que l’on calcine les résidus après extraction ou avant extraction.

En général, dans ce dernier cas, les sels sont plus fusibles et, avec la technique du creuset inversé, ou avec l’utilisation d’un four à émaux, on obtient aisément un verre végétal. Si ce verre végétal est soluble soit dans l’eau, soit dans l’alcool, soit dans l’huile de la plante, il donnera un meilleur résultat.

Les Pierres ou les Circulatus, sommets de l’oeuvre végétale, ne peuvent être obtenus que par des verres solubles ou par des sels volatilisés ou sublimés.

Note : À propos de la fermentation des plantes, on trouve assez peu de levures sur la plupart des végétaux. On en trouve surtout sur les fruits. Elles n’entrent en activité que sur les substances glucidiques. La population bactérienne et microbienne des végétaux est composée la plupart du temps de bactéries lactiques et d’infusoires. Quand on fait une macération de plante pour en tirer une fermentation, on obtient beaucoup plus souvent le développement d’infusoires et de bactéries lactiques plutôt qu’une fermentation alcoolique. Pour mettre une plante en fermentation, il faut lui ajouter un peu de sucre.

Planche : Fermentation.

Pour évacuer le gaz carbonique CO2 au début de la fermentation, on souffle en A ; le tube B s’amorce alors et fait siphon à CO2 (plus lourd que l’air). Quand la fermentation est établie dans la masse du liquide, au bout de deux à trois jours, on bouche le tube B.

NOTICE 15

Arrivés à ce point de nos études, nous pensons qu’il est bon que chacun réfléchisse sur les diverses options alchimiques possibles. En effet, suivant la direction choisie, le matériel et la documentation seront différents pour chacune de ces options. De même qu’il faut éviter la boulimie cérébrale, il faut également éviter que son laboratoire et sa bibliothèque de travail soient surchargés d’attributs inutiles.

La première voie est celle de l’alchimie spagirique qui, en fait, ne peut être suivie que par les personnes appartenant au Corps Médical. Cette alchimie traite principalement de la guérison par les extraits alchimiques végétaux. Dans cette voie, on peut se contenter des élixirs et des quintessences.

La deuxième voie, peu différente de la précédente, consiste à essayer d’obtenir la maîtrise du végétal, soit par des « circulés », soit par la pierre végétale.

La troisième voie concerne ceux qui, après un apprentissage dans le végétal, veulent continuer dans le métallique.

Nous commencerons donc par quelques conseils sur les lectures. Il ne faut pas lire trop de livres, mais il faut lire et relire à fond ceux que l’on a choisis. Il est évident que, pour ces trois voies, il existe un fond commun de matériel et de documentation.

Pour les végétaux, nous conseillons les livres suivants :

– Les trois tomes de :

« Le livre des plantes médicinales et vénéneuses de France » par P. Fournier (Paul Lechevalier éditeur, Paris). Ce livre assez coûteux est le plus complet sur les caractéristiques et l’emploi des plantes.

– Les deux tomes de :

« Les plantes médicinales » par Emile Perrot. Ce livre coûteux contient 245 planches en couleur permettant l’identification de presque toutes les plantes de France.

« Essential Oils » de Gunther, en anglais (pour tous ceux qui veulent faire de l’aromathérapie) donne toutes les caractéristiques des plantes et des huiles obtenues, ainsi que diverses méthodes d’extraction et de purification.

Ceux qui n’envisagent qu’un passage dans le végétal peuvent se contenter d’ouvrages plus modestes comme :

– « Dictionnaire des plantes médicinales » de Morgan

– « Les noms des fleurs par la méthode simple » de Bonnier

– « La flore portative de France, Suisse et Belgique » de Bonnier est utile à ceux qui veulent faire de la prospection de plantes sauvages.

Pour ce qui est des livres typiquement spagiriques, nous aborderons ce sujet en même temps que les livres alchimiques.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Dans notre dernière notice, nous avons expliqué les principes et les règles de diverses opérations. Nous continuerons d’explorer ces sujets dans la présente notice afin de pouvoir ensuite entreprendre l’étude des processus généraux sans s’arrêter aux détails de chaque opération.

Macération

Il ne faut pas confondre cette opération avec la fermentation. Il y a dans la macération simplement dissolution des principes contenus dans le végétal ou le minéral dans le liquide de macération.

La macération se fait à une température plus basse que la fermentation, justement pour empêcher cette dernière de se produire. Généralement, on fait macérer à la température ambiante entre 18 et 20 °C. On notera cependant que les disciples de Von Bernus font macérer à 40 °C. Enfin, on peut également entreprendre cette opération à des températures voisines de celles des fermentations, mais dans des conditions telles que le milieu ne fermente pas, c’est-à-dire avec une petite addition d’alcool.

Il n’y a pas, en principe, de dégagement gazeux : la macération peut donc se faire en récipient fermé. Les liquides de macération utilisés généralement sont l’eau et l’alcool éthylique ou esprit de vin.

La macération est surtout utilisée dans la préparation des plantes. Les plantes séchées sont macérées à l’esprit de vin. Les plantes fraîches sont macérées de préférence avec de l’eau de pluie distillée, en général pendant 24 ou 48 heures.

L’eau doit être bien distillée car, si elle contenait quelques sels, ceux-ci contamineraient le sel de la plante et la purification spagirique ne serait plus possible.

La macération est particulièrement importante avant l’extraction des huiles essentielles par la distillation à la vapeur.

Il y a intérêt à ne pas utiliser trop d’eau puisqu’elle devra être évaporée pour récupérer les sels de la plante.

Circulation

La circulation est une distillation continue dans laquelle le liquide distillé retombe dans le liquide à distiller. C’est une opération qui est destinée à enrichir le produit en éléments volatils (au sens alchimique), c’est-à-dire spirituels.

Il y a différents types d’appareils de circulation, chacun ayant un but spécifique.

Dessin n°1

Appareil traditionnel, le Pélican, destiné à des circulations lentes avec condensation spontanée dans le col du ballon qui naturellement est bouché.

Dessin n°2

Circulation rapide avec réfrigérant. Le chauffage sera fait de préférence au bain-marie.

Dessin n°3

Appareil traditionnel dit « des deux frères » ou encore « vaisseau de rencontre », qui peut être soit à marche continue, soit alternée. Chaque ballon est chauffé alternativement ; à chaque changement de feu, le degré du liquide augmente (dans le Glaser, la définition de ce vase est un peu différente : ce sont deux matras dont les cols s’enfilent l’un dans l’autre).

La circulation est une opération importante en alchimie. Elle peut durer plusieurs mois. Au cours du travail pratique, nous verrons que certains liquides circulent presque spontanément.

Dans notre Notice 16, nous donnerons la description d’un appareil à circuler que chacun pourra monter lui-même.

Digestion

La digestion se fait dans un bocal fermé et étanche. Il n’y a pas de levure comme dans la fermentation. Les conditions de température sont les mêmes, souvent 40 °C. Elle dure en général plus longtemps que la fermentation. En principe, il ne se produit pas de dégagement gazeux. Seul l’aspect des matières et la circulation de la vapeur dans le bocal permettent de se rendre compte de l’avancement de la digestion.

Le flacon doit avoir un col assez long et la matière ne doit pas dépasser un tiers de son volume. Il est très important que la température soit constante pendant toute la digestion : de même que le refroidissement des oeufs tue une couvée, de même le refroidissement momentané bloque la cohobation résultant de la digestion.

La macération concerne la préparation du produit. Le terme digestion est utilisé pour désigner une opération terminale dans la fabrication du produit. La digestion est quelquefois combinée avec la circulation.

D’après la définition de Von Bernus, le but et l’effet de la digestion sont d’obtenir le relâchement de la texture des substances pour favoriser leur ouverture et leur dissolution.

Ce phénomène doit être considéré comme identique à celui qui se passe dans l’estomac d’un animal. Cohobation, en Alchimie, c’est le rassemblement des éléments purifiés. Ce n’est pas la définition de Glaser pour qui la cohobation est le fait de repasser plusieurs fois un solvant sur une substance pour l’ouvrir et la dissoudre.

Cohobation

En Alchimie, la cohobation est le rassemblement des éléments purifiés. En principe, elle se fait en réunissant le Soufre, le Mercure et le Sel alchimiques ; c’est certainement l’opération la plus délicate. Les conditions générales étant assez variables, les détails seront donnés dans chaque procédure décrite ultérieurement.

Toutefois, si le Soufre et le Sel ont été bien purifiés, la conjonction entre eux a lieu poids pour poids. Quant au Mercure, il doit seulement imbiber les deux précédents : seule la surveillance de l’opération permet de savoir s’il y a excès ou manque de Mercure.

C’est au cours de cette opération que l’on peut orienter le produit vers le fixe ou le volatil, la pierre ou l’élixir, car cette orientation dépend de la proportion des composants.

La cohobation faite, le produit est soumis soit à une longue digestion à température constante, soit à une circulation.

Imbibition

C’est une opération qui consiste à imprégner un solide, en général un sel, avec un liquide, son Soufre, son Mercure ou un Menstruum.

Le liquide doit être complètement absorbé et la surface juste humide, sans suintement liquide. Le produit est alors mis un flacon étanche et mis en digestion pendant 8 à 10 jours. Le liquide imprègne la matière intérieurement et la surface se dessèche.

On recommence l’imbibition jusqu’au refus de la matière, ce qui se manifeste par le fait qu’elle ne se dessèche plus en surface.

L’imbibition par un Menstruum « nourrit » la matière et peut la revivifier. Ainsi, un métal fondu, mort, peut retrouver son sperme métallique, même avec un Menstruum qui n’est pas spécifiquement de son règne. Dans ce cas, l’opération peut être assez longue, plusieurs mois en général.

Notre prochaine notice sera consacrée exclusivement à la description d’appareils à construire soi-même à partir d’éléments peu coûteux.

Planche : Appareils de circulation :

– le Pélican
– avec réfrigérant
– les deux frères

NOTICE 16

Il nous faut une fois de plus insister sur le fait qu’il est inutile de se procurer tous les matériels décrits dans nos notices : chacun travaille selon sa voie et doit choisir son matériel en conséquence. Nous continuons dans cette notice la description de matériels pouvant être fabriqués à partir d’éléments peu coûteux.

EXTRACTEUR DE SOXHLET

Méthode simplifiée

Si l’on veut éviter l’acquisition d’un extracteur de Soxhlet, appareil assez cher, on peut opérer de la façon suivante : Choisir le menstrum avec lequel on effectuera l’extraction.

Prenons par exemple l’alcool rectifié.

– Versez 500 cm3 d’alcool sur la plante pilée.
– Laissez macérer 1, 2 ou 3 jours.
– Filtrez.
– Distillez la liqueur filtrée au ¾ de son volume, ou même un peu plus si la liqueur ne laisse pas de dépôt sur les côtés du ballon.
– (x) Reversez l’alcool distillé sur la plante.
– Remettez en macération.
– Filtrez la liqueur.
– Mélangez cette liqueur avec le reste de liqueur de la précédente distillation.
– Distillez à nouveau.
– Recommencez le processus à partir de (x) jusqu’à ce que l’alcool ne se colore plus au contact de la plante. Comme celle-ci est saturée de l’alcool de la précédente macération, il faut examiner la couleur aussitôt que l’on a reversé et mélangé l’alcool distillé puis voir, le lendemain, si la couleur a évolué. Il faut compter en général sept macérations pour que l’extraction soit complète.

L’extraction par ce procédé demandera entre 1 et 2 semaines alors que l’extraction par l’appareil de Soxhlet dure à peine une journée.

Montage artisanal (planches n°1 et n°2)

Ce montage est réalisé à partir des éléments décrits pour la construction d’un train de distillation (Notice 12) et des réfrigérants décrits ci-après.

Aux points A, B, C, on trouve des joints faits dans des tubes plastiques siliconés ; ils sont destinés à rendre l’ensemble moins fragile. L’obturation est faite avec du coton hydrophile ou une matière équivalente.

D signifie que le tube ne doit pas dépasser le haut du bouchon sinon le siphonage ne se fera pas entièrement quand le niveau de l’eau baissera en dessous du tube.

Les réfrigérants sont montés avec diverses pièces :

a, b, e, f, g sont faits en tubes pyrex de 8 mm. Pour e, on le courbe d’abord en bas ; on passe ensuite le bouchon, puis on plie les deux branches à la flamme.
d est un bouchon de caoutchouc sans soufre. On peut le percer à l’aide d’une perceuse électrique. Commencer par un trou de 3 mm, mouiller ensuite cet avant-trou et le forer avec de l’eau.
c est un tube pyrex de 25 à 40 mm de diamètre. Sa longueur peut varier entre 30 cm et 50 cm.

Le réfrigérant à reflux est plus facile à nettoyer et il est également plus efficace que le réfrigérant simple. Remarquez les entrées et sorties d’eau différentes suivant le type de réfrigérant.

CALCINATION

Utiliser des petits récipients en porcelaine à feu (genre ramequin) et les monter comme l’indique la planche n°3. Le ramequin supérieur (inversé) n’est placé que lorsque le gris est atteint. On recueille sur ce ramequin inversé un sel volatil qui doit être mélangé soit au Soufre, soit à la teinture.

CIRCULATION MACÉRATION (planches n°4 et n°5)

Pour mettre en circulation, on utilise un flacon à col long que l’on place dans une boîte en polystyrène de 1 à 3 cm d’épaisseur. On laisse le col sorti de 10 à 15 cm. On place à l’intérieur une lampe de 10 watts maximum que l’on a préalablement peinte en noir. La différence de température entre l’intérieur et l’extérieur crée une circulation rapide qui peut réduire considérablement le temps de l’opération. Il y a toujours intérêt à circuler les menstra qui sont améliorés par cette opération.

Pour maintenir une chaleur constante, les anciens utilisaient le fumier. On peut remplacer efficacement celui-ci par un réfrigérateur usagé (planche n°5) dont on démonte la mécanique. Dans la partie inférieure, on place deux lampes électriques de 15 à 25 W que l’on monte en série après les avoir peintes en noir. À mi-hauteur on place un thermostat gradué de 0 à 60 °C ou de 0 à 100 °C, puis on règle la température à 42 °C. Le réglage définitif se fait au moyen d’un thermomètre placé dans la chambre froide.

Chaque préparation est enfermée dans une boîte en polystyrène (on peut par exemple récupérer les boîtes de glaces alimentaires), ceci afin d’éviter tout choc thermique aux préparations en cours de traitement lorsqu’on en introduit de nouvelles.

EXTRACTION DES HUILES ESSENTIELLES (Notice 13)

Sur la planche n°6, le tube a sert de soupape de sécurité et est rempli d’eau jusqu’au niveau H. Le tube b a une extrémité effilée de façon à ce que la vapeur brasse la macération. c est un tube en silicone que l’on peut pincer au début de l’opération pour empêcher la vapeur de passer. On retire la pince lorsque d contient un peu d’eau. La pince e sert à recueillir l’huile après décantation. Les fioles de type Erlenmeyer peuvent être chauffées sur des plaques électriques courantes.

Planches

– n°1 – Extracteur de Soxhlet (fabrication artisanale)

– n°2 – Réfrigérants

– n°3 – Montage pour calcination

– n°5 – Aménagement d’un vieux réfrigérateur

– n°6 – Extracteur d’huiles essentielles

NOTICE 17

Dans les précédentes notices nous avons donné quelques éléments qui concernent l’état d’esprit de l’alchimiste. Nous arrêtons l’étude de ces textes momentanément parce que nous pensons qu’il est bon que leur contenu entre en « macération-circulation ». Étant donné la grande diversité des étudiants nous avons fourni ces indications afin que tous puissent avoir les éléments de base nécessaires à ce cheminement, s’il ne les avait pas eus auparavant. Notre but était de préparer chacun à l’utilisation de la méthode expérimentale et de donner un minimum de notions concernant la conception du monde à laquelle conduit l’alchimie.

Dans la présente notice nous revenons sur les extractions faites avec le Soxhlet, en y ajoutant quelques précisions supplémentaires. Quel livre choisir ? Voici une question à laquelle nous essayons d’apporter une première réponse. Pour ce qui est de la pratique spagirique ou alchimique, les livres les plus bavards sont ceux de l’époque où s’est produite la transition alchimie-chimie. Il existe trois livres intéressants de cette époque, ce sont :

– « Le cours de chimie » de GLASER

– « Le cours de chimie » de LEMERY

– « La Royale Chimie » de CROLLIUS

Il en existe d’autres mais ceux-ci ont l’avantage de décrire en détail le matériel, les processus et nombre de précautions nécessaires que ce soit dans le règne végétal ou dans le règne minéral.

De nombreuses expériences décrites dans notre cours ont été tirées de ces livres. Dans les livres réédités à ce jour, nous conseillons à ceux qui veulent envisager la voie métallique, les livres de Basile VALENTIN :

– « Le traité des teintures des sept métaux »

– « Le char triomphal de l’antimoine »

– « Le dernier testament »

– « Les douze clefs de la Philosophie »

Abordons maintenant les principes dont découlent les méthodes alchimiques classiques. Il nous faut d’abord faire un bref rappel sur les menstra. Ils peuvent être divisés en deux catégories :

– les menstra universels

– les menstra spécifiques

Dans les menstra universels, on peut distinguer la hiérarchie suivante :

– le Mercure Philosophal

– le Mercure Philosophique

– le Menstruum extrait de l’urine humaine

– l’Archéus de l’eau.

Dans les menstra spécifiques et même dans les menstra universels, on peut distinguer deux catégories :

– ceux qui donnent les volatils,

– ceux qui donnent les fixes.

Cette distinction est importante pour diverses raisons alchimiques et spagiriques. Dans les anciens traités, on dit que les volatils soignent les maladies temporaires, et les fixes les maladies chroniques, que ce soit dans le règne végétal, animal ou métallique.

Prenons une image pour expliquer cet adage :

La première fermentation végétale est alcoolique, elle donne un menstruum faisant des volatils.

La deuxième fermentation végétale est acétique et donne un vinaigre qui est « fixant ».

Une première fermentation métallique du minerai dégage le Mercure Philosophique « volatil ».

La fermentation du Mercure Philosophique donne les éléments qui conduisent à la Pierre Fixe.

Ceci nous montre le parallélisme de principe entre le végétal et le métallique.

Si on souhaite obtenir des produits qui ne soient ni fixes ni volatils, le menstruum végétal serait l’acétone, et le métallique serait l’Acétone des Sages issue de l’Antimoine. Nous devons vous mettre en garde dès à présent quant à l’utilisation de ces produits. L’acide acétique du commerce est interdit car il ne provient pas du vin et contient des produits toxiques. En Alchimie, l’acide acétique provient uniquement du vinaigre (extraction délicate que nous étudierons plus tard). L’acétone est un produit très dangereux à manipuler, il est cité seulement à titre d’exemple théorique.

Nous nous pencherons également vers la fin de ce cours sur l’extraction des menstra universels car elle demande une expérience pratique importante. Nous allons maintenant vous entretenir des végétaux séchés. Ils n’ont pas nécessairement perdu leur pouvoir germinatif, leur sperme. Ils sont capables de déterminer leur espèce, leur type. Ils ne peuvent pas produire correctement leur propre Mercure car les levures, les ferments typiques de la plante, ont disparu. Le végétal doit être aussi sec que possible car le peu d’humidité qu’il contient affaiblit fortement le pouvoir d’extraction du Mercure Végétal (alcool absolu). Avec les végétaux secs, l’emploi d’un menstruum indéterminé est obligatoire. Nous commencerons le travail sur les végétaux séchés par une extraction avec le Soxhlet ou par la méthode de remplacement si on ne possède pas cet instrument.

Nous avons à la fin de cette opération :

– La teinture

– Les fécès

La teinture peut être utilisée telle quelle.

On peut essayer de séparer le Soufre et le Mercure par distillation. Ceci est rarement possible ; seul un essai montre si on peut séparer les huiles essentielles. Dans ce cas, il vaut mieux opérer sous vide à une température aussi basse que possible pour ne pas détériorer le produit.

Si la séparation ne se fait pas, on mélange les produits de la distillation et on utilisera la teinture telle qu’elle était au début.

Les fécès sont calcinés : ils ne doivent plus contenir de produits solubles dans l’alcool. On extrait le Sel par lessivage, soit comme dans le Solve-Coagula, soit en plaçant les Sels dans un Soxhlet. Dans ce dernier cas, on peut faire deux extractions, l’une avec de l’eau distillée, l’autre avec de l’acide acétique. Si on associe ces deux méthodes, on mélange soigneusement les Sels recueillis après les avoir pilés.

L’acide acétique dont il est question peut être « mort ». L’important est qu’il soit pur afin de ne pas ajouter d’impuretés dans les Sels. On peut soit acheter de l’acide acétique glacial (chez les fournisseurs spécialisés en matériel de laboratoire), soit acheter de l’acide acétique chez le droguiste et dans ce cas le distiller, ce qui demande quelques précautions.

Cet acide bout à 117 °C et ses vapeurs sont nocives. On peut utiliser une installation simple comme celle de la Notice n° 5, mais il faut rendre étanche la sortie. On peut faire passer le tube de sortie dans un bouchon de caoutchouc à deux trous qui bouche le flacon récepteur ; dans le second trou on passe un tube de verre sur lequel est monté un tube de plastique qui peut envoyer les vapeurs parasites soit à l’extérieur, soit dans une solution de potasse.

Lorsque le Soxhlet a été chargé à l’acide acétique et que l’extraction a été faite, on récupère l’acide dans l’appareil à distiller et les Sels dans le ballon d’évaporation. La voie alchimique n’est jamais unique et chacun doit expérimenter et choisir celle qui lui convient personnellement.

On peut donc opérer ainsi :

1 ) On pratique l’imbibition décrite dans une notice précédente avec la teinture, sur les Sels. Ensuite, sur une feuille de cuivre propre, on fait l’essai du Sel fondant comme de la cire sans fumée et qui se resolidifie en se refroidissant. Si ce test est concluant, on cherche un solvant de ce Sel, soit :

– de l’eau distillée

– de l’alcool dilué

– du vinaigre ordinaire distillé simplement (nous reviendrons sur ce point).

On emploie cet élixir à la dose suivante : 1 grain, soit environ 50 milligrammes de Sels dans un verre de liquide. Si par exemple, 100 cm3 de vinaigre ont dissous un gramme de Sel, il faudra 5 cm3 de cette solution dans un verre d’eau ou de vin. Il est bon de garder la solution mère une quinzaine de jours car elle ne doit pas faire de dépôts.

2 ) On verse la teinture et les Sels dans un ballon sur lequel on monte un réfrigérant. On circule ainsi quelques heures (suivant la méthode décrite précédemment). On sépare Sels et teinture, on calcine les Sels et ainsi de suite.

  1. a) Après 10 à 12 circulations, les Sels sont dissous dans la teinture, l’élixir est terminé.
  2. b) Les Sels ne se dissolvent pas, la teinture se décolore. Il faut faire l’essai de fusion sur le Sel et on procède comme la suite de l’imbibition précédente.

3 ) On distille la teinture si on a :

– les huiles essentielles

– le Mercure transparent purifié

– les Sels blancs

On pratique l’imbibition des Sels avec le Mercure transparent en dehors du laboratoire car le Sel « s’ouvre » dans cette opération et peut absorber un Soufre parasite impossible à extraire. Quand le refus du Mercure est atteint, on pratique l’imbibition avec les huiles essentielles. Puis on met à digérer à 42 °C ; on surveille les couleurs qui doivent être blanches au départ puis noires, jaunes et rouges.

Si ceci est atteint, on a une pierre végétale qui doit pouvoir séparer les macérations végétales sans aucun feu. La réussite en ce cas dépend de la qualité du Sel au départ et de l’absence de Soufre. La digestion avec les phases de couleur peut demander de neuf mois à un an.

Cette pierre doit être insoluble à l’eau. Si ce n’était pas le cas, ce serait dû à la quantité ou la qualité de Soufre (huile essentielle) qui aurait été insuffisante.

4 ) On place dans un petit ballon de forme haute, rempli au tiers, la même quantité d’huile, Mercure et Sel et on le place en digestion. En fait, il doit y avoir circulation. L’ensemble doit s’homogénéiser et donner un élixir volatil. Dans cette méthode, les sels doivent avoir été extraits seulement à l’eau distillée, tandis que dans les cas précédents, il valait mieux les avoir extraits à l’eau et à l’acide acétique.

Note : à propos du terme « fécès », si on prononce fécès, c’est la consonance latine de ce terme. L’équivalent français est fèces, terme médical, du genre féminin et qui signifie excréments, déjections.

NOTICE 18

Examinons aujourd’hui l’intérêt que présentent certains livres de langue anglaise. « Alchemy recovered and restored » de COCKREN : ce livre intéresse ceux qui veulent envisager le travail sur le métallique. Il contient environ 70 pages de conseils pratiques sur une voie peu coûteuse « Pursuit of Gold » de LAPIDUS : il concerne une autre voie métallique, son aspect pratique est important.

« Art of Distillation » de John French : recueil de procédés en clair, tels que l’extraction du Mercure Philosophique.

Reproduction de « Britannicus Encyclopedia » de 1770 : recueil de procédés spagiriques et alchimiques, extraction en clair du kermès minéral, traitement des huiles des plantes, des métaux, etc.

Les deux tomes d’« Alchemical Writings of Paracelse », traduits du latin en anglais par

A.WAITE : livre touffu, mais d’un extrême intérêt. Il demande déjà une bonne connaissance alchimique.

Nous avons donné dans nos précédentes notices quelques lueurs sur la Pierre Végétale.

Cette question sera plus approfondie dans une prochaine Notice.

Toutefois, nous devons dire que :

– pour la Pierre Végétale,
– pour la circulation mineure (Circulatus Minus),
– pour le Grand Elixir,
– pour la Pierre Philosophale,

il existe toujours plusieurs voies différentes qui mènent toutes au résultat. De nombreuses variantes sont possibles à l’intérieur de chaque voie. Ce que nous donnons dans cette notice ne concerne qu’une voie pour la Pierre Végétale. Elle n’est ni la plus aisée ni la plus rapide, mais la seule possible pour l’état actuel de notre travail. Nous donnerons plus tard d’autres indications sur d’autres voies, en particulier en ce qui concerne le Circulatus Minus.

Les élixirs de la précédente notice faits avec le Soxhlet, sont obtenus à partir de végétaux secs, car il est inutile de purifier le mercure végétal si on le contamine avec l’eau de la plante. Etudions maintenant une première méthode de travail des végétaux frais, que nous avons déjà abordée en partie dans la Notice 13.

La maîtrise du règne végétal est obtenue quand on a réussi soit la fabrication d’un circulé, soit d’une Pierre Végétale. Le circulé et la Pierre ont l’avantage, sur les menstra ordinaires, de faire en même temps la séparation et la purification. Si on plonge une plante sèche pilée dans le Circulatus Minus (nom du circulé végétal), le Soufre contenant le Sel dissous nage à la surface. L’Esprit est dissous dans ce circulé, la terre tombe au fond du flacon.

Il en est de même si on plonge la Pierre dans la macération d’une plante. Ici, la macération est faite avec de l’eau de pluie et une plante fraîche. La Pierre ne doit pas fondre et peut servir indéfiniment, la fabrication de la Pierre est longue. Nous allons en donner le processus avec ses diverses variantes possibles.

PIERRE VÉGÉTALE

Le choix de la plante est important mais peu de plantes sont satisfaisantes. Il est en effet nécessaire que la plante donne un maximum d’huile, qu’elle fermente correctement et que le sel soit relativement abondant. Nos expériences nous ont montré que les graines de carvi ou les fleurs de lavande convenaient à ce travail. Il faut d’abord extraire le Soufre sous forme d’huiles essentielles par la méthode décrite dans la Notice n° 13 (un extracteur simple est décrit dans la Notice n° 16). Cette extraction doit être renouvelée trois ou quatre fois à vingt-quatre heures d’intervalle afin de sortir toute l’huile de la plante.

Une première purification du Soufre peut être faite par une distillation sous vide. Il est aussi possible, mais non indispensable de le purifier en le dissolvant dans de l’alcool absolu, puis en le filtrant et en le distillant.

Il faut ensuite mettre la plante en fermentation avec l’eau qui a servi pour l’extraction à la vapeur. On peut ajouter un peu de plante fraîche pour aider au départ de la fermentation. Si celle-ci ne part pas, on met un peu de levure provenant si possible d’un fond de cuvée de vin. Ceci est un pis-aller, comme la levure de bière, et il faut en mettre très peu. Pour cette opération, (voir la Notice n°14), on distille lentement pour récupérer le mercure végétal qui doit être rectifié 7 fois. Certains auteurs allemands font la fermentation avant l’extraction des huiles. Ceci est possible, mais ne nous paraît pas avantageux dans ce cas. Si la fermentation naturelle est plus aisée à obtenir, on perd sur les huiles alors qu’elles ne sont déjà présentes qu’en très faible quantité.

On sépare le solide du liquide, on calcine au blanc les résidus solides qui, une fois refroidis, sont mélangés avec l’eau de l’extraction et de la fermentation. On filtre cette eau et on évapore jusqu’à coagulation du sel. Celui-ci est alors dissous dans de l’eau de pluie fraîchement distillée, et on le coagule à nouveau après filtrage, ceci deux ou trois fois. On place les sels dans un flacon assez haut, si possible à col long. Après que le résidu solide ait été calciné au noir, puis au gris, on place un couvercle en porcelaine ou en verre dur au-dessus du récipient de calcination. Il est possible que des sels se déposent sur ce couvercle. Ils doivent être récupérés et mélangés au Soufre s’ils se révèlent insolubles dans l’huile. Il faut pratiquer la distillation répétée de ces huiles sur ces sels.

On mélange moitié-moitié Soufre et Mercure que l’on verse sur le Sel afin qu’il reste environ 1 cm de liquide au-dessus. On bouche hermétiquement le flacon qui ne doit pas être rempli à plus du tiers de sa hauteur, et on le met en digestion-circulation pendant une semaine.

Au bout de cette période, on distille le Soufre et le Mercure ; on calcine le sel quand il est sec. Quand ce dernier est refroidi, on reverse le mélange Soufre-Mercure et on met à nouveau en circulation pendant une semaine.

L’opération est renouvelée jusqu’à ce qu’à la calcination, le sel fonde comme de la cire sans dégager de fumée. La Pierre est alors achevée. Il faut en prendre un petit morceau pour savoir si elle fond dans l’eau. Si c’est le cas, remettre la Pierre dans un flacon avec un mélange plus riche en Soufre, Soufre 90, Mercure 10.

Refaire deux ou trois calcinations circulations, et essayer à nouveau. C’est le manque de Soufre qui rend la Pierre soluble.

Il faut utiliser un flacon en verre Pyrex. On distille sans sortir la Pierre, mais pour la calcination, le sel doit être sorti. Si on veut éviter cette manipulation, un flacon en quartz, matériau très coûteux, doit être utilisé à la place du flacon en verre Pyrex. Une Pierre bien réussie doit faire la séparation en vingt minutes environ. Certaines Pierres, moins actives, demandent jusqu’à 24 heures.

La Pierre possède au plus haut degré les propriétés de la plante dont elle est issue. Mais elle extrait les éléments de n’importe quelle autre plante et, dans ce cas, ces éléments sont extrêmement puissants.

Pour la cohobation, des variantes sont possibles. Certains auteurs conseillent pour débuter une cohobation Soufre-Sel, une séparation du Soufre par distillation et, ensuite seulement, cohobation des trois.

Chacun a sa méthode, et nous espérons que chacun d’entre vous, suivant sa façon de « sentir » la Nature, parviendra à la sienne.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Un des problèmes que vous avez pu rencontrer ou que vous rencontrerez inéluctablement dans le travail pratique est celui des odeurs dégagées par certaines expériences. Chacun de ceux qui se sont trouvés confrontés à ce problème sait combien il est difficile de se débarrasser des odeurs dégagées par certaines expériences ou, problème encore plus délicat, de trouver une explication plausible à offrir à un voisin qui vient s’inquiéter de son environnement proche…

La planche jointe décrit un dispositif destiné à neutraliser les mauvaises odeurs mais aussi les vapeurs acides dangereuses.

L’ensemble comprend quatre flacons ; les tubes qui relient ces flocons entre eux et à l’ensemble de distillation ont 8 mm de diamètre extérieur. Les fioles 2 et 4 servent à empêcher que les liquides se mélangent ou contaminent les produits de distillation en cas de dépression. Le flacon 1 peut contenir une solution de potasse et le flacon 3 une solution d’acide acétique. Les tubes plongeurs doivent être dotés d’un bout effilé pour que les petites bulles soient plus aisément neutralisées. On peut également adapter à chaque tube un dispositif anti-retour (dispositif A) qui est formé d’une petite bille d’acier placée entre deux tubes de 8 mm.

Planche : Dispositif anti-odeurs.

NOTICE 19

Tous les Alchimistes sont d’accord sur le fait que les conditions astrologiques agissent sur les processus alchimiques. Mais ainsi que le dit le proverbe chinois : « L’étoile conduit le fou mais le Sage guide son étoile ».

Nous avons donc le choix entre deux attitudes : subir les conditions astrologiques ou tenter de les maîtriser par diverses techniques. En ce qui concerne le processus alchimique végétal, il est plus important d’attendre le moment favorable pour opérer.

ALCHIMIE VÉGÉTALE PLANÉTAIRE

Dans l’alchimie végétale, la planète déterminante est la lune. Il faut ici considérer la lune comme le soleil en astrologie classique en y apportant toutefois quelques modifications, dues aux phases différentes des deux planètes.

De la nouvelle lune à la pleine lune, cette planète sera dite positive ; de la pleine lune à la nouvelle lune, elle sera dite négative. Si nous voulons enrichir en élément vital, la phase favorable est la « lune positive » ; telles seront alors les opérations de dernière cohobation avant digestion ou distillation avec cohobation ou mise en circulation. La lune négative sera favorable aux opérations de distillation, de séparation ou purification, de séparation du pur de l’impur. Toutefois il est bon quand cela est possible de terminer un menstruum dans la zone de la pleine lune.

Revenons maintenant à notre Notice n° 9 où figure un schéma du ciel chimique (planche

n°2). Au cours de la lunaison, la lune parcourt la totalité de 12 signes. Et ceci détermine un autre aspect : si elle est dans le Sagittaire, elle sera positive pour les plantes de Jupiter, par exemple la mélisse. Dans les Poissons, elle sera négative pour les mêmes plantes.

Cette seconde action est certainement moins puissante que celle des phases de la lune ellemême, mais il est évident qu’il y a intérêt à mettre en accord ces 2 effets.

Mais par suite de la rotation de la terre autour du soleil, il se produit un déplacement des phases de la lune par rapport aux signes. Par conséquent, l’accord positif ou négatif maximum des deux effets ne se trouve pas à chaque lunaison. La nouvelle lune se trouve dans le même signe que celui où se trouve le soleil. La pleine lune se trouve dans le signe opposé à celui où se trouve le soleil au même instant.

On peut trouver le signe dans lequel se trouve la lune dans la presse spécialisée en astrologie mais on peut aussi trouver ce signe, d’une manière approchée il est vrai, par la méthode suivante : connaissant la date de la nouvelle lune, on cherche dans quel signe le soleil se trouve ce jour-là. La lune est dans le même signe à la même position que le soleil.

Ensuite on calcule le nombre de signes parcourus par la lune en sachant qu’elle parcourt un signe en 2 jours ¼ (valeur moyenne approchée). Ainsi 9 jours après la nouvelle lune, celleci a parcouru 4 signes. On remarquera que durant la lunaison complète, la lune parcourt presque 13 signes (12,97). Cette méthode n’est pas absolue par suite des irrégularités de marche de la lune ; aussi si l’on opère près du commencement ou de la fin d’un signe, il vaut mieux se référer à une table des positions lunaires.

Les considérations qui précèdent sont surtout valables dans les grandes opérations végétales ou dans la préparation des éléments nécessaires à celles-ci, comme la Circulation Mineure, la Pierre ou l’Élixir complet.

Pour ce qui est des niveaux subalternes : élixir sans séparation de Mercure-Soufre ou préparations spagiriques rapides, que nous examinerons ultérieurement, les spagiristes allemands emploient la méthode suivante : travail de la plante à son jour, Jupiter-jeudi, Soleil-dimanche mais le commencement du vrai travail, par exemple l’extraction, ne se fait qu’avec le lever du soleil.

Nous reviendrons sur ce sujet, surtout lorsque nous aborderons le travail métallique, mais nous pensons que ce qui précède est un guide suffisant pour le travail végétal.

MÉTHODE DE PARACELSE

Nous avons déjà expliqué quelques-unes des méthodes de séparation des trois principes végétaux et aussi de leur cohobation. Ces méthodes ne sont pas toujours pratiquement applicables. L’extraction de la teinture à l’alcool absolu et avec le Soxhlet n’est possible que sur les plantes sèches. Mais dans ce cas la séparation dans cette teinture du Soufre et du Mercure n’est pas toujours possible ni même souvent avantageuse. D’autre part, il existe des plantes comme la vigne dont l’huile est fixe ; en ce cas, la seule extraction possible est par la compression mécanique ou par l’utilisation de solvants d’usage dangereux, comme le diéthyle oxyde.

La méthode de Paracelse a l’avantage de demander peu de matériel. De plus elle est applicable à presque toutes les plantes sèches ou fraîches. Enfin, elle abîme beaucoup moins les produits que la distillation quadruple dont nous nous préoccuperons ultérieurement.

Pour que son mécanisme soit plus aisé à suivre, nous présentons un diagramme des opérations.

1 ) La plante est mise en macération dans de l’eau de pluie (de préférence distillée) pendant 24 ou 48 heures, la plante ne doit pas être tassée.

2 ) On distille l’ensemble et on récupère D, le distillat, l’eau de la distillation ; R est le résidu dans le ballon. La distillation est arrêtée juste au moment où R devient sec.

3 ) R étant refroidi, on reverse D, l’eau, sur la plante. On laisse en macération 24 heures. On distille à nouveau jusqu’au sec. On chauffe le résidu R’ environ 10 minutes.

Note pratique : Si on opère ce chauffage à sec dans le ballon de distillation, même en Pyrex, il est certain que celui-ci ne résistera pas. On peut donc sortir le végétal et le calciner dans un plat. On arrête dès qu’il commence à fumer. Seuls les ballons en terre ou en quartz résistent à cette opération ; mais les uns sont peu pratiques et les autres valent une fortune. Après chaque chauffage les résidus solides sont réduits en poudre.

4 ) L’eau D’ est versée sur le végétal et on laisse en macération 24 heures. Distillation : si on a une ampoule à décantation, elle servira à recueillir l’eau. Sinon, on recueillera l’eau dans un flacon à large ouverture : un Bécher ou une bouteille coupée. On s’efforce alors de recueillir l’huile qui est en surface de l’eau D”. Le végétal sec R” est chauffé comme précédemment mais pendant le double de temps. Si on ne fait pas la calcination dans le ballon, il faut que le plat de calcination possède un couvercle même métallique ; les vapeurs qui s’y condensent donnent un résidu résineux brun noir qui doit être ajouté à l’huile déjà recueillie.

Note pratique : Ce résidu est souvent malaisé à récupérer, on peut y parvenir en le dissolvant dans du trichloréthylène distillé et on ajoute ceci dans le flacon d’huile.

5 ) Cette opération est répétée au moins 3 fois, c’est-à-dire jusqu’à ce que le résidu ne dégage plus d’huile empyreumatique, dite aussi dans certains livres alchimiques « huile puante ».

6 ) Le résidu solide est lessivé plusieurs fois (voir notice sur solve coagula). Nous avons maintenant le Sel et le Soufre de la plante. Là s’arrête le document de Paracelse. Nous allons donc maintenant ajouter un complément de nos propres expériences et études sur le Soufre résultant de ce procédé. Ces conclusions seront applicables dans le cas de la quadruple distillation.

Huiles essentielles ou soufre obtenus par distillation à la vapeur

Ces huiles sont solubles dans 1’alcool absolu ; il est donc intéressant de les dissoudre, par exemple, dans un rapport de 1 à 10. Ceci permet avec l’alcool de récupérer l’huile qui reste collée au verre dans l’extracteur ou le réfrigérant et de ne pas en perdre beaucoup au cours du filtrage. Ensuite on distille pour séparer l’huile de l’alcool. La solubilité de ces huiles diminue à chaque distillation.

Huiles obtenues par compression par la méthode Paracelse ou la distillation

quadruple

Ces deux dernières sont empyreumatiques et dites puantes. Elles sont insolubles à l’alcool absolu normal. Pour le filtrage, seul convient le trichloréthylène ou l’acétone distillé (ce dernier est dangereux). Le trichloréthylène est éliminé par distillation. Ces huiles doivent être distillées 10 à 12 fois ; à chaque distillation leur solubilité augmente. Peu à peu elles approchent de la qualité et même de l’odeur des huiles essentielles.

L’alcool dit tartarisé, c’est-à-dire traité par le Sel de tartre sans distillation, dissout mieux ces huiles et peut servir à leur décantation.

Dans cette méthode, le distillat doit en outre subir une rectification au cas où il contiendrait de l’alcool. Si tel n’est pas le cas, il est préférable de recommencer en faisant d’abord fermenter la plante et en séparant l’alcool du distillat. Dès que la fermentation est terminée, et quand cela est possible, il est toujours avantageux d’opérer la cohobation avec l’alcool de la plante.

Nous étudierons prochainement les caractéristiques des sels essentiels qui doivent être joints aux huiles dont nous avons parlé ci-dessus.

 Planche : Séparation des Éléments (Méthode de Paracelse).

 

NOTICE 20

Beaucoup d’alchimistes, ou de prétendus tels, échouent dans leurs opérations pour la simple raison qu’ils ne connaissent ni la théorie ni ce qui se passe dans les opérations. L’application de recettes de cuisine ne donne jamais de bons résultats en Alchimie ; si l’on ne comprend pas ce que l’on fait, on tue les principes subtils et on retombe de l’Alchimie dans la chimie.

Nous laissons souvent quelques inconnues dans les expériences que nous proposons ; ces inconnues deviennent évidentes pour ceux qui expérimentent. Ils trouvent alors la solution par eux-mêmes ou ils nous questionnent sur leurs difficultés. Si nous agissons ainsi, ce n’est pas parce que nous voulons cacher un certain nombre de clefs ou de principes, mais parce que nous souhaitons que ceux qui participent à notre groupe prennent l’habitude de chercher par eux-mêmes. Nous ne souhaitons pas avoir des suiveurs aveugles, mais des chercheurs indépendants et éclairés.

EXPLICATIONS SUR L’EXPÉRIENCE PROPOSÉE DANS LA NOTICE 3

L’alcool est le vêtement du Mercure dans le règne végétal. Quand la Nature agit, il se produit spontanément des fermentations qui donnent de l’alcool et c’est en lui que se réfugient les principes invisibles de la semence végétale. La graine comprend le vrai principe germinatif invisible, elle n’est pas ce principe.

La macération cognac-plante produit les effets suivants : l’alcool dissout le Soufre végétal et absorbe le Mercure végétal ainsi que diverses impuretés de la plante. L’eau contenue dans le cognac dissout partiellement les sels du végétal ; en effet, ceux-ci ne peuvent être dissous que très partiellement car :

  1. a) l’alcool gêne l’eau dans ce travail,
  2. b) les sels n’ont pas été libérés par la calcination.

Après la macération et la séparation liquide-solide, la calcination effectue la séparation des éléments minéraux et des éléments végétaux et le, ou les, Solve Coagula procurent un sel du règne uniquement minéral. Selon les Anciens, la calcination ouvre les pores du matériel minéral et le sel devient plus ou moins le sel « armoniaque », c’est-à-dire harmonique ; il fixera donc d’une manière harmonique les éléments qui lui conviennent.

Si alors on cohobe le Sel avec la teinture Soufre-Mercure-impuretés, il va absorber le Soufre et les impuretés ; mais s’il est en harmonie avec le Soufre, il ne le sera pas avec les impuretés et la calcination va fixer le Soufre en lui et chasser les impuretés. Ainsi, peu à peu, à chaque cohobation, le degré en Soufre du Sel augmente et les impuretés dissoutes du menstruum disparaissent.

Le Soufre étant le « tingeant », le menstruum se décolore normalement ; il doit revenir au blanc transparent, un peu comme une eau étincelante. Le Sel se charge de Soufre et doit devenir blanc et un peu huileux ; peu à peu, il devient collant et, sur une cuiller retournée, il ne doit pas tomber ; de plus, peu à peu, sa température de fusion s’abaisse. Si le processus était poussé à sa perfection, on aurait un Sel saturé de Soufre et un Mercure parfaitement pur. Mais ceci n’est possible, dans des délais raisonnables, que si nous partons d’éléments différents de notre première expérience.

L’élixir comprend donc 2 éléments : un Sel enrichi en Soufre et un Mercure purifié. La cohobation Sel-Mercure peut conduire à un élixir, le Sel étant dissous par répétition de macération et de distillation dans le Mercure. On a un élément plus ou moins près de la Pierre, soit le Sel-Soufre saturé de Mercure. En réalité le processus de formation d’une Pierre végétale ou métallique est différent de ce qui précède.

La purification des éléments fait que le pouvoir germinatif femelle, celui de Mercure, est souvent atténué ou détruit ; il doit donc être remplacé. Ceci se fait de la façon suivante : on prive le Sel végétal ou métallique de ses éléments Soufre-Mercure par un menstruum approprié ; ensuite on « ouvre ses pores » par calcination ; alors le Sel devient ce que les Anciens nomment un aimant qui ne demande qu’à attirer l’Esprit Astral Universel : le nitre, le prana. En particulier, si on expose ce Sel à l’air ambiant de nuit, au printemps ou en été, il entre en déliquescence et se charge ainsi de « l’eau des anges ». Par exemple du carbonate de potassium ou de la potasse calcinés donnent un liquide huileux s’ils sont exposés la nuit en couche mince sur une plaque de verre. L’eau du carbonate est nommée huile de tartre par déliquescence.

On peut alors cohober ce Sel avec le Mercure qui va alors absorber le pouvoir germinatif, et une distillation très lente et sous vide donnera un Mercure revivifié. Nous voyons donc que le Sel alchimique peut avoir deux fonctions:

– 1) Une fonction de purification grâce à son caractère « armoniaque » avec le Soufre qui lui convient

– 2) Comme aimant, pour attirer le nitre, souvent à travers la rosée atmosphérique

L’OEuf Philosophal est un symbole utilisé par les Anciens : le jaune est le Soufre, le ferment mâle ; le blanc est le Mercure, le ferment femelle ; la coquille est le Sel qui permet l’union des deux. La température d’incubation de l’oeuf est d’ailleurs identique à la température d’incubation de l’OEuf Philosophal végétal et même minéral, au moins à son début.

La véritable Alchimie est la création de l’Enfant Alchimique par la réunion du Soufre mâle, du Mercure femelle avec la matrice du Sel. Si la qualité du Soufre résiste bien au traitement de purification nécessaire, il n’en est pas de même de la semence femelle du Mercure qui est détruite aisément et qui, si elle est libre, retourne immédiatement au Chaos.

Nous reviendrons sur ce sujet dans une notice ultérieure.

Nous espérons que ceci vous éclairera sur les principes mis en jeu dans notre première expérience et sur les suivantes et vous permettra aussi d’éviter quelques erreurs de manipulation.

INITIATION PERSONNELLE PAR L’ALCHIMIE

Nous pensons que maintenant chacun est suffisamment avancé dans la pratique pour envisager la première partie d’initiation personnelle par l’Alchimie. La première phase à accomplir est celle de la préparation psychique, celle que les yogi nomment : nettoyage des nadirs. Il faut débarrasser la partie psychique du corps des impuretés qui empêchent un fonctionnement normal des énergies spirituelles et invisibles. Pour ceci, la première chose à faire est de préparer 7 élixirs, un par planète, en partant pour chacun d’eux d’une plante classée en catégorie 1 dans la Notice 8. Ces élixirs seront faits avec des plantes sèches et un menstruum indéterminé.

Après extraction de la teinture, calcination et lessivage des sels, la teinture sera versée sur le Sel et mise une semaine en macération, puis distillée au sec sur les Sels qui seront à nouveau calcinés. Ceci sera fait trois fois, les Sels étant réduits en poudre après chaque calcination. Ensuite la teinture distillée sera mise en macération une semaine sur le Sel et le résultat sera alors simplement filtré.

Un Alchimiste allemand conseille alors de prendre chaque matin 2 gouttes d’élixir dans un verre d’eau, si possible au lever du soleil : le dimanche l’élixir du Soleil, le lundi celui de la Lune, le mardi celui de Mars, le mercredi celui de Mercure, le jeudi celui de Jupiter, le vendredi celui de Vénus et le samedi celui de Saturne. Peu à peu, la dose doit être augmentée jusqu’à 10 gouttes. En général, on constate une amélioration considérable du fonctionnement spirituel du corps. Il faut compter environ 1 an à 18 mois de cette pratique avant d’envisager les premières phases métalliques.

Après quelques mois on peut envisager de remplacer la série d’élixirs par une seconde série faite avec la séparation complète Soufre-Mercure-Sel. Dans le processus décrit cidessus, il se produit une incorporation du Sel du Soufre dans le Sel et les effets de ces élixirs sont déjà importants. Nous étudierons plus avant l’aspect théorique de ces élixirs au cours de notices ultérieures.

ARCHÉUS ET GUR

Abordons maintenant un des principes fondamentaux de l’Alchimie et qui est à la fois théorie, philosophie et pratique. Dans la Notice 11 nous avons exposé comment le Chaos générait les éléments. Dans la Notice 12 nous avons vu comment les éléments généraient les principes. Reprenons, en la modifiant, la planche n°1 de la Notice 11 (pl. jointe). Sous chacun des éléments nous avons dessiné 3 petits traits qui symbolisent le fait que dans chaque élément les 3 principes Soufre, Mercure et Sel sont présents ; d’ailleurs chaque élément contient aussi un peu des 3 autres car tout est en tout.

Nous aurons donc en 1, le Soufre du Feu ; en 2, le Mercure du Feu ; en 3, le Sel du Feu ; en 4, le Soufre de l’Air ; et ainsi de suite jusqu’à 12 le Sel de la Terre. 1 est le plus volatil, 12 le plus fixe. Le degré de volatilité diminue de gauche à droite et le degré de fixité diminue de droite à gauche.

Dans la nature, l’énergie, l’essence, commence par involuer de 1 vers 12, en 12 étapes obligatoires et dans l’ordre numérique de notre schéma. Arrivée en 12, l’énergie, l’essence, après l’expérience du fixe inverse sa tendance et remonte, évolue vers le volatil dans l’ordre inverse mais toujours sans sauter d’étape. L’Alchimiste doit se soumettre à cette règle : toutes les étapes doivent être franchies une par une ; ce n’est que par l’Art qu’on peut raccourcir la durée d’une étape. Ceci dit, nous devons encore ajouter que seuls les Universels contiennent à égalité, ou sensiblement, les éléments des 12 étapes ; tous les autres mixtes n’en contiennent que quelques phases. D’une manière importante, l’Archéus, ou l’Esprit Universel, contient ces 12 phases de l’évolution.

L’eau peut aussi, dans certains cas, contenir ces 12 phases car l’Archéus peut être concentré en elle. C’est ce que nous allons examiner.

Dans la Notice 11, nous avons donné quelques conseils pour recueillir l’eau de pluie. Mais nous savons que ce n’est pas aisé pour tous. Il existe une autre manière de se procurer de l’eau complète. C’est de ramasser de la neige en hiver. Les corps solides ne perdent leur « nitre » qu’avec la fusion. Tant que l’eau est à l’état de neige, elle est électrique ; il suffit de la faire fondre dans un récipient en verre ou en plastique pour avoir de l’eau complète. Il faut alors la filtrer et lui faire subir les essais expliqués dans la Notice 11 et la mettre à fermenter.

Nous répétons les précautions à prendre :

– 1) Le flacon doit être bouché avec un tissu fin pour que l’air puisse circuler sans que les poussières puissent contaminer l’eau

– 2) L’eau ne doit voir que le moins possible la lumière solaire ou lunaire

– 3) La température ne doit pas être trop faible : c’est bien à 20°, mais c’est encore mieux entre 25 et 30°

– 4) Plus le temps de fermentation est long, meilleur est le résultat : 7 lunaisons suffisent mais 12 sont meilleures.

Ce que nous allons expliquer dans notre prochaine notice au sujet de cette expérience pourra paraître incroyable à certains, aussi nous pensons utile de préciser, a priori, les éléments suivants : ce que nous expliquerons est basé sur des informations orales de deux Alchimistes étrangers et sur deux textes alchimiques, l’un très ancien, l’autre moderne. La synthèse que nous présenterons sera à la fois une synthèse de ces informations orales, de ces deux textes et de nos expériences en ce domaine.

Planche : Les 12 phases évolutives dans la matière.

NOTICE 21

Nous consacrerons l’intégralité de cette notice à notre recherche de l’Archéus et du Gur. Cette expérience peut être conduite dans les trois règnes, et nous l’avons expérimentée dans le végétal, dans le minéral mais pas encore dans le règne animal. C’est à la suite de ces expériences que nous avons été conduits à modifier quelques détails de ce que nous savions sur ce sujet. Nous avons dit au début de notre cours que l’Alchimie animale était exclue de nos notices, et c’est pourquoi nous ne l’avons pas expérimentée. De plus, nous pensons que pour des raisons éthiques très graves, le mieux est de ne pas tenter d’orienter cette expérience vers le règne animal.

Pour que les résultats de l’expérience que nous allons maintenant tenter soient tangibles, il faut disposer de beaucoup d’eau : 40 litres est une bonne quantité ; mais pour des raisons pratiques, il ne faut opérer que sur une quantité d’eau plus petite. Par exemple, si l’on a 40 litres d’eau, on recommence le processus, décrit ci-après, 10 fois ; et à chaque passage on ne traitera donc que 4 litres d’eau car la distillation doit être très lente et ces quatre litres, avec un matériel courant, demandent entre 24 et 48 heures de distillation.

Reprenons la planche de la Notice 20. Puisque 2 est moins volatil que 1, et que 2 est plus volatil que 3, une distillation bien conduite devrait séparer nos 12 éléments. En réalité ceci est impossible et le système de distillation en 4 et 3 phases que nous allons décrire a souvent été utilisé par des Alchimistes anciens ou modernes. C’est très souvent ce qu’il convient de faire lorsque le texte dit : « distillez sept fois ».

Donc, si on décide de distiller quatre litres à la fois, on s’organise de la manière suivante : on équipe un ballon de 6 litres avec une sphère de Kjeldahl et un réfrigérant simple sans reflux. Vu le temps de fonctionnement, un chauffage électrique réglable et comportant si possible un thermostat est préférable.

Ensuite, on prépare les flacons suivants :

– quatre bouteilles de 1 litre

– douze bouteilles de 33 cl (bouteilles de bière par exemple).

Bien entendu ces flacons sont soigneusement nettoyés, rincés à l’eau distillée et séchés.

Dans cette expérience, la propreté est fondamentale. On bouchera les flacons pour les conserver. On les marquera ensuite de la façon suivante :

– ceux de 1 litre :

– Feu

– Air

– Eau

– Terre

– les bouteilles de 33 cl :

– Soufre du Feu

– Mercure du Feu

– Sel du Feu

– Soufre de l’Air

– Mercure de l’Air

et ainsi de suite pour terminer par Sel de la Terre  .

La distillation peut alors commencer. Elle sera conduite comme une distillation philosophique (Notice 14, page 3). Si nous avons déjà une certaine expérience et que nous sommes sûrs de ne pas atteindre l’ébullition, mieux vaut ne pas mettre la sphère à reflux (Kjeldahl). Dans la distillation philosophique, les vapeurs ne « montent » pas beaucoup et la sphère freine considérablement la distillation. De toutes façons, la distillation sera aussi lente que possible et on ne l’interrompra pas, tout au moins pas avant que les ¾ de l’eau ne soient passés. Si l’on est vraiment sûr de se tenir juste à la limite de l’ébullition, répétons-le, on ne posera pas de Kjeldahl. On pratiquera ensuite comme le décrit la planche jointe.

Le premier litre qui passe est stocké dans le flacon Feu A, le deuxième litre dans le flacon Air B et le troisième litre dans le flacon Eau C.

À partir de là, on peut remarquer que l’eau, dans le ballon de 6 litres, semble visqueuse, gluante. Il faut ralentir la distillation à l’extrême. Si elle avait été mise en place précédemment, mieux vaut ici ôter la sphère à reflux de Kjeldahl.

Lorsque 0,8 litre de l’eau de Terre est distillée, on arrête l’opération et on laisse refroidir les 200 cm3 restants. Cette eau est chargée du Gur, la semence universelle qui est très aisément détruite aux environs de 60, 65 °C lorsqu’elle est concentrée.

Deux solutions s’offrent maintenant à nous :

– 1) Achever la distillation au bain-marie, l’eau du bain étant maintenue entre 60 et 65°C. Si on fait le vide dans l’installation, l’eau bout à 55 °C. On récupérera l’eau pour compléter le flacon Terre .

– 2) Suivre la méthode des Anciens qui laissaient cette eau s’évaporer au soleil.

Cependant ce procédé ne permet pas d’empêcher la contamination de l’eau d’une façon appropriée et il rend plus difficile la récupération du Gur.

Quand tout est sec, on recueille avec le plus grand soin un produit brun, marron, un peu soyeux qui reste au fond du ballon. C’est le Gur, la semence universelle des trois règnes. Là s’arrête la première partie de notre expérience. La seconde partie sera consacrée à la préparation de l’Archéus nécessaire à la fécondation du Gur.

Nous reprenons donc notre premier litre, celui du Feu . On peut distiller maintenant avec, par exemple, un ballon de deux litres. Le reste de l’installation est identique à ce qui était utilisé dans notre précédente distillation et la conduite de cette distillation reste la même.

Le premier tiers à être distillé et recueilli est le Soufre du Feu , le second le Mercure du Feu , et ainsi de suite. Quand les trois premières fioles sont pleines, on passe à l’élément Air , et l’on procède de même pour les autres éléments.

Nettoyons maintenant très soigneusement nos quatre flacons de 1 litre .

On opère ensuite de la façon suivante :

Prélever dans les 3 fioles 100 cm3 et verser dans un flacon de 1 litre équipé d’un réfrigérant à reflux. Faire circuler le tout au moins 7 heures (voir la Notice 15 sur la circulation). Il est aussi possible d’envisager une circulation lente et longue, un mois par exemple, soit dans un flacon haut empli au tiers, soit dans un pélican.

Certains auteurs envisagent aussi la cohobation de deux principes, puis de ces deux derniers avec le troisième.

Verser le circulé dans le flacon Feu . Opérer alors de la même manière avec les trois autres éléments. On aura préservé pour chacun 300 cm3 de liquide. Notre planche représente cette solution.

Dans chacun des flacons , on prélève alors 100 cm3 de circulé et on les rassemble dans le ballon de 1 litre pour une nouvelle circulation, courte ou longue comme on choisira, et on procède de la même façon que précédemment.

Nous obtiendrons donc 400 cm3 d’un nouveau circulé qui est 1’ARCHÉUS UNIVERSEL INDÉTERMINÉ.

Si on possède un PH mètre, ce qui n’est pas indispensable, on peut suivre la bonne marche des opérations en s’assurant que les mesures suivantes sont respectées :

– Après la première distillation, les PH seront uniformément de 5

– Les circulés de 300 cm3 auront les PH suivants : 5,7 5,6 5,2 4,7

– l’Archéus circulé aura un PH 4,8.

Si l’on ne possède pas de PH mètre, il ne faut pas tenter la mesure avec des papiers qui risqueraient de contaminer l’eau et qui, de toute façon, sont inefficaces pour mesurer d’aussi petites différences de PH. Seule l’eau du Gur, qui avant évaporation peut atteindre PH 8, donnerait une mesure franche.

Abordons maintenant la troisième et dernière partie de notre expérience. Elle consiste en la préparation d’un ou de plusieurs Archéus déterminés. Dans chaque Archéus, les quatre éléments doivent être présents, mais d’une manière inégale :

– Si la Terre prédomine, nous aurons un Archéus du règne métallique

– Si la Terre et l’Eau prédominent, nous obtiendrons un Archéus du règne minéral

– Si l’Eau et l’Air prédominent, nous aurons un Archéus du règne végétal

– Si le Feu et l’Air prédominent, nous aurons un Archéus du règne animal

Ce sont donc les proportions des éléments qui orientent la fécondation du Gur dans un règne ou dans un autre, et ces mêmes proportions orientent la fécondation à l’intérieur du règne.

Prenons deux exemples :

– 1) Si dans nos quatre flacons de circulés nous prélevons : 60 cm3 , 20 cm3 , 5 cm3 , 5 cm3 , nous obtenons un Archéus du règne minéral proche du métallique

– 2) Si nous prélevons : 10 cm3 , 60 cm3 , 60 cm3 , 5 cm3 , nous obtenons un Archéus du règne végétal.

Bien entendu, le mélange étant fait, il sera circulé comme pour l’Archéus Indéterminé.

L’Archéus de notre choix étant prêt, on imbibe le Gur avec l’Archéus. Le Gur doit être humide sans toutefois que le liquide puisse couler. On pratique cette partie de l’expérience dans un flacon à large col que l’on tient ensuite fermé. Le Gur va absorber l’humidité et se dessécher ; on recommence alors l’imbibition, puis on laisse à nouveau sécher et ainsi de suite jusqu’à ce que le Gur cesse d’absorber l’humidité. On arrête alors les imbibitions et on ouvre le flacon.

Si l’Archéus choisi est du règne végétal, une plante va apparaître au bout de quelque temps. Il faudra alors compenser, mais uniquement compenser, l’humidité prélevée par la plante avec de l’Archéus. Dès que cette plante meurt, il faut la calciner et mélanger ses cendres au Gur. Une nouvelle plante va apparaître et on recommencera les opérations d’humidification, de calcination, de mélange, puis une nouvelle plante apparaîtra, et ainsi de suite. La reproduction se fait sans fécondation, et les plantes qui croissent les unes après les autres forment, généralement, une suite correspondant à un progrès dans l’échelle évolutionnaire.

Si l’Archéus choisi est du règne minéral, le Gur prendra peu à peu, au fur et à mesure des imbibitions, un aspect sableux, et son examen au microscope montrera de petites particules de métal argent et or.

Si on choisit l’Archéus Indéterminé, on peut parvenir, si tout est réussi, à une pierre rouge. Mais cette voie est très difficile à suivre et les résultats en sont fort aléatoires. L’Archéus Universel Indéterminé est un menstrum qui agit dans tous les règnes et qui a déjà des pouvoirs curatifs importants.

Nous déconseillons formellement l’usage de l’Archéus du règne animal, et nous n’en dirons pas plus dans cette Notice. Ceux que la curiosité aiguillonnerait pourraient, avant que d’entreprendre quoi que ce soit, se référer à ce que Paracelse a écrit sur l’homonculus. Cette expérience sur l’Archéus et le Gur est un travail de longue haleine, et il se peut que vous n’ayez ni le temps ni l’endroit nécessaires pour la tenter. Si vous ne l’entreprenez pas, il serait toutefois bon que vous étudiiez le processus de distillation 4+3 car nous donnerons un processus de fabrication de la Pierre végétale qui utilisera ce système.

Planche : Distillation par le Gur et l’Archéus.

NOTICE 22

CIRCULATUS MINUS URBIGERANUM

Si nous donnons la description de nombreuses méthodes ou expériences, ce n’est pas pour que l’étudiant les effectue systématiquement, mais parce qu’en ayant plusieurs voies à sa disposition, chacun peut choisir celle qui lui convient ou qui lui plaît. D’autre part, l’étude de différents systèmes donne à la longue un aperçu assez complet des méthodes alchimiques ou spagiriques, et cela est très important pour favoriser la progression personnelle.

En Alchimie il n’est pas nécessaire d’attendre le bon vouloir d’un maître pour être initié. Par l’étude et l’expérimentation pratique, on parvient peu à peu à l’état d’esprit qui nous ouvre les secrets des livres hermétiques.

Afin d’illustrer ceci, nous donnons dans cette notice la traduction d’un texte ancien. Vous pourrez constater que ledit texte, bien qu’il fasse partie des plus abordables, n’est tout de même pas très aisé à transposer en expérience pratique. Cette lecture et cette réflexion vous permettront de déterminer votre degré d’avancement dans la compréhension hermétique.

Nous nous efforcerons, dans la prochaine notice, de clarifier certains passages ou paragraphes.

Le texte qui suit s’intitule « Circulatus Minus Urbigeranum » est dédié par l’auteur « À tous les vrais amoureux de la Philosophie Hermétique ».

INTRODUCTION

Ayant dans nos précédents aphorismes clairement délivré des règles et instructions infaillibles, nécessaires pour la production de notre grand Élixir, notre Circulatum Majus, le seul vrai secret des vrais Adeptes commandant tous les royaumes de la Nature qui seront, nous n’en doutons pas, pas moins agréables à tous les autres amoureux des Sciences qu’à nos propres disciples ; et étant encore pleinement disposé à les informer : comment se conserver eux-mêmes et les autres en parfaite santé en empêchant tout désordre qui, autrement, leur adviendrait avant qu’ils puissent atteindre à l’accomplissement de leurs désirs. Nous avons pensé pratique de leur fournir de la même façon nos trois techniques différentes pour faire notre Élixir Végétal ou Circulatus Minus qui peut être préparé et conduit à sa plus grande perfection en l’espace d’un Mois Philosophique par tout artiste habile qui comprendra et suivra nos directives sûres. (C’est pourquoi) nous avons mis par écrit ici nos Aphorismes suivants où le travail entier est si évidemment démontré que personne, qui soit un tant soit peu versé en Chimie, ne peut tomber dans l’erreur. C’est pourquoi nous ne doutons nullement que tous ceux qui suivront avec une attention sincère et fidèle et examineront ces aphorismes sans détour se trouveront eux-mêmes obligés de louer Dieu Tout Puissant pour sa miséricorde infinie de nous avoir inspiré de leur ouvrir les yeux, car ils verront ce qui est requis pour leur santé présente et leur bonheur futur, deux choses que nous souhaitons avec coeur à quiconque qui, devenant un vrai philosophe, aime sincèrement Dieu et son prochain.

CIRCULATUS MINUS URBIGERANUM

ou

L’ÉLIXIR PHILOSOPHIQUE DES VÉGÉTAUX

avec les trois techniques certaines de sa préparation

I – Notre Circulatus Minus est seulement un Élixir Spécifique appartenant au Règne Végétal par lequel, sans aucun Feu ou toute autre préparation plus poussée des Végétaux, nous pouvons en un moment extraire leur véritable Essence, contenant leur Vertu, Qualité et Propriété ; ce qui est une grande curiosité chimique, en exécutant des prodiges de Physique et en démontrant quelques Travaux de la Nature.

II – Nous l’appelons Circulatus parce que, quoique souvent utilisé en quelque Extraction ou Expérience Chimique, il ne perd aucune de ses Qualités ou Propriétés, à savoir une particularité rattachée à l’Élixir Universel, appelé aussi Circulatus Majeur car il commande dans les trois Règnes de la Nature, tandis que celui-ci, étant réduit à un seul Règne, est pour cette raison appelé Mineur.

III – Extrait des Larmes indéterminées de Diane quand Apollon est apparu, après la séparation des trois Éléments, la Détermination, Digestion, et glorieuse Résurrection, nous pouvons, sans l’addition de tout autre objet créé, préparer notre Élixir déterminé, qui est le premier, le plus noble et le plus secret art des Philosophes.

IV – La caractéristique de nos Larmes de Diane consiste en leur parfaite et indissoluble union avec la Terre fixe végétale, philosophiquement préparée, purifiée, et spiritualisée, pour l’amour de laquelle elles sont obligées de quitter leur première Propriété Universelle et indéterminée, et d’être revêtues d’une autre déterminée et particulière qui est requise pour notre Circulatus Mineur.

V – Notre seconde façon de préparer notre élixir végétal consiste en une manipulation exacte d’une plante du plus noble degré, se tenant à part, ou soutenue par d’autres : après la préparation de laquelle, sa putréfaction, réduction en une huile, séparation des trois Principes avec leur purification, union et spiritualisation, l’ensemble doit être transformé en une Fontaine spirituelle éternelle, renouvelant toute plante qui sera plongée en elle.

VI – La troisième manière commune consiste seulement en la conjonction d’un Sel Végétal fixe avec son propre Esprit volatil sulfureux, choses qui peuvent être aisément trouvées toutes préparées par tout vulgaire chimiste ; et puisque dans leur préparation le soufre le plus pur, contenant l’esprit, a souffert par leur manipulation non philosophique, ils ne peuvent être inséparablement liés sans un médium sulfureux, par lequel l’Âme étant renforcée, le Corps et l’Esprit sont aussi à travers lui rendus capables de la plus parfaite union.

VII – Le Médium spécifique requis pour l’indissoluble union de ces deux Sujets est seulement une substance sulfureuse et bitumeuse extraite d’une plante vivante ou morte, qui peut être trouvée en diverses parties du monde, et qui est connue de toutes sortes d’hommes ; après avoir été séparée de ses parties féculentes à travers notre Menstrue Universelle, tous les Pores et Atomes du Sel végétal fixe, qui est extrêmement fortifié par ce passage, étant dilatés, (cette substance) est rendue capable de recevoir son propre Esprit et de s’unir elle-même avec lui.

VIII – Pour fortifier le Soufre et ouvrir les Pores du Sel, aucune autre méthode n’est requise sinon celle qui consiste à imbiber ce sel avec la substance bitumeuse sous une chaleur digestive modérée, identique à celle nécessaire à la couvaison des oeufs ; et au fur et à mesure que le sel s’assèche, l’imprégnation (imbibition) doit être répétée à plusieurs reprises, jusqu’à ce que vous le trouviez si pleinement saturé qu’il refuse d’imbiber davantage de matière.

IX – Dans le cours des imprégnations, la masse toute entière doit être remuée au moins neuf ou dix fois par jour avec une spatule ou quelque autre instrument de bois sec, par le mouvement répété duquel la matière bitumeuse reçoit un meilleur accès dans le Corps et perfectionne son opération le plus tôt.

X – Un grand soin doit être pris afin d’éviter qu’en la mise en oeuvre des Imprégnations aucune sorte de débris ou de poussière ne tombe en votre Matière. Pour s’en prémunir, vous pouvez garder couvert votre récipient avec un carton ou toute autre couverture appropriée ; et que rien ne s’en approche qui aurait son propre Soufre intérieur car les Pores du Sel étant très dilatés et ouverts, il peut facilement se déterminer lui-même à tout autre sujet, et ainsi faire échouer votre entreprise.

XI – Si en trois ou quatre semaines de temps au plus tard, votre Sel fixe végétal ne manifeste pas sa pleine saturation, ce serait certainement vain pour vous d’aller plus loin, car vous pouvez être assuré que vous errez soit dans la notion du Sel ou du vrai médium sulfureux, soit dans la mise en oeuvre des Imprégnations.

XII – Quand vos imprégnations sont pleinement accomplies, votre Sel sera alors dans un état favorable pour recevoir son propre Esprit par lequel il est rendu volatil, spirituel, transparent, et merveilleusement pénétrant, entrant en un instant dans les Pores et particules de tout végétal et séparant en un bref moment sa véritable essence ou ses éléments.

XIII – Quoique le sel soit pleinement préparé pour la réception de son propre Esprit, cependant, à moins que vous n’observiez la juste proportion entre eux (à savoir que le volatil prédomine toujours sur le fixe) vous ne pourriez jamais faire quelque union parfaite entre ces deux sujets contraires en qualité mais non en nature.

XIV – Avant de commencer vos Distillations et Cohobations, après l’addition de votre Esprit végétal à son propre sel, une putréfaction de huit ou dix jours doit précéder, durant laquelle l’Esprit sulfureux, renforcé par la substance bitumeuse et trouvant son Sel prêt pour la conjonction avec elle, a le pouvoir d’entrer en ses Pores pour faciliter sa Volatilisation et son union.

XV – Si après six ou sept Distillations et Cohobations du Distillat sur le Résidu vous ne trouvez pas que votre Esprit soit extrêmement aigre et que le Résidu restant soit insipide, ce sera un signe évident que vous avez failli dans la véritable connaissance de l’Esprit végétal qui, étant excessivement volatil, a en sa nature le pouvoir de volatiliser son propre Corps et de s’unir lui-même inséparablement avec lui, le trouvant capable de sa réception.

XVI – Il faut observer que, dans la progression de votre distillation, le médium sulfureux ne s’élève pas du tout car c’est un vrai médium qui intervient pour unir le Corps avec l’Esprit avant la spiritualisation du Corps et, sans son concours, aucune union parfaite de ces deux sujets ne peut être attendue ; ainsi, au contraire, dans le cours du travail, sa participation serait hautement désavantageuse pour eux et renverserait complètement votre opération.

XVII – L’ascension du médium sulfureux quand l’Esprit commence à se déplacer sur son propre Corps pour s’unir lui-même inséparablement, signifie de façon évidente et certaine que vous n’avez pas réglé votre feu comme vous le deviez et que, au lieu de donner une chaleur douce et vaporeuse pour faciliter l’union, vous avez donné une chaleur violente qui l’a détruit.

XVIII – Quand notre Sel est conduit à sa parfaite spiritualisation et réelle union avec son propre esprit volatil, alors vous avez votre Circulatus Minus ou Élixir végétal ou Menstrue avec lequel vous serez capable d’effectuer des prodiges dans le règne végétal en séparant en un moment non seulement leurs principes ou éléments, mais aussi en une seule et même opération le pur de l’impur.

XIX – Si, dans votre Élixir végétal, vous mettez tout végétal vert coupé en morceaux, il se putréfiera en moins d’un quart d’heure sans aucune chaleur extérieure et il se précipitera lui-même dans le fond comme mort (ce qui n’est rien sinon la terre damnée), et sur le haut flottera une huile jaune contenant le Sel et le Soufre ; l’Élixir devient de la couleur de la plante puisqu’il contient son esprit végétal. Si cela ne se passe pas, c’est un signe que vos opérations n’ont pas été philosophiques.

XX – Une seule goutte de cette huile jaune donnée dans des malaises selon la vertu et la qualité attribuées à la plante tous les matins et soirs dans un verre de vin soignera infailliblement et insensiblement ces désordres, et renforcera les esprits vitaux pour purifier le sang en cas de malaise ou d’infection.

XXI – Si vous mettez du corail dans cette Menstrue, vous verrez une expérience admirable. Quoique ses Pores soient plus compacts que ceux de tout autre végétal, il transmet en un instant son Esprit interne dans la Menstrue et, envoyant son Âme et son Corps comme une Huile rouge sang vers le haut, il tombera à la fin comme un excrément gris.

XXII – Cette Menstrue végétale dissout non seulement toutes sortes de résines ou toutes autres sortes de substances du règne végétal, mais aussi toutes sortes d’huiles ou de bases provenant des arbres, séparant leur véritable essence par laquelle vous pouvez accomplir des choses merveilleuses aussi bien sur les corps vivants que les morts, qu’elle préserve pour l’éternité sans ouverture ou préparation ultérieures.

XXIII – Si de la myrrhe, de l’aloès ou du safran, chacun en quantités égales, sont mis dons cette Menstrue, le véritable Élixir Proprietatis (ainsi que le nomme Paracelse), qui est un excellent cordial et qui a une aussi grande efficacité et vertu que l’Élixir Universel luimême, en soignant tous les désordres curables, nagera présentement ou sommet, et son Caput Mortem se séparera de lui-même dans le fond.

XXIV – Quoique cette Menstrue soit spécifique aux végétaux, elle tirera en un moment la teinture des métaux et des minéraux, mais elle ne séparera pas tous leurs principes, n’étant pas la Menstrue appropriée pour de telles opérations. Bien que de tels soufres soient hautement balsamiques et pour les poumons et la rate, notre Élixir dépasse de bien loin de telles préparations que nous indiquons seulement comme curieuses expériences chimiques.

XXV – Puisque cette Menstrue végétale est éternelle, vous devez observer que vous ne perdez rien de sa quantité ou de sa qualité en la séparant de l’Huile et de l’Esprit du végétal, ce qui est fait par une douce distillation au Bain-Marie, le récipient étant très bien luté et séché auparavant. La Menstrue, surnageant avec le Flegme du végétal duquel elle doit être séparée, par une distillation au Bain-Marie pour des usages ultérieurs, laisse son Huile au sommet, unie avec son propre Esprit qui disparaîtra facilement avec une quelconque chaleur commune, ne laissant rien derrière lui, ce qui est la preuve de sa Spiritualisation, Purification et Régénération, qu’il a reçues de la Menstrue.

NOTICE 23

CIRCULATUS MINUS URBIGERANUM

Poursuivons la lecture de l’ouvrage que nous avons abordé dans la notice précédente « Circulatus Minus Urbigeranum ».

XXVI – Extrait de votre huile ou essence de votre végétal ainsi préparé, ou par toute autre manière philosophique (ainsi que nous l’avons précisé dans notre seconde façon de faire l’Élixir) si vous savez le putréfier naturellement sans aucun feu et en séparer tous nos principes, les purifiants et les unissant ensemble inséparablement, étant tous deux rendus spirituels et transparents, vous aurez alors à partir de cette seconde régénération le plus grand Arcane dans le Monde, en ce qui concerne les végétaux aussi bien que pour les minéraux et les métaux, exception faite de l’or et de l’argent.

XXVII – Si cette essence régénérée est déterminée avec votre première matière, elle sera alors dans la capacité radicale de dissoudre toutes sortes de métaux et de minéraux, et principalement l’Or, lequel est dissous imperceptiblement en elle comme la glace dans l’eau commune, et l’or commun vulgaire ne peut plus jamais être séparé, que ce soit par distillation ou digestion. Après une digestion philosophique et une séparation des trois principes avec leur purification, union et digestion puis troisième régénération, vous pouvez préparer la grande médecine des médecins, d’égale vertu et qualité sur les corps humains que le grand Élixir et, avec notre simple mercure, sur les métaux et les minéraux.

XXVIII – La façon de déterminer cette Menstrue régénérée avec votre matière première doit être effectuée par son amalgamation avec elle, par laquelle la menstrue végétale tirant toutes ses qualités et propriétés et les unissant avec les siennes propres, est rendue capable des mêmes vertus et propriétés, comme notre mercure simple dissolvant et volatilisant tout objet créé qui viendra à son contact.

XXIX – Quelques-uns sont d’avis que les deux Élixirs peuvent être produits à partir de plusieurs objets déterminés comme les excréments humains, la rosée (qu’ils appellent Eau des nuages) etc., et aussi que le Grand Élixir peut être préparé à partir de celle-là ou de toute autre Menstrue végétale régénérée ; mais puisque nous savons que de telles Menstrues, qu’ils appellent leur Mercure Philosophal, et bien qu’elles puissent dissoudre et volatiliser les métaux, cependant ne peuvent améliorer aucun d’entre eux car leur dissolution et volatilisation ne sont ni naturelles ni philosophiques, nous pensons avec de bonnes raisons que toutes ces opinions ne sont que de fausses suppositions et des notions imaginaires et non fondées.

XXX – Nous, avec notre divin maître Hermès, affirmons solennellement que le Dieu Tout Puissant ayant, après avoir créé toutes les choses, commandé à chacune d’entre elles de procréer à partir de son propre genre, nos élixirs ne doivent pas être produits par des moyens sophistiqués, ainsi que nous l’avons fait clairement apparaître dans les aphorismes précédents et présents dans lesquels nous avons donné ample instruction pour la préparation de l’ Élixir Universel à partir de notre matière indéterminée, et le spécifique à partir de la racine des végétaux.

XXXI – En dehors de la véritable affection et charité que nous avons pour tous les amoureux de l’Art, nous avertissons quiconque qui désirera préparer l’un de nos Élixirs, de suivre seulement nos règles infaillibles, étant la somme de l’entière pratique et théorie d’après les philosophes véritables, et sans critiquer les autres, car quelques-uns ayant enseigné le sujet à partir de on-dit, d’autres à partir de lectures, et très peu à partir de leur propre pratique, ils peuvent facilement s’en laisser imposer et illusionner par tout pseudochimiste ou prétendu adepte.

COMMENTAIRES

Voici donc ce texte que nous considérons comme l’un de ceux qui posent le moins de problèmes au lecteur. Il sera certainement bon que nous le relisions plusieurs fois avant d’en retirer un début d’enseignement.

Pour aider à cette étude, nous donnons ci-dessous un certain nombre de commentaires sur chaque paragraphe. Le numéro de chaque commentaire se réfère au paragraphe correspondant.

I – Le Feu est nécessaire pour préparer le Circulatus. Il ne servira pas pour son emploi, mais on l’utilisera pour sa récupération.

II – Dans le cas précis, circulation signifie macération, percolation ou, suivant les moyens modernes, extractions avec le Soxhlet.

III – La séparation des trois éléments signifie que le Soufre, le Sel et le Mercure doivent être séparés sous la forme d’huiles essentielles, esprit et résidu minéral. Ce premier processus de préparation se fait par l’application du Mercure Philosophique d’origine minérale dans le végétal. La préparation est très rapide.

IV– Une séparation totale de ces trois éléments essentiels est impérative. Sans elle, rien ne peut être accompli par la suite. Cela signifie que le Mercure Philosophique devient spécifique du règne végétal dans cette opération.

V – On peut utiliser un mélange de plantes ou une plante seule. La préparation commence par la putréfaction, qui signifie fermentation. L’esprit (alcool) est libéré. À partir de cette teinture on distille l’huile ou le soufre alchimique. Le troisième principe, sel ou minéral, n’est pas mentionné. Mais tous trois sont nécessaires pour le retour, le renouveau et le renforcement de la propre force vitale de la plante, afin qu’elle puisse revivifier les plantes faibles ou mortes. Dans ce second processus, la séparation se fait sans le Mercure Philosophique. La purification arrive après la séparation. Ce processus est identique à celui de la Pierre Végétale solide ; il n’en diffère qu’à la dernière étape.

VI – On peut se procurer le sel chez un chimiste (droguiste). Il s’agit presque d’un paradoxe car les alchimistes déclarent que l’on ne peut obtenir leurs préparations dans la boutique d’un droguiste ou d’un apothicaire. Mais il est question ici d’un produit sans soufre et sans mercure et qui peut donc être acheté chez le droguiste pour atteindre le but recherché.

VII – Le texte insiste ici sur la matière sulfureuse appelée également bitumeuse. Il y a ici un rapport direct avec la substance résineuse qui est attachée au Soufre pur alchimique de la plante. L’extraction peut être faite sur la plante fraîche ou sur la plante séchée. Lorsque le Sel a été bien purifié, il est prêt à recevoir l’huile essentielle purifiée et l’esprit purifié, c’est-à-dire l’alcool.

VIII – L’opération est ici clairement décrite ! Ce qui est appelé bitumeux n’est rien d’autre que le résidu calciné du soufre, que l’on connaît aussi comme le Sel du Soufre. On le met dans une cornue avec les résidus calcinés au noir (carbone) de la plante qui a subi l’extraction. On effectue une distillation sous vide par l’ancienne méthode, à une température qui ne doit pas dépasser celle de la couvaison des oeufs. Le Sel du Soufre est le sel volatil de caractère organique qui peut être séparé par la sublimation. La distillation est poussée au sec, puis on reverse le distillat sur la substance bitumeuse jusqu’à ce que le sel devienne de plus en plus clair. Ce procédé est répété jusqu’à ce que ni alcool ni huile ne soient retenus. La quantité récupérée à la distillation est égale à celle qu’on y a introduit.

IX – Le contenu de la cornue doit être agité au moins neuf à dix fois par jour avant et après chaque distillation pour permettre une meilleure pénétration et un blanchiment plus profond de la substance.

X – Lorsqu’on utilise une cornue pour la distillation, il faut prendre soin de ne pas y introduire de matière étrangère. Le Sel, lorsqu’il devient plus subtil, attire les poussières ou de fines particules qu’il serait alors malaisé d’extraire.

XI – Si après trois ou quatre semaines, le sel n’est pas saturé par son Mercure et son Soufre, quelque chose est défectueux. Le processus doit être stoppé et on doit alors recommencer toute l’opération.

XII – Lorsque ces imprégnations sont conduites suivant cette méthode, le Sel doit théoriquement se présenter comme une substance cristalline transparente. Notre expérience propre ne nous a pas montré ce résultat, mais une substance d’un blanc opaque.

XIII – La quantité de chacun de ces trois essentiels est importante. Quand le Sel ne veut plus s’imbiber davantage de Mercure et de Soufre, la Nature a trouvé son propre équilibre.

XIV – Le Sel doit être saturé de sa teinture (Mercure et Soufre ; c’est le Soufre qui teint), et doit rester pendant huit à dix jours pour ouvrir les Pores du Sel (pour dissoudre ses substances solubles).

XV – Il faut prendre soin que rien ne soit perdu de l’esprit volatil. Chaque partie est nécessaire pour la pénétration du Sel dans le processus de répétition des cohobations de l’Esprit et du Sel.

XVI – Le Soufre ne doit pas distiller et ne distillera pas au-delà de l’Esprit, mais il sera de plus en plus uni au Sel (mariage alchimique).

XVII – Éviter ici une chaleur excessive : autrefois la chaleur nécessaire à cette opération était donnée par le bain-marie.

XVIII – Lorsque le Sel est réellement uni avec son propre esprit volatil, la petite circulation est achevée.

XIX – Lorsqu’une plante différente de celle du circulatus est finement coupée et placée dans cet Esprit distillé en XV, la terre morte damnée tombe au fond pendant que l’huile contenant le Sel surnage. Les trois essentiels sont extraits et purifiés par la puissance de l’esprit du Menstruum. L’Esprit est récupéré par une distillation du circulatus.

XX – Une goutte de l’huile d’une plante ainsi préparée, dans un verre d’eau ou de vin, a une grande vertu médicinale.

XXI – Ce menstruum agit sur le corail, c’est-à-dire sur un élément à la limite du minéral.

XXII – Ce menstruum peut également purifier et séparer les principes des éléments végétaux tels que huile, résine, gomme…

XXIII – L’Élixir de Paracelse qui a des propriétés proches de celles du grand Élixir est préparé à partir de trois plantes traitées en quantités égales.

XXIV – Ce menstruum peut extraire les teintures métalliques mais il ne peut pas dissoudre les métaux comme le Mercure Philosophique le fait. Cette extraction a été démontrée pratiquement.

XXV – Une distillation lente au bain de vapeur régénère le menstruum.

XXVI – Ce qui est expliqué ici est contraire aux principes alchimiques et signifie seulement que le menstruum peut extraire la teinture minérale mais qu’il ne peut effectuer de transmutation.

XXVII – Tout ce paragraphe n’est vrai que si le menstruum est uni au Mercure philosophique.

XXVIII – Les trois principes alchimiques trouvés dans la Nature et unis par l’esprit du Mercure Philosophique peuvent réaliser des opérations que chacun séparément ne peut faire.

XXIX – Une distinction doit être faite entre ce qui extrait une teinture et ce qui dissout une substance. Tous les menstra ne sont pas ainsi, quoique le commun des mortels pense qu’il s’agit du Mercure ou du Mercure Philosophique, et les nomme ainsi.

XXX – C’est seulement par une connaissance d’inspiration divine que ces élixirs peuvent être produits.

XXXI – Le respect des prescriptions peut éviter de nombreuses désillusions, mais seule la pratique alchimique peut conduire à un résultat valable. Le circulatus est d’un usage moins aisé que la Pierre Végétale, mais il autorise d’autres expériences.

APPLICATION PRATIQUE

Comme application pratique de ce texte, on pourra essayer cet autre procédé pour la Pierre que nous avons retrouvé dans un texte ancien. Nous ne l’avons pas éprouvé à ce jour.

– Mettre 800 g de grain de blé en fermentation dans quatre litres d’eau, et ceci pendant 6 mois, jusqu’à ce que le tout soit réduit en bouillie.

– Effectuer une distillation suivant les principes de celle adoptée pour le Gur, mais ici on a la suite Mercure, Soufre et Sel, l’huile distillant après l’alcool.

– Distiller l’eau en trois fois, mais le résidu est également distillé pour obtenir les résines épaisses.

– En ce qui concerne la terre, la troisième partie est le résidu fixe, c’est-à-dire le Sel de la Terre.

– Cohober une partie égale des liquides de 1 à 6 et les verser sur les résidus solides de 12. Après six semaines de digestion, le liquide doit se colorer de vert. 1 à 6 représentent la partie active positive de la plante.

– Les parties 7 à 12 représentent les portions passives de la plante et elles sont ensuite cohobées avec les sels de la plante.

– Quand rien ne veut plus être absorbé, le résidu solide est fondu et, une fois refroidi, est saturé avec l’huile essentielle de la plante. La Pierre est alors terminée.

Ora et Labora !

Texte joint : Commentaires de Manfred Junius

– Gravure sur cuivre (Diane et Apollon)

COMMENTAIRES de MANFRED JUNIUS sur le CIRCULATUS MINUS

(pour éclaircir le travail pratique)

1 – Il est véridique que si le Circulatum Minus est correctement et bien préparé, il ne perd rien de sa vigueur même après un usage répété. Un Circulatum que l’auteur fit dans son laboratoire il y a un certain nombre d’années continue à séparer instantanément en ses trois principes essentiels toute plante fraîche qu’on y plongera.

2 – Les Larmes de Diane sont le Mercure, l’alcool éthylique indéterminé ou pur, c’est-àdire l’alcool éthylique qui n’a pas encore été spécifié par l’addition de quelques sels minéraux (Terre fixe). Lorsqu’Apollon a fait son apparition : après que le Soufre volatil, c’est-à-dire les huiles essentielles, ait été extrait de l’espèce végétale choisie, par exemple grâce à une distillation à la vapeur. L’apparition d’Apollon, la distillation des huiles essentielles, est toujours la première étape de la séparation. Urbigerus déclare que la séparation d’une espèce en ses trois principes essentiels (qu’il nomme ici les éléments) est nécessaire à l’accomplissement de l’oeuvre. Le mercure est alors spécifié par l’addition des autres substances purifiées. C’est-à-dire le Sel ainsi que le Soufre fixe et non fixe, cela étant suivi par une digestion et des distillations subséquentes. De cette façon nous pouvons préparer le Circulatum Minus à partir d’une seule chose sans aucune addition. Urbigerus considère que c’est le plus noble moyen de préparation.

3 – Urbigerus nous dit clairement ce qu’il veut dire par détermination des Larmes de Diane. Mais le Sel tiré du corps de la plante (Terre fixe végétale) doit être préparé alchimiquement, c’est-à-dire correctement calciné, purifié et spiritualisé (rendu volatil) et par cela leur nature est transformée.

4 – Urbigerus fait allusion à la vigne au cours de ce que l’on nomme l’Opus Vini, où l’on travaille sur le vin, se présente à un certain moment une étape où l’oeuvrant peut choisir entre un résultat liquide et volatil ou un résultat fixe, une pierre. En ce qui concerne la « réduction en une huile » le lecteur pourra aussi se référer au « Glauberus Concentratus » et à l’« Opera Vegetabilia » de HOLLANDUS. Le procédé est trop long pour pouvoir être décrit ici, c’est pourquoi nous nous concentrerons sur la première et la troisième méthode de réalisation du Circulatum.

5 – La conjonction d’un Sel fixe végétal (tiré du corps de la plante grâce à la calcination et des extractions et purifications ultérieures) avec son propre esprit sulfureux est utilisée dans la préparation. L’esprit volatil sulfureux est une essence alcoolique distillée à partir d’une plante (« Esprit sulfureux » désigne toujours un distillat alcoolique contenant l’huile essentielle, c’est-à-dire le Soufre volatil de l’espèce). Ces alcoolats aromatiques étaient couramment vendus par les apothicaires et de nombreux traités sur l’art de la distillation y font allusion. « L’eau des Carmélites » et « L’eau de la Reine de Hongrie » sont de célèbres exemples de ces distillats composés. Cependant, ces « eaux », ou esprits sulfureux, sont des distillats et, par conséquent, leur fait défaut la partie fixe du Soufre, laquelle en raison de sa nature non volatile ne passe pas à la distillation et à cause de cela est laissée à part. Du point de vue alchimique, ce fractionnement est non philosophique car la partie fixe du Soufre contient l’autre partie de l’âme (nous verrons plus loin que les acides organiques qu’elle contient sont la clef du secret de la volatilisation des Sels). Puisque les acides organiques présents dans le distillat ne sont pas suffisants à la réalisation de l’opération, on devra en ajouter de l’extérieur. Ainsi le Soufre sera renforcé et agira en tant que catalyseur dans la réunion du corps et de l’esprit, le Sel et le Mercure. Dans l’aphorisme qui suit, Urbigerus nous dit ce qu’est cette matière sulfureuse et d’où on peut l’obtenir.

6 – Urbigerus fait clairement allusion aux résines. Celles-ci sont des mélanges complexes, principalement de substances aromatiques possédant des propriétés acides, d’autres alcools, des phénols et des substances hautement désaturées. Les résines sont proches des terpènes. On obtient les résines par l’incision de certains arbres, principalement des pins, des sapins, des mélèzes, ainsi qu’un certain nombre de variétés exotiques. L’ambre est une espèce particulière de résine. Le texte allemand d’Urbigerus contient une phrase concluante : « Und von allen Arten derer Meerfischern erkandt wird » (« et cela est connu de tous les poissons de la mer ou des pêcheurs de la mer »). (C’est cette allusion évidente à l’ambre qui mit l’auteur sur la bonne piste). L’acide succinique que contient l’ambre est un merveilleux catalyseur. Mais Urbigerus nous dit lui-même quelles sont les sortes de résines qu’il considère comme convenant particulièrement bien à l’opération. Vient tout d’abord celle du copaïer (c’est-à-dire le baume de copahu tiré du copaïer (copaifera officinalis. N.D.T.)), ensuite par ordre de préférence, il indique la résine « italienne », tirée des pins caractéristiques que l’on trouve en abondance dans la campagne italienne. Il est souvent fait allusion aux pins dans la poésie italienne et même dans la musique (Ottorino Respighi : « I Pini di Roma »). Cette résine doit être purifiée par l’eau de toutes ses parties féculentes. La meilleure méthode de purification semble être une distillation convenablement menée. Dans son ouvrage « Chymischer Handleiter », LE FEBURE décrit le procédé ainsi :

« On devra pulvériser la résine et la mêler à trois parties de briques pilées et une partie de sel commun qui aura été préalablement complètement séché par la chaleur. Le tout sera disposé dans une cornue et distillé en augmentant continuellement la température. On peut utiliser ainsi une partie du distillat huileux obtenu. On peut aussi rectifier le distillat en rajoutant trois parties de sel commun et en distillant à nouveau ».

Le plus facile pour nous est d’acheter des résines déjà clarifiées telles que le baume de copahu (les baumes sont des mélanges de résines et d’huiles éthériques, mêlées partiellement d’acides aromatiques) ou le baume du Canada qui est l’exsudation du pin à résine d’Amérique du Nord (Abies Balsamica) qui est, à strictement parler, une térébenthine. Il contient environ 24 % d’huile essentielle, 60 % de résine soluble dans l’alcool et 16 % de résine soluble dans l’éther.

L’auteur a conduit des expériences avec diverses résines en travaillant sur ses circulata. En raison des excellents résultats obtenus avec le Baume du Canada, il souhaite le recommander à ses compagnons en l’Art. On se sert du Baume du Canada pour la préparation des coupes que l’on observe au microscope, et on peut l’obtenir dans un état de haute purification. Quelle que soit la matière résineuse que vous aurez décidé d’employer, assurez-vous qu’elle est naturelle et n’a pas été fractionnée. On peut obtenir facilement du Baume du Canada naturel, ce n’est cependant pas la résine la meilleure marché.

Si vous considérez avec attention la gravure sur cuivre ci-dessous, vous pourrez observer qu’il y a un trou sur le tronc de l’arbre d’où s’écoule de la résine. En fait la rivière dans laquelle Apollon et Diane s’avancent est résineuse. Notez aussi que Diane sort de l’autre côté de la rivière en tenant dans la main le soleil d’Apollon, ainsi sontils devenus un seul être.

7 – « Pour fortifier le Soufre », cela nous indique que le Sel et le Soufre ont déjà été conjoints. C’est alors que l’on ajoute la matière résineuse, imbibant notre mélange de Sel et de Soufre (volatil). Le tout est alors placé à chaleur modérée (digéré). L’imbibition est répétée chaque fois que la matière sèche. Avant d’ajouter la matière résineuse, l’opérant se trouve à une croisée de chemins. Il peut à ce moment choisir s’il désire emprunter la voie sèche ou la voie humide. Dans le premier cas, les sels de la partie fixe du Soufre obtenus par calcination seront ajoutés. Ceux-ci ne volatiliseront pas le Sel du corps et le résultat sera une pierre.

8 – Puisqu’à cette étape nous opérons déjà sur des substances hautement purifiées, on devra prendre garde à ce qu’aucune impureté ne vienne gâter l’ouvrage. L’auteur a obtenu de bons résultats en employant des fioles plutôt grandes et complètement fermées. Les fioles sont périodiquement ouvertes un certain temps afin de permettre 1’entrée d’air frais, puis elles sont à nouveau fermées. Les dangers de contamination sont considérablement réduits en travaillant dans un four clos (incubateur).

9 – Si tout s’est bien passé, vous pouvez alors verser votre Mercure, c’est-à-dire l’alcool éthylique rectifié.

10 – L’alcool doit dominer en proportion sur le fixe. L’auteur a obtenu de bons résultats avec une proportion de 6 à 1 ou même de 8 à 1.

11 – Au cours de cette « Putréfaction » qui n’est rien d’autre qu’une digestion poussée, un changement de couleur s’opère et le Sel prend l’apparence d’une sorte de glaire. Le Soufre renforcé et l’Esprit agissent à ce moment sur le Sel et commencent à le rendre volatil. Après cela nous débutons nos distillations.

12 – Les distillations doivent être faites au bain-marie ; entre les distillations, après cohobation (lorsque l’on reverse le distillat sur le résidu), une période supplémentaire de digestion s’avèrera utile. Après sept distillations, vous trouverez que votre distillat possède une odeur caractéristique et très pénétrante et a un goût acide et corrosif.

13 – Afin d’éviter cela, nous ferons toutes nos distillations au bainmarie. Si la température est trop élevée, le résultat sera plus une fixation des parties volatiles du Sel qu’une volatilisation. Dans toutes les tentatives de volatilisation, une distillation prudente et lente est nécessaire.

14 – Si vous avez correctement travaillé, vous avez maintenant réalisé le Circulatum Minus selon la troisième méthode. En même temps, vous pouvez maintenant comprendre la première méthode puisque tout ce que vous avez à faire est de l’accomplir en partant de la même espèce végétale d’où vous avez tiré votre matière résineuse, par exemple à partir du pin ou du sapin. Vous pouvez extraire votre matière résineuse à partir de petites branches de pin ou de sapin par distillation à la vapeur. C’est ainsi qu’on obtient les térébenthines naturelles. Quant à la suite, vous procéderez comme ci-dessus. Dans les aphorismes qui suivent, Urbigerus nous informe de ce que peut réaliser le Circulatum.

15 – Lorsque vous y plongez une plante verte fraîchement coupée, par exemple une feuille ou deux de menthe poivrée, vous remarquerez tout d’abord que le liquide devient laiteux et même totalement opaque. C’est le signe d’une émulsion. Si vous laissez reposer un certain temps, les minuscules gouttes d’huile monteront progressivement à la surface et formeront finalement une couche d’huile jaune. Cette huile contient le Sel et le Soufre de l’espèce végétale plongée dans le Circulatum. L’expérience de l’auteur a démontré que la couleur de l’huile varie d’une espèce à l’autre. Une herbe sèche colorera immédiatement le menstruum avec séparation des principes. Dans l’aphorisme qui suit, Urbigerus nous parle de la valeur thérapeutique de cette huile.

16 – Les aphorismes XXI à XXIV nous en disent plus long concernant l’usage du Circulatum Minus. Il pourra extraire la teinture du corail (XXII), on peut s’en servir pour confectionner l’Élixir proprietatis si on y plonge des quantités égales de myrrhe, d’aloès et de safran (XXII) ; il dissout aussi toutes sortes de gommes, d’huiles et de baumes tout en séparant leurs essences (XXIII). Il extrait également la teinture d’un certain nombre de minéraux et de métaux.

NOTICE 24

A la lecture des 24 Notices, certains étudiants en sont peut-être restés aux études théoriques, pour des raisons qui leur sont personnelles, et n’ont pas franchi le cap du travail pratique. À ceux-là, nous disons qu’ils perdent une partie d’un légitime profit du Travail Alchimique. Aux autres qui se sont lancés dans les difficultés de ce travail, nous souhaitons qu’ils puissent y trouver leur voie personnelle d’avancement.

SPAGIRIE ET ALCHIMIE

Il est certainement utile de préciser ici la différence entre les deux théories. La spagirie s’occupe essentiellement de la guérison du corps et l’Alchimie de la guérison de l’âme.

Parmi les personnes qui suivent ce cours, celles qui relèvent du corps Médical utiliseront nos enseignements à leur guise. Mais pour les autres qui ne font partie de cette catégorie, nous pensons qu’il est utile de rappeler un certain nombre de principes. Il ne faut pas utiliser les élixirs alchimiques pour la guérison en général, car :

– La loi interdit la prescription de substances destinées à l’accomplissement d’un acte médical.

– Les élixirs végétaux ont un effet essentiellement spirituel et on ne doit pas toucher à cet aspect chez les autres ; un élixir pourrait éveiller un chakra chez une personne qui n’aurait pas la compréhension adéquate pour supporter cet éveil.

– Les traitements les plus efficaces sont les extractions métalliques, lesquelles ne sont pas incluses dans les premières parties de ce cours.

La spagirie ne cherchant pas particulièrement à aborder l’aspect spirituel, elle utilise des procédés différents de l’Alchimie. À titre d’exemple, nous allons décrire un des procédés utilisés par les spagiristes de l’école allemande :

– Un extracteur de Soxhlet est chargé avec la plante choisie.

– Le menstruum utilisé est de l’eau distillée.

– On effectue alors 3 cycles d’extraction. L’eau n’étant pas gênée par la présence de l’alcool dissout une partie des sels de la plante, ceux qui ont un caractère minéral. Les sels organiques ne sont en général pas solubles dans l’eau ; ils ne le deviendront que par la calcination qui, en éliminant leur carbone, les ramène à l’état minéral.

– Après ces 3 cycles, on laisse baisser la température et on verse avec précaution, par le bout du réfrigérant, une quantité d’alcool à 96º égale à celle de l’eau, pour un Soxhlet de 200-300 cm3 d’un mélange à 50 % d’alcool.

En fait, si nous chauffons peu, seul l’alcool va passer et nous aurons une extraction de la teinture qui normalement se fera rapidement en 3 cycles.

– Quand ceci est terminé, le résidu solide du cartouche est calciné à haute température : 1200º minimum, quelquefois 1600º est souhaitable. La cendre résiduelle est alors jetée très chaude dans le menstruum et le tout est mis en macération pendant une semaine. Ensuite un simple filtrage donne l’élixir spagirique.

Il faut ici remarquer que, contrairement à l’Alchimie, il n’y a pas une séparation nette Sel- Teinture et pas du tout de séparation Soufre-Mercure. Le Sel n’est pas chargé en Soufre mais il joue simplement un rôle d’absorption des impuretés de la teinture. L’école allemande qui utilise ce processus ne cherche pas par ce procédé à rejoindre une voie alchimique, elle reste dans le cadre de la guérison que les lois de ce pays autorisent. Nous avons donné cet exemple uniquement pour montrer la différence entre les processus typiquement spagiriques et alchimiques.

DEUX AUTRES MÉTHODES POUR LA PIERRE VÉGÉTALE

A – Plante Archémisia Tridendata

1) environ 1800 g de plante fraîche.

2) La distillation à la vapeur donne 15 ml d’huile.

3) Faire fermenter une plante dans l’eau à température ambiante.

4) Séparer l’alcool et rectifier, l’alcool est traité au carbonate de potassium.

5) Le résidu est séché, calciné, lessivé.

6) Ensuite le Sel est saturé par une égale quantité d’alcool et d’huile, et mis en

digestion pendant 1 mois à 38 ºC.

7) On sature à nouveau la substance avec un mélange moitié huile-alcool et on la transfère dans une cornue. On distille alors sous vide et lentement jusqu’au sec.

8) La substance est alors extraite de la cornue et est calcinée au gris blanc.

9) Le processus de saturation-distillation- calcination est répété 3 fois chaque cycle durant 1 mois.

10) À ce point, la substance est sombre avec une teinte rougeâtre.

11) La substance est alors placée dans une coupe de porcelaine et chauffée avec un bec bunzen. Elle fond alors en un liquide clair qui devient blanc opaque en se solidifiant. Ce solide blanc est alors réduit en poudre (environ 2 g).

12) Il est ensuite placé dans un appareil à reflux et saturé avec un mélange huilealcool. La température doit être juste suffisante pour maintenir la circulation. Cette circulation doit être maintenue plusieurs semaines.

13) La substance est alors extraite et sa couleur est havane clair.

14) La substance est à nouveau fondue au bec bunzen. Sa fusion est beaucoup plus rapide que précédemment et se solidifie en un blanc opaque.

15) La substance est à nouveau pilée et le cycle recommence jusqu’à ce que la substance n’absorbe plus de liquide et fonde aisément à la flamme. La Pierre est terminée.

Cette méthode semble de loin la plus aisée et la plus souvent réussie.

B – Autre Méthode

1) 150 à 200 g de poivre noir en grain sont réduits en poudre.

2) La teinture est extraite à l’alcool absolu par un passage au Soxhlet.

3) Les sels solubles obtenus du résidu sont mis en poudre fine et sont saturés avec la teinture et maintenus à 38 ºC.

4) La teinture concentrée donne des cristaux qui une fois arrosés sont mélangés aux sels solubles.

5) La substance est saturée à chaque fois qu’elle est devenue sèche et ceci tant que la substance absorbe du liquide.

6) À ce point, la substance est devenue très fusible. Une distillation sous vide à la cornue est alors effectuée.

7) Le distillat est ensuite reversé sur le résidu avec, si cela est nécessaire, un supplément d’extrait pour obtenir la saturation.

8) Ce cycle est répété jusqu’à ce que la substance n’absorbe plus d’extrait et qu’elle soit d’un blanc opaque.

La Pierre est terminée.

PRÉPARATION DU SEL

Ceux qui ont pratiqué quelques-unes de nos expériences se sont rendu compte que le problème su Sel est un des gros problèmes de l’Alchimie végétale. Si on ne lessive pas le Sel, on a une masse apparente plus grande, mais sa purification est plus longue à obtenir.

Nous parlerons par la suite de la distillation en 4 phases et ensuite de ce que Paracelse nomme le premier être des plantes, ce que d’autres nomment leur quintessence. Il s’agit-là d’un produit dont les auteurs reconnaissent les qualités, lesquelles sont très proches de celles du Grand Élixir métallique.

Bien entendu, dans la cohobation pour revivifier les éléments de la plante, son Sel est nécessaire mais, pour la purification, un autre Sel peut convenir. De plus, si l’on ne veut pas qu’il fixe le Soufre, il doit être inharmonique avec la plante.

Les Anciens font beaucoup d’éloges au sujet du sel de mer et de l’acide du Sel de mer, mais il convient, ici, d’être circonspect.

Un végétal terrestre pourra être purifié sans perdre son Soufre par le sel de mer, mais une algue marine ne pourrait être purifiée que par les sels de potassium (voir Notice 13).

Pour que le chlorure de sodium soit apte à purifier une plante, il doit subir une longue

préparation :

– Prendre 1 litre d’eau de pluie et y faire fondre 300 g de sel.

– Filtrer, évaporer l’eau et recueillir les cristaux de sel au fur et à mesure qu’ils se forment. Ne pas pousser la cristallisation jusqu’au sec, sacrifier 10 à 15 cm3 d’eau.

Répéter ceci jusqu’à ce que le filtre ne soit plus sali par l’eau, c’est-à-dire au moins 10 à 12 fois. Puis garder le sel en flacon de verre très propre, bien bouché.

Ce sel peut servir à diverses choses dont l’extraction du premier être d’une plante bien préparée.

Pour d’autres expériences, il est intéressant d’avoir de l’eau chargée de « nitre ». Pour cela on opère de la façon suivante :

1) Calciner du carbonate de potasse entre 200 et 300 ºC au moins pendant 1 heure.

2) Le répartir en couche mince sur une plaque de verre ; on peut commencer par une plaque de 50 x 50 cm avec 1 ou 2 mm de carbonate en surface.

3) Cette plaque est placée dans une pièce aérée, de préférence un grenier plutôt qu’une cave, et cette plaque est inclinée. Le sel déliquescent va couler et deux cornières le guideront vers un flacon pour être recueilli.

4) Les Anciens nomment ceci « Huile de tartre par déliquescence ». Elle doit d’abord être filtrée puis conservée telle quelle.

5) Pour enrichir un produit en « nitre », il faut alors distiller cette huile sous vide et le liquide obtenu est dit par les anciens textes « Eau des Anges ».

Remarque : nous savons que certains mettaient aussi la potasse en déliquescence. Mais il est très probable que la potasse ainsi traitée ne soit plus de la potasse. Celle-ci avide du CO2 de l’air se transforme en carbonate de potassium. Pour enrichir la potasse en « nitre » sans qu’elle se transforme en carbonate, il faut l’imbiber avec « l’eau des Anges » et ne pas la laisser très longtemps à l’air libre.

ALCHIMIE ANIMALE

Un prêtre nous a prêté un livre : « Le sang peut-il vaincre la mort ? ». Ce livre traite d’une partie de l’Alchimie animale, de ce qui, en fait, est connu sous le vocable de « Arcane du sang ».

Après quelques nuits consacrées à ce sujet, nous pensons que la demi-connaissance transmise par ce livre n’est pas sans danger, comme le sont toutes les demi-connaissances. Aussi pensons-nous bon de donner une explication théorique, mais claire et complète, sur l’Alchimie animale.

Les livres de GLASER ou de LÉMERY donnent un certain nombre d’expériences alchimiques sur des produits animaux. Mais, à notre connaissance, seul « Le livre de la Nature dévoilée », d’un auteur anonyme, met en garde contre les réactions négatives, psychiques ou spirituelles, de ces expériences.

Le Mercure animal se trouve dans le sang, les os sont le Sel, et la chair est un mélange de Sel volatil et de Mercure coagulé par le Soufre animal. Évidemment ces éléments peuvent être séparés et on peut, en ce domaine, obtenir le Soufre, le Mercure et le Sel séparés et purifiés, mais là n’est pas le problème.

Beaucoup ont pensé que le sang seul suffisait. En effet, s’il est le porteur privilégié de Mercure, il contient aussi le Sel et, par les globules rouges, le Soufre.

C’est là que l’erreur commence, comme nous allons le voir. En effet, si l’homme est le plus évolué de tous les produits de la nature et s’il est pur, son sang devrait contenir le Soufre, le Mercure et le Sel les plus parfaits de la création. Alors ce sang serait le Circulatus Majeur, l’égal et même le Supérieur de la Pierre au rouge. Une des plus sinistres illustrations de cette demi-connaissance est donnée par Gilles de Rais qui, sachant ce qui précède, sacrifia d’innombrables nouveau-nés, pensant ainsi trouver du sang pur. Mais le sang du nouveau-né n’est pas plus pur que celui de sa mère. En réalité, le sang ne devient pur qu’avec la renaissance spirituelle ; seul le Maître re-né possède ce sang. C’est de là qu’est née la légende du Graal qui illustre les propriétés du sang de l’adepte Jésus.

D’ailleurs la description de certaines projections faites par des anciens maîtres ne décrit pas une poudre rouge sang brillant mais une poudre rouge brunâtre. Nous espérons que ce qui procède vous évitera diverses erreurs ou tentations. Cependant, pour donner un caractère positif à cette notice, nous allons décrire une expérience d’Alchimie Animale sans danger pour qui que ce soit.

L’HUILE D’OEUF

– Selon la taille de votre extracteur de Soxhlet ou de votre équipement équivalent, prenez 6 à 12 oeufs de poule aussi frais que possible. Faites-les cuire durs, normalement.

– Séparez les jaunes des blancs et écrasez ces jaunes pour en faire une poudre ou un amalgame léger.

– Placez cet amalgame dans un flacon de verre non fermé. Prenez alors un bocal, genre bocal de conserve, avec un couvercle étanche dans lequel notre flacon puisse être enfermé.

– Calcinez de 100 à 200 g de carbonate de potassium entre 200 et 300º au moins pendant 1 heure.

– Mettez le carbonate dans le bocal et placez au-dessus le bocal contenant les jaunes.

– Fermez d’une manière étanche.

– Le carbonate absorbe la vapeur d’eau dans le bocal et ainsi, peu à peu, les jaunes vont

se dessécher.

– Quand les jaunes sont secs, réduisez-les en poudre et chargez dans l’extracteur de Soxhlet ; le menstruum sera l’alcool absolu.

– Après au moins 12 cycles d’extraction, le menstruum est distillé et une huile est récupérée : son nom ancien est ovum vitelli.

Les Anciens disent que cette huile fait guérir les plaies dix fois plus vite que la normale et qu’elle soigne par absorption une maladie dont le nom nous donne à penser qu’il devrait s’agir du cholestérol.

Il faut dissoudre cette huile dans un alcool de fort parfum car son goût est épouvantable.

Bon courage !

 

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SPAGIRIE 1-12

Jean DUBUIS

L’Adepte doit suivre le chemin de la Nature mais avec les lumières de la Connaissance

COURS D’ÉSOTÉRISME GÉNÉRAL SPAGIRIE

NOTICE 1

Les notices de Spagirie comprennent :

– un texte philosophique principalement axé sur les questions de structure de cette connaissance et de son symbolisme ;

– un texte sur la théorie alchimique
– un texte sur la pratique alchimique
– éventuellement un texte sur les végétaux, sur certains aspects de la Qabal, ou sur divers sujets reliés à l’Alchimie.

Il est vivement conseillé de suivre cet ordre logique pour l’étude des notices, c’est-àdire Philosophie, Théorie et Pratique. Cette division ternaire nous a été inspirée par Dom Pernéty qui déclare que trois choses sont nécessaires pour avoir quelques chances de succès dans la Voie Alchimique : un bon jugement, une bonne théorie et une main habile. Dans la partie « Philosophie Alchimique », nous espérons donner les connaissances nécessaires à la formation de ce bon jugement, dont le résultat le plus évident est une pensée libre ; mais cela n’implique absolument pas le fait d’être libre penseur.

La partie « Théorie Alchimique » de nos cours vise deux buts principaux. Le premier est de donner une connaissance théorique sans laquelle l’expérimentation alchimique n’est pas possible. En effet, il ne faut jamais tenter une expérience en ce domaine sans en connaître l’objet, la procédure et le résultat à atteindre ; en Alchimie on n’expérimente ni au hasard ni par curiosité. L’autre but recherché est l’ouverture des livres hermétiques : ils ne sont pas écrits pour des débutants ou des ignorants, mais ou fur et à mesure que l’on s’imprègne de la théorie alchimique, l’obscurité de leur langage se transforme d’abord en transparence puis en lumière.

Dans le chapitre « Pratique Alchimique » nous décrirons en détail les manipulations nécessaires et les précautions qui doivent les accompagner. Les premières expériences seront très simples et nous atteindrons graduellement les plus complexes afin que ceux des étudiants qui ne possèdent pas la connaissance ou la pratique de laboratoire chimique ou alchimique puissent également avoir la possibilité d’accéder à « la main habile ».

Il est bien évident que par cette méthode les mêmes sujets pourront se retrouver dans les trois parties du cours, mais ils seront abordés par des voies différentes. Ces répétitions peuvent avoir l’avantage de faire pressentir, sous des aspects à première vue divergents, l’unité de la Connaissance et la convergence qui en résulte.

Nous pensons devoir aussi préciser dès maintenant que certains éléments du cours pourront paraître en contradiction avec cette notice de présentation. En fait, si la partie philosophique et la partie théorique traitent peut-être plus de l’aspect alchimique que de l’aspect spagirique, la partie pratique sera strictement spagirique, c’est-à-dire végétale car la théorie étant la même dans les trois règnes, nous choisissons l’exemple dans le règne où il nous semble le mieux connu ou le plus explicite, ou parfois dans les divers règnes, pour insister sur le caractère unitaire de la Nature.

Vous serez peut-être étonné de la brièveté de nos textes ; mais nous suivons en cela la Tradition Alchimique. L’adage dit : « lis et relis ». Il faut donc lire et relire les textes avant de s’en imprégner, suivant par là l’exemple donné par certaines opérations chimiques dont la répétition persévérante conduit à un résultat alchimique.

Un autre adage dit qu’il faut débarrasser la matière de ses principes terrestres superflus ; c’est pourquoi nous éviterons le délayage littéraire.

Mais nous sommes néanmoins certains qu’il se trouve dans chacun de nos textes un ou deux principes ou règles inédits ou peu connus et qui valent certainement la peine de réflexions ou de méditations approfondies

PHILOSOPHIE ALCHIMIQUE

Qu’est-ce que l’Alchimie ?

Il est bon, à ce stade, de réfléchir sur ce qu’est l’Alchimie et comment cette manipulation peut nous conduire à un progrès spirituel. Dans l’immédiat, il serait plus aisé de dire ce que n’est pas l’Alchimie plutôt que de dir e ce qu’elle est. Si l’on considère l’aspect matériel, l’Alchimie n’est ni la chimie ou l’hyperchimie, mais un processus biodynamique qui tient davantage des processus de la fermentation ou de la putréfaction plutôt que des réactions chimiques classiques. L’Alchimie conduit à la connaissance profonde des mécanismes fondamentaux de la Nature, mais à la différence des sciences profanes qui n’envisagent que l’aspect matériel de ces mécanismes, l’Alchimie tient également compte de l’aspect spirituel généralement invisible à la perception sensorielle de l’opérateur. C’est par cet aspect des études alchimiques que l’opérateur est conduit à un progrès spirituel, à une élévation de son niveau de conscience. La dualité de cette méthode d’avancement spirituel a un fort avantage par rapport à beaucoup d’autres méthodes : l’avancement spirituel conduit à avoir « la tête dans le ciel » mais, pour mener son travail à bien, l’Alchimiste est obligé de garder les pieds sur terre ; il prend conscience des réalités supérieures tout en gardant à l’esprit les manifestations physiques et leur importance.

Nécessité d’un progrès spirituel personnel

Ainsi que nous le verrons dans la partie théorique, un Alchimiste ne peut pas être athée ; ce doit être un spiritualiste. Quelle que soit la nature de sa croyance, de sa religion, de sa méthode ésotérique ou de sa doctrine personnelle, il importe qu’il puisse faire commencer chaque période de travail, que ce soit une méditation ou un travail pratique expérimental, par une invocation et qu’il la termine par une prière de remerciement à Dieu, au Cosmique, à l’Unité, au Grand Architecte, ou à la conception Divine ou Spirituelle qu’il a choisie selon son coeur.

La seconde chose à bien comprendre et sur laquelle nous reviendrons souvent, c’est le but que se propose l’Alchimiste : il doit s’agir uniquement de son progrès spirituel personnel.

Songer à de lointaines transmutations métalliques en pensant uniquement aider les autres n’est ni une excuse ni une incitation auprès de l’Infini. La faculté de transmutation est une récompense du progrès spirituel personnel ; mais on n’a jamais aidé qui que ce soit dans ce monde avec de l’or si l’Infini ne l’a pas permis. Mieux vaut comprendre les desseins de l’Unité pour son cas personnel avant de décider de ce qui est bon pour les autres.

Nous préférons également vous mettre en garde dès maintenant sur le fait que la loi française interdit à toute personne étrangère au Corps Médical de prescrire à une autre l’usage de tout produit dans un but de cure ou de soin. Il ne faut donc pas songer aux élixirs pour la santé des autres. Et pour vous éviter toute tentation en ce domaine nous ne donnerons pas, au moins dans un premier temps, les moyens de contrôler les élixirs alchimiques : leur fabrication est en elle-même un élément de connaissance de la Nature et un moyen de développement spirituel.

C’est ce progrès spirituel personnel que l’on doit d’abord rechercher : comment peut-on songer à aider les autres si on ne possède pas soi-même un certain degré de maîtrise. Il existe un principe sacré d’égoïsme qui veut que l’on progresse d’abord soi-même avant de songer à faire avancer les autres. Si l’on fait l’inverse, et quelle que soit notre bonne volonté, on risque de les faire reculer plutôt que de les faire progresser.

THÉORIE ALCHIMIQUE

Commençons par examiner les différences entre chimie et Alchimie.

En chimie, si les ingrédients corrects sont présents et si les manipulations sont bien faites, le résultat est atteint, et ceci indépendamment de l’opérateur.

En Alchimie, même si les ingrédients adéquats sont présents et si les manipulations physiques sont bien faites le résultat ne sera pas nécessairement atteint car la réussite dépendra de l’état personnel de l’opérateur. En un sens très restreint, l’Alchimie peut être considérée comme la parapsychologie de la chimie, la réussite de l’opération dépendant des états intérieurs psychique et spirituel de l’opérateur.

Ceci est encore plus vrai lorsqu’on avance dans la hiérarchie des opérations et oeuvres alchimiques. C’est pourquoi un démarrage rationnel consiste à commencer par les opérations les plus simples, les plus abordables : tenter les oeuvres mineures avant d’aborder les OEuvres Majeures.

La deuxième différence entre la chimie et l’Alchimie est également très importante. La chimie ne considère pas que les corps sur lesquels elle travaille sont vivants. En fait, ses processus sont tels qu’elle ne travaille que sur des corps morts. Ceux-ci sont donc dans l’impossibilité d’évoluer. L’Alchimie, par contre, est un système biodynamique qui utilise dans ses opérations les forces de la vie. Elles effectuent alors un triple travail sur les corps, et leurs effets sont : purification, régénération et évolution. Dans les forces de la fécondation et dans les forces de la reproduction se trouvent les principes les plus puissants et c’est de là qu’ils devront être extraits pour être mis en jeu. Mais si cette opération peut paraître concevable dans le règne végétal, l’extraction de la semence ou du sperme métallique connue de peu d’adeptes est considérée comme une utopie par la foule.

À travers les éléments physiques, l’Alchimiste ou l’Artiste habile peut et doit parvenir à manipuler les éléments divin, spirituel, invisible, qui sont les véritables éléments de la vie dans les choses et dans les êtres.

Une autre différence entre le chimiste et l’Alchimiste réside dans le but recherché dans chaque opération. Pour réussir, l’un et l’autre sont tenus de se soumettre aux lois de la Nature, mais l’Alchimiste doit aussi, dans son travail, s’orienter vers les mêmes buts que ceux que la Nature s’efforce d’atteindre.

Chacun peut voir, à la lumière de ce qui vient d’être dit, que le règne végétal est plus « transparent » que le règne métallique ou le règne minéral, et que, sur son terrain, une expérience d’appréciation du niveau de développement psychique et des niveaux de conscience atteints sera sans risque ; et qu’à travers elle un accroissement de cet acquis pourra être obtenu.

Pour conclure cette partie, nous donnerons trois adages qui concernent le travail alchimique et spagirique :

– J’accélère les processus de la Nature en me gardant de déroger à ses règles.
– J’ôte les obstacles qui empêchent la Nature d’agir spontanément.
– Je m’efforce d’aider la Nature dans son travail de réintégration universelle.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

La notice suivante comportera la description d’une expérience simple et intéressante qui vous permettra d’aborder et d’essayer de comprendre quelques principes de base. Pour vous livrer à cette expérience vous aurez besoin d’un certain nombre d’ustensiles et d’ingrédients dont nous vous donnons la liste ci-dessous :

– 200 à 300 grammes de mélisse sèche. Vous pouvez obtenir cette plante chez un herboriste ou en pharmacie.

– Un mortier et un pilon, ou un instrument équivalent qui permette de réduire la plante en poudre. Il est préférable de choisir un outil manuel car les broyeurs électriques ne conviennent pas pour ce travail.
– Environ 300 cm3 d’alcool de vin sous forme de cognac, d’armagnac ou de toute sorte d’alcool de vin. Il faut absolument exclure pour cette expérience tout alcool ne provenant pas de la vigne.
– Un entonnoir en verre.
– Un peu de coton hydrophile de qualité chirurgicale.
– Un plat en céramique résistant à un fort feu direct (« Vision » ou « Arcoflam »). Ce récipient est destiné à être utilisé pour les calcinations. Le verre borosilicaté style « Pyrex » n’est pas assez résistant pour supporter ce genre de chaleur ; par contre certaines porcelaines peuvent convenir. Le couvercle de ce plat peut être, pour sa part, en verre borosilicaté car, à son niveau, la température est déjà plus basse.
– Quelques flacons très propres. Pour les petits modèles, on préférera ceux qui comportent une fermeture rodée et un bouchon de verre également rodé.
– Un litre d’eau distillée.
– Un compte-gouttes ; un feutre indélébile à l’eau.
– Une source de chaleur ; on préférera le chauffage au gaz à la plaque électrique car il permet un réglage plus « fin » de l’intensité de la chaleur. Si on ne possède pas de bec spécialisé genre Bunzen, un bec du style de ceux utilisés pour le camping sera parfaitement suffisant.

Quand vous installerez votre laboratoire, pensez à demander une extension de votre contrat d’assurance, en précisant à votre assureur que vous étudiez la chimie.

Note : il n’y a aucune contradiction entre le fait que, dans la partie théorique, nous affirmons que les produits utilisés en Alchimie doivent être vivants et que, dans la partie pratique, nous vous recommandons de vous procurer de la mélisse sèche pour mener votre expérience. Nous nous expliquerons de ceci ultérieurement plus en détail. Mais vous pouvez remarquer que des graines sèches gardent leur pouvoir germinatif ; elles contiennent donc la racine de vie. D’autre part, d’un point de vue purement pratique, vous pourrez vous apercevoir que l’utilisation d’une plante sèche facilite bien les opérations lorsqu’on ne possède pas de gros outillage ou de menstra spécialisés.

NOTICE 2

Nous espérons que votre quête de matériel et de matière a porté ses fruits, et que vous vous êtes préparé à l’opération que nous allons entreprendre aujourd’hui.

Avant de poursuivre, il serait bon que nous vous indiquions succinctement le plan général de notre cours. En effet, comme nous l’avons déjà dit, la théorie doit précéder les expériences et les travaux ; mais, d’autre part, notre propre expérience nous a montré que la pratique, « la main habile », ne peut s’obtenir du jour au lendemain : on peut apprendre la technique du dessin en amateur, mais l’éducation de la main demandera temps et pratique. C’est la raison pour laquelle nous aborderons la pratique aussi rapidement que possible. La progression des expériences et des études doit s’équilibrer pour profiter pleinement du cheminement que nous vous proposons.

Dans la partie « Philosophie Alchimique », les Notices 2, 3 et 4 forment un triptyque qui traite :

– de l’état d’esprit souhaitable.
– de la nature de la méditation en Alchimie.
– de la conception du Temple Alchimique et de sa division en oratoire et en laboratoire.

De ces trois points fondamentaux découle une étude de nature très différente sur des éléments considérés comme importants et utiles à la fois pour une bonne compréhension des méthodes expérimentales et de la nature de la Connaissance.

Nous aborderons ensuite une synthèse d’un texte que l’Alchimiste Von Bernus considère comme étant le testament des Rose-Croix avant leur entrée dans l’ombre. Ce texte est extrêmement intéressant car il complète les écrits qabalistiques : si ces derniers donnent une structure de la création, ce document en expose le mécanisme et le fonctionnement selon les conceptions alchimiques. Nous étudierons également un texte peu connu d’un autre Alchimiste qui sera le complément pratique du texte précédent.

La partie « Théorie Alchimique » des quatre premières notices est consacrée aux trois principes Alchimiques que sont le Soufre, le Mercure et le Sel. Dans la quatrième notice, nous donnerons un aperçu de la théorie et du rôle des menstra dans la série d’expériences que nous proposerons. Il nous faudra alors étudier les végétaux et la liaison entre le règne végétal et l’aspect ésotérique de notre travail. Après avoir acquis une certaine habileté opératoire, nous reprendrons l’étude des quatre éléments.

La partie « Pratique Alchimique » deviendra, après les préliminaires de notre première expérience, la plus importante de notre cours. Notre propre expérience nous aura appris que de nombreuses erreurs, causes de perte de temps ou de bris de matériel, peuvent être évitées en grande partie par des mises en garde et des instructions précises. Il est impossible de coucher par écrit l’expérience que procure le travail personnel. À ce niveau, notre cours comprendra l’explication détaillée de toutes les expériences de base en Spagirie et en Alchimie. Nous nous efforcerons de mettre en évidence les différences entre l’aspect chimique et l’aspect alchimique des processus utilisés dans ces opérations. Nous fournirons également des tables qui, réunies, formeront un vade-mecum que nous avons, par expérience, jugé très appréciable. Enfin, nous puiserons dans l’importante collection de documents sur la période où s’effectue la séparation Alchimie-chimie et nous y trouverons un certain nombre d’informations qui ouvriront la compréhension des livres anciens par la connaissance de la Chymie de cette époque.

Dans la partie « Divers », nous examinerons l’aspect alchimique de la Qabal et des textes traditionnels, ainsi que les règles de base nécessaires à la lecture du symbolisme alchimique.

Dans la mesure du possible, deux formules d’équipement seront étudiées : une solution facile mais relativement coûteuse et une solution qui demandera plus de travail mais qui, en contrepartie, sera plus économique. Ce choix découle du fait que la Spagirie et à un plus haut niveau l’Alchimie sont des voies d’auto-initiation et l’avancement sur ces voies dépend en grande partie de l’acquis ésotérique de chacun. On peut considérer deux phases : la préparation et la réalisation.

La réalisation demande souvent un temps assez long et indépendant de l’importance du matériel. Par contre la préparation peut être considérablement raccourcie par l’utilisation d’un matériel sophistiqué. Mais, de toute façon, il est nécessaire que chacun garde un certain équilibre entre le développement intérieur et la réalisation expérimentale.

C’est à chacun, en conscience et en toute humilité, de choisir à chaque instant la voie qu’il pense être bonne pour lui.

PHILOSOPHIE ALCHIMIQUE

Dans ces premières notices nous nous bornerons à exposer des principes généraux et deux raisons nous conduisent à opérer ainsi. Nous pensons que, pour le bon équilibre, d’un cheminement personnel, la pratique et la théorie doivent se confirmer réciproquement. Nos notices auront donc d’abord un léger aspect théorique afin de pouvoir sans délai commencer les travaux pratiques. Nous approfondirons la théorie au fur et à mesure que ces travaux pratiques progresseront. D’autre part, nous sommes convaincus qu’un premier survol rapide, mais vaste, est le fondement d’une culture alchimique et qu’il constitue une bonne base pour une étude détaillée et spécialisée de points particuliers. On obtient ainsi plus rapidement une vue cohérente et unitaire du processus alchimique.

Puisque cette deuxième notice marque le début du travail pratique, il est utile que chacun d’entre nous mesure l’importance de l’état d’esprit nécessaire à la réussite de nos travaux. Au départ on ne peut pas prétendre être un alchimiste ou un philosophe mais on doit s’efforcer d’avoir l’état d’esprit correspondant.

L’Alchimie étant à la fois matérielle et spirituelle, des précautions seront à prendre dans ces deux domaines. L’aspect matériel fera l’objet d’une étude dans la partie pratique de cette notice, et nous aborderons plusieurs fois dans cette partie philosophique l’aspect spirituel. La conception alchimique dit que le travail répétitif sur la matière lui « ouvre les pores ». Ceci veut dire en réalité que la matière (le Sel par exemple) devient aisément réceptive à son Soufre, mais qu’elle peut être irrémédiablement contaminée par une impureté. Mais cela signifie également que la sensibilité psychique de la matière peut être augmentée : si l’opérateur a une radiation positive, la matière sera améliorée ; inversement, si sa radiation est négative, la matière sera contaminée. Il en sera de même si un profane peut s’approcher et voir la matière.

De ceci résultent deux principes :

Avant tout travail alchimique nous devons nous dynamiser, nous « positiver », et ceci d’autant plus que notre travail nous entraîne à affiner, à « acuer » notre matière.
Notre laboratoire doit être interdit au profane et la matière soustraite à sa vue et à sa présence. C’est également pour cette raison que la voie alchimique est une voie solitaire, tout au plus une voie de couple ou de famille.

Notre travail sera donc tantôt actif, tantôt passif, et notre laboratoire sera aussi un oratoire où s’appliquera l’ancienne maxime :

Nous reviendrons souvent sur une autre grande idée alchimique. Toute la création se fait par la dualité, c’est-à-dire que les éléments indifférenciés originels se divisent en deux : une partie positive active et une partie négative passive. La partie positive est toujours présente et cherche de par elle-même constamment à agir ; la partie négative, en raison même de son caractère passif, n’agit pas, mais peut représenter un obstacle ou une prison pour la partie active.

En général, l’homme ne peut pas activer la partie positive. Son rôle consiste uniquement à libérer ces forces positives qui agiront alors d’elles-mêmes. Nous espérons que votre travail expérimental vous démontrera assez vite la véracité de cet important principe.

THÉORIE ALCHIMIQUE

Pour se comprendre il est nécessaire que le sens attribué aux mots soit constant et identique, quel que soit le cas. Or, en Alchimie il n’en est pas ainsi. Dans notre science, le sens des mots n’a souvent rien à voir avec celui qui leur est couramment attribué. Ainsi les trois principes : Soufre, Mercure et Sel n’ont rien de commun avec ce que l’on entend généralement par ces mots.

Selon la théorie alchimique toute chose ou tout être possède un Soufre, un Mercure et un Sel : ce sont des principes qui concentrent les énergies spirituelles. Le Soufre concentre celles de l’âme, le Mercure celles de l’esprit et le Sel celles du corps.

Un des grands secrets spagirique et alchimique est la méthode de séparation de ces trois principes. Il faut cependant noter que dans la spagirie végétale la séparation de ces trois principes n’est pas toujours nécessaire : on peut se contenter de la séparation Soufre et Mercure d’un côté et Sel de l’autre.

Examinons maintenant la différence entre un remède allopathique et un élixir spagirique.

Dans la plupart des cas les remèdes allopathiques sont fabriqués par les procédés de la chimie classique, et de ce fait le Soufre et le Mercure spagiriques sont éliminés. Il ne subsiste que ce que la spagirie nomme le Sel. Ces remèdes peuvent donc agir sur l’aspect matériel, sur le corps, mais en aucun cas sur le psychisme, c’est-à-dire sur le spirituel. Les élixirs spagiriques ou alchimiques, par contre, conservent les trois principes et, par son action personnelle, l’Alchimiste s’efforce de les renforcer. On obtient une « Médecine de l’Âme » qui contient à la fois les éléments négatifs du corps et les éléments positifs de la vie.

La méthode spagirique sera donc séparation, purification et réunion. Ceci est d’ailleurs conforme à l’étymologie du mot spagirie qui signifie séparer et réunir.

Dans nos premières expériences simplifiées, la théorie s’appliquera de la manière suivante : le Soufre et le Mercure seront extraits par un alcool. Puisque nous n’avons pas étudié l’art de l’ACUER, nous le choisirons tout prêt et le plus acué possible dans le règne végétal. L’alcool issu de la vigne répond à ce critère. Ensuite, notre Sel étant séparé, nous le purifierons soit par le feu, soit par l’eau et le feu. Nous utiliserons ensuite ce Sel purifié pour purifier à son tour notre mélange Soufre-Mercure avant de réaliser la cohobation.

Notre élixir aura ainsi des propriétés à la fois physiques et spirituelles. Les propriétés physiques seront celles que l’on peut retrouver dans un livre de botanique au chapitre consacré à la plante utilisée pour notre expérience. Le problème de la localisation de l’effet spirituel ne peut être résolu qu’après une étude des Signatures de la Nature. Dans le cas de la mélisse, la partie psychique concernée est celle de la compréhension, de la tolérance.

Nous sommes maintenant suffisamment armés pour faire face aux problèmes que posera notre travail pratique de cette notice.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Nous avons dit qu’en Alchimie, plus qu’en d’autres domaines, il est indispensable de respecter les lois de la Nature et de permettre de s’exprimer librement. Avant d’entreprendre tout travail, il nous faudra penser au problème de la sécurité de notre laboratoire : celui-ci devra être installé physiquement selon toutes les règles de sécurité édictées par les lois et les règlements. Votre présence physique est également souhaitable pendant que se déroulent vos expériences. Enfin, un extincteur peut être très utile dans certains cas.

Nous savons que les éléments invisibles et spirituels sont importants en Alchimie et en Spagirie, mais comme nous n’avons pas encore le liquide d’extraction approprié dénommé Menstruum, la fabrication de celui-ci demandant l’étude de la distillation classique et de la distillation philosophique, nous sommes de ce fait dans une situation à la fois avantageuse et désavantageuse.

Nous tirons avantage du fait que si nous possédions des menstra très affinés, très acués en langage alchimique, nous serions obligés de respecter, dans notre laboratoireoratoire, un certain comportement et plusieurs précautions qui feront l’objet d’une étude ultérieure. Par contre l’inconvénient réside en ce que le pouvoir d’extraction de notre liquide est plus faible. Par conséquent les opérations seront plus longues.

Il vaut mieux prendre de bonnes habitudes dès le début : on recherchera donc un lieu de travail solitaire et discret ; il faut éviter à nos produits les présences et les contacts qui risquent de les perturber. Aussi limitera-t-on l’accès de cet endroit à notre conjoint ou à la rigueur à notre proche famille. Une fois cette retraite trouvée, les consignes de sécurité respectées, il conviendra avant la mise en route des opérations de se dynamiser psychiquement. Pour l’heure, chacun peut adopter la méthode qui lui convient : respiration, prière, concentration, méditation, etc. Nous déconseillons l’utilisation de méthodes occultes car elles demandent, entre autres, la connaissance des attributions planétaires ou des éléments de la théorie des Signatures.

Ceci étant établi, nous pouvons aborder la phase véritablement pratique de notre travail :

– 1 ) Pulvériser la mélisse en une poudre fine, en commençant par les feuilles. Couper ensuite les brindilles en petits bouts de 2 à 3 mm de long. Pendant cette opération, efforcez-vous de vous concentrer sur le fait que vos mains irradient et chargent positivement la mélisse. Eviter de respirer la poussière dégagée par la plante en vous protégeant les voies respiratoires à l’aide d’un masque de style chirurgical, ou en disposant une feuille de verre de 30 à 40 cm de large verticalement entre le produit et vous. Cette feuille ne gênera pas votre travail et apportera une protection suffisante. Enfermer ensuite la mélisse dans un flacon à ouverture large. Un bocal de café en poudre est tout à fait satisfaisant.

– 2 ) Faire 2 parts de la poudre de la plante, par exemple une part de 40 grammes au plus et mettre l’autre part de côté, l’opération qui suit ne concerne que les 40 grammes de la plante, le poids n’étant pas critique.

Attendre le premier jeudi de lune montante et se dynamiser sérieusement avant d’entreprendre cette deuxième phase du travail. Verser l’alcool lentement sur la plante, par petites fractions pour que la plante s’imbibe bien dans toute sa masse. Cesser d’ajouter de l’alcool dès que le liquide dépasse la masse végétale de ½ à 1 cm.

Boucher alors le flacon hermétiquement.

En Spagirie, l’opération qui consiste à verser de l’alcool sur une plante peut être considérée comme l’opération de fécondation. Il en résulte que, pour la mélisse, le moment favorable à cette opération est le premier jeudi de la lune montante.

– 3) Envelopper le flacon de façon à le protéger de la lumière. On peut simplement le placer dans une boîte en carton. En hiver, on le mettra dans une pièce chaude, près d’un radiateur. Une température de 19 °C est satisfaisante. Laisser la macération se poursuivre pendant deux semaines (il peut être intéressant pour la suite des opérations de disposer de deux flacons en macération).

Pour être plus exact, cette opération est une macération-circulation ; il est donc bon que le récipient soit plus haut que large (rapport 3/1 environ) et qu’il ne soit rempli qu’à un tiers de sa hauteur.

– 4 ) Les deux semaines passées, on installe l’entonnoir en verre sur un flacon vide et on obstrue le fond de l’entonnoir avec un peu d’ouate. Celle-ci, dans le cas présent, est préférable à un filtre.

– 5 ) On verse alors la macération dans l’entonnoir. Dès que le liquide est passé, on presse précautionneusement le résidu de mélisse dans l’entonnoir à l’aide d’un morceau de bois plat de façon à récupérer un maximum de liquide. Celui-ci doit à cet instant être de couleur verte. Dès que cette manipulation est terminée, on ferme rapidement le flacon récepteur.

– 6 ) Avant de continuer, on s’assure que rien de combustible et de volatil ne se trouve près de l’endroit où on opère. Le résidu solide est versé dans le plat (« Vision » ou « Arcoflam ») que l’on pose sur la plaque de gaz éteinte. On mélange la plante imprégnée d’alcool et la part de plante qui n’a pas fait l’objet de la macération. On met alors le feu, et l’alcool résiduel commence un début de calcination. Après la fin de la combustion de l’alcool, on allume le gaz. Ne respirez pas la fumée qui se dégage. La matière commence à noircir ; on la remue avec une tige de verre ou de fer. Quand tout est noir, on arrête le feu et on laisse refroidir. On pile la poudre de façon à éliminer tous les gros grains. On recommence alors la calcination jusqu’à ce que toute la poudre soit devenue gris-blanc.

– 7 ) Nous avons maintenant le choix entre la voie du feu et la voie du feu et de l’eau. Pour la voie du feu, on calcine le résidu gris-blanc jusqu’à ce qu’il devienne orangerougeâtre une fois refroidi, ce qui est assez long à obtenir.

Note importante : lorsque la calcination a dépassé le moment d’obtention du grisblanc, on doit la continuer en posant un couvercle ou un creuset inversé au-dessus de la matière.

Nous étudierons prochainement la suite du travail.

NOTICE 3

MÉDITATION ET ALCHIMIE

À l’intérieur du corps humain se cache une certaine substance métaphysique connue seulement de très peu de personnes. Cette essence n’a besoin d’aucun médicament car elle est en elle-même un incomparable remède. Elle est d’une triple nature : métaphysique, physique et morale. Ainsi, le lecteur attentif pourra conclure que l’on doit passer d’une métaphysique à une physique par une procédure philosophique.

Les Alchimistes se consacraient profondément à leur travail et ne souffraient pas de la fissure qui existe dans les âmes de nos contemporains.

Ceux-ci, pour la plupart, se représentent l’ÊTRE d’un côté, la matière de l’autre, ne se rencontrant jamais. Au contraire, pour les Alchimistes l’ÊTRE est dans le monde et le monde est en l’ÊTRE. Ils n’étaient pas victimes de l’aveuglement actuel et c’est ce qui assurait le succès de leur travail. Il paraît important d’exposer aujourd’hui leur méthode.

Il est dans les choses naturelles une certaine vérité qui ne peut être vue par les yeux extérieurs. Les philosophes ont su ceci et ont trouvé que son pouvoir est si grand qu’elle peut faire des miracles.

Nous pouvons suggérer que ce miracle peut se trouver dans l’observation d’une rose dans le jardin, dans l’amitié, et peut être perçu aussi bien avec les yeux physiques que par ceux du coeur. La mystérieuse rencontre des Alchimistes, le mystérieux mariage du Soleil et de la Lune est la conjonction du fait physique avec la réalité métaphysique.

Cette unique vision n’est pas un résultat dû uniquement à des opérations matérielles comme de verser de l’acide acétique sur de la stibine, ni le résultat d’une allusion figurative à une substance donnée qui serait l’une du Soleil, l’autre de la Lune. De même que dans les faits physiques la qualité des ingrédients est importante en raison de son influence sur les résultats, de même dans le mental, la qualité des pensées provoquera un ultime succès ou un échec.

Dans cette vérité se tient tout l’art de libérer l’esprit de ses liens ; par ce même chemin l’esprit peut être libéré du corps.

Cette dernière phrase « l’esprit peut être libéré du corps » est en relation directe avec la technique de méditation des Alchimistes. Mais peut-être que le mot « technique » n’est pas correct car il semble impliquer une famille de formules, un jeu d’idées préconçues alors que, en vérité, la spontanéité est l’essence de la méditation en Alchimie. La méditation, après tout, est une façon de pêcher dans le subconscient pour en faire jaillir la vérité. L’esprit conscient sélectionne le sujet, la question, et, comme le pêcheur, le jette comme appât dans l’eau. Mais l’appât ne cherche pas le poisson. Le poisson cherche l’appât. Et ceci est une des plus grandes et communes mauvaises interprétations de toutes les métaphysiques. Nous ne méditons pas, nous ne le pouvons pas ; nous « sommes médités ». En d’autres termes, nous devons être réceptifs.

Par analogie, dans le privé de notre laboratoire nous ne devons pas tenter à tout propos d’ajuster les ballons, la mesure des substances, de penser dans le jargon alchimique à ce que, à travers nos manipulations, nous cherchons réellement à faire. Il ne faut pas tomber dans le piège qui fait dire : « pendant des années, j’ai lu des textes, j’ai expérimenté, et je crois diriger le cours de ce travail ». Seul l’ÊTRE dirige le cours de ce travail, et pas un d’entre nous n’a accès à un jaillissement de Sagesse à moins qu’il ne soit réceptif.

C’est pourquoi l’Alchimie est un art aussi bien qu’une science. C’est non seulement l’art de diriger le travail, comme nous le comprenons après en avoir été instruits soit par un livre, soit par un enseignant, mais c’est aussi l’art d’être réceptifs dans nos coeurs, nous laissant épurer par le travail comme l’est notre matière au cours des manipulations. C’est au confluent des deux mondes que le véritable Alchimiste expérimente. Nous pouvons et nous devons par des années d’efforts intellectuels, physiques, émotionnels, atteindre le but. Mais, en définitive, c’est lui qui nous atteindra. Et c’est seulement à travers la méditation, dans le « laisser faire », que ceci est possible.

Tu ne pourras jamais faire l’Unité que tu recherches si tout d’abord tu ne fais pas le UN en toi.

Cette chose « une » est le point unique de toute concentration et de la méditation de l’étudiant sincère. Il comprend et utilise tous les niveaux de son être. Il apporte à ces niveaux un appoint de vigilance précédemment inconnu, et une fois ceci atteint, il se retire. Cette technique est familière aux lecteurs et disciples du Zen, du Yoga, du Taoïsme et de nombreuses disciplines religieuses. Mais elle n’a pas été consciemment identifiée avec l’Alchimie pour la simple raison que notre Art est très mal compris. On ignore sa terminologie, et ses méthodes sont de toute notoriété obscures et complexes.

Le mot méditation est utilisé quand un homme a un dialogue intérieur avec quelqu’un d’invisible. Ceci peut-être avec l’ÊTRE s’il est invoqué, ou avec un ange, ou avec luimême. L’aspect méditatif du travail alchimique n’est pas simplement celui de la cogitation ou de la réflexion sur ce travail.

Être sûr qu’une organisation préliminaire de la théorie a donné une procédure est essentiel ; il faut maîtriser la théorie avant la pratique.

Mais la méditation ira plus profondément et englobera un procédé plus complexe. Nous devons insister sur le fait que la méditation est un travail intérieur. En termes choisis, on peut dire que l’occultiste reçoit une profonde révélation du plus haut Moi, le Magicien cérémoniel, la Connaissance et la Conversation du Saint Ange Gardien. Il est un peu étonnant de dire que l’Alchimiste commence son travail avec une masse confuse à la fois dans son esprit et dans son travail physique. Il doit extraire d’un chaos primordial un ordre bienfaisant. Si ses pensées ne sont pas ordonnées, ses substances ne peuvent pas être correctement manipulées. Et si les deux sont en bon ordre, il doit avoir le courage de plonger profondément dans ses ressources intérieures pour comprendre la relation entre son âme propre et l’âme de la matière avec laquelle il travaille. Il doit aussi craindre d’être attaqué, d’un côté par l’occultiste sceptique qui mettra en cause ses méthodes de laboratoire, et de l’autre par ses amis scientifiques qui le décriront comme un religieux sentimental parmi ses flacons et ses cornues.

Ainsi, même aujourd’hui, l’Alchimiste a son propre terrain. Mais le défi de son travail va au-delà des critiques usées. Seuls l’homme et la femme qui entrent avec un coeur priant et méditant peuvent bénéficier de la poursuite de ce travail. Au cours des siècles, aucun écrivain n’a pu nous dire que le chemin était aisé.

Michel Maïer a écrit :

« Pour ceux qui commencent, l’affliction règne avec le vinaigre, mais pour ceux qui finissent, la joie règne avec le rire. »

Et aussi, pour conclure :

« Cette chose pour laquelle nous avons cherché si longtemps ne peut être acquise ou accomplie par la force ou la passion ; elle ne peut être acquise que par l’humilité et par un amour déterminé et parfait. Que Dieu accorde cette divine et immaculée science à ses fidèles servants, en particulier à ceux à qui il accordera d’être comme à l’origine de la nature des choses. Nul ne serait capable de se sauver sans la force accordée par Dieu, et sans elle ils ne pourraient plus longtemps continuer le salut de leurs âmes, le but désigné pour eux par Dieu. Alors Dieu charge ceux de ses servants à qui Il a proposé ces choses de chercher cette science divine qui est cachée à l’homme et qu’Il a gardées pour eux. C’est cette science qui les fera naître au-delà des souffrances de ce monde et qui les chargera de la connaissance du bien futur. »

THÉORIE ALCHIMIQUE

Nous avons dit que l’Alchimiste ne s’occupait que des corps vivants, c’est-à-dire ceux dans lesquels les trois principes Soufre, Mercure, Sel sont présents et vivants.

Conformément à la tradition, nous désignerons ces corps sous le nom de mixtes.

À titre d’exemple un Alchimiste considère que le minerai métallique qui sort de la mine est vivant, mais qu’il meurt dès qu’il est transformé en métal par la fusion car il a perdu la quasi totalité de son Mercure au cours de cette opération.

Pour les trois règnes nous pouvons donc dresser le tableau suivant :

Règne métallique

Soufre métallique
Mercure métallique
Sel métallique

Règne végétal

Soufre végétal
Mercure végétal
Sel végétal

Règne animal

Soufre animal
Mercure animal
Sel animal

Dans les trois règnes, le Soufre est l’âme du mixte : il en assure l’animation. Mais celle-ci n’est possible que si le Mercure vivant est présent car c’est ce dernier qui assure la liaison Soufre-Sel, âme-corps. Si le Mercure est absent, le Soufre est contraint à l’inaction et y subit un emprisonnement. De lui-même le Soufre est toujours pur ; il n’est gêné que par les impuretés terrestres qui se sont accrochées à lui.

Le Mercure est identique en essence dans les trois règnes, mais chaque Mercure est cependant spécifique de son règne. On peut dire en un sens que les Mercures des divers règnes diffèrent entre eux par leurs taux vibratoires. C’est pourquoi les expériences qui consistent à faire agir un Mercure sur un ou sur des principes d’un autre règne ne peuvent donner des résultats satisfaisants. De plus, à l’intérieur de chaque règne, le Mercure présente divers degrés de maturité, de perfection. Dans le règne métallique c’est le Mercure de l’or qui est le plus mûr, le plus évolué. Dans le règne végétal c’est celui du blé ou de la vigne. Dans le règne animal c’est celui de l’homme. Le rôle du Mercure de l’esprit consiste en la jonction du corps et de l’âme. C’est lui qui assure le mariage alchimique entre ces deux principes extrêmes. Il est possible à l’Alchimiste de perfectionner et de mûrir un Mercure à l’intérieur de son règne.

Les deux éléments que nous venons de voir sont, dans leur aspect alchimique, inconnus de la chimie classique, mais il n’en n’est pas de même pour le Sel que nous allons étudier maintenant.

Le Sel du règne végétal ainsi que celui du règne animal sont connus de la chimie classique actuelle, mais elle ne connaît pas le Sel des métaux. Le Sel métallique dont il est question ici n’est pas un composé du métal avec un autre corps, c’est un de ses éléments constitutifs.

Dans les trois règnes le Sel est la matrice du mixte. C’est lui qui détermine ce que sera le mixte constitué par l’influence animatrice du Soufre à travers le Mercure. Donc, dans chacun des règnes il y a un Sel par mixte ; un Sel par métal ou par minéral dans le minéral, un Sel par plante dans le végétal et un Sel par type d’animal dans le règne animal. Si le Sel constitue la matrice des corps, il a en plus dans les processus alchimiques ou spagiriques un rôle de purification.

Comment retrouvons-nous ces principes dans le travail alchimique ?

Dans le végétal, le Soufre sera contenu dans les huiles essentielles des plantes, le Mercure se révèlera et pourra être extrait dans l’alcool de la plante et le Sel sera obtenu par calcination ou par lessivage des cendres de la plante.

Dans le métallique, la dissociation alchimique sépare les métaux en leurs trois principes : le Soufre sous une forme huileuse, le Mercure sous une forme très volatile et acide, d’où le nom de vinaigre qui lui est parfois donné, et le Sel sous la forme d’une chaux résiduelle.

La spagirie et l’alchimie animales étant exclues de notre cours nous ne donnerons pas la description des principes de ce règne.

En résumé, le Soufre est l’âme qui anime le corps à travers le Mercure qui est le lien corps-âme, le Sel étant le corps. Nos membres de croyance chrétienne pourront réfléchir aux raisons alchimiques du choix du pain, du vin et du sel dans les rites religieux.

Note : Dans les livres traitant d’Alchimie on remarquera que le Mercure extrait des minéraux ne porte pas le même nom que celui qui est extrait des sept métaux traditionnels. Dans ces ouvrages, il faut aussi éviter la confusion entre « fèces et Sel », les « fèces » étant les impuretés du mixte.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

La seconde méthode de purification du Sel se fait par l’eau et par le feu, c’est-à-dire par lessivage et calcination. Les cendres sont introduites dans un flacon et on verse dessus au moins vingt fois leur volume d’eau distillée (eau de pluie de préférence sinon eau déminéralisée). Il faut compter environ une heure en agitant plusieurs fois pour obtenir une bonne dissolution des sels. Le mélange est alors filtré à l’entonnoir de verre et les cendres sont récupérées. On recommence au moins trois fois afin de bien dissoudre tous les sels solubles.

Toute l’eau filtrée est alors rassemblée et on l’évapore en la chauffant, mais sans la bouillir : on s’efforce de se maintenir juste au-dessous de la température d’ébullition.

Quand le Sel est bien sec, on le met dans un plat résistant au feu et on le calcine.

Le Sel est ensuite placé à nouveau dans un flacon et dissous dans l’eau distillée, et on recommence le processus ; lorsque l’eau distillée ne laisse aucun dépôt visible dans le filtre, la purification est suffisante et on passe à la phase suivante.

Si le Sel obtenu par la calcination simple a atteint une coloration soit jaunâtre, soit rougeâtre ou légèrement orangée, il n’est pas nécessaire de la lessiver. Le Sel est placé dans un petit flacon plus haut que large (rapport 3/1 environ), et on verse alors sur le Sel environ douze fois son volume de liqueur de macération. Si le flacon est bien choisi en fonction des quantités, il sera rempli à peu près au tiers. On le fermera hermétiquement et on le mettra dans un endroit assez chaud, par exemple sur un radiateur en hiver ou au soleil en été. La circulation doit alors s’amorcer et on le remarquera au fait que des gouttes d’alcool se déposeront d’abord sur le verre dans le haut du flacon et retomberont ensuite dans le liquide. La liqueur doit se décolorer. Quand la décoloration cesse, on filtre, on récupère les sels et on les calcine toujours en disposant un couvercle sur le plat de calcination. On les laisse refroidir et on recommence la circulation avec la liqueur. Il faut continuer ce cycle tant que la liqueur se décolore.

À chaque cycle le Sel se charge en impuretés qui sont évacuées par la calcination mais il se charge aussi en éléments positifs que la circulation fixe et qui, par conséquent, résistent au feu. À chaque cycle la force de l’élixir augmente, ceci jusqu’à ce que le Sel soit saturé d’éléments positifs. À ce point la circulation n’offre plus d’intérêt.

Étant donné que notre liquide d’extraction, notre menstruum, n’est pas acué, la décoloration ne sera pas totale : la coloration du cognac due aux éléments végétaux du chêne résistera au Sel. Aussi conseillons-nous en ce cas de ne pas poursuivre chaque circulation au-delà de trois jours et de ne pas faire circuler plus de sept fois.

Note : Veillez au cours de cette expérience à ne pas utiliser tout votre Sel et à en conserver la valeur de ¼ de dé à coudre dans un petit flacon étanche. De même conservez 2 à 3 cm3 de liqueur.

NOTICE 4

Deux problèmes de terminologie pourront se présenter dans cette notice.

Le premier concerne le mot « médecine ». En Alchimie celui-ci ne s’interprète pas forcément en tant que médecine humaine. Par exemple le terme « médecine végétale » peut aussi bien signifier une préparation tirée des plantes en vue de soigner l’homme dans son intégralité qu’une préparation destinée à soigner le végétal lui-même. De même, une « médecine métallique » peut très bien ne concerner que la « guérison des métaux » ou simplement être un remède sur le plan de l’âme, le métal étant le symbole d’un trouble ou d’une faiblesse psychologique ou mentale. En Alchimie seul le contexte limite le sens ou l’étendue du sens du mot « médecine ».

Le second concerne le mot « teinture ». Une teinture en Alchimie est un extrait de principe alchimique soit de Soufre seul, soit d’un mélange de Soufre et de Mercure, étant entendu que le « tingent » est le Soufre.

PHILOSOPHIE ALCHIMIQUE

Temple Alchimique

La DUALITÉ PRIMORDIALE est présente dans le Temple Alchimique aussi bien que dans le corps humain. Le Temple est un lieu d’invocation, de prière, de méditation, de remerciement pour l’âme et pour l’esprit. Comme pour le corps, c’est un lieu de travail et d’expériences. Dans le Temple, les deux lieux doivent être distincts, et on doit pouvoir soit par un voile, soit de toute autre manière, séparer ou unir l’oratoire et le laboratoire qui, à eux deux, forment le Temple Alchimique.

Dans ce lieu, la matière peut entrer puante et l’homme peut venir les mains sales ; c’est un lieu de purification des impuretés du monde physique. Ici, la première épreuve de l’étudiant sera peut-être d’avoir les mains couvertes d’ampoules après avoir écrasé au mortier une plante ou un minéral, ou bien de se rougir les yeux par l’étude d’un texte hermétique et récalcitrant de Basile Valentin ou de Paracelse. Dans le laboratoire, l’apprenti peut se voir ou voir l’univers dans une cornue bouillante et sentir la ligne de démarcation entre le flacon et le moi s’estomper.

Pendant ce travail de laboratoire, secondaire au début, l’étudiant s’apercevra qu’il devient sa raison principale de vivre, et l’Alchimiste arrivera à l’étape de réalisation où il sera UN avec le laboratoire, lui-même UN avec l’Univers.

Dans le laboratoire qui est un Temple, la Loi se révèle en termes de livres, d’herbes ou de minéraux, mais plus encore en son propre Moi. La connaissance de la Loi donne à l’Adepte le pouvoir de choisir.

Dans le Temple Alchimique, l’étudiant apprendra à lire les Signatures de la Nature et les lois qui les gouvernent. C’est en suivant ces lois et en développant son propre sens de l’Art que l’Alchimiste fera par les processus de séparation, de purification et de réunion, les élixirs et les pierres des divers règnes.

Dans le règne végétal, on peut s’exercer avec les clés et se familiariser avec les lois parce qu’ici, dans le petit travail, les puissances utilisées sont plus aisées à manier et, généralement, n’entraînent pas de conséquences graves. Dans ce règne, qui ne doit cependant pas être pris à la légère par les débutants, le Temple-Laboratoire peut être plus aisément utilisé parce que, dans ce domaine, les expériences, les transmutations, dépendent moins de l’état psychique de l’opérateur. Ici la liberté de l’Esprit et de l’Âme est davantage préservée de la violence du monde que dans le règne minéral car elle est moins aisément écrasée par les réactions négatives. En ce règne cependant, on peut déjà commencer le processus de formation de la Pierre en son propre coeur.

Maintenant, si l’application se fait en soi-même, elle devient la Vérité, et la Pierre intérieure sera la Pierre du Philosophe. Le Point focal du laboratoire transmutera l’intangible.

Ici, on apprend que la Loi est équilibre et le laboratoire nous conduit sur une voie élevée, celle de l’Amour véritable qui donne plus qu’il ne demande. La Loi restitue une égale mesure non pas comme récompense, mais pour garder son propre niveau d’équilibre. La Loi est la structure du travail. Pour connaître la Loi, il faut avoir l’outil, entrevoir la vérité et le but, et ainsi devenir Philosophe.

Davantage est cependant nécessaire. Le Temple doit être « animé » ; ce doit être un Temple vivant, et quand il commence à se mouvoir et à devenir une entité dans ce monde, il devient un style de vie, une puissance et une énergie.

De même qu’il est dit que le Chrétien voit le monde à travers l’oeil de la conscience christique, il est également dit que l’étudiant Alchimiste voit le monde comme Dieu manifesté. Il est une réflexion du Moi au moi, la Loi et le Savoir sont ajoutés à l’Amour.

Le style de vie de l’Alchimiste est un sentier qui monte vite si l’on n’est pas freiné par de lourds bagages. La Loi révèle : « Tu seras jugé comme tu auras jugé ». L’amour montre combien sont lourds à porter les « jugements » et combien, dans le laboratoire, ils obscurcissent les vraies couleurs du corps et de l’âme, ajoutant à chacun une grisaille et un poids qui retardent comme une maladie les pouvoirs du corps et de l’esprit. Il devient évident que certains désirs peuvent devenir contraignants : une nouvelle voiture, de nouveaux vêtements, une maison, la poursuite de l’argent, l’attachement aux personnes, peuvent peser de tout leur poids.

Ce n’est pas que ces choses soient bonnes ou mauvaises en elles-mêmes, mais il ne faut pas que le style de vie qu’elles entraînent devienne une entrave sur le chemin ; s’en servir est bon, les rechercher au détriment de son temps et de sa tranquillité est du gaspillage de temps et d’énergie.

Il ne s’agit pas d’une chose arbitraire ou d’un style de vie unique : mieux vaut pour celui qui suit le sentier se laisser dicter par le Sentier ce que seront les nécessités pour le jour qui vient. La vie sur le Sentier doit être vue de plus en plus comme un don. Chaque jour est rempli de sa propre réalité et la vie elle-même prend une dimension théologique comme ceci a été expérimenté. Le Temple devient alors le point focal des buts de la vie et de nos aspirations. Toutes les actions de la vie nous illuminent. Sur ce Sentier, avec le développement conscient de notre propre UN intérieur, la Connaissance et l’Amour s’unissent et se développent en nous.

Lorsque nous sommes dans une église ou en un autre lieu de culte, et que nous utilisons une des nombreuses formes de méditation, nous devons nous souvenir que le but n’est pas le lieu de culte ou la méditation elle-même. Un sentier est seulement un moyen d’atteindre l’illumination, de trouver le Dieu UN et la plénitude de la vie. Ainsi le sentier de l’Alchimie n’est pas l’Alchimie elle-même mais un moyen par lequel ceux qui se trouvent être dans leur Sentier apprennent l’expérience de la fabrication de la Pierre du Soi. Par cette méthode, la séparation, la purification et la réunion du corps et de l’âme sont accomplies. Par ce travail, la Loi, la Vérité et l’Amour sont unis et quand tous ces cycles sont accomplis, ils apportent un nouveau commencement et l’Alchimie devient la pierre de base d’un seuil plus élevé.

Principes généraux de l’Alchimie

L’Alchimie est évolution ; et l’évolution est l’élévation des vibrations, le raffinage ou la transmutation du grossier en subtil, des basses fréquences en plus hautes, du physique en éthérique. L’Alchimie affirme que ceci est le seul dessein et le seul but de toute existence, et ensuite indique un chemin ou une technique avec lesquels on assiste la nature pour une accélération de ce processus, à la fois à l’intérieur de l’homme et dans son environnement.

Ce processus peut aussi être décrit comme une recherche de la perfection, pour une vie plus large et meilleure.

Il est communément admis que le rêve alchimique a été la longévité de la vie, une parfaite santé et la capacité de transmuter les métaux en or, tout ceci au moyen de la Pierre Philosophale. En réalité, ces attributs qui donnent satisfaction aux matérialistes sont les produits accessoires de la profonde recherche de l’union avec le plus haut Moi. Ceci est une application de la citation biblique : « Cherche le royaume de Dieu et tout le reste te sera donné par surcroît ».

Cependant, le Grand Art de l’Alchimie ou de la Sagesse Hermétique, à la différence de certains sentiers de l’Orient, n’essaie pas de nier le corps ou de tenter de détruire l’ego ou le moi le plus bas. L’Alchimie ne tente pas d’élever le moi aux plus hautes réalités par des pratiques ascétiques ou purement méditatives qui conduisent à la mise au repos du processus de la pensée. Au contraire, des énergies spirituelles sont concentrées, focalisées et rendues manifestes sur le plan physique et matériel par un chemin plus pratique. Le Corps et l’Esprit deviennent le Laboratoire Alchimique intérieur dans lequel s’opèrent la transmutation et l’accélération de l’évolution. Le Corps est graduellement transmuté sous les influences combinées de purification, désintoxication et régénération, par les élixirs préparés dans le laboratoire extérieur et en accord avec les principes alchimiques. Sous l’influence de l’Esprit et à travers l’Amour et la discipline se développe l’application dans la vie journalière des lois fondamentales de l’Univers.

Ces Lois universelles, inséparables des principes alchimiques, émergent d’une étude des pulsations astrocycliques et de la Qabal.

Tout ceci ne signifie pas que les pratiques méditatives n’ont pas de place dans l’Alchimie, au contraire : la première nécessité pour l’avancement sur le chemin est l’invocation à Dieu suivie par la contemplation de la Nature.

Pour citer Israël Regardie, non seulement l’Alchimiste est concerné par la purification des métaux et par l’élimination des maladies de la race humaine, mais il affirme que l’Alchimie en tant que science et art fournit à la fois un moyen de synthétiser toutes les sciences et est un entraînement des facultés intellectuelles et spirituelles. De plus, l’Alchimie diffère des autres études ésotériques en ce qu’elle insiste fortement sur la pratique du travail en laboratoire, travail où les théories ésotériques peuvent être démontrées et mises en application. Aussi, quand ce travail est développé il peut révolutionner à la fois la médecine orthodoxe, la thérapeutique naturelle, l’agriculture et l’usage de l’Énergie et de la Vie. L’Alchimie est la fois transmutation, révolution, renaissance et évolution tant sur le plan physique que spirituel ; la seule barrière est l’absence d’une certaine qualité de conscience.

Comme il a été déclaré précédemment, le processus alchimique est simultanément intérieur et extérieur, la purification physique du corps par les préparations du laboratoire alchimique qui servent à en raffiner les énergies les rendant plus réceptives à de plus fines vibrations cosmiques. L’esprit accroît son éveil et la conscience son expansion. Cet accroissement de conscience nous rend capables de pénétrer plus avant dans les élixirs du laboratoire qui atteignent alors de plus hautes vibrations, élevant notre moi à un plus haut niveau. Et ainsi le processus continue et s’accélère dans une spirale intérieure et extérieure, dans une évolution de la conscience.

Cependant ce processus est rarement aussi aisé ; les causes de blocage sont nombreuses jusqu’à ce que la conscience intérieure illumine le chemin extérieur. Alors la spirale d’avancement peut se déployer sans obstacle sur le sentier.

Cette conscience intérieure peut aussi se manifester dans le service extérieur car le but de tout véritable adepte est d’aider à relever l’espèce humaine de ses souffrances et de ses misères physiques et spirituelles. L’acceptation de ce but est nécessaire et indispensable pour l’avancement sur le sentier.

La Qabal et les pulsations astrocycliques sont concomitantes du travail pratique de l’Alchimie : la Qabal et son glyphe, l’Arbre de Vie, servent d’outils pour établir des relations entre toutes choses et entre l’homme en tant que microcosme avec le macrocosme extérieur. Ce schéma cosmique sert cependant à beaucoup d’autres buts. Les pulsations astrocycliques (astrologiques), quand elles sont correctement comprises et utilisées dans la vie quotidienne, nous donnent le contrôle sur les influences célestes, ce qui fait que nous ne sommes plus sujets aux caprices de la fortune, mais que nous pourrons tirer la meilleure part des bonnes influences et éviter beaucoup d’influences négatives.

Celui qui poursuit le travail pratique de laboratoire en conjonction avec les différents aspects de l’Alchimie devra prendre contact avec diverses sortes de sujets ou de techniques à la fois ésotériques et exotériques, tout ceci harmonisant et facilitant le travail alchimique. Ainsi celui qui gagne connaissance et compréhension en Alchimie gagne aussi connaissance et compréhension en toute chose, mais dans une voie telle que toute connaissance est systématisée et transmutée par l’Alchimie dans une Unité où l’Art est Science et où la Science est Art.

Cette synthèse achevée est plus grande que la somme de ses parties ; une telle synthèse de l’art et des sciences fait retentir et louer la Loi et l’Ordre Divin ; l’Art et la Science s’unissent pour servir l’Esprit qui est la Vie ou la force vitale.

THÉORIE ALCHIMIQUE

Nous allons revenir en partie sur ce qui a été dit dans notre précédente notice.

Pour comprendre les allégories littéraires profondément voilées de l’Alchimie et pour séparer le bon grain de l’ivraie, ce qui facilitera l’avancement sur le sentier, nous devons connaître, comprendre et pratiquer les lois universelles sur lesquelles l’Alchimie et nécessairement toutes les véritables sciences occultes et spirituelles sont basées.

Pour simplifier, les lois fondamentales sont les suivantes :

1) L’origine de l’Univers est divine ; l’Univers est une manifestation et une émanation de l’Être cosmique absolu et UN ; donc tout est UN.

– 2) Toutes les manifestations, qu’elles soient matérielles ou de conception mentale, existent par la vertu d’une nature double ou d’opposés. C’est la Loi de polarité ou de dualité.

Chaque concept peut être ainsi justement défini par la relation avec ses opposés.

L’évolution des idées procède par synthèse, thèse et antithèse, et le processus est à nouveau répété à un plus haut niveau.

Une élaboration ultérieure des différents aspects de la polarité peut être vue dans l’étude de l’Arbre de Vie Qabalistique. Ainsi, des thèmes de polarité comme soleil-lune, mâle femelle, création-destruction, positif-négatif, esprit-corps, etc., sont une partie intégrante du symbolisme alchimique et d’autres symbolismes occultes.

– 3) Toutes les manifestations physiques, qu’elles soient animales, végétales ou minérales (les trois règnes), sont composées d’esprit, d’âme et de corps (trois principes essentiels).

Ils sont connus respectivement dans la terminologie alchimique comme le Mercure , le Soufre et le Sel . Dans le règne végétal, l’Esprit est contenu dans l’alcool et est commun à toutes les plantes, étant abandonné par toutes les plantes durant le processus de fermentation (mort) du corps. L’Esprit (Mercure ) est la force de Vie du Cosmos et son essence vitale, et représente le point d’intérêt majeur de l’Alchimiste. L’Âme du monde végétal est l’huile essentielle que toutes les plantes possèdent à un degré varié. L’Âme (Soufre ) est la conscience des trois mondes (règnes). Le corps (Sel ) du monde végétal est ce qui reste après que l’Esprit soit parti. On l’appelle aussi « Caput mortem » (tête morte). Il est alors brûlé jusqu’à l’état de cendres et finalement de sel blanc.

Dans le règne minéral, l’Esprit est commun à tous les métaux ; c’est le précieux Mercure des Philosophes, le plus volatil des ALKAESTS. Il permet d’isoler la semence du métal, ce qui est une étape vitale dans la préparation de la Pierre Philosophale.

Le travail pratique du laboratoire d’Alchimie, qu’il s’agisse du laboratoire intérieur ou extérieur, comprend trois processus de base qui sont : « Séparation, Purification, Cohobation ».

Ces trois processus sont la base du processus évolutionnaire de tout travail alchimique.

Ce travail est aussi celui de la Nature, et l’Alchimie aide principalement celle-ci par l’accélération de ce processus.

Si nous regardons le petit travail ou la petite circulation des végétaux, nous voyons que, dans la Nature, quand une plante meurt, son corps est biodégradé et ses principes essentiels retournent à la terre pour être utilisés dans le cycle de vie d’autres plantes. Le cycle continue à moins qu’un animal mange la plante, auquel cas les vibrations de la plante sont transmutées à un plus haut plan par le pouvoir alchimique du règne animal vivant.

Dans le laboratoire alchimique extérieur, une herbe est séparée en ses principes essentiels :
l’huile , l’alcool et le caput mortem . Chaque principe essentiel est alors purifié en utilisant la chaleur (le feu) à travers les distillations, extractions et calcinations. L’étape finale est la cohobation qui constitue une renaissance sur un plan supérieur. Ainsi la plante est sortie du cycle de biodégradation, renaissant par l’élévation de ses vibrations à un point où elle peut être utilisée dans un but plus élevé, à savoir comme médecine pour le règne animal.

Ce même processus dans le monde minéral aboutit à la préparation de la Pierre Philosophale (la Grande Circulation) et à de nombreux autres élixirs de plus faible importance.

Les médecines préparées à partir des méthodes alchimiques ont une plus grande efficacité que n’importe quelle autre médecine végétale étant donné qu’elles contiennent les trois principes essentiels purifiés et cohobés.

Les élixirs du règne minéral sont généralement de plus hautes vibrations et d’un effet plus profond que ceux extraits du règne végétal.

– 4) Toutes les matières sont composées de Feu (énergie thermique), d’Eau (liquide), d’Air (gaz) et de Terre (solide), et l’utilisation judicieuse et habile de ces quatre éléments est une partie intégrante des manifestations alchimiques.

– 5) La quintessence ou cinquième essence est trouvée à l’intérieur des quatre éléments mais n’est aucun d’eux ; c’est l’un des trois principes essentiels connu sous le nom de Mercure des Philosophes.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Matériel nécessaire

Étant donné que nous ne pouvons entreprendre de nouvelles expériences tant que nous n’avons pas étudié la distillation dans la partie théorique de nos notices, nous nous préoccuperons d’abord des éléments que nous devons connaître avant que d’aborder l’installation pratique de notre laboratoire.

Dans un ancien document rosicrucien, il est dit que les Frères Alchimistes doivent être économes dans leur travail et opérer avec un minimum de dépenses.

Nous appliquerons donc cet adage pour l’installation de notre laboratoire.

Il existe toute une partie de matériel que l’on peut se procurer soit par récupération, soit avec très peu d’argent. Voici une liste non limitative :

– petits flacons de verre à bouchons rodés
– petits pots de yaourts en verre
– bocaux hermétiques à grande ouverture genre café en poudre, jus de fruits, etc.
– récipients en verre de 4 à 25 litres
– pots de plastique servant d’égouttoir au fromage frais
– flacons de plastique à eau minérale
– quelques boîtes métalliques à conserve très propres
– morceaux brisés de glace sécurit épaisse (8 mm)
– du sable fin
– un vieux tourne-disques 33 tours
– une presse, genre ancienne presse à papier
– un vieux réfrigérateur

Sécurité dans le laboratoire

Nous insisterons très souvent sur cette partie de nos notices : il est en effet très important que chacun d’entre nous prenne toutes les précautions nécessaires à la protection de son environnement personnel et de soi-même.

Chacune des recommandations qui suivent vient souligner une consigne importante, mais elle n’est qu’un complément des textes officiels légaux ou promulgués par les fabricants.

Il est donc indispensable que vous consultiez ces textes au préalable.

Précautions

– 1) Connaître la théorie de l’expérience envisagée. Ne rien tenter au hasard.

– 2) Etudier au préalable les propriétés physiques et chimiques des produits utilisés ou qui seront produits en cours d’expérience.

– 3) Protection de l’opérateur dans le laboratoire :
– respecter les consignes de sécurité pour les installations de gaz, d’électricité, etc.
– ne jamais manger, boire ou fumer dans le laboratoire.
– toujours porter des lunettes.
– porter des gants en plastique étanche pour toute manipulation de liquide acide ou basique.
– porter des gants en amiante pour la manipulation des liquides chauds.
– porter des gants en amiante sur des gants en plastique pour la manipulation des liquides chauds et acides ou basiques.
– porter des chaussures de cuir ou de plastique étanches ; proscrire les chaussures en toile ou ajourées.
– avoir à portée de la main un extincteur en état de fonctionnement et un récipient plein d’eau froide. Si l’on possède une installation de chauffage électrique, s’assurer que l’extincteur convient à l’extinction d’un feu électrique.

– 4) Ne mélanger des liquides inconnus qu’en petite quantité. Toujours procéder de la manière suivante : verser un peu d’un liquide dans un tube à essai, et pour l’autre liquide prendre un autre tube à essai, fermer et éloigner les flacons. Mélanger lentement le contenu des deux tubes à essai. Le port de lunettes est impératif pour ce genre d’opération.

– 5) Ne jamais verser un liquide froid dans un liquide chaud et inversement.

– 6) Ne jamais verser d’eau dans un acide.

– 7) Ventilation permanente du laboratoire :

– en cas d’usage de solvant
– en cas de chauffage au gaz
– hotte d’extraction pour les gaz dangereux

– 8) Pas de flammes pendant l’utilisation de liquides volatils.

– 9) Utiliser de préférence un chauffage électrique pendant la manipulation des liquides volatils.

– 10) Ne jamais renifler directement une fiole, mais pousser un peu d’air avec la main vers le nez.

– 11) Ne pas respirer les solvants tels que acétone, trichloréthylène, etc., toxiques ou dangereux, immédiatement ou à la longue.

– 12) Ne pas manipuler sans gants les sels métalliques ou métaux car certains (antimoine, plomb, mercure, etc…) sont toxiques au contact de la peau.

– 13) Ne pas respirer les poussières lors du pilage d’un produit ; opérer à l’air libre, dans une hotte, ou avec un masque.

14) Intercaler une toile métallique entre le ballon et la flamme de gaz.

– 15) Ne jamais pousser les distillations jusqu’à siccité pour tous les corps donnant des peroxydes : éther, acides, etc. Seuls l’eau ou l’alcool peuvent être poussés jusqu’à la siccité.

– 16) Une protection efficace consiste à interposer entre l’objet de la manipulation et l’opérateur, une feuille de plexiglas épaisse, une vitre sécurit ou un plastique du même genre sur un support lourd de façon à ce qu’elle se maintienne parfaitement verticale.

Dans la suite du cours nous nous efforcerons de vous mettre en garde contre les risques présentés par chaque expérience particulière.

NOTICE 5

Notre travail commence par un aperçu sur la lecture de livres nécessaires à notre recherche et quelques données sur la connaissance humaine.

PHILOSOPHIE ALCHIMIQUE

Nature du travail ésotérique

La plupart des livres ésotériques peuvent se ranger en deux catégories :

– Les plus courants ne présentent le plus souvent que des sujets de curiosité, d’historicité, d’érudition, leur intérêt pratique est nul en ce que nous concerne.

– L’autre catégorie renferme un certain degré d’enseignement mais il n’y a pas la moindre mise en garde sur le risque que comportent ces études, sur la réalité de leur nature, ce qui fait que beaucoup d’étudiants en ésotérisme se déséquilibrent par rapport à la vie courante au lieu de s’épanouir.

Bien que tout ce qui va être dit soit destiné à faciliter le parcours de la voie alchimique, il faut noter que ces règles générales demeurent valables pour toute discipline ésotérique.

La lecture des livres alchimiques anciens ou modernes est assez surprenante : l’hermétisme en est si grand, les contradictions apparentes entre divers auteurs si nombreuses qu’elle n’apporte qu’un faible profit.

La question se pose alors de savoir si ces livres peuvent être utiles, être compris, et ce qui peut justifier ce degré de secret.

Tous les auteurs anciens sont d’accord sur le fait que seul Dieu peut confier le secret.

Alors pourquoi refuser la technique ou la connaissance du sentier qui permet à chacun de se présenter lui-même et seul à ce dernier jugement.

Certains philosophes, dont on a le droit de croire qu’ils ont été touchés par la Grâce et l’Amour Divin, ont dû avoir de bien sérieuses raisons pour cacher ainsi le chemin de la Révélation Personnelle.

La première raison de ce silence est liée à l’état de la société à l’époque où ces livres ont été écrits. En ces temps où la toute puissante Église Catholique tolérait à peine les livres de chimie et de méditation, elle aurait à coup sûr détruit les livres qui autorisaient la Révélation Personnelle, l’initiation personnelle.

La seconde raison tenait davantage à l’ordre social : dans une époque d’obscurantisme où peu de personnes avaient la capacité d’évaluer la difficulté d’un problème et sa véritable nature, la mise au grand jour des difficultés alchimiques aurait incité de nombreuses personnes à quitter leurs occupations pour se consacrer à l’Art Alchimique et à quoi servirait l’or si personne ne produit plus de pain ? Il y avait donc dans ces livres un risque de destruction des structures sociales. La troisième raison est qu’il est nécessaire d’avoir un certain état de conscience, une maturité à la fois intérieure et intellectuelle. Être une Vieille Âme, pour entreprendre le Voyage Initiatique avec une chance de succès.

À notre époque, une plus grande tolérance permet d’ouvrir plus largement la porte de ce premier examen afin que davantage d’êtres humains puissent se présenter seuls et libres pour demander cet Ultime Secret et l’obtenir si telle est Sa Volonté.

Conditions de succès

Si l’Être se cache derrière le Voile du Temple, s’Il ne se manifeste que dans Sa Gloire et Sa Puissance, s’Il a créé dans Son omniprésence ce vide, ce néant où nous sommes, c’est sans doute pour de bonnes raisons dont deux peuvent être résumées ici.

La première c’est que l’homme fait à Son Image et fait de Son Essence doit momentanément être déchu de ses pouvoirs, de ses facultés pour éprouver son libre arbitre dans des conditions de limites telles qu’en aucun cas ses erreurs ne menacent le Cosmos.

La seconde, c’est que l’homme par cette rupture de contact conscient avec le Divin trouve ainsi son véritable libre arbitre, car ce n’est que dans la totale solitude que l’homme est vraiment libre. Ceci est une des grandes raisons de ce secret qui doit être respecté : celui qui n’a pas donné la preuve d’un certain degré de maturité dans l’usage de son libre arbitre ne peut obtenir la certitude tangible de l’existence de l’Être ou des mondes suprasensibles.

Pour lui, la nature des lois physiques demeure inflexible et la transmutation ne lui est pas accessible. Lorsque son évolution intérieure sera suffisante, l’accès aux lois des mondes supérieurs sera possible et ces lois qui transcendent celles du monde physique lui donneront la possibilité de la transmutation.

Il ne faut pas oublier que ces lois sont hiérarchisées et que l’accès à l’absolu ne se fait que par étapes successives.

De ceci découle que les prétentions des parapsychologues à démontrer les pouvoirs supérieurs de l’esprit de manière tangible sont erronées, car la tentative de montrer ses pouvoirs en public les annule car elle est en contradiction avec l’intention cosmique ; elle désharmonise l’opérateur qui échoue, alors que sa réussite en privé est certaine. Ces expériences sont des tentatives de soumettre Dieu à l’examen de la science matérialiste et ceci est impensable. Si celle-ci veut savoir, c’est à elle de changer ses méthodes et de demander dans l’humilité, la méditation et la prière, la révélation qui ne peut se faire que pour un être à la fois et qui ne peut se transmettre par la parole ou par l’écrit, car cette connaissance est un pouvoir acquis qui transmute le niveau de conscience.

Nous examinerons dans une prochaine étude la différence entre la foi, le savoir et la connaissance et par là certaines différences entre le travail mystique et le travail scientifique, entre l’intellectualisme et la spiritualité.

THÉORIE ALCHIMIQUE

La première expérience que nous vous avons proposée est élémentaire, mais intéressante, ne serait-ce que parce qu’elle montre la faible quantité de sel récolté. Pour atteindre un autre niveau d’expérimentation, il nous faut examiner en détail trois processus alchimiques importants : la distillation, l’extraction et la fermentation ou putréfaction.

Seule la connaissance de ces trois processus permet de produire et d’utiliser les clefs alchimiques que sont les Menstra.

Nous allons vous donner le plus rapidement possible tous les éléments relatifs à la distillation, car il est nécessaire de la pratiquer pour en obtenir la maîtrise intellectuelle et manuelle et ainsi être capable de passer de la distillation classique à la distillation philosophique. L’extraction, en elle-même, beaucoup moins délicate que la distillation, viendra en second.

La troisième étude aura trait à la fermentation. Ceci peut paraître étonnant, mais la fermentation est la clef qui ouvre toutes les serrures de la Nature. Nous disons bien que la fermentation métallique est le secret du Feu Secret des Alchimistes.

Les Menstra

En Alchimie, on nomme Menstra les liquides qui ont un pouvoir de dissolution ou d’extraction des principes des mixtes. En général, le Mercure propre à un règne est un excellent menstruum pour ce règne. Très souvent, le mot Alkahest désigne un menstruum qui a un pouvoir limité : parfois il agit sur un seul des principes, Soufre ou Mercure ; ou dans d’autres cas il n’a d’action que sur une partie de son règne. Par exemple, il existe un Alkahest semi-métallique qui est satisfaisant dans le règne minéral mais non dans celui des métaux.

Le Menstruum est en général obtenu ou libéré par la fermentation ou la putréfaction et est séparé par la distillation. Dans le règne végétal, le Mercure est l’alcool végétal. À titre indicatif, nous avons les séquences suivantes :

Raisin + fermentation → jus fermenté + distillation → Alcool ou Mercure

Ceci est valable pour tout le volatil du règne végétal.

Si nous entreprenons une deuxième fermentation nous avons :

Jus fermenté ou Alcool + fermentation = vinaigre soit acide acétique.

L’acide acétique est un menstruum fixant selon la conception alchimique.

Il en est à peu près de même dans le règne minéral, quand nous savons amorcer la fermentation métallique.

La fermentation, la distillation, la purification et l’acuation du menstruum sont des opérations nécessaires qui feront l’objet d’études ultérieures. Toutefois, il est encore utile de savoir que :

– Un menstruum est un être vivant, c’est-à-dire que plus il est pur, plus il devient sensible aux influences psychiques.

– Un menstruum est contaminé par des bruits disharmonieux, par des paroles négatives, par des pensées égoïstes ou malfaisantes. Plus le menstruum approche de la perfection, plus l’opérateur doit être vigilant en actes, paroles, pensées.

Dans un langage symbolique, on peut dire que le menstruum commence dans le laboratoire et se termine dans le Temple.

Note : On parle souvent en Alchimie d’un dissolvant universel, c’est-à-dire d’un menstruum capable d’agir dans tous les règnes et sur toutes les choses. Ce qui a conduit les esprits négatifs à dire que cela n’était pas possible puisque ce dissolvant dissoudrait son contenant. En réalité, ce menstruum décompose les mixtes, mais le verre qui est un corps mort n’est pas un mixte et par conséquent résiste au menstruum.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Nous allons commencer l’étude de la distillation en nous efforçant de montrer par étapes ce qui sépare la distillation classique de la distillation philosophique.

Dans notre première partie, nous prendrons en exemple la distillation du vin, parce que ce liquide est bien connu et que l’on peut aisément trouver des renseignements complémentaires sur ce sujet dans les livres du commerce.

Il y a en Alchimie six types de distillations :

1 – la distillation ordinaire
2 – la rectification
3 – la distillation fractionnée
4 – la distillation sous vide
5 – la distillation à la vapeur
6 – la distillation philosophique.

Le but de la distillation est de séparer deux ou plusieurs liquides mélangés, cette séparation étant basée sur la différence de température d’ébullition des liquides. Celui qui bout le premier se vaporise d’abord. Le train de distillation comprend un ballon et son système de chauffage, un réfrigérant condenseur et un flacon récepteur des liquides distillés. Ceci est représenté sur la planche et peut être facilement réalisé.

Son fonctionnement est le suivant : le chauffe-ballon augmente progressivement la température du liquide et dès que la température du plus volatil est atteinte, les vapeurs se forment. Le thermomètre accuse une montée rapide de la température, les vapeurs s’engagent dans le tube du réfrigérant où elles se condensent, le liquide s’écoule goutte à goutte dans le flacon récepteur.

Le thermomètre est un très bon guide dans les opérations de distillation. Il ne doit pas être en contact avec les liquides car c’est la température de la vapeur qui est importante.

Supposons donc que notre appareil soir chargé avec du vin. Dès que celui-ci commence à bouillir, le thermomètre monte et s’arrête vers 70 à 72 ºC. L’eau de refroidissement du réfrigérant doit alors circuler et des gouttes de liquide tombent dans le flacon récepteur. Elles devront être jetées jusqu’à ce que la température se stabilise aux environs de 78 ºC. À ce moment, le liquide doit être conservé (entre 70 et 78 ºC, les liquides recueillis sont très volatils et ne sont pas de l’alcool). La température monte ensuite très lentement. Dès qu’elle atteint 82 à 83 C, il faut retirer le flacon récepteur dans lequel l’alcool du vin est passé. Si l’on continuait de chauffer rapidement, la température atteindrait 100 ºC qui est celle du point d’ébullition de l’eau.

Avec le genre d’appareil représenté sur la planche, la qualité de la distillation dépend uniquement de la lenteur avec laquelle elle aura été pratiquée. Si nous ôtons le vin résiduel du ballon de chauffe et que nous le remplaçons par l’alcool distillé, nous procédons à une seconde distillation généralement appelée rectification.

Deux faits sont à remarquer : le palier de température à 78 ºC est plus long que le précédent. Lorsqu’il reste peu de liquide à distiller, celui-ci se trouble d’une manière brutale avec apparition de nuages blanchâtres, la température monte rapidement. Il faut arrêter la distillation et jeter le résidu blanchâtre.

L’alcool pourra être rectifié 5 ou 6 fois de suite, jusqu’à ce que la température se maintienne à 78 ºC tout le long de l’opération et qu’il n’apparaisse plus de nuages blanchâtres. Notre alcool est rectifié, mais ce n’est pas de l’alcool absolu, car ce procédé ne permet pas l’épuration totale. Toutefois, il est déjà un bon menstruum pour des extractions végétales faites avec l’appareil de Soxhlet.

Remarque : Dans tous les réfrigérants, l’arrivée d’eau froide se fait toujours par le bas.

Le chauffe-ballon électrique doit avoir un régulateur de chauffe. Le chauffage au gaz est possible, mais très déconseillé, l’alcool devenant très inflammable à la suite des rectifications.

Ne pas oublier quelques pierres à distiller dans l’alcool (petits morceaux de lave, pierre ponce). Les distillations finales son avantageusement faites au bainmarie.

Sur une plaque électrique thermostatée, une petite couche d’huile sur l’eau du bain évite l’évaporation de celle-ci.

Appareil de distillation

Les pièces constituant cet ensemble peuvent être achetées toutes faites dans le commerce spécialisé. Voici quelques conseils sur les composants « verre » de l’appareillage.

Le verre est un matériau très important en Alchimie, mais son utilisation n’est pas aussi simple qu’on le pense généralement. Il existe actuellement trois sortes de verre disponibles :

– Verre de chimie : utilisable jusqu’à 350º, il est fragile, craint les chocs thermiques, doit être refroidi lentement. Son usage est déconseillé pour tout ce qui doit être chauffé.

– Verres borosilicatés : connus souvent sous le nom de « Pyrex », leur température maximum d’usage est de 400 º, toutefois un flacon en verre borosilicaté porté à 100º peut être plongé dans l’eau froide. Ce verre ne peut pas être travaillé au chalumeau sans oxygène, sauf pour les petites sections.

– Verrerie en quartz ou silice fondue : elle atteint 1300º et peut être plongée dans l’eau froide alors qu’elle à été portée à 1000 º. Son prix est élevé et elle résiste mal à certains sels végétaux fondus

Deux conceptions sont possibles : montage par jeu de pièces qui s’assemblent par rodage (29/32 sauf pour les thermomètres qui ont un rodage de 14/23). Ces pièces sont en verre borosilicaté. Nous conseillons l’usage d’un ballon de 2 litres. On peut réaliser soi-même le montage de. On peut toutefois acheter le ballon de 2 litres avec un rodage 29/32 qui sera utile pour les travaux ultérieurs.

Tous les tubes sont en verre borosilicaté, le corps du réfrigérant est un tube de 28 mm, les autres tubes ont un diamètre extérieur de 8 mm. Un coupe-tube est nécessaire pour celui de 28 mm. Il faut chauffer à la flamme toutes les extrémités des tubes coupés pour qu’une légère fusion les borde.

Des détails complémentaires seront fournis dans les prochaines notices.

Note : Acuation, du verbe acuer, est un terme ancien qui peut vouloir dire à la foisaffiner mais aussi rendre plus pénétrant, plus fort.

Planche : Train de distillation

 

NOTICE 6

Le succès de notre travail dépend de notre capacité à identifier correctement les composants. Aussi, nous attacherons-nous aujourd’hui à définir la foi, le savoir et la connaissance.

PHILOSOPHIE ALCHIMIQUE

Le fonctionnement de l’esprit humain se traduit par la production d’idées qui peuvent être du domaine des opinions, des notions, des croyances ou de l’érudition. C’est cette masse intellectuelle et spirituelle qui constitue pour chacun de nous la manifestation de sa personnalité. Les idées se hiérarchisent en ce sens qu’elles n’ont pas toutes ni la même valeur, ni le même degré de certitude, et nous devons nous efforcer d’adopter les plus hautes et les plus sûres en dehors de toutes préférences non justifiées. Il ne faut pas être amoureux de ses idées ou de ses concepts.

L’origine et le comportement des idées permettent de les classer en trois grandes catégories : celles de la foi, du savoir et de la connaissance.

– La foi n’est pas exclusivement du domaine religieux, mais elle appartient aussi au domaine de la science et elle est malheureusement à la base de la majorité des idées de notre époque. C’est une idée gratuite, souvent vraisemblable, mais impossible à démontrer, et qui ne s’appuie que sur de simples affirmations. La foi peut être du domaine scientifique ; le postulat de la géométrie d’Euclide sur lequel toute cette science est fondée est de son domaine. Toute lecture est du domaine de la foi, car les idées ne peuvent devenir savoir que par l’expérience personnelle.

– Le savoir se situe à un plus haut niveau : il y a correspondance logique ou convergence entre l’idée et les perceptions sensorielles ; ces dernières peuvent être des réalités ou des illusions : tant que nous sommes à l’intérieur de leur domaine, le savoir donne des explications satisfaisantes et permet de prévoir les faits. – La connaissance correspond à un niveau encore plus élevé, à une certitude intérieure indépendante de l’expérience sensorielle. Elle s’obtient par la méditation, se réalise par intuition. Elle est la prise de conscience de l’unité en toute chose. Dans le savoir, les idées peuvent se diviser en deux catégories. Celles qui correspondent à des perceptions de la nature et qui ont un certain degré d’harmonie avec elle ; reflets des lois de la nature, l’homme ne peut pas les modifier. Il ne peut les utiliser ou les dominer qu’en se soumettant à elles. L’autre catégorie correspond à des conventions humaines ; leur valeur est pratique mais non réelle. La justice est une loi de la nature dans tous les domaines ; le droit est une convention artificielle des hommes.

La science peut-elle dépasser le savoir et atteindre à la Connaissance, ou restera-t-elle dans l’illusion extérieure des choses et des faits ? Essayons de répondre à cette question importante.

Le mot science est prestigieux auprès des foules de notre époque. Il est presque magique pour ceux qui ne le comprennent pas, et chacun l’interprète selon son reflet favori des choses.

La science ne produit rien de pratique. Les réalisations de l’électronique, de la mécanique, de la chimie, de la médecine sont du domaine de la technique. La technique est l’utilisation du savoir pour dominer la matière. La science ne fait que des théories.

Pure, elle est une oeuvre de curiosité.

En fait, il convient d’être plus nuancé. Les théories de la science aident la technique, et les réalisations de cette dernière aident la science. Les méthodes intellectuelles sont les mêmes pour le technicien et le scientifique. C’est l’état d’esprit qui fait que l’on est l’un ou l’autre. La méthode scientifique comprend deux parties : l’expérimentation accompagnée par le raisonnement inductif et la déduction mathématique.

L’expérimentation est l’étude et l’observation des phénomènes de la nature, provoqués ou spontanés. L’induction permet la généralisation, le passage de l’un au multiple. Les mathématiques comprennent aussi deux parties : l’une est purement déductive dans l’analyse des phénomènes et l’autre est la partie calcul qui estime leur force. De nos jours, elles sont considérées comme une chose compliquée et mystérieuse surtout quand elles sont mal expliquées. Elles sont simplement une application systématique du raisonnement déductif.

Une formule, une équation, donnent le même résultat que celui obtenu par une longue suite de raisonnements. Leur usage est un expédient qui évite de refaire toute la démonstration effectuée au moment de la première étude du problème.

Le technicien expérimente en petit ou en grandeur naturelle et, pour lui, le calcul n’est qu’un outil pour déterminer la solidité des pièces ou les valeurs des courants nécessaires à partir d’éléments connus lors d’expériences précédentes.

Le savant utilise l’expérience comme point de départ et par la logique ou les mathématiques, il essaie de construire une théorie grâce à laquelle il imagine de nouvelles expériences qui la consolideront ou la détruiront.

Le but de ces théories est d’expliquer tout ou partie du mécanisme de la nature, le comment des choses, la science ayant elle-même exclu de son domaine la recherche des pourquoi originels. Elle étudie le fonctionnement de l’outil-nature sans se soucier de son usage.

L’expérience montre que ces théories n’expliquent jamais la totalité d’une chose. La vérité semble fuir devant elles. Au fur et à mesure que les théories avancent, l’immensité du gouffre d’ignorance qui les précède grandit. Un problème résolu en entraîne dix nouveaux. L’histoire des sciences montre que ces théories ont une vie relativement brève. Parfois, des théories non conciliables subsistent sans que les savants puissent les départager.

Le savant et le technicien suivent le même processus : expérience de départ, raisonnement déductif, expérience de contrôle. L’un a un but spéculatif, l’autre pratique. Le raisonnement déductif en harmonie avec les lois de la nature, elle-même déductive, est sûr. Mais le départ et l’arrivée basés sur nos sens ne sont pas plus fiables qu’eux. L’usage du microscope, du télescope, des rayons X améliore les possibilités sensorielles mais ne sort pas des limites du physique. La science ne connaît donc des choses que les conséquences extérieures d’expression sensorielle et ignore tout des causes intérieures non physiques.

La foi, le savoir, sont transmis par des mots et en particulier par des noms et il est bien entendu que les noms sont des noms actuels, arbitraires, car ceux auxquels il est fait allusion dans le premier chapitre de la Genèse sont les vrais noms et apportent avec eux la Connaissance. Selon certains occultistes, leur prononciation crée la chose. Il s’agit en ce cas du nom spirituel des êtres et des choses. La classification par genre, groupe, famille, fait ressortir l’unité et le lien commun des choses dans la diversité apparente de la nature. Nous aborderons dans notre prochaine notice trois points qui ont en fait une cause commune ; tout d’abord, pourquoi la science ne peut atteindre la connaissance ; ensuite, comment on peut se rendre compte objectivement de la différence entre savoir et connaissance ; enfin, comment le mysticisme conduit à la connaissance.

THÉORIE ALCHIMIQUE

Les végétaux

Puisque nous commençons notre travail par le végétal, une étude préliminaire des plantes est nécessaire.

Selon ce qui est entrepris, on peut utiliser les plantes fraîches ou sèches pour l’extraction des huiles éthériques. Pour les autres préparations, (pierre végétale ou menstruum purificateur), l’utilisation des plantes fraîches est préférable.

Notons toutefois que du point de vue alchimique, la dessication ne fait généralement pas perdre ses propriétés à la plante. On peut utiliser toute la plante ou seulement une partie, racines, écorce, feuilles, fleurs, fruits, ceci en fonction des propriétés médicinales de celle-ci.

Préparation de la plante

Écorce : elle doit être prélevée sur des troncs ou sur des branches de jeunes arbres à l’automne ou au début du printemps. La nettoyer et la couper en lames minces qui seront séchées à l’obscurité.

Racines : elles doivent être récoltées juste après la chute des feuilles ou juste avant le printemps quand la sève est encore en elles.

Graines et fleurs : elles sont cueillies seulement quand elles sont parfaitement mûres ; elles doivent être rapidement séchées à l’ombre.

Feuilles : elles doivent être cueillies quand la plante est en fleurs et séchées rapidement à l’ombre.

Fruits et Baies : ils doivent être cueillis à leur pleine maturité et séchés rapidement à

l’ombre.

Une des meilleures façons de sécher les plantes est de les étaler sur une feuille de papier propre dans une pièce obscure mais bien ventilée. Ensuite, elles seront conservées à l’obscurité dans des boîtes étanches après avoir été réduites en poudre.

Les alchimistes attribuent à chacune des sept planètes un certain nombre de plantes, cette communication vous sera faite dans notre Notice n° 8.

– Les plantes du Soleil soignent le coeur et le sang.

– Les plantes de la Lune soignent le cerveau.

– Les plantes de Vénus soignent les verrues.

– Les plantes de Saturne soignent la rate.

– Les plantes de Jupiter soignent les poumons.

– Les plantes de Mars soignent la vésicule, le pancréas.

– Les plantes de Mercure soignent le foie.

Il existe des attributions planétaires différentes selon que l’on considère l’organe ou la fonction. Le soleil soigne le coeur, mais le sang peut être attribué à Mars.

Les plantes de Vénus soignent les organes génitaux et les organes d’excrétion. Saturne soigne la rate ainsi que le squelette et les os.

Certains auteurs attribuent les poumons à Mercure, signe d’air, et à Jupiter les fonctions hépatique et rénale.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

La distillation fractionnée

À la différence de la distillation simple précédemment étudiée, celle-ci permet de purifier un produit en quelques opérations (3 ou 4).

Il existe diverses sortes de colonnes à distillation fractionnée :

– à plateau

– à pointes dites de Vigreux

– à anneaux

C’est ce dernier type que nous allons étudier en prenant l’exemple du mélange eau/alcool. Le montage de cette opération est repris sur la planche n° 1.

Les vapeurs en arrivant dans la colonne échauffent les anneaux et se condensent ; ils se recouvrent d’un mélange eau/alcool qui est plus riche que celui contenu dans le ballon.

L’eau moins volatile que l’alcool se condense d’abord. En conséquence, les vapeurs montantes s’appauvrissent en eau et s’enrichissent en alcool. Elles lavent un mélange de plus en plus riche en alcool au fur et à mesure qu’elles s’élèvent dans la colonne. Le liquide déposé sur les anneaux, plus pauvre en alcool, redescend et retombe dans le ballon de chauffage. Il faut donc munir le bas de la colonne de deux tubes : un pour les vapeurs, l’autre pour le retour du liquide. La vapeur qui atteint le haut de la colonne est envoyée dans le condensateur et l’alcool distillé est recueilli dans un flacon.

La qualité de l’alcool augmente si la colonne est isolée thermiquement. Deux ou trois distillations avec ce système donnent le même résultat que six ou sept distillations simples.

Il faut noter que le volume d’anneaux varie suivant le produit à traiter.

Comme le précédent système, on peut réaliser cet ensemble de distillations, soit avec des pièces rodées, soit avec un appareillage que l’on peut réaliser soi-même.

La colonne à distiller contenant les anneaux est vendue sous le nom de « colonne de Hempel », les anneaux sous le nom « d’anneaux de Raschig ». Il existe aussi de petits anneaux appelés « anneaux serpentins ». On peut remplacer les anneaux de Raschig, très coûteux par des tubes de verre coupé ou même par des débris de glace de sécurité.

Note complémentaire

Au cours de cette notice et des suivantes, nous continuerons de décrire un certain nombre de matériels nécessaires à l’accomplissement de divers travaux alchimiques. Nous nous efforcerons de disséquer les processus opératoires de telle façon qu’ils deviennent très clairs, même pour un opérateur inexpérimenté.

Nous voulons cependant insister sur le fait que l’acquisition de tous ces matériels n’est pas obligatoire ni même souhaitable dans un premier temps, la valeur de ces équipements est très importante, et la dépense ne se justifie que si l’on est certain de la voie que l’on choisit.

Planches

– n° 1 Distillation fractionnée


– n° 2 Tableau approximatif des densités.

NOTICE 7

Reprenons le thème développé dans la notice précédente et cherchons à répondre aux trois questions suivantes :

– Pourquoi la science ne peut-elle pas atteindre à la connaissance ?

– Comment peut-on se rendre compte objectivement de la différence entre savoir et connaissance ?

– Comment le mysticisme conduit-il à la connaissance ?

Cette notice ne comprendra pas de partie théorique car l’affectation planétaire des plantes constituera l’intégralité de notre prochain envoi.

PHILOSOPHIE ALCHIMIQUE

La science ne peut atteindre à la connaissance parce que ses expériences sont conduites dans les laboratoires où règnent des conditions artificielles qui faussent les mécanismes. Seule la Nature dans ses conditions originelles peut conduire à la connaissance. De plus la science ne peut connaître ce qu’elle ignore et ne cherche pas. Ne sachant pas la différence entre savoir intellectuel et connaissance spirituelle, elle a rayé cette dernière de son champ d’investigation et elle considère qu’elle n’existe pas.

La religion, si elle ne nie pas son existence, la considère comme indigne de ses recherches. Seul le mysticisme cherche à rétablir le lien subtil qui réunit savoir et connaissance. Un exemple simple, pris dans la Nature, nous montre la différence entre savoir et connaissance, ainsi que la nature du lien qui les unit.

Personne n’a jamais vu de lapin s’empoisonner dans les champs. Seul, il choisit l’herbe qui le nourrit, ou même qui le guérit. Le même lapin enfermé dans une cage s’empoisonnera dès qu’on lui servira un malencontreux choix d’herbes coupées. Le naturaliste examine si les feuilles sont opposées ou alternées ou compte le nombre de pétales des fleurs, ou d’autres détails de ce genre ; il pourra dire s’il s’agit de l’agropyrum repens, c’est-à-dire du chiendent ou de l’euphorbe, mais il ne pourra pas dire s’il s’agit d’une plante vénéneuse avant d’en avoir fait l’expérience au détriment de la vie. Il est dans le domaine du savoir. Dans la Nature, le lapin reconnaît la signature de l’herbe qui l’avertit si celle-ci est bonne ou non ou, plus exactement, elle lui indique le degré d’harmonie réciproque. S’il est malade, son complément harmonique n’est plus le même et il choisit l’herbe qui n’interfère pas avec son état et qui le guérit.

Son guide fondamental est de choisir ce qui lui plaît, ce qui est en harmonie avec lui. Pour que cela soit valable, il faut que l’harmonie fondamentale soit en accord avec le Cosmique, soit parce que la chute n’a pas été faite, soit parce qu’il y a eu réharmonisation.

La connaissance est identique à un sentiment d’amour intérieur. Puisque le lapin n’est plus averti du degré harmonique de l’herbe lorsqu’elle est coupée, nous concluons que la blessure mortelle portée à l’herbe a provoqué le départ de son corps psychique et avec lui celui des Signatures de la Nature qui résident dans l’âme de la Nature, le principe de vie. Le lapin, n’ayant pas chuté, lit les Signatures de la Nature grâce à sa perception spirituelle et possède ainsi la connaissance innée. La science qui étudie sur des êtres morts ignore donc leurs signatures disparues, lesquelles sont les vraies causes des choses. Elle cherche donc les causes dans des faits qui sont déjà des conséquences.

Pour être plus précis, essayons de montrer les arcanes de la Nature. De même que le physique se divise en trois règnes, minéral, végétal et animal, de même, le principe de vie, le psychisme, la quatrième dimension, toutes choses identiques, sous des noms différents, se hiérarchisent en trois niveaux correspondant aux trois règnes. Quand le végétal est coupé, son principe de vie disparaît, il ne reste plus que celui correspondant au minéral. La constitution physique du végétal reste, car le retour à la poussière de la terre (règne minéral) des éléments physiques est lent s’il n’est accéléré par le feu. L’animal ne possède plus alors que la signature minérale, celle des éléments simples, alors que la structure physique comprend encore les molécules complexes du règne végétal. L’empoisonnement est causé par l’imposition d’un mode de nourriture artificielle. La chute qui prive l’homme de la perception spirituelle de l’Amour Intérieur de l’harmonie le met dans les mêmes conditions que le lapin devant sa nourriture morte.

C’est par la perception spirituelle et psychique que la connaissance des choses est atteinte, la perception spirituelle intérieure donne la lecture des Signatures de la Nature qui constituent une connaissance absolue à l’abri de toute erreur.

Le savoir intellectuel est souvent confondu avec la connaissance spirituelle ; l’un vient du cerveau mais l’autre est transmise par le coeur. Il est vrai que pour la transmettre, nous sommes obligés de l’intellectualiser, c’est-à-dire de la faire passer par le symbolisme étroit des mots, ce qui la limite et n’en donne qu’un aspect déformé. La connaissance réelle est intransmissible, chacun ne peut l’acquérir que par lui-même, par son propre développement intérieur. Il ne s’agit donc pas de l’acquérir par le moyen de systèmes, de symboles plus ou moins complexes, mais de chercher à percevoir directement cette connaissance ; une des clefs de cette perception étant la ré-harmonisation, la réintégration.

Réexaminons la différence entre foi, connaissance et savoir. La foi est une chose non satisfaisante, c’est, au mieux, une hypothèse inquiète par opposition à la connaissance qui est une certitude sereine. C’est cet aspect qui explique que la foi est intolérable parce que craintive, tandis que la connaissance est bienveillante parce que forte et inébranlable dans sa certitude.

La foi n’est pas un mode de pensées exclusivement religieuses. La science possède aussi ses « fois ». Le postulat d’Euclide dont il était question dans notre dernière notice est une foi, actuellement contestée dans le monde atomique et astronomique.

La foi est cette une étape nécessaire de la connaissance, elle donne le courage du départ. L’enthousiasme doit l’accompagner si le chemin choisi éveille de plus hautes lumières intérieures. Mais il faut la considérer comme une première étape qu’il faut dépasser.

L’étape suivante est le savoir, on ne dit plus « je crois » mais « je sais ». Ainsi, dans le domaine scientifique, l’expérience transforme la foi en savoir, car on constate une identité entre l’hypothèse incertaine et le mécanisme de la nature. Le savoir n’est qu’une certitude d’ordre physique et sensoriel, mais il démontre une identité entre la pensée et le mécanisme sensoriel.

Les recherches scientifiques matérialistes ont un côté positif, car elles montrent une convergence vers l’unité, au moins dans certaines branches. Bien que l’unité leur demeure inaccessible, elles montrent leurs propres limites et incitent à se tourner vers d’autres directions.

Les premières étapes du développement psychique montrent à l’adepte sur le sentier la réalité et la dualité de l’Être, il atteint un niveau de savoir plus grand. Dans le domaine de l’ontologie, il remplace « je crois » par « je sais ».

Il en résulte une meilleure relativité des choses que celle qui peut être donnée par la science. D’où la tolérance du mystique qui est l’acceptation de l’examen sans préjugés des convictions des autres. Il comprend que pour chaque étape évolutionnaire correspond un niveau de foi, de savoir ou de connaissance, et que l’erreur n’est que connaissance inférieure qui disparaîtra avec le progrès de chacun.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

La distillation fractionnée (suite)

Utilisation des plastiques

Les tubes assurant la circulation d’eau des réfrigérants peuvent être en chlorure de polyvinyle. Ceux servant de raccord entre les tubes de verre seront en polytétrafluoroéthylène (généralement connu sous le nom de téflon), ou en élastomère de silicone (généralement connu sous le nom de Rhodorsil).

Quelques précautions à prendre dans le laboratoire

– Éviter au maximum le contact entre les bouchons de caoutchouc ou de liège et les liquides d’extraction.

– Ne jamais forcer lors du montage des tubes rodés.

– Ne pas faire d’effort mécanique sur les soudures en verre.

– Mouiller les tubes souples (plastique ou caoutchouc) pour les monter sur le verre.

– Les bouchons seront soit en liège, en liège paraffiné pour l’eau distillée ou en caoutchouc sans soufre.

– Graisser les rodages avant montage avec une graisse de silicone. Si un rodage vient à coller on peut essayer de tirer sur les deux parties en tapotant le rodage avec un outil en plastique ; si l’on ne réussit pas, on peut alors chauffer légèrement le rodage avec prudence ou utiliser de l’eau chaude.

– Nettoyage de la verrerie : rincer les ballons à l’alcool à brûler (alcool éthylique), puis à la lessive moderne et ensuite à l’eau claire. Finir par un léger rinçage à l’eau distillée ou à l’eau déminéralisée, ou encore essuyer le ballon intérieurement.

– L’eau de Javel est excellente dans tous les cas, en particulier pour nettoyer les résidus de calcination. Elle doit avoir moins de trois mois. Ne jamais mettre l’eau de Javel en contact avec un acide : il se produit un dégagement de chlore, gaz très nocif.

Commentaires

Nous disons page 2 « quand le végétal est coupé, son principe de vie disparaît ». Cette affirmation ne correspond pas exactement à la réalité des choses, car la vie ne se définit pas de la même façon dans le domaine végétal et animal. Dans le végétal, il n’y a pas de centre de vie. Chaque cellule, chaque tissu possède une autonomie relative qui permet d’en détacher un petit morceau et de le repiquer ailleurs pour lui faire prendre souche.

Quand on arrache un végétal, il semble qu’il perde l’influx terrestre dont il est à la fois le véhicule et le distributeur, mais chaque cellule ne perd pas sa vitalité tant qu’elle n’est pas complètement déshydratée. Il est possible qu’une partie des propriétés médicales des plantes vienne de l’influx terrestre dont elles sont le distributeur, d’une certaine forme d’éthérique plus qu’à leurs composants spécifiques.

Cela pourrait expliquer que les animaux ne se trompent pas quand, dans la nature, ils se trouvent en présence d’une plante vénéneuse. La vibration terrestre rayonnée par cette plante les prévient qu’elle est mauvaise, alors qu’ils peuvent très bien consommer la plante arrachée, même si elle n’est pas encore sèche, même encore fraîche, même encore vivante, parce que la vibration terrestre n’y est plus et que le signal « danger » n’existe plus.
– (Symbole alchimique)

Ce symbole sera expliqué dans le cours sur le métallique


– Planche : Montages pour le raccord des tubes de verre

NOTICE 8

Cette notice est consacrée uniquement à la Théorie Alchimique et traite de l’affectation planétaire des plantes.

Voici sept listes de plantes, une pour chaque planète, l’ordre choisi étant le suivant :
Cet ordre comme nous le verrons a une certaine importance.

Nous avons donné aux plantes leur nom scientifique et leur nom latin. Les chiffres 1, 2, 3,
qui précèdent chaque nom ont la signification suivante :

-1- Plantes pouvant être étudiées sans précautions spéciales.
-2- Plantes à ne pas étudier sans une documentation approfondie.-1- Plantes pouvant être étudiées sans précautions spéciales.
-3- Plantes dangereuses ou toxiques, ne pouvant être étudiées qu’avec les plus grandes précautions.

SATURNE
1 ANDROSEME OFFICINALE – HYPERICUM ANDROSOEMUM
1 BLEUET DES CHAMPS – CENTAUREA CYANUS
1 BOURSE A PASTEUR – CAPSELLA BURSA PASTORIS
1 BUPLEVRE A FEUILLES RONDES – BUPLEURUM ROTUNDIFOLIUS
1 CAPILLAIRE ROUGE – ASPLENIUM TRICHOMANES
1 CUSCUTES – CUSCUTA
1 EGOPODE – AEGOPODIUM PODOGARIA
1 EPILOBES – EPILOBIUM
2 FUMETERRE – OFFICINALE FUMARIA OFFICINALIS
1 GRANDE CONSOUDE – SYMPHYTUM OFFICINALIS
1 HERBE AUX PUCES – PLANTAGO PSYLLIUM
2 HETRE – FAGUS SILVATICA
3 IF – TAXUS BACCATA
1 JACEE – CENTAUREA JACEA
2 LOTIER CORNICULE – LOTUS CORNICULATUS
1 NEFLIER – MESPILUS GERMANICA
1 ORGE – HORDEUM SATIVUM
1 ORME – ULMUS
2 OSMONDE – OSMONDA REGALIS
1 PENSEE – VIOLA TRICOLOR
2 PETIT BOUILLON BLANC (MOLENE) – VERBASCUM THAPSES
1 PEUPLIER – POPULUS
1 POLYPODE – POLYPODIUM VULGARE
1 PRELE DES CHAMPS – EQUISETUM ARVENSE
2 PYROLE A GRAPPES – PIRULA ROTUNDIFOLIA
1 RENOUEE DES OISEAUX – POLYGONUM AVICULAIRE
3 SCEAU DE SALOMON – POLYGONATUM
1 TAMARIS – TAMARIX
JUPITER
1 AIGREMOIINE COMMUNE – AGRIMONIA
1 AIRELLE MYRTILLE – VACCINIUM MYRTILLUS
1 ASPERGE – ASPARAGUS
1 BASLAMITE – CHRYSANTHEMUM BALSAMITA
1 BOURRACHE OFFICINALE – BORAGO OFFICINALIS
1 CERFEUIL – ANTHRISCUS
1 CHARDON MARIE – SIBYLUM MARIANUM
1 CHATAIGNIER – CASTANEA SATIVA
2 CHENE – QUERCUS
1 CHIENDENT – CYNODON DACTYLON
1 COCHLEARIA – COCHLEARIA
1 ENDIVE – CICHORIUM ENDIVA
1 FIGUIER – FIGUS CARICA
3 HEPATIQUE – ANEMONE HEPATICA
2 HYSOPE – HYSOPUS OFFICINALIS
1 JOUBARBE – SEMPERVIVUM
1 MACERON – SMYRNIUM OLUSATRUM
3 MELITOT OFFICINALE – MELILOTUS OFFICINALIS
1 MELISSE OFFICINALE – MILISSA OFFICINALIS
2 PATIENCE – RUMEX
1 PISSENLIT DENT DE LION – TARAXACUM OFFICINALIS
1 PULMONAIRE – PULMONARIA
1 QUINTEFEUILLE – POTENTILLA REPTANS
1 ROSIER – ROSA
2 SAUGE – SALVIA
1 SCOLOPENDRE – SCOLOPENDRIUM
MARS
3 ABSINTHE – ARTEMISIA ABSINTHIUM
2 AIL COMMUN – ALLIUM SATIVUM
1 AUBEPINE – CRATAEGUS
1 BASILIC – OCYMUM BASILICUM
3 BOUTON D’OR BULBEUX – RANONCULUS BULBOSUS
3 BRYONE DIOIQUE – BRYONIA DIOICA
1 CHAUSSE-TRAPPE – CENTAUREA CALCITRAPA
2 EPINE VINETTE COMMUNE – BERBERIS VULGARIS
1 GARANCE TINCTORIALE – RUBIA TINCTORUM
2 GENTIANE – GENTIANA
2 GRANDE ORTIE – URTICA DIOICA
1 GRAND RAIFORT – ARMORACIA IMPATHIFOLIA
2 GRATIOLE OFFICINALE – GRATOLIA OFFICINALIS
2 HOUBLON – HUMULUS LUPULUS
1 IMPERATOIRE – PEULEDANUM OSTRUTHIUM
1 IVETTE COMMUNE – AJUGA CHAMEAOPITYS
1 LIN USUEL – LINUM USITATISSIMUM
3 LOBELIE BRULANTE – LOBELIA URENS
1 OIGNON – ALLIUM CEPA
2 PASSERAGE – LEPIDIUM
2 RHUBARBE – RHEUM
3 SABINE – JUNIPERUS SABINA
3 TABAC – NICOTIANA
VÉNUS
1 ALCHEMILLE COMMUNE – ALCHIMILLA VULGARIS
1 ARTICHAUT – CYRANA SCOLYMUS
1 BARDANE – ARCTIUM
1 BAUDREMOINE – MEUM ATHAMANTICUM
2 BOGLOSSE OFFICINALE – ANCHUSA OFFICINALIS
1 BRUNELLE VULGAIRE – BRUNELLA VULGARIS
2 CATAIRE – NEPETA CATARIA
1 CROISETTE – GALIUM CRUCIATA
2 EPINARD – SPINACIA OLERACEA
1 FILIPENDULE COMMUNE – FILIPENDULA HEXAPETALA
1 FRAISIER SAUVAGE – FRAGARIA VESCA
3 GRANDE OSEILLE – RUMEX ACETOSA
1 GROSEILLER A MAQUEREAUX – RIBES UVA CRISPA
1 GUIMAUVE OFFICINALE – ALTHAEA OFFICINALIS
2 MARGUERITE DES PRES – CHRYSANTHENUM LEUCANTHENUM
2 MENTHE – MENTHA
3 MERCURIALE ANNUELLE – MERCURIALIS ANNUA
1 MILLEFEUILLE – ACHILLEA MELLEFOLIUM
1 PETITE PERVENCHE – VINCA MINOR
1 POIRIER – PYRUS COMMUNIS
1 POIS CHICHE – CICER ARIETINUM
1 PRIMEVERE OFFICINALE – PRIMULA OFFICINALIS
1 REINE DES PRES – FILIPENDULA ULMARIA
1 RONCE DES BUISSONS – RUBUS FRUTICOSUS
1 SANICLE – SANICULA
1 SUCCISE S – – UCCISA PRAEMORSA
2 TROENE – LIGUSTRUM
1 TUSSILAGE PAS D’ANE – TUSSILAGO FARFARA
1 VERVEINE OFFICINALE – VERBENA OFFICINALIS
MERCURE
1 ACHE – APIUM GRAVEOLENS
1 ALLIAIRE OFFICINALE – ALLIARA OFFICINALIS
1 ANETH ODORANT – ANETHUM GRAVEOLENS
3 AURONE – ARTEMISIA ABROMATUM
1 AVOINE – AVENA SATIVA
2 CALAMENT OFFICINAL – CALAMINTHA OFFICINALIS
1 CAPILLAIRE BLANC – ASPLENIUM RUTA MURARIA
1 CAROTTE SAUVAGE – DAUCUS CAROTA
1 CARVI OFFICINAL – CARUM CARVI
2 CHEVREFEUILLE DES BOIS – LONICERA PERICLYMENUM
3 DOUCE AMERE – SOLANUM DULCAMARA
2 FENOUIL – FOENICULUM VULGARE
1 GRANDE AUNEE – INULA HELENIUM
1 LAVANDE OFFICINALE – LAVANDULA OFFICINALIS
2 MARJOLAINE – MAJORANA HORTENSIS
1 MARRUBE VULGAIRE – MARRUBIUM VULGARE
3 MUGUET – CONVALLARIA MAIALIS
1 MURIER – MORUS
1 NOISETIER COUDRIER – CORYLUS AVELLANA
1 PARIETAIRE OFFICINALE – PARIETARIA OFFICINALIS
1 REGLISSE GLABRE – GLYCYRRAHIZA GLABRA
1 SARRIETTE DES JARDINS – SATUREIA HORTENSIS
1 SAXIFRAGE A TROIS DOIGTS – SAXIFRAGA TRIDACTYLES
SOLEIL
2 ANGELIQUE ARCHANGELIQUE – ANGELICA ARCHANGELICA
1 CAMOMILLE ROMAINE – ANTHEMIS NOBILIS
2 CHELIDOINE – CHELIDONIUM MAJUS
1 CRITHME MARINE – CRITHMUM MARITIMUM
1 EUPHRAISE (CASSE LUNETTES) – EUPHRASIA
1 FRENE COMMUN – FRAXINUS EXCELSIOR
2 GENEVRIER – JUNIPERUS COMMUNIS
2 HELIOTROPE – HELIOTROPIUM EUROPAENUM
3 LAURIER – LAURUS NOBILIS
1 LIVECHE – LEVISTICUM OFFICINALIS
2 MILLEPERTUIS – HYPERICUM PERFORATUM
1 NOYER JUGLANS
2 PETITE CENTAUREE COMMUNE – CENTAURIUM VULGARE
1 PIMPRENELLE – SANGUISORBA
2 ROMARIN – ROSMARINUS OFFICINALIS
2 RUE FETIDE – RUTA GRAVEOLENS
2 SAFRAN D’AUTOMNE – CROCUS SATIVUS
1 SOUCI COMMUN – CALENDULA OFFICINALIS
1 * TORMENTILLE – POTENTILLA
* Pas de contact avec le fer ou l’acier, sinon la plante devient toxique
1 TREFLE DES PRES – TRIFOLIA
1 VIPERINE – ECHIUM
LUNE
1 ACANTHE MOLLE – ACANTHUS MOLLIS
1 CARDAMINE – CARDAMINA
1 CHATAIGNE D’EAU – TRAPA NATANS
1 CHOU – BRASSICA
1 CONCOMBRE – CUCUMIS SATIVUS
2 CRESSON DE FONTAINE – NASTURTIUM OFFICINALIS
1 DENTAIRE – DENTARIA
1 GRANDE SALICAIRE – LUTHRUM SALICARIA
1 GRATTERON – GALIUM APARINE
1 IRIS – IRIS VERSICOLOR
2 LAITUE CULTIVEE – LACTUCA SATIVA
2 LIS BLANC – LILIUM CANDICUM
1 MORGELINE – STELLARIA MEDIA
1 PILOSELLE – HIERACIUM PILOSELLA
3 PYRETHRE – ANACYCLUS
1 SAULE – SALIX
1 SAXIFRAGE – SAXIFRAGA
1 SCLAREE – SALVIA SCLAREA
1 VERONIQUE – VERONICA

Vous vous apercevrez que certaines attributions planétaires données dans cette notice peuvent évoluer avec les plantes elles-mêmes. Cet aspect sera développé dans la suite de notre cours.

Nous conseillons de garder cette notice dans un endroit facilement accessible car elle deviendra vite un outil de travail indispensable.

Ora et Labora !

NOTICE 9

Notre travail débute par un texte sur la Parole Perdue.

PHILOSOPHIE ALCHIMIQUE

Un jour le Bouddha rencontra les Dieux qui lui dirent :

« Dis-nous quel est ton souhait et nous le réaliserons. »

Bouddha dit : « O Dieux, donnez-moi le sens des mots et je n’aurai plus rien à apprendre ».

Nous essaierons de définir le Verbe, le langage et la connaissance. Mais notre étude ne peut être que partielle car si nous connaissions le Verbe complètement, nous serions de retour dans l’empire éternel.

Selon les mystiques il y eut jadis sur terre une langue unique dite langue originelle et qui est recherchée maintenant sous le nom de « La Parole Perdue. »

Le véritable Verbe, celui du Fiat Lux de la Bible, est cette énergie sans cesse rayonnée par l’Être sans forme. Le Fiat Lux n’est que la soumission des vibrations de cette énergie à la loi dictée par l’Être, l’Harmonie, d’où ont découlé les Êtres, les Elohims, ceux qui vont utiliser cette énergie pour créer les mondes, le corps des hommes et la lumière du soleil qui n’est que son pâle reflet. Le temps, la forme, l’espace résultent de la mise en ordre de cette énergie qui, sans cette opération, ne peut être que le Néant, le Non Manifesté.

Cette énergie n’est que vibrations et tout ce qui existe n’est par conséquent qu’un conglomérat de vibrations. Notre corps, notre chair, notre sang ne sont que vibrations et sont soumis à la loi ultime des vibrations : l’harmonie. Celle-ci est dans tous les domaines, mais nous pouvons en avoir une idée claire dans le domaine de la musique. Si nous jouons une suite de notes sur un piano, nous remarquons que certaines, bien que différentes, semblent avoir des analogies entre elles.

Si nous commençons par un sol, chaque fois que nous frappons la note sol plus élevée, nous remarquons que chacune se reconnaît comme telle, mais il existe une évolution du sol. Le nombre de vibrations par seconde (384 pour le sol) caractérise toute note. Si nous doublons le nombre de vibrations, nous obtenons un nouveau sol.

Imaginons que le clavier du piano soit long, très long, qu’il s’étende à l’infini. À chaque nouvelle octave, le nombre de vibrations double ; après cinq sols successifs nous n’entendons plus rien. Cette perception peut aller jusqu’au 6ème ou au 7ème sol selon les individus. Si nous pouvions créer un piano conforme à cette image, les vibrations finiraient par perturber la radio, puis la télévision, ensuite les radars. Une touche plus lointaine donnerait la chaleur et après le quarante-deuxième sol, il y aurait une lumière rouge. Ensuite, il n’y aurait plus ni son, ni lumière mais un do créerait l’hydrogène ; un la, l’oxygène. Si nous faisions un accord de ces deux notes, nous aurions l’eau.

Toute chose créée n’est qu’un accord de notes sur le clavier cosmique. Si nous faisons le même accord dans l’audible, nous aurons une idée des vibrations et ce sera le véritable nom de la réalisation dans la langue de la Parole Perdue. Le sol est la note qui correspond à la lumière rouge. Un son contenant les mêmes nombres que do et la sera le véritable nom de l’eau.

L’homme profane ébranle l’air du monde physique et sa parole a peu de résonance dans les fréquences élevées. L’homme initié est un transformateur d’énergie : il a rétabli en lui les liaisons entre les divers plans de conscience, les différents niveaux vibratoires de l’Univers. Plus il avance sur le chemin, plus il atteint des fréquences élevées, et meilleures sont les liaisons entre ses divers plans intérieurs. Ainsi dans la Bible, on comprend la Genèse où il est dit que l’homme créa les animaux en les nommant par leurs noms véritables. Moïse prononça le nom authentique de l’eau qui jaillit dans les sables du désert.

La langue originelle n’est utile à l’homme que s’il a rétabli en lui son harmonie. En ce cas, la Parole Perdue est en même temps Harmonie, Pouvoir et Connaissance, et en tant qu’Harmonie, elle inclut l’Amour.

De nos jours, la langue la plus proche de la langue originelle est la langue hébraïque, à condition que ses lettres soient utilisées dans leur sens, leur liaison et leur prononciation hiéroglyphiques.

L’histoire de la tour de Babel et de la confusion des langues dans la Bible est une allégorie dont voici le sens ésotérique.

Adam est l’homme-Dieu androgyne, puis il se différencie en mâle et femelle, c’est-à-dire que les énergies passives s’opposent en lui aux énergies actives. II se désharmonise volontairement de l’Unité afin de pouvoir faire son évolution dans le monde de la matière. La tour de Babel est son désir de regagner l’Unité trop rapidement. Le ciel est le symbole de l’Unité et la tour le moyen de l’atteindre. La confusion des langues est la perte de la langue originelle qui retire à l’homme les moyens d’une remontée prématurée. Elle l’oblige à faire l’expérience intégrale du plan de la matière puisque la perte de la Parole a momentanément isolé sa conscience des plans supérieurs.

La Langue Originelle est une image vibratoire de la réalité et, avec la réintégration, elle devient pour l’homme la réalité. C’est pourquoi il est dit en cette langue : « Toute parole est vérité, car Le Verbe est ».

Il est à remarquer que le langage courant n’est qu’un ensemble de conventions. Si nous voulons savoir ce qu’un mot représente, ce qu’il symbolise, nous ouvrons un dictionnaire où d’autres termes essaient d’expliquer le premier. Ainsi, chacun n’a de valeur que par ses liens avec les autres. L’ensemble des vocables connus d’une personne est comme une gigantesque toile d’araignée où chacun est un noeud que les fils joignent aux autres. C’est de la surface de cette toile que dépend le degré de compréhension que nous avons des langues de la terre. Tous ces termes ne sont que des conventions sans aucune valeur absolue.

Ce n’est donc pas à travers le langage ni à travers la lecture que nous pouvons acquérir de véritables connaissances, c’est par notre expérience personnelle que nous transformons peu à peu le langage conventionnel en une connaissance des lois de la Nature. Mais peu de personnes prennent conscience de ce phénomène, et nombreuses sont celles qui, à cause de leur incompréhension de ce mécanisme, sont handicapées dans leur développement mental.

Ainsi, ce que chacun sait ou croit connaître se divise en deux parties :

– le conventionnel qui pour beaucoup représente 98 % du savoir.

– la connaissance des lois de la Nature, c’est-à-dire le réel à notre niveau de conscience.

C’est la seule notion tangible éternelle en nous mais elle est malheureusement de très faible puissance pour la majeure partie de l’humanité.

Prenons deux exemples pour faire comprendre la différence entre ces deux connaissances.

Supposons un électricien qui, en principe, connaît les lois de la Nature dans le domaine de l’électricité. Il fait un plan conforme à ses lois, car on ne domine la Nature qu’en respectant ses lois. Si son plan et sa réalisation sont conformes, il obtient le résultat escompté et son appareil fonctionne.

Imaginons que des juristes établissent un nouveau code civil. La connaissance des avocats, des hommes de loi, deviendra caduque et sans valeur dès qu’un gouvernement aura ratifié ce nouveau code.

Cependant, ces lois seront sans action sur le fonctionnement de l’appareil de l’électricien, car les conventions des hommes sont sans effet sur les lois de la Nature.

Actuellement, par suite d’une confusion voulue, peu de gens séparent le réel du conventionnel, mais si nous méditions pour savoir ce qui est réel, nous nous apercevrions que beaucoup d’échecs viennent de ce que l’on donne la priorité au conventionnel sur le réel, alors que l’inverse est une obligation et une condition de réussite.

Nature de la connaissance

Comment peut-on à travers notre langage retrouver la connaissance ?

Notre langage est conventionnel dans son interprétation intellectuelle, mais les sons ont une certaine valeur. La musique a un effet intérieur car elle est le reflet de la Parole Perdue. Il en va de même pour les sons AUM, RA, MA. Même dans nos conversations courantes, les sons gardent leurs qualités, le A fait vibrer notre essence première, la R est actif, le M passif.

Si nous utilisons les vibrations convenables, même si elles n’ont pas d’équivalent dans notre langage intellectuel, nous provoquons des résonances dans nos centres psychiques et leur éveil progressif correspond à une élévation de notre niveau de conscience.

Examinons par le moyen d’un symbole le chemin de la remontée de l’homme à travers ses différents niveaux de conscience et de connaissance.

Imaginons une pyramide à la pointe tronquée, semblable à Khéops par exemple, et visualisons-la en voyant la succession de couches régulières de pierres qui la constituent.

La couche du bas est celle des conventions qui fixent le sens des mots : une pierre représentera l’histoire, une autre la musique, une autre la chimie, une autre encore la physique. À ce niveau, la Connaissance est multiple et il n’apparaît pas de lien entre ces diverses disciplines de l’esprit. Aussi semblent-elles étrangères l’une pour l’autre.

Si nous passons à une couche plus élevée, nous serons dans le domaine des lois physiques de la Nature, et il y aura une parenté entre la physique et la chimie par exemple, mais non entre les sciences et la musique. Les diverses branches de la connaissance se rapprochent mais l’unité n’apparaît pas encore.

Montons encore quelques étages ; la musique, la chimie et la physique ont là de nombreux points communs, car nous sommes au début de l’harmonie et ces sciences sont le reflet de l’harmonie universelle.

La montée sur les étages de pierres est le symbole de l’élévation de notre conscience.

Actuellement, la moyenne de l’humanité se trouve entre le domaine des lois physiques et celui de l’harmonie.

Si nous arrivons sur la plate-forme du sommet, là apparaît l’harmonie à son plus haut niveau et l’unité de la connaissance est perceptible. Ce que nous nommons les sentiments s’y intègrent ; savoir, compréhension, amour ne sont plus qu’une unique chose.

Au bas de la pyramide, nous représentons différentes disciplines :

– l’amour, la bienveillance, la charité intellectuelle sur une face

– la littérature et l’histoire sur une seconde face

– les arts et la musique sur une troisième face

– les sciences naturelles sur la quatrième

Ainsi, elles apparaissent différentes et opposées à l’homme. Imaginons que de chacune parte un trait qui converge vers le haut de la pyramide, tous les rayons se rapprochent et fusionnent dans leur ascension, dans l’élévation de la conscience de l’homme.

Toutefois, l’unité n’est pas totale. C’est ce que signifie le symbole de la pyramide tronquée, car l’unité totale, l’Apex de la pyramide, n’est pas matérialisé parce qu’il est inaccessible à l’homme avant le retour de ce dernier dans l’empire invisible.

THÉORIE ALCHIMIQUE

Liaison entre la Qabal et l’Alchimie

Un aperçu de la Qabal est nécessaire pour la compréhension et l’utilisation des attributions planétaires des plantes en Alchimie.

La Qabal est une tentative d’explication du macrocosme dont l’homme, le microcosme, est l’image.

Sur la planche nº 1, les cercles représentent les émanations successives de la création qui correspondent aux différents niveaux de conscience de l’homme. Ces émanations sont appelées Séphiroth et sont numérotées de 1 à 10. Cette numérotation représente les étapes sur le chemin parcouru par les énergies supérieures dans leur descente.

Les Séphiroth 1 et 2, Kether et Chockmah, sont en dehors du monde de la forme et ne sont pas atteintes par la spagirie alchimique.

La troisième, Binah, dont le Chakra Mondial est la planète Saturne, est le premier obstacle à la descente des énergies ; c’est donc elle qui doit être nettoyée la première, par un élixir fait à partir d’une plante de Saturne ; on continuera vers Chesed par une plante de Jupiter, puis Geburah par une plante de Mars, ensuite Tiphereth par une plante du soleil, et ainsi jusqu’à Yesod où le chemin de Malkuth est ouvert.

Ce travail permet à l’opérateur d’effectuer une désintoxication psychique.

Si nous examinons la planche n°2 du ciel chimique où sont reprises les attributions des métaux et des plantes, nous nous apercevons que l’ordre de parcours est le même que celui de l’Arbre de la Qabal, sauf pour la Lune et le Soleil. Cette différence provient de ce qu’il est plus orienté vers la remontée que vers la descente.

Cette planche ne montre pas les attributions planétaires de Malkuth car le métal qui y est affecté est l’antimoine et il a des propriétés différentes de tous les autres métaux.

Dans le règne végétal, il n’existe qu’une plante dont le comportement alchimique soit analogue à celui de l’antimoine, et nous procèderons bientôt à son étude.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Distillation

Azéotropie : On désigne sous ce nom l’impossibilité qu’il y a de séparer complètement deux liquides par distillation. Dans le cas eau-alcool, l’azéotropie se tient lorsqu’il ne reste

Jean DUBUIS SPAGIRIE

Distillation sous vide : La distillation sous vide peut comme précédemment être simple ou fractionnée. Elle nécessite toutefois l’utilisation d’une ensemble étanche et d’une trompe à vide (planche nº 3).

La distillation sous vide peut présenter deux avantages :

– L’ébullition se fait à plus basse température. Un vide de 9/10 d’atmosphère, soit 95 mm de mercure de pression résiduelle donne une température de 51º pour l’ébullition de l’eau, et 33,5° pour l’alcool, ce qui permet d’éviter la destruction par la chaleur de l’essence fragile de certaines plantes.

– Un autre avantage est exposé par le tableau suivant :


À 3 kg de pression, l’eau bout à 134º et l’alcool à 109, au lieu de respectivement 100º et 78,5º à la pression normale. Dans le vide, soit 95 mm de mercure, l’ébullition est à 51º pour l’eau et 33,5º pour l’alcool.
La pression de 3 kg n’est pas utilisée dans nos distillations mais est donnée comme exemple de la loi qui régit ces phénomènes.

Le mélange des deux liquides a une température d’ébullition inférieure à celle de chacun des liquides.

L’azéotropie est modifiée. À la pression normale, on peut atteindre un taux d’alcool de 95,6º et dans le vide de 95 mm, 99,5º, ce qui est très proche de l’alcool absolu.

La trompe à eau doit être munie d’un robinet de vide pour éviter une consommation trop importante d’eau. On établit le vide et on ferme le robinet pour pouvoir arrêter la circulation d’eau dans la trompe.

Si l’installation est étanche, le vide se maintient, on peut le contrôler grâce à un thermomètre qui indique la température des vapeurs, ou grâce à un manomètre, l’ensemble des deux instruments étant préférable.

Dans la distillation sous vide, il est important de mettre dans le liquide des pierres à distiller. Ce sont des petits morceaux de pierre ponce soigneusement nettoyés ; ils sont neutres du point de vue chimique. On place 3 ou 4 de ces pierres dans le ballon. Elles sont nettoyées après chaque usage et peuvent servir indéfiniment. Leur usage est conseillé dans toute distillation car elles régularisent l’ébullition.

Ne jamais introduire les pierres dans un liquide chaud.

Il n’y a pas intérêt à avoir un vide trop poussé, c’est vers 95 à 75 mm de mercure de vide résiduel que le titre alcoolique est le meilleur. Si le vide est trop poussé, les liquides s’évaporent à la température ambiante et ainsi de l’eau peut passer.

Comme sur la planche nº 3, un ballon-ballast qui sert de réservoir de vide est utile pour empêcher un retour de l’eau dans les produits de distillation. Le tube qui joint la trompe à eau à la prise de vide doit être en caoutchouc spécial pour vide, car les tubes trop minces s’écrasent et le vide ne peut pas se faire.

Nous reviendrons plus en détail, au fil des diverses expériences, sur les principes de la distillation
sous vide.

Planches
– Lexique et commentaires

– nº 5 – Distillation sous vide (système simplifié) – distillation haute

Commentaires d’un étudiant sur ce lexique

Il y aurait beaucoup à dire sur les équivalences données dans ce lexique, car elles

étaient valables à la fin du 18e siècle, à l’époque des derniers spagiristes et des encyclopédistes. Si on lit les auteurs plus anciens, notamment des 15e et 16e siècles, et même du 17e siècle, avec des équivalents de cette nature, on risque de se fourvoyer complètement. Il n’y avait pas d’équivalence ponctuelle de termes, les désignations étaient plutôt des termes génériques.

On donnait le nom de sels aux dérivés des bases alcalines, potasse, soude, armoniac, etc. Ils se présentent en général sous forme pulvérulente ou de cristaux fins, incolores, ayant comme caractéristique commune l’absence d’amertume au goût.

On désignait sous le nom de vitriols les sels métalliques de toute nature à consistance vitreuse, translucide et colorée et ayant en général une assez forte amertume ou astringence au goût. On a également appelé vitriols des sels métalliques et alcalins.

Selon un auteur ancien comme Christophe Glaser, les vitriols peuvent être de toutes sortes de composés chimiques, Par exemple, le vitriol de Lune est le nitrate d’argent, le vitriol de cuivre peut être l’acétate, le chlorure ou le sulfate, l’huile de vitriol est le produit de la distillation de l’un des précédents. Dans Basile Valentin on trouve : « Dans la distillation d’un vitriol, on tire un esprit et une huile qui ne semblent pas de nature identique ». On pourrait en conclure qu’il s’agit de sels complexes.

Le sel ammoniac est le nom qu’on a donné à tous les sels volatils, tous ceux qu’on peut récolter dans un chapiteau d’alambic ou dans un vase à sublimation. Ce nom a été donné jusqu’à l’époque de Glauber, c’est-à-dire à la fin des spagiristes. Glauber en comptait déjà 6 ou 7 de son temps. Tous les chlorures volatils peuvent être considérés comme des sels armoniaques et la plupart des sels d’ammonium également.

 Planche n° 1 : Aspect métallique de l’Arbre de Vie


Planche n°2 : Le Ciel Chimique

Planche n°3 : Système complet de distillation sous vide


Planche n°4 : Distillation sous vide (système simplifié) – disposition basse

Planche n°5 : Distillation sous vide (système simplifié) – distillation haute

NOTICE 10

Comment pratiquer une extraction ? Notre partie pratique essaiera de répondre à cette question.

PHILOSOPHIE ALCHIMIQUE

La notion d’Absolu

L’élève alchimiste se doit d’être tolérant. C’est pourquoi nous examinons les notions de l’Absolu et non l’Absolu en lui-même, car pour les mystiques il est le Tout, l’Unité et n’est accessible que dans la Réintégration de l’Être.

Le seul Absolu qui existe en ce monde est le fait que justement il soit ici-bas inaccessible, physiquement parlant.

Dans les expériences journalières, les discussions courantes et philosophiques, il est toujours utile d’avoir présent à l’esprit que l’Absolu n’est pas de ce monde. Quand un argument se présente tranchant, catégorique, il est probable qu’une partie de la réalité, celle du doute, est cachée, ce qui lui retire son caractère absolu et c’est en découvrant cet aspect voilé que l’on aperçoit la faille de l’argumentation ou l’erreur de la situation présentée. Inversement, si une idée paraît totale, c’est que le problème n’a pas été assez étudié ; il faut alors chercher ce qui en adoucit les contours.

Le fait de réaliser que l’Absolu n’est pas accessible en ce monde mène à la tolérance, à la compréhension. Il ne faut pas cependant que le doute nous conduise à l’hésitation puis à l’indécision.

Nous arrivons à comparer chaque situation aux deux faces d’une médaille, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients. Après examen ou méditation, nous choisissons l’une ou l’autre en connaissance de cause.

Cette notion de relativité de l’absolu physique doit être rapprochée de ce que l’on entend souvent chez les scientifiques : « ceci est scientifiquement démontré, ceci est une certitude ». Or, pas plus en mathématiques que dans les sciences, il n’existe de démonstration absolue.

Lorsque les savants, s’appuyant sur leurs connaissances, contestent les conceptions métaphysiques, nous pouvons leur répondre que rien n’est démontré d’une manière absolue, que les mathématiques s’appuient sur des postulats indémontrables, que les autres sciences sont basées sur des expériences sensoriales et donc que leurs connaissances ne sont pas plus sûres que leurs sens.

Lors d’une discussion sur les problèmes métaphysiques ou mystiques, il faut s’efforcer de rester logique et cohérent et de profiter de ce que l’esprit n’est pas enfermé dans les limites de celui d’un scientiste, et qu’il peut ainsi montrer et conduire à une plus large compréhension des choses, à la tolérance.

La tolérance n’est pas l’acceptation de toutes les croyances ou de toutes les conceptions, sinon nous deviendrions instables et changeants. La véritable tolérance consiste à accepter l’examen des faits, à les comparer avec ses propres conceptions et accepter de modifier ou de changer ce qui était admis jusqu’alors. Elle est indispensable à l’évolution puisque celle-ci est elle-même une modification constante. Celui qui s’intègre dans un point de vue fixe, déterminé, ne peut progresser puisque son intolérance le conduit à refuser tout changement exigé pour tout progrès.

Un des autres aspects de la tolérance est la compréhension ; la compréhension est en fait l’application de la tolérance dans le domaine du comportement d’autrui dans la vie.

La véritable compréhension des autres ne s’éveille en nous qu’avec l’élévation de notre sentiment de la fraternité universelle et de la charité intérieure. Comprendre n’est pas juger, ni excuser mais seulement tenter d’éclairer son semblable sur le chemin.

Dans la connaissance il n’y a ni bien ni mal, mais seulement un degré de compréhension.

THÉORIE ALCHIMIQUE

Nous donnons ici quelques éléments nécessaires à la compréhension de notre travail pratique.

Certaines écoles philosophiques classent leurs membres en trois catégories :

– apprentis
– compagnons
– maîtres

L’apprenti fait la séparation, le compagnon la purification, le maître la cohobation.

Si grâce aux indications données dans les précédentes notices, nous avons distillé un alcool à 96º, venant uniquement du vin rouge, nous avons notre premier menstruum qui doit nous permettre d’effectuer notre séparation initiale.

Notre menstruum doit être acué. S’il y a un résidu d’eau dans cet alcool, il dissoudra les sels de la plante et la séparation ne sera pas parfaite.

De plus, si notre alcool n’est pas absolu, il ne sera pas indéterminé. Un menstruum universel pour un règne doit être indéterminé, il ne doit pas avoir de traces particulières de son origine. Il doit être au plus haut point de maturité pour son règne. C’est le cas de l’alcool absolu de la vigne pour le règne végétal.

Il faut se souvenir que la Pierre ou l’Élixir ne se font qu’à partir d’une seule chose. Par exemple pour la mélisse, nous avons le choix entre l’alcool absolu indéterminé et l’alcool extrait de la mélisse qui sera acué par cohobation sur le sel de la mélisse. Ce principe est général, nous verrons au fur et à mesure de nos travaux que ceci est impérieux et nous nous efforcerons de donner les processus opératifs correspondants à l’une ou à l’autre solution.

Si nous sommes capables de produire un mercure végétal parfait, c’est-à-dire l’alcool de vigne absolu indéterminé, la séparation des sept élixirs sera grandement facilitée.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Rectification

Examinons maintenant la préparation finale de notre menstruum et l’opération d’extraction.

Si notre alcool de vigne a été distillé 6 ou 7 fois, ou s’il a été distillé sous vide, il reste très peu d’eau mais elle doit être totalement éliminée.

Il existe plusieurs méthodes. Nous allons exposer la plus simple. Il nous faut d’abord acheter le tartre vendu dans le commerce sous le nom de carbonate de potassium ; par la suite, nous nous le procurerons nous-mêmes. On l’étale dans un plat à feu et on le passe au four à 150-200º pendant une heure. On le récupère chaud dans un bocal étanche. Après refroidissement, on verse 125 à 300 grammes de cette substance par litre d’alcool.

On agite le mélange de temps en temps, après l’avoir mis dans un flacon hermétique.

Après 24 heures de « macération », on distille en évitant toute rentrée d’air dans l’appareillage. La distillation ne doit pas être poussée au-delà des 2/3 et l’alcool conservé en flacon étanche. On peut compléter le volume du flacon avec des billes de verre propres. Moins l’alcool a de contact avec l’air, mieux il se conserve, car il absorbe l’humidité ambiante jusqu’à ce que son degré retombe à 96,5º.

Extraction

L’appareil le plus utilisé de nos jours est l’extracteur de Soxhlet. Il comprend deux parties :

– À sa base, un ballon qui contient le liquide d’extraction. Ce ballon peut être chauffé jusqu’à ce que son contenu soit porté à l’ébullition.
– Au-dessus se trouve le corps de l’extracteur proprement dit.
– Sur le côté, un tube permet aux vapeurs de s’élever vers le réfrigérant, un siphon relie la partie supérieure à la partie inférieure en communication avec le ballon.

Dans la partie supérieure du corps est placé un cartouche qui peut être soit en papier spécial, soit en céramique poreuse, soit en pyrex avec le fond en verre frité. Il contient la plante réduite en poudre aussi fine que possible.

Fonctionnement

Le liquide (eau, alcool ou acide acétique) bout, ses vapeurs se condensent dans le réfrigérant supérieur ; de là, le liquide distillé tombe goutte à goutte dans le cartouche, imprègne le végétal, dissout ses principes, traverse le cartouche et remplit peu à peu le corps de l’extracteur. Quand le liquide atteint le niveau supérieur du siphon, celui-ci s’amorce et déverse le liquide dans le ballon inférieur où il bout de nouveau, et le cycle recommence.

Le végétal étant correctement arrosé par un liquide distillé, l’extraction est plus énergique.

Le liquide du siphon devient d’abord très foncé, puis de plus en plus pâle. Quand il est devenu très clair, en général après 7 à 12 amorçages du siphon, l’extraction est terminée.

La bonne conduite de cette opération demande quelques précautions :

– Le chauffage doit être réduit au fur et à mesure que le liquide du ballon inférieur s’enrichit car ces produits sont souvent sensibles à la chaleur. Il est nécessaire qu’un certain volume de liquide subsiste dans le ballon au moment de l’amorçage du siphon.

– Il est utile d’aménager une cheminée en papier filtre au centre du cartouche et descendant aux 2/3 de sa hauteur. Elle facilite l’imprégnation de la plante.

– Sur le Soxhlet, un robinet peut être prévu à la base de la partie supérieure, il permet d’évacuer le liquide sans sortir le cartouche, ce qui, dans certains cas, est intéressant.

– Un cartouche de papier ne peut être réutilisé que pour un produit identique à celui de son dernier emploi.

Il existe également des cartouches en Pyrex à fond de verre fritté. Ils ont l’avantage :

1) d’éviter la rétention d’alcool dans le papier des cartouches,

2) de ce fait d’éviter la distillation pour récupérer l’alcool,

3) de permettre après nettoyage, leur utilisation pour n’importe quel type de plantes.

Il existe deux catégories de réfrigérants, ceux où la vapeur circule dans le même sens que le liquide et les autres dits à « reflux ». Ce sont des réfrigérants à gros tubes ou à boules dites de Allihn, ils sont nécessaires sans l’extraction au Soxhlet.

Nous conseillons pour la première opération de prendre une plante de Saturne. Le liquide obtenu est appelé teinture de la plante. Il contient à la fois son Soufre et son Mercure. Les sels seront extraits des résidus de la plante contenus dans le cartouche du Soxhlet.

Nous conseillons le Soxhlet de 200 cm3, le ballon inférieur sera chargé par 300 à 350 cm3 de menstruum. Fermer le haut du réfrigérant pour éviter l’entrée d’humidité, un couvercle plat, légèrement chargé, évite les risques d’explosion en cas de surpression. Quand l’extraction est terminée, on calcine les fèces contenus dans le cartouche et on procède ensuite comme dans notre première expérience.

Cet appareillage est très utile pour un certain nombre d’autres opérations tant sur le végétal que sur les autres règnes. Cependant, pour ceux que cette acquisition gênerait financièrement, nous décrivons une autre méthode d’extraction possible. Elle demandera cependant plus de temps qu’avec un extracteur de Soxhlet.

Planche : Extracteur de Soxhlet

Extracteur de Soxhlet

 

NOTICE 11

Notre leçon porte sur les quatre éléments et quelques principes alchimiques. Nous continuons également notre commentaire sur la distillation.

Certains pensent que le chauffage électrique est une hérésie en alchimie ou en spagirie. Mais, après expérience, notre point de vue est différent ; nous pensons qu’il s’agit là d’une superstition due à une méconnaissance du problème alchimique. C’est un processus identique à celui de la génération couvée dans l’oeuf par la poule, d’où le nom d’OEuf Philosophique. Le sperme animal mélangé au Soufre et au Sel animal éveillera la vie dans ce règne. De même dans notre OEuf Philosophique, le sperme métallique animera la vie minérale, en unissant le Soufre et le Sel ; il en serait ainsi dans le règne végétal. Une couveuse électrique permet l’éclosion des poussins, elle ne bloque pas l’évolution du sperme animal ; pourquoi n’en serait-il pas de même pour le sperme métallique ou végétal ?

Dans la partie philosophique de nos précédentes notices, nous nous sommes efforcés d’exposer trois points que nous jugeons importants pour la suite de nos études :

1) Donner un aperçu de la conception spirituelle du monde par les alchimistes.
2) Exposer la nature de la connaissance et du développement de celle-ci par l’élévation des niveaux de conscience.
3) Faire comprendre que l’expérience personnelle est prioritaire par rapport au dogme.

Nous entrons maintenant dans la véritable philosophie alchimique.

PHILOSOPHIE ALCHIMIQUE

Le monde est créé par la répétition d’un phénomène de dualisation d’un élément primaire.

Cela nous conduit à une loi ternaire exprimée par le symbole du triangle. De l’apex partent deux traits qui représentent les deux éléments créés par la dualisation du 1.

Sur la planche nº 1, nous partons de la matière la plus subtile de l’univers, le chaos ou Hyle, appelée dans la Bible les eaux du chaos, celles du dessus de celles du dessous. Ce Hyle, élément entièrement spirituel, se dualise en deux autres imparfaitement spirituels : le Nitre et le Sel ; le Nitre élément positif-actif, le Sel, élément négatif-passif.

Le Nitre donne le Feu actif et l’Air passif, d’où pour ce dernier le symbole du trait dans le triangle, celui d’une énergie enfermée, obstacle. Le Sel donne l’Eau, élément actif et la Terre élément passif. Il ne s’agit pas ici du Sel que nous trouvons dans les trois principes : Soufre, Mercure, Sel.

Nous avons maintenant les quatre éléments : Feu, Air, Eau, Terre.

En tant qu’éléments premiers, Feu et Air sont des éléments des mondes invisibles ; Eau et Terre appartiennent au monde matériel.

Dans la suite Feu, Air, Eau, Terre, nous allons du plus volatil vers le plus fixe.

Inversement, dans le cas Terre, Eau, Air, Feu, nous allons du plus fixe au plus volatil. L’Air est fixe par rapport au Feu mais volatil par rapport à l’Eau.

Les alchimistes attribuent des couleurs à ces éléments. Leur apparition les informe de la nature de l’élément prépondérant et, par là, de la phase atteinte par le processus en cours.

Les couleurs sont les suivantes ;

– Feu : rouge
– Air : jaune
– Eau : bleu (se manifeste par le blanc dans les corps solides)
– Terre : vert (se manifeste par le noir dans les corps solides)

Dans les opérations alchimiques, la suite des couleurs sera : noir, blanc, jaune, rouge, qu’il s’agisse de la Pierre végétale ou de la Pierre minérale.

Quand nous calcinons un sel, nous avons la suite : noir, blanc, jaune, rouge.

– Le noir est la mort ou putréfaction ou séparation.
– Le blanc est la purification.
– Le jaune est la fécondation réussie.
– Le rouge est le fruit mûr et parfait.

En alchimie, les symboles ont un sens précis, leur dessin répond à des lois précises. Nous étudierons ceci dans une autre partie de notre cours, mais remarquons ici quelques points.

Les premières dualisations qui échappent à la forme, ce que les Anciens nommaient le monde sublunaire, se représentent par des cercles. Le trait horizontal symbolise le passif, le vertical, l’actif. À l’arrivée dans le monde de la forme, la dualisation est représentée par un triangle pointe en haut pour le subtil, pointe en bas pour le grossier.

Du fait de la présence de ces quatre éléments dans tous les mixtes, de nombreuses opérations présenteront quatre phases successives. Chacun des éléments ayant un degré de volatilité ou de fixité différent, a donc une réaction différente au cours de l’opération.

Ceci est un point très important dans la transformation de l’eau en menstuum universel.

Pour ceux que la numérologie intéresse, il existe Sept Causes Secondes qui régissent le monde matériel ; elles vont donner naissance aux trois principes, ce qui donnera 10. Nous verrons ensuite comment les Sept Causes Secondes conduisent à ces cycles évolutifs et involutifs de 12 phases.

THÉORIE ALCHIMIQUE

L’eau – l’Archéus – le Gur

Pour la suite de nos expériences, certains produits demandent une longue maturation avant de pouvoir être utilisés. Aussi, si l’occasion de se les procurer se présente, mieux vaut être prévenu de leur intérêt pour l’avenir. C’est le cas pour l’eau de pluie et c’est ce que nous nous proposons de vous expliquer.

Étendre des draps sur l’herbe pour recueillir la rosée est pittoresque mais est totalement inutile : en effet, l’eau de la rosée des plantes n’est pas la meilleure ; une grande partie de sa force alchimique est déjà perdue.

L’eau de pluie est intéressante en Alchimie si elle est chargée du « nitre » issu du Chaos, ce que les Orientaux nomment le prana, en fait le principe spirituel de la vie.

Dès que l’eau touche la terre ou les plantes, elle perd son « nitre » et d’« électrique » devient « magnétique ». Sa charge de « nitre » est plus importante en été, en particulier durant les pluies d’orage.

Quand la pluie touche terre, elle cède son « nitre » à tout ce qui en manque. Sur un toit, peu à peu la pluie charge les tuiles en « nitre » ; quand celles-ci sont saturées, l’eau cesse de perdre son « nitre ». Remarquons en passant que ceci explique la recommandation dans certaines recettes alchimiques d’utiliser de vieilles tuiles pilées.

Donc, quand la pluie tombe depuis une heure ou deux, le toit est lavé et l’eau garde son « nitre ». C’est à ce moment-là qu’il faut la recueillir avant même qu’elle ruisselle à terre.

On la fait s’écouler directement dans un flacon de verre ou de plastique mais en aucun cas dans un récipient métallique. Pour la suite des travaux, il faut s’efforcer de disposer de quelques dizaines de litres d’eau ainsi recueillie. Toutefois la première expérience proposée pourra se faire avec quatre litres.

On filtre tout de suite l’eau sur du coton dans un entonnoir de verre ou de plastique. On la conservera dans des flacons non bouchés mais dont le goulot sera fermé par un tissu dont la trame sera aussi fine que possible. Ce tissu permettra à l’air d’entrer et de sortir, et empêchera la contamination de l’eau par les poussières.

Il faut maintenant s’assurer de la qualité de notre eau. Le premier essai consiste à verser une hauteur d’1/2 cm dans un plat en pyrex très propre et à l’évaporer en chauffant, sans bouillir. Il faut se tenir le plus près de l’ébullition mais ne pas l’atteindre. Quand le plat est sec il ne doit pas y avoir de dépôt. S’il y a dépôt, c’est que notre filtrage sur coton est mal fait ou que la pluie n’avait pas encore suffisamment lavé le toit.

Le second essai consiste à prendre 1 litre ou 1/2 litre de cette eau et à la distiller ; on pourra alors constater que tout passe. L’eau distillée peut être conservée pour une macération ou tout autre usage.

L’eau doit maintenant être mise de côté dans un endroit tiède : en hiver près d’un radiateur, en été dans une pièce tempérée ou même dans un grenier mais pas à la cave. Les anciens Philosophes disent que, pendant ce temps, il est souhaitable que l’eau ne soit vue ni du soleil ni de la lune. Un délai de conservation d’une lunaison est un minimum mais six ou sept lunaisons sont souhaitables.

L’eau sera alors prête pour la préparation du menstuum universel de l’eau : l’Archéus, et pour l’extraction de la semence universelle : le Gur, éléments primordiaux apportés à la terre par l’air puis par l’eau de la pluie.

Nous vous invitons donc à préparer cette eau en vue de cette expérience que nous donnons en détail dans une autre notice, justement à cause de ce délai de maturation et aussi parce que ce travail demande un certain degré de maîtrise de la distillation. La réussite de cette expérience démontre que tous les mixtes sont issus de la semence universelle fécondée par l’Archéus et que la prédominance d’un ou deux éléments oriente la création vers un règne :

– Le Feu prédomine dans l’animal
– L’Air et l’Eau prédominent dans le végétal
– La Terre prédomine dans le minéral

Nous insistons sur la préparation de cette expérience qui donnera des résultats expérimentaux importants. Bien conduite, elle démontre que la création est du domaine de l’Alchimie : elle révèle en miniature ce qui est possible dans le Macrocosme.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Nous espérons que vous avez réalisé quelques essais de distillation. Son efficacité peut être considérablement augmentée par l’utilisation d’une sphère de Kjeldahl dite sphère de reflux, qui se place immédiatement au-dessus du ballon d’évaporation (planche nº 2).

Le liquide à distiller étant en ébullition, de petites bulles éclatent en surface ; une grande partie du liquide retombe, mais des micro gouttelettes de liquide sont entraînées par la vapeur et risquent d’arriver non distillées dans le flacon récepteur. La sphère de Kjeldahl est un piège pour ces micro gouttes.

Le contrôle de la distillation se fait par la mesure de la température des vapeurs.

Nous pensons qu’il est bon d’avoir le jeu de thermomètres suivant :

– Thermomètre à alcool de – 50º à + 50º (l’alcool absolu gèle à –117º, le mercure à –39º)
– Plusieurs thermomètres à mercure de –10 à + 160º
– Thermomètre de –10 à + 150º à rodage 14/23 si on est équipé en verre rodé
– Thermomètre de –10 à + 250º pour la distillation des huiles essentielles.

Nous déconseillons fortement l’achat de thermomètres à mercure dont la graduation dépasse 350º, car le mercure bout à 356º mais c’est un gaz sous pression qui empêche cette ébullition et en cas de bris accidentel la vapeur de mercure se répand et l’inhalation de cette vapeur est mortelle.

Contrôle du produit distillé

Le plus simple se fait par la mesure de la densité. C’est le poids en grammes d’un litre de liquide ; celle de l’eau est 1000.

La mesure de la densité permet deux choses :

– La recherche de la nature du liquide
– L’évaluation de la qualité du liquide quand sa nature est connue.

Conseils pour la distillation sous vide

Un manomètre est indispensable. Il doit être gradué soit en millibars de vide de 0 à 100, soit en mm de mercure de 0 à 760. Nous indiquerons le vide souhaitable en fonction de chaque opération.

Avant toute distillation, il faut faire un essai de vide d’une heure environ sans chauffage.

Si le vide ne tient pas, il faut démonter les rodages, les nettoyer avec du trichloréthylène, les graisser de nouveau en veillant à l’absence totale de poussière. Si le vide ne tient toujours pas, il faut démonter et nettoyer les robinets et éventuellement la valve antiretour.

Lors du chauffage, il est possible que le vide diminue, dans ce cas le circuit réfrigérant est insuffisant, entourer le ballon récepteur d’un mélange eau/glace.

Le tableau ci-dessous donne le pourcentage d’alcool en volume en fonction de la densité à la température de 20ºC.

Planches

– Tableau des pourcentages d’alcool

– nº 1 Condensation de l’énergie

– nº 2 Distillation sous vide avec Sphère de Kjeldahl

NOTICE 12

La partie pratique de cette notice comporte certaines astuces pour fabriquer à moindre frais les montages nécessaires à notre travail. Ce sujet sera également développé dans la Notice 16. Si vous même êtes parvenu à des montages rapides et peu onéreux, vous pouvez nous faire part de vos tours de main et nous les répercuterons sur l’ensemble des membres de l’Association.

PHILOSOPHIE ALCHIMIQUE

Les éléments Feu, Air, Eau, Terre peuvent soit agir l’un sur l’autre, soit se recombiner. Sur la planche ci-après, nous pouvons voir l’action réciproque :

1) du Feu et de l’Air donnant le chaud
2) de l’Air et de l’Eau donnant l’humide
3) de l’Eau et de la Terre donnant le froid
4) de la Terre et du Feu donnant le sec.

Les combinaisons des éléments deux à deux ont encore une plus grande importance. Le Feu et l’Air, éléments subtils, donnent le Soufre et sont dits du domaine « électrique », le Soufre est le pouvoir.

L’Air et l’Eau, l’un étant subtil et l’autre grossier, donnent le Mercure, la force. Le Mercure est essentiellement le lien qui réunit les deux mondes. L’Eau et la Terre donnent le Sel, l’élément le plus grossier. C’est l’élément du corps qui a la puissance de réaliser ce que lui impose le pouvoir du Soufre par le canal du Mercure. Si le Mercure est l’Élixir volatil, le Sel est le Fondement de la Pierre Fixe. Les deux éléments Terre et Eau sont dits « magnétiques ». La combinaison équilibrée des quatre éléments donne la quintessence laquelle, comme le Mercure, est un élément de jonction. Nous aborderons le sujet de la quintessence plus en détail lors de notre étude de la Semence Universelle. Nous pouvons cependant dire qu’il y a plusieurs sortes de Quintessences, et que l’équilibre des éléments qui donne la quintessence végétale n’est pas le même que celui de la quintessence minérale ou animale.

Cette ordonnance est celle de la Nature, mais l’Art qui achève le travail de celle-ci procède différemment. Nous pouvons purifier les trois principes grâce à l’Alkahest. Leur combinaison donnera l’Argent Philosophique Passif et l’Or Philosophique Actif, lesquels n’ont rien de commun avec les métaux du même nom. C’est l’Azoth qui permet leur union dont l’aboutissement est la Pierre Rouge Fixe.

En terminant notre réflexion de ce jour, nous voulons apporter deux précisions :

1) Alkahest, Mercure, Azoth sont de même nature, mais ils sont différents l’un de l’autre par leur degré de vie et de maturité.

2) Les éléments ne sont pas identiquement répartis dans les diverses parties d’un même être. Dans les végétaux, les racines sont l’élément Terre, le tronc et les branches l’élément Eau, les feuilles l’élément Air et les fleurs et les fruits l’élément Feu.

Ainsi, si nous faisons un rapprochement avec la théorie des quatre tempéraments, nous pouvons trouver dans chaque végétal ce qui convient à chacun pour compenser le déséquilibre des éléments en soi-même.

THÉORIE ALCHIMIQUE

Nous pensons qu’il est possible et utile maintenant d’examiner la hiérarchie des processus qui vont suivre et des produits qui vont en résulter.

Nous avons vu dans nos précédentes notices qu’il y a en alchimie divers processus opératoires que l’on peut résumer ainsi :

1) Répétition d’une même opération sur un même produit pour en obtenir l’évolution,

2) Fermentation ou putréfaction pour libérer certains éléments morts pour vivre la renaissance,

3) Séparation et cohobation des principes pour obtenir par leur réunion un produit exalté à un niveau supérieur.

Si nous considérons que l’homme psychique doit être préparé, planète par planète, séphire par séphire ou chakra par chakra, nous pouvons envisager notre travail de la manière suivante.

On pourrait commencer par la confection de sept infusions, une par planète, toujours en commençant par Saturne. Mais les principes des plantes et en particulier leurs huiles essentielles (Soufre) sont en partie perdus et il n’y a ni répétition ni purification.

Nous pouvons entreprendre ensuite une série de sept élixirs. Le processus de notre première expérience ne convient pas car s’il utilise une cohobation répétée sur les sels, ce qui augmente la puissance de l’élixir, il reste déterminé et de plus sur deux planètes, Jupiter et le Soleil. Avec le menstruum indéterminé dont nous parlions aux pages 2 et 3 de la notice 10, nous pouvons entreprendre la fabrication des sept élixirs, un par planète.

Ceux-ci sont déjà beaucoup plus puissants puisque le menstruum est plus complet.

Il faut faire la séparation des trois principes pour atteindre le stade suivant.

Dès que cette méthode est connue, plusieurs solutions sont possibles pour un même résultat. Nous étudierons en priorité les différentes opérations alchimiques et nous donnerons ensuite quelques exemples pratiques des diverses méthodes qui pourront nous faire aboutir aux quintessences, au premier être et à la pierre végétale nommée Circulatus Minus si elle est préparée à l’état de liquide.

Dans l’avancement alchimique, nous devons penser que la nature et ses mécanismes intérieurs ne se réveillent que lentement.

Personne n’arrache le Voile d’Isis : il peut seulement être levé par la patience et l’amour de la Nature et des Hommes.

PRATIQUE ALCHIMIQUE

Construction à peu de frais d’un train de distillation

Il faut disposer des éléments suivants :

– Un chalumeau à gaz (genre Turbogaz »),
– Un kilo de tube pyrex de 8 mm de diamètre, soit 12 longueurs de 1,50 m,
– Un kilo de tube pyrex de 28 mm, soit trois cannes de 1,50 m,
– Un coupe-tube pour le verre (on peut éviter cet achat si l’on possède une meule à affûter les forets au carbure).

Il convient d’abord de couper une canne de 28 mm en 4 morceaux : deux de 50 cm et deux de 25 cm.

On se procure des bouchons en caoutchouc sans soufre, de calibre 22 mm (petit diamètre) et percés de deux trous. On peut aussi récupérer des bouchons de Champagne que l’on fait bouillir, ce qui les ramène à leurs dimensions d’origine. On les perce de deux trous de 6 mm et on termine à la lime queue de rat douce, de façon à ce que les tubes de 8 mm passent en forçant. Pour plus de sécurité, il faut se livrer à cette dernière manipulation avec des gants épais.

Toutes les extrémités des tubes de verre sont alors bordées à la flamme. Les tubes de 8 mm ne doivent pas être coudés dans un rayon de courbure inférieur à 3 ou mieux 5 cm, sinon le tube s’aplatit et la section se rétrécit.

Le résultat à obtenir est très semblable au train de distillation fractionnée représenté par la planche nº 1 de la notice 6; nous le reproduisons également dans la présente notice.

Cependant, nous conseillons l’utilisation de la fiole Erlen Meyer d’un ou deux litres parce qu’elle se pose aisément sur une plaque chauffante électrique, alors que le ballon rond exige un chauffe-ballon plus onéreux.

Pour améliorer le rendement thermique, on peut également isoler cet Erlen Meyer à l’aide de laine de verre ou de tissu.

Une canne de 28 mm de diamètre et de 25 cm de long est garnie jusqu’à une hauteur de 15 cm de débris de verre obtenus de la manière suivante : on mélange dans une boîte métallique fixée sur le plateau d’un vieux tourne-disques (planche n° 3). Après plusieurs heures de rotation, le verre est douci. On le sépare du sable avec une passoire et on le lave à l’eau de pluie.

Ce verre a un inconvénient : il retient beaucoup de liquide. Il faut donc posséder plusieurs colonnes numérotées, chacune servant toujours pour le même type de produit. Dans ce procédé, on peut ne pas se livrer au doucissage du verre. Un isolement thermique fait avec des manchons isolants améliore le fonctionnement de la colonne.

Montage de cet appareil

On coule un disque de plomb de 15 à 20 cm de diamètre sur 1 cm d’épaisseur dans une vieille poêle par exemple, et on fixe dessus, grâce à une embase, un tube métallique de 10 mm de diamètre et d’1 m de haut.

On confectionne alors des pinces dans du bois de 15 mm d’épaisseur. Ces pinces seront serrées avec des écrous papillon (planche nº 2 : A et B).

Dans notre notice nº 16, nous donnerons un montage d’appareil de Soxhlet à réaliser à partir des mêmes éléments et nous décrirons certains « trucs » pour réduire le coût inhérent aux opérations de calcination, de circulation, macération, etc.

Planches

n° 1 Distillation fractionnée
n° 2 Des « trucs » pour le labo : – A, Pince – B, Support en plomb
n° 3 Des « trucs » pour le labo : – C, Agitateur

Planche n°1 : Distillation fractionnée

  

13 – 24

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